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TRAFIC ET MISSIONS

Boutique était ouverte, sur la place du palais, dans un vaste hangar mis à la disposition des étrangers. Les chalands affluaient. On vendait, on achetait, on troquait; belles affaires!

Aventurier bon à tout, Belchior avait été placé par le capitaine général en personne à la tête de Topération ; ce qui n'empêchait pas la vente des pacotilles particulières , mais conformément à un tarif sauvegardé par le digne fils de l'épicier Ripart à l'enseigne des Rois-Mages.

Consigne générale : « Ne pas montrer trop d'empressement y our ï or ; » sans quoi, dit Pigafetta, chaque matelot aurait vendu tout ce qu'il possédait et ruiné notre commerce.

Les quatorze livres de fer ne pouvaient être cédées qu'à moins de la valeur en or de quinze ducats. Le bronze et toutes les grosses marchandises étaient maintenues à un taux proportionné. Les bagatelles seulement se troquaient contre du riz, des porcs, des chèvres et autres comestibles.

Dans un compartiment des magasins, Bernard Mahuri, de Narbonne, rasait, frisait, mettait des papillotes, faisait la queue aux Zébusiens, coiffait, parfumait, teignait au besoin les Zébusiennes de toutes nuances et réalisait en lingots, poudre ou pièces monnayées des recettes magnifiques.

— Voilà le charme! s'écrait Belchior. 0 Pierre Gascon, malheureux têtu, ton île Enchantée vaut-elle cette boutique où nous nous montons en or, en pierreries et marchandises qu'à Maluco nous changerons en épices qui, en Europe, vaudront trois fois plus d'argent.

— Bien, maître! c'est calculer en vrai fils d'épicier I fit Petit-Jean, le fils d'un avocat.

— On s'en flatte! Voici un lot de bonnets et de vestes qui finiront par rapporter le prix de la maison de mon père, rue de la Buffeterie.

Entre temps on causait de la sorte : le soir, par exemple, en soupant, quand une fois la boutique était barricadée. Le personnel trafiquant variait; chacun à son tour descendait à terre pour vendre. Déodat Carvalho fut vu au magasin où l'on se trouvait toujours assez nombreux pour faire bonne garde autour des marchandises. L'intelligent garçon prit même au commerce un tel goût, que Belchior se l'associa.

Les Français des divers navires, les fidèles du quartier des Lombards, de Séville, de la baie Saint-Julien, du sauvetage du Sant-Iago et de l'île Enchantée, eurent la satisfaction de se trouver réunis à plusieurs reprises et de passer, dans le hangar, des veillées de jubilation.

Petit-Jean d'Angers, Prior le Malouin, Jean-Baptiste le danseur, maître Jacques le troupier loyal et le triomphant perruquier-coiffeur, pouvaient donc, tout en humant du vin de palme avec des roseaux selon la mode du pays, s'entretenir des petites et des grosses affaires :

— Va bien la politique! disait Belchior; si le rajah ventru de par ici est une façon de finassier, notre général est un homme droit comme la lame de mon sabre, qu'on n'entortille pas dans les palabres.

Toute la diplomatie d'Hamadar avait échoué, en effet, devant l'attitude énergique de Magellan dont le jeune Carvalho rendit bien la pensée dès la première audience. Il y eut ensuite assaut de dignité. Tout en cédant sur le droit d'ancrage, le rajah s'abstint de faire aucune avance. On devait échanger des cadeaux j il voulait en recevoir le premier.

Magellan tint ferme. Et le rajah de Massana, Colambu qui avait jugé de la force des Espagnols, intervint ici très-utilement. Les armures, les arquebuses, les canons, ou comme on disait, les bombardes, furent l'objet de descriptions décisives :

— Tout cela est irrésistible. Ces étrangers ont la puissance des dieux!

