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I- ODORAT

de recherches, les odeurs qui l’étourdissent, le troublent, le grisent, et inversement celles qui coupent et suppriment les étourdissements et les nausées. »

Il n’est pas douteux qu’il y a des cas où l’impression olfactive, retentissant sur les centres nerveux, est l’origine de certains accidents.

Il est telles circonstances où les odeurs vont jusqu’à provoquer le vomissement. Linné raconte que les émanations qui se dégagent des racines fraîches d’ellébore blanc déterminent chez ceux qui les respirent des vomissements violents. Cabanis a noté cette sympathie singulière entre le nez et le canal digestif. « Tout le monde sait, relate-t-il, que certaines mauvaises odeurs soulèvent l’estomac et amènent des vomissements terribles (sic). »

* Le Dr Joal, qui a réuni tous ces faits, leur en a ajouté d’autres, qui lui sont personnels, et qui ne sont pas moins concluants.

Une jeune fille de 20 ans fuit les soirées, les bals, les réunions, parce qu’elle 11e peut supporter les odeurs qui s’exhalent dans ces milieux ; elle a particulièrement en horreur les parfums de la rose, de la violette, du muguet, de l’héliotrope, du jasmin, qui occasionnent chez elle des vertiges, des vomissements, et jusqu’à des syncopes. Un garçon de t 8 ans a dû renoncer à continuer le métier de confiseur, l’odeur des différentes essences employées en confiserie occasionnant chez lui les troubles dont nous venons de parler.

Une dame, âgée de ,Ha ans, arthritique et nerveuse, a de tout temps éprouvé une aversion insurmontable pour certaines fleurs, telles que le lilas,

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la rose, la jacinthe, la tubéreuse, le gardénia et le mimosa. Et cependant, chez cette même personne, les préparations de toilette au musc, à la civette, à l’ambre, etc., sont sans effet.

Ailleurs, c’est un jeune étudiant, qui ne peut supporter les produits volatils qui se dégagent du beurre, de la graisse, de l’huile ou de la corne • brûlée. S’il passe près de l’atelier du maréchal, au moment où l’on ferre un cheval ; si, dans la rue, on répare un trottoir avec de l’asphalte, il doit aussitôt se sauver.

L’odeur qu’il redoute le plus est celle produite par la combustion de pétrole. Ayant voulu un jour suivre en bicyclette une automobile, il fut atteint de migraines, nausées, épistaxis et syncope. Tl aime, néanmoins, beaucoup à respirer de l’eau de Cologne et des parfums même très pénétrants.

Mais il est d’autres personnes à qui ces parfums répugnent, et qui en sont sérieusement incommodées, quand ils se trouvent dans leur voisinage.

Une histoire assez plaisante, bien que le héros ait dû, et nous le comprenons, en être ennuyé, est celle de ce jeune avocat qui, sur le point de se marier, fut invité à dîner chez les parents de sa bancée. U se met à table avec de très bonnes dispositions ; tout se passe bien jusqu’au dessert.

A ce moment, on ouvre la croisée de la salle à manger ; peu d’instants après, notre avocat éprouve des troubles bizarres : de la faiblesse, des sueurs froides, puis des nausées, suivies de vomissements. Comme nul n’est prévenu, on croit à des habitudes d’intempérance, et le jeune homme est déjà mal noté

l’odorat

dans l’esprit des parents. En réalité, ces accidents étaient imputables à des acacias en fleurs (ce qu’on nomme le robinier ou faux acacia), qui étaient plantés immédiatement au-dessous de la fenêtre et que le fiancé avait imprudemment respirés. Il ne se souvenait plus que, douze ans auparavant, élève de rhétorique dans un lycée de province, il avait dû se faire dispenser d’aller jouer dans une cour plantée d’acacias, à l’époque où ces arbres fleurissaient.

