‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 44 sur 64 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MARIE, LE COMMANDEUR

MARIE

Cet accident qui nous force h rester ici, à retarder de douze heures au moins notre arrivée à Rome, m’afflige beaucoup. Voyez, si le docteur Corsini, dont les soins sont réclamés de toutes parts, n’avait pas pu nous attendre... Cette pensée m’inquiète, elle m’agite !

LE COMMANDEUR

Et l’état de mon frère devient si alarmant!

Ayons conflance dans ce célèbre médecin ; on le dit si habile, si heureux dans ses traitements.

LE COMMANDEUR

Puisse-t-il rétablir la raison chancelante de mon pauvre frère!

MARIE

Espérons! l’état de mon mari n’est pas encore si grave qu’il ne nous soit plus permis de croire à l’efficacité de la science. Mon ami, j’ai aussi un autre espoir.

LE COMMANDEUR

Et quel est cet espoir?

>. MARIE

Je suis femme, j’ai souffert! je crois è la puissance, à la bonté divine de notre religion. A Rome, j’irai me jeter aux pieds de notre Saint-Père, et je lui demanderai de sauver votre frère.

LE COMMANDEUR

Je m’agenouillerai arec vous.

MARIEE

Vous I un soldat !

LE COMMANDEUR

. Quand Bayard invoquait le nom du Seigneur chaque fois qu’il tirait sa redoutable épée du fourreau , un soldat obscur comme moi peut sans honte plier le genou pour demander à Dieu la guérison de son frère.

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