SCÈNE VI
MARIE, LE COMMANDEUR
MARIE
Cet accident qui nous force h rester ici, à retarder de douze heures au moins notre arrivée à Rome, m’afflige beaucoup. Voyez, si le docteur Corsini, dont les soins sont réclamés de toutes parts, n’avait pas pu nous attendre... Cette pensée m’inquiète, elle m’agite !
LE COMMANDEUR
Et l’état de mon frère devient si alarmant!
Ayons conflance dans ce célèbre médecin ; on le dit si habile, si heureux dans ses traitements.
LE COMMANDEUR
Puisse-t-il rétablir la raison chancelante de mon pauvre frère!
MARIE
Espérons! l’état de mon mari n’est pas encore si grave qu’il ne nous soit plus permis de croire à l’efficacité de la science. Mon ami, j’ai aussi un autre espoir.
LE COMMANDEUR
Et quel est cet espoir?
>. MARIE
Je suis femme, j’ai souffert! je crois è la puissance, à la bonté divine de notre religion. A Rome, j’irai me jeter aux pieds de notre Saint-Père, et je lui demanderai de sauver votre frère.
LE COMMANDEUR
Je m’agenouillerai arec vous.
MARIEE
Vous I un soldat !
LE COMMANDEUR
. Quand Bayard invoquait le nom du Seigneur chaque fois qu’il tirait sa redoutable épée du fourreau , un soldat obscur comme moi peut sans honte plier le genou pour demander à Dieu la guérison de son frère.