Hamadar-IIumabon, réflexions faites, crut y trouver son compte. Ses plus ardentes ambitions recevaient un stimulant. Son neveu, l'héritier présomptif, ses ministres et son ami Colambu furent envoyés à bord de la Trinidad, pour y négocier un traité d'alliance offensive et défensive : « Le rajah de Zébu accep-

tait d'être le vassal de l'empereur, dans l'espoir que les roitelets, princes et seigneurs, ses voisins, seraient soumis à sa propre suzeraineté. »

Après l'imberbe Déodat Carvalho, Pigafetta, officier plus considérable, se rendit auprès d'Hamadar, dont l'entrevue avec le capitaine général fut précédée de l'échange de quelques gouttes de sang tirées du bras droit de chacun des contractants.

Alors enfin l'on fraternisa.

Le rajah, suivi de ses hauts dignitaires, peu vêtus, mais parés de colliers d'or, de pierreries et de lambeaux d'étoffes brodées, vint au-devant du grand navigateur, entouré de ses officiers principaux, escorté par quarante hommes armés de pied en cap et faisant porter au milieu de leur peloton la bannière royale.

Pour ajouter à la pompe du débarquement, les trois vaisseaux faisaient des salves d'artillerie. Et encore une fois la plupart des insulaires parurent fort effrayés. Mais Hamadar-Humabon feignit d'être fort honoré par ce belliqueux vacarme.

Dès ce premier jour, Magellan déploya le plus grand zèle pour la propagation de la foi chrétienne. Aux subalternes, ses délégués, avait été dévolu le soin des questions de cérémonial, de trafic, d'échanges et même de privilège commercial en faveur de la nation castillane.

Mais, s'adressant au rajah, il lui exposa lui-même les points principaux de l'Ancien et du Nouveau Testament. Son aumônier le secondait. Et toujours, nécessairement, ces prédications eurent heu par l'intermé-

diaire d'Henrique Malaco devenu un personnage.

Vêtu avec recherche, coiffé d'un turban de cachemire, ceint d'une écharpe brillante et armé d'un crie malais, l'esclave ne remplissait plus d'autres fonctions que celles de trucheman. Doublure de missionnaire, il savait être éloquent. Chose incontestable, il obtint très-vite l'adhésion d'Hamadar-Humabon, de Colambu et d'une foule d'autres grands personnages à la doctrine qu'il interprétait.

-^ Hé! hé! bonnes aftaires pour toi^ mon petit Malucoco 1 lui dit familièrement Belchior le plus cher de ses protecteurs. Mais entre nous, sans finauderies^ que penses-tu de ce gros ventre et de sa séquelle ?

Hamadar, politique habile, manifestait déjà le désir ardent de recevoir le baptême.

— Ghianche! Caînmana! fit Henrique, traduisant en dialecte des Moluques l'une des exclamations favorites du maître bombardier, c'est-à-dire girofle et cannelle.

— Buapala! en bon français noix muscade! ce n'est pas répondre, mon coco vert; desserre ton becj voyons!

— Maître et ami, le capitaine général m'a ordonné de leur dire et redire « de ne pas se faire baptiser par la seule crainte que nous pouvions leur inspirer ou par l'espoir d'en tirer des avantages temporels, par^ ce que personne ne serait inquiété pour avoir préféré la foi de ses pères. »

— Bon! très-bien! fit Belchior; pourtant notre général n'a pas caché que les chrétiens seraient le mieux traités ?

— C'est vrai !

— Eh bien, entre mon service de maître bombarbardier et mes fonctions de patron de boutique, mes allées et venues du bord au magasin, portant l'or dans la caissBj rapportant la marchandise, palabrant moimême tant bien que mal en charabia de Malacca ou de Maluco, je n'ai pas le temps de suivre de près les affaires de la mission. Renseigne-moi donc.

— Belchior, brave sauveur mien, moi, jamais tromper vous! fit le Malais fort éloquent en langues orientales, fort elliptique en portugais et en espagnol, qu'il amalgamait sans cesse, passablement obscur par conséquent et dont il convient de rendre clairement la pensée. Tous ces rajahs et seigneurs sont très-rusés...

