UN CARNAVAL ET UN CARÊME AU TEMPS DE CHARLES IX
30 Janvier — 13 Mars 1564
DE même que François P*" n'avait jugé nulle résidence plus propre à offrir à l'empereur Charles-Quint une hospitalité digne de lui, que celle de Fontainebleau, de même, vingt-cinq ans plus tard, Catherine de Médicis allait en faire le théâtre de divertissements somptueux, quelle jugeait nécessaires à sa politique.
Au commencement de l'année 1564, la veuve de Henri II venait de sortir heureusement d'une des crises les plus douloureuses qu'ait eu à traverser la royauté française. Investie de la régence après la mort de François II son jBls aîné, elle s'était sentie isolée et sans appui entre les factions rivales des Guises et des Bourbons, parmi le déchaînement de querelles religieuses, plus ardentes de jour en jour. « Dieu, écrivait-elle à sa fille Elisabeth, mariée à Philippe II d'Espagne, Dieu m'a layssée avec troys enfants petys, et en un royaume toutdyvysé, n'y ayant un seul à qui je me puisse du tout fyer, qui n'aye quelque passion particulière. »
Elle avait pris dans son amour maternel la force d'âme nécessaire à affronter sa lâche, et la souplesse de son génie italien s'était efforcée aux accommodements indispensables à la réussite. Elle n'y parvint pas tout d'abord.
Le dernier règne s'était terminé brusquement, au moment où les Guises tout-puissants semblaient sur le point de terrasser la Ré-