Reeves, Culdees, p
régals pour les Culdées. Cette dernière boisson leur était accordée, comme extra, pour le jour de la saint Patrice, même, porte leur règle, si la fête tombait un mercredi ou un vendredi.
Dans certains monastères, le jeûne était perpétuel. Saint Colomban dit : « De même que Ton doit prier chaque jour, chaque jour on doit jeûner4 ». L'évêque Cedd, sorti de Lindisfarne, ne prenait, durant toute l'année, en dehors des dimanches, aucune nourriture avant l'heure des vêpres, et son unique repas consistait en un peu de pain, un œuf de poule et un peu de lait mélangé d'eau. C'était, disait-il, une coutume qu'il tenait de ceux qui lui avaient appris la discipline régulière, c'est-à-dire des Scots 2. Ratramme de Corbie constate, en effet, de son côté, que ceux-ci avaient la réputation, encore au ixe siècle, de ne manger qu'une fois le jour, à l'heure de none en été, à lheure des vêpres en hiver 3.
Le repas des moines de saint Colomban avait lieu avant none. sauf le mercredi et le vendredi. Ces deux mêmes jours, on prolongeait aussi le jeûne jusqu'à none. à Iona et à Lindisfarne4. Le jeûne du mercredi et du vendredi (les anciens jours de station à Rome), très ancienne pratique de l'Église chrétienne, paraît avoir été longtemps observé, même par les simples fidèles, en Irlande. Dès l'époque du vieil irlandais, le mercredi était communément appelé cet-aîn, c'est-à-dire : premier jeûne, le vendredi, aîn-didin, dernier jeûne ou dia oine didine, jour du dernier jeûne. Cette dernière dé-