— Des malins 1 pas assez sauvages! murmura Belchior.

-^ Moi, je ne lis pas dans leurs cœurs; mais à l'instant même ils s'écrient tous que ce n'est par complaisance ni par crainte, mais par conviction et de leur entière volonté qu'ils embrasseront la religion chrétienne.

— Amen ! fit le maître bombardier toujours beaucoup plus défiant que le capitaine général.

Henrique Malaco n'avait guère le loisir de s'arrêter plus longtemps à la boutique où, d'autre part, le fils de l'épicier avait fort à faire pour répondre aux chalands; une heure après, toutefois, il revint porteur de la meilleure des nouvelles pour Bernard Mahuri, l'entreprenant perruquier de Narbonne.

— 0 joie! ô triomphe! o fortune! voici le plus beau moment de ma vie! s'écria l'heureux artiste capillaire en se jetant dans les bras de Belchior. La reine de Zébu veut que je coiffe toutes ses femmes libres ou esclaves et que je la coiffe ensuite elle-même.

Introduit dans le palais par l'interprète, il était à l'œuvre sur l'heure. Il exécuta coup sur coup tant de merveilles, que la reine, éperdue d'admiration, lui fit dire :

— Je ne choisis pas, coiffez.

Cartes blanches, liberté de manœuvre, succès immense.

Bernard Mahuri construisit un édifice pyramidal avec les cheveux noirs de la reine de Zébu. Il les avait parfumés, ornés de fleurs et de pierreries. Un miroir, qu'il vendit au poids de l'or, acheva de mettre dans le ravissement la blanche moitié du rajah.

Chaque jour, à pareille heure, elle voulait être coiffée, et chaque jour autrement!

— Chaque jour autrement! dit Mahuri, j'aurai du génie .

— A la bonne heure ! gingembre et sagou ! tu finiras glorieusement sur la grande place de Narbonne à l'enseigne de la Reine de Zébu, tandis que ce malheureux Pierre Gascon avec son île Enchantée!... Non! ne parlons plus de cette sottise et réjouissons-nous de ta bonne chance.

L'escarcelle du barbier s'arrondissait. Les autres compagnons du Tour du Monde n'étaient pas moins favorisés par la fortune, encore que l'on ne fût que sur la route de Maluco.

— Merci, Belchior! à toi l'honneur, tu nous as gouvernés à souhait I disaient en chœur ces aventureux Gaulois, dont le nombre, hélas ! était cruellement réduit, sujet de réflexions parfois mélancoliques.

— Bruzen, un épicier fini, mort du scorbut I... Pierre Gascon, sauvage ! Jean Villon, le confiseur, Roger Dupiet et Simon, Jean Breton et Laurent Caurat, disparus avec le Sant- Antonio! Quel dommage d'être privés de tant d'excellents amis, l'élite des équipages de INIagellan !

Du reste, les opérations commerciales de la division entière étant excellentes, Belchior en fut complimenté par le capitaine général et par les autres commandants, comptables, chacun en ce qui le concernait, des bénéfices de la Couronne.

Sous le rapport politique, les affaires, étroitement liées avec la question religieuse, n'allaient pas moins bien. Le jour du baptême des rajahs, de la reine, des princes, princesses et grands vassaux, venait d'être fixé au 14 avril.

Magellan, certain d'arriver sous peu aux îles des Épices, se voyait ouvrant en outre au christianisme et soumettant sans coup férir, à la suzeraineté du roi d'Espagne, le vaste archipel Saint-Lazare.

— Isabel, ma sainte et noble sœur, disait-il du fond de l'àme, dans le céleste séjour où tu l'attends, tu dois être heureuse et fière du succès de ton frère Fernando !

Aucune amertume ne se mélangeait désormais au souvenir pieux de la grande damoiselle; mais tout

était regrets et douleur dans le souvenir de Béatrix :

— Ah! que n'est-elle ici, avec moi, pour conduire aux fonts baptismaux la reine de Zébu!

