Adam., Vita Col., u, 45, p
plus tard du vine siècle, on invoque saint Aed Mac Bric (-J" v. 589) pour la guérison des maux de tête*. Enfin l'étude de la toponomastique bretonne, à laquelle s'est livré avec tant de sagacité et d'érudition M. J. Loth, l'a conduit à cette conclusion que les paroisses armoricaines ont été placées, dès le vié et le vne siècles, sous le vocable de saints nationaux, émigrés ou non, dont elles portent encore les noms2. Dans le livre d'Armagh, écrit vers 807, dans la Vie de Findan de Rheinau, rédigée également au ixe siècle, nous avons des preuves de la célébration du natale de saint Patrice, de celui de saint Columba, des fêtes de saint Aidan et de sainte Brigide. Au vne siècle, Tirechan parle de l'offertoire, ou même peut-être d'une messe de la dormitio de saint Patrice3.
Dans ces phalanges de bienheureux des genres variés de sainteté furent représentés. Toutefois, s'il est vrai que, dans la suite de l'histoire de l'Église, « s'offrent à nous comme deux lignées de saints qui personnifient, l'une, l'action affectueuse et tendre, l'autre, l'action énergique et l'esprit de propagande ardente4 », c'est plutôt à cette seconde lignée que se rattachent la plupart de nos saints par l'ardeur de leur tempérament, par leur tendance à s'abîmer dans les austérités. N'ayant pas été conviés aux gloires du martyre sanglant, du « martyre rouge » comme ils l'appelaient, ils voulurent prendre leur revanche en se vouant aux plus rigou-
1. Mone, Lateinische Hymnen des Mittelalters, Freiburg, 1853, p. 181 : Lism., p. 3-24.
2. J. Loth, Les noms des saints bretons (H. Cet., xxx, 1909, p. 396). — Chaque paroisse avait probablement déjà sa fête patronale, ce qui fait remontera une haute antiquité la célébration de la fête et par conséquent le culte public de beaucoup de saints bretons.
3. Vita Findani, cap. 11, 15, 17, 18, chezMABiLLON, Acta Sanct.O.S.B., iv siècle, lre part., p. 308 sq. —Tirechan, p. 333.