Ces phénomènes ont été également observés chez ceux qui mangent certains fromages, certaines viandes rôties, certaines boissons vineuses. Dans les faits de ce genre, il semble bien que le réflexe nauséeux ait son point de départ dans le nerf olfactif, plutôt que dans les nerfs lingual ou glosso-pharvngien.

N’est-oe pas également les odeurs se dégageant, sur les bâtiments, du goudron ou autres produits nauséabonds, qui, chez certains sujets, donnent lieu au mal de mer ? Sans doute, celui-ci est le plus souvent dû aux mouvements de tangage et de roulis, à la vue des vagues, et à la mobilité des objets environnants, mais le sens olfactif est évidemment impressionné, lui aussi, bien que secondairement.

Les perceptions odorantes, avons-nous dit, ont un rententissement sur tout le canal digestif. Les intestins, en effet, sont également impressionnés par les odeurs.

Hartmann a cité le cas d’un habitant de Copen-

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hague qui, dans sa jeunesse, éprouvait de violentes coliques, lorsqu’il flairait des citrons.

L’odeur seule de l’anis produisait un effet carminatif chez Voltaire ; l’odeur des pommes cuites provoquait une poussée hémorrhoïdale chez un secrétaire de François Ier.

Chez d’autres, on a observé de la diarrhée, de la dysenterie même : c’est, ainsi qu’il suffit à des personnes d’entrer chez un pharmacien, au moment où il triture certaines substances, pour être purgées. C’est toute économie pour elles. Mais, dans ce cas, ne s’agirait-il pas plutôt d’auto-suggestion 1?

On sait, du reste, que le système nerveux a une influence incontestable sur la sécrétion exagérée des liquides de l’intestin : ainsi la peur, la colère, une joie vive ou une violente douleur sont parfois suivies d’une débâcle intestinale. La physiologie donne l’explication de ces faits, en apparence singuliers, et qui n’étonnent plus les médecins.

1 1 est encore, du côté des voies digestives, des troubles qui doivent être rattachés à l’action des effluves odorants : l’observation journalière ne nous apprend-elle pas que l’odeur d’un mets savoureux nous en fait « venir l’eau à la bouche ? » Il suffît qu’un individu qui a faim sente l’odeur d’un aliment qui lui plaît, pour que sa bouche s’emplisse de salive.

Nous aurions pu multiplier les observations ; celles que nous venons de produire nous ont paru suffisantes pour conclure que l’odorat a une relation évidente, indéniable, avec les voies digestives.

l’odorat

If. — Odorat et Troubles cardiaques.

Le Dr .1 o al (du Mont-Dore), dont nous avons cité les intéressants travaux, avait, naguère, attiré notre attention sur les névroses réflexes d’origine olfactive, intéressant soit les organes de la respiration, soit les voies digestives. Poursuivant la série de ses recherches, il nous instruisait plus tard de la relation qui existe entre les odeurs el les troubles cardiaques.

La notion de syncope de provenance olfactive est, du reste, fort ancienne. Dès i53o, AxMatus Lusitanus (Curât, med. centur.) rapportait qu’un moine tombait en syncope à l’odeur d’une rose. Scaliger dit qu’une de ses parentes avait une syncope à la vue d’un lys ( Exercilat . inaug., t54o).

D’autres se sont trouvés mal, en respirant de la fleur d’oranger, des roses rouges, des pommes, du bois de sassafras, etc.

Portal a entendu Petit, dans ses leçons, parler d’une dame qui tombait en défaillance, chaque fois qu’un chat se trouvait dans son appartement, même à son insu ; les émanations du lièvre produisaient le même effet sur le duc d’EpERNON ; de môme, celles du bouc sur Mlle Contât, l’actrice en renom ; celles du fromage sur le célèbre philosophe et médecin Haller, etc. Joal en conclut que les troubles cardiaques signalés étaient bien sous la dépendance immédiate de sensations olfactives ; nous n’y voyons, pour notre part, rien à objecter.

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