Les chefs insulaires comprirent-ils bien ce qu'on leur dit de la bulle de partage, de la ligne de démarcation et des droits de l'empereur Charles-Quint, à la souveraineté de leur pays? Et s'ils comprirent, trouvèrent-ils justes les prétentions de ces étrangers bardés de fer, dont les vaisseaux vomissaient par des bouches formidables les feux et la mort? Ils n'en parurent pas moins empressés à subir les lois de leurs redoutables missionnaires.

Fêtes, concerts, parades militaires, échanges de cadeaux et de politesses, danses, exercices et spectacles, sans préjudice du trafic, s'étant succédé durant quelques jours, le soleil se leva sur la grande cérémonie du baptême et de la prise de possession au nom du roi d'Espagne.

Humadar-Humabon, non sans arrière-pensées ambitieuses, Colambu avec une fervente sincérité, donnèrent l'exemple aux grands et au peuple prévenu par des proclamations que, pour embrasser le christianisme, il fallait d'abord brûler leurs idoles et tous objets ayant servi au culte des faux dieux.

Une grande croix, un autel richement décoré et une estrade étaient érigés sur la grande place du palais. Après une dernière instruction de l'aumônier, traduite par Henrique Malaco, le capitaine général prit par la main Hamadar-Humabon, entièrement vêtu de blanc, et le fit s'agenouiller sur l'estrade.

Le prêtre versa sur son front l'eau du baptême en lui donnant le nom de Charles, comme si l'empereur était son parrain.

Le rajah Colambu, le prince héritier, un Mahométan en relation de commerce avec Zébu, les princes Si-Miut, Si-Buaïa, Si-Sacaï, et cinq cents autres furent baptisés ensuite. Après quoi la messe fut célébrée en grande pompe.

Quelques heures après, plus de trois cents femmes ou enfants reçurent de même le sacrement du baptême avec les plus émouvantes démonstrations de joie. La jeune et belle reine de Zébu reçut le nom de Jeanne porté par la mère de l'empereur j la femme de l'héritier présomptif celui de Catherine.

En mémoire de sa sœur Isabel, Magellan donna le nom d'Elisabeth à la reine de Massana qui avait rejoint son époux pour se faire chrétienne et qui ne tarda point à repartir avec lui de Zébu, où les conversions se multipliaient.

Le grand navigateur était transporté d'enthousiasme. Par toutes ses paroles, par tous ses actes, se manifestait son zèle pour la propagation du christianisme et le service de la couronne.

Chaque jour il descendait à terre pour la célébration de la messe à laquelle assistaient tous les néophytes et catéchumènes. Chaque jour aussi, d'un cœur exalté, il affirmait plus hautement sa suprématie au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Sa Majesté Charles, roi d'Espagne.

Hamadar-Humabon ayant prêté avec empressement

le serment de soumission et de fidélité, Magellan exigea que tous les chefs de villages ou de cantons s'engageassent de même envers leur rajah, à qui l'autorité supérieure était doublement due depuis que, le premier, il avait embrassé la sainte religion chrétienne.

Or, si la conversion au christianisme n'était aucunement obligatoire, l'obéissance au rajah l'était sous peine de mort et de confiscation de tous biens à son profit. En conséquence les grands vassaux baisèrent la main d'Hamadar-Humabon et lui prêtèrent serment devant l'image de Notre-Dame.

— Princes et seigneurs ! s'écria aussitôt Magellan, mieux vaudrait périr mille fois que violer un tel serment. Je l'ai prêté moi-même, je veux le renouveler en votre présence.

Pliant le genou devant l'autel, l'épée nue à la main, il ajouta :

— Par cette sainte image, par la vie de l'empereur, mon maître, et par l'habit de chevalier de Saint- Jacques que je porte, je jure donc qu'aucun supplice ne saurait me faire manquer à mon serment d'obéissance et de fidélité envers Sa Majesté l'Empereur, notre seigneur à tous!

On conçoit qu'après de telles affirmations solennellement réitérées, Magellan ne put tolérer aucune résistance à l'autorité suzeraine du rajah.

