‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 96 sur 301 · Contra Graecorum opposita, iv, 3 (P. L.. CXXI · texte numérisé non relu

Contra Graecorum opposita, iv, 3 (P. L.. CXXI

4. Reg. coenobialis, x (P. L., LXXX, 222). Cf. 0. Seebass, Ueber Columba'S Klostertegel, p. 64. —Adam., Vita Col., i. 26. éd. Fowler,p.3~- 88. — Bède, H. E., m, 5 (P. L.. XC.v. 124 .

nomination se rencontre dans une glose du vine siècle' .

On cite des exemples individuels de plus grande austérité encore. Saint Pol de Léon restait deux ou trois jours sans manger. Adamnan d'Eddingham se serait abstenu de manger et de boire en dehors des dimanches et jeudis 2. De telles privations pour des gens vivant dans les âpres climats du nord sont d'un héroïsme qui stupéfie.

Après s'être aguerris dans les rangs des cénobites, beaucoup d'ascètes en sortaient pour se livrer aux combats singuliers du désert 3. Ils se réfugiaient au fond des bois, dans les anfractuosités des rochers, ou bien s'enfermaient, comme s'expriment certains hagiographes, dans la « dure prison de pierre ». Carcair (du latin carcer) était le nom de cette prison volontaire4. 11 ne semble pas que ces ermites se soient fait emmurer solennellement dans leurs logcttes à la façon des reclus au bas moyen âge 5.

Même sans renoncer à tout jamais aux avantages de la vie de communauté, il arrivait que des religieux éprouvaient le besoin de se livrer momentanément, dans la solitude, à une contemplation plus intime, à des macérations plus accentuées. On choisissait quelquefois pour cela une île6. Mais les îles étaient pour

1. H. d'Arbois de Jubainville, Le jeûne du mercredi et du vendredi chez les Irlandais du moyen âge [R. Cel., ix, 1888, p. 369-211). — Tr. L.,p, cxcv.

8. Vita Pauli Aurel., vu (R. Cel., v, 1881-83, p. 431). — Bède, H. E.. IV, 25 (P. L., XCV, 215).

3. Bède. m, 19 (P. L., XCV, 148). —G. T. Stokes, Ireland and the Celtic Church, p. 178.

4. Mart. of Oengus, éd. Wh. Stok.es [Henry Bradshaw Soc), p. 45, 320. — Cuimin's Poem, lignes 21, 33, 93,105 [Z. C.P., i,1897) et index, ibid., p. 71. — De Arrêts (R. Cel., xv, 1894, p. 495-96). — G. Pétrie, Eccles. Arch. of Ireland, p. 107-114.

5. B. Mac Carthy, The Codex Palatino-Vaticanus 830 (Todd Lectures Séries, t. III), Dublin, 1892, p. 5.

6. Cf. If. Williams dans son édition de Gildas, p. 346 sq. — Adam., Vita

certains d'accès difficile et il y avait à y redouter les visites des écumeurs de mer. Ceux qui ne voulaient pas se hasarder à chercher la solitude par delà les flots pouvaient se retirer en des lieux écartés sur la terre ferme, souvent même non loin de leur monastère. Le disert en Irlande, lepeniti dans notre Bretagne répondaient aux besoins de ces retraitants. Le grand nombre de noms de lieux irlandais dans la composition desquels entre le mot disert montre combien les habitudes érémitiques furent en faveur dans ce pays. Beaucoup de saints du troisième ordre (de 599 à 665) se sanctifièrent dans la solitude *.

Les ermites étaient entourés d'une considération et d'une vénération singulières. C'est un ermite que Brigide choisit pour en faire l'évêque de Kildare. Les évêques bretons, au cours de leurs discussions fameuses avec Augustin de Canterbury, ne voulurent rien conclure avant d'avoir pris le conseil d'un saint et prudent anachorète. La lettre si importante de Cummian sur la question pascale est adressée conjointement à l'abbé Segene et au solitaire Beccan. Au xne siècle, la vie érémitique était encore florissante et respectée au pays de Galles. « Nulle part, dit Giraud le Cambrien, on ne peut voir des ermites et des anachorètes d'une plus grande mortification et menant une vie plus spirituelle 2. »

Col., i, 20, ii, 42, éd. Reeves, p. 366. — Newell, Hiatory of the Welsh Church, p. 86.

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