‹ Les Cinquièmes quarts de jourChapitre 27 sur 31 · SEBASTIAN DEL CANO · texte numérisé non relu

SEBASTIAN DEL CANO

L'empereur Charles-Quint voulut que la Victoria, premier navire qui eût accompli le tour entier du monde, fût halée à terre et guindée sur un piédestal pour y être le monument de sa propre gloire,

L'Europe savante et le monde politique curent bientôt connaissance de son prodigieux retour. Lesdésaccords , les troubles , les guerres qui désolaient la chrétienté, n'empêchèrent point que ce ne fût dans toutes les cours une immense nouvelle. Aussi bien, malgré ses graves préoccupations, la reine Louise de Savoie avait-elle hâte de recevoir la visite du chevalier Pigafetta devenu célèbre.

Sous le rapport des pertes en vaisseaux et en hommes la campagne était évidemment un désastre ; la mort d'un navigateur tel que Magellan, un malheur qu'on ne pouvait assez déplorer. Sous le rapport commercial, l'affaire fut néanmoins extrêmement avantageuse. La cargaison de la seule Victoria, en or, en pierreries et surtout en épices, couvrit quatre fois tous les frais de l'expédition. D'où il suit que, la renommée des Moluques ne cessant de grandir, la question de leur possession, — affaire de longitude,

— devint de plus en plus affaire de grande politique.

L'empereur Charles-Quint, qui avait parfaitement reçu Pigafetta, reçut mieux encore Sébastian del Cano, l'anoblit et lui concéda des armoiries dont la simplicité n'est pas moins admirable que la devise :

— Un globe terrestre et ces trois mots : Primus circumdedistime (le premier, tu me ceignis).

Enfin, tenté par les bénéfices de la grande épicerie, il le chargea d'une nouvelle mission pour les îles Saint-Lazare et les Moluques.

Toutefois Sébastian del Cano ne commanda pas en chef l'expédition composée de cinq, ou selon d'autres, de sept navires. Elle fut placée sous les ordres du commandeur Garcia de Loaisa qui mourut, après avoir franchi le détroit de Magellan, le 26 mai 1526.

— Sébastian del Cano lui succéda, pour mourir luimême cinq jours après.

Guetaria, sa ville natale, lui a dressé une statue; et l'on doit ajouter ici que, malgré ses dissentiments

avec l'estimable Pigafetta, sa mémoire historique est restée sans tache.

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