Dans la petite île de Mactan, voisine de Zébu, on se permit de refuser le tribut de soumission. Le feu fut mis à Bulaia, village des rebelles, et une croix

plantée sur son emplacement, « car ils étaient idolâtres, » dit Pigafetta qui ajoute : « S'ils eussent été mahométans, on y aurait dressé une colonne de pierre pour désigner l'endurcissement de leur cœur. »

Les historiens, à commencer par Amoretti, traducteur et commentateur delà relation dePigafetta, ont, fort à la légère, traité d'acte d'intolérance la sévère mesure politique prise en cette circonstance par Magellan. Hélas! il n'outrepassa aucunement les cruelles lois de la guerre, telle que nous la faisons encore. Le maître, le vainqueur, le conquérant ont accoutumé d'imposer le tribut par la force. De nos jours comme au seizième siècle, tous les moyens sont bons, incendies, mines, torpilles, razzias et bombardements, pour infliger aux vaincus des contributions de guerre. Encore, en nos temps modernes, n'a-t-on guère l'excuse des sentiments, exagérés à coup sûr, mais à coup siir aussi fort atténuants, qui font agir le grand navigateur attristé de ne pouvoir accomplir pacifiquement sa quadruple mission commerciale, civilisatrice, politique et religieuse.

Du reste sa foi ardente ne recule devant rien. Il va jusqu'à promettre un miracle. Il l'accomplira.

Malgré tous leurs serments, les princes de Zébu continuent à rendre un culte à leurs idoles; il l'apprend, et, transporté d'une sainte colère, les interroge avec menaces :

— Quoi I vous avez reçu le baptême et vous vous prosternez devant un faux dieu à tête de sanglier!

Cette idole, représentation de l'une des incarnations

deVischnou, est la preuve que les croyances des Zébusiens non mahométans se rattachaient au brahmanisme.

Les coupables avouent sans détours qu'en effet, ils sacrifient secrètement au dieu conservateur pour obtenir la guérison de l'un des frères du rajah, le prince le plus sage et le plus vaillant de l'île, à l'agonie depuis quatre jours.

Magellan, qui a été dans l'Inde, n'ignore pas que Vischnou est le membre de la Trimourti qui conserve, guérit et sauve.

— Brûlez vos idoles, malheureux! s'écrie-t-il, il n'y a d'autre sauveur que Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Dieu!... Lui seul guérit et conserve! Que le malade reçoive le baptême, il sera guéri ! Je le jure par ma propre tête.

On admire la foi qui anime Magellan. « Il consent à perdre la vie si elle n'est pas rendue au moribond. »

Sur-le-champ une procession générale des chrétiens se dirige vers la maison du prince, qui ne pouvait plus se mouvoir ni parler, et qui râlait.

Magellan lui fait donner le baptême par son aumônier sous le nom de Fernando.

Et sur-le-champ, le râle cesse, le frère du rajah échappe à la mort.

« Nous fûmes tous témoins oculaires de ce miracle, « dit Pigafetta en sa relation. Le capitaine surtout « en rendit grâces à Dieu. Il donna au prince une « boisson rafraîchissante et continua de lui en en-

Ki voyer tous les jours jusqu'au cinquième où le ma- « lade, parfaitement guéri, se leva. »

Cependant, sous le couvert de son seigneur suzerain, le roi d'Espagne, la puissance d'Hamadar ne cessait de grandir. Tous les villages de son île et des petites îles avoisinantes étaient sous sa dépendance. Aussi fut-il le premier à se plaindre de Si-Lapu-lapu, Tun des chefs de Mactan, idolâtre obstiné, qui, faisant cause commune avec les rebelles de Bulaïa, menaçait son voisin Zula, excellent tributaire.

A bord de la Trinidad, le conseil des officiers supérieurs était en séance quand l'interprète Henrique Malaco introduisit un messager de Zula lui-même, demandant aide, secours et protection, contre Si-Lapulapu, chef de Mactan.

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