‹ Les Cinquièmes quarts de jourChapitre 8 sur 31 · LES COMPAGNONS DU TOUR DU MONDE · texte numérisé non relu

LES COMPAGNONS DU TOUR DU MONDE

Melchior ou Belchior Ripart ou Richard disait avec sa verve des meilleurs jours :

— Girofle et muscade ! voilà ce qui s'appelle arriver à point, quand mon capitaine va se marier avec cette gentille petite brunette de la Santa-Luz, la senorita Béatriz Barbosa qu'une dizaine de belles années ont mûrie pour le sacrement, et quand des coupe-jarrets sont à le guetter pour nous couper à la fois sa noce et notre tour du monde !

Ne dites jamais quand ci ou ça vous arrive : « C'est un guignon ou c'est une chance, un bonheur ou un malheur; » on n'en sait jamais rien.

Arrivant de Paris, par Bordeaux, les Pyrénées, Madrid, les sierras, les bajadas et pas mal d'aventuras, à Triana non plus qu'à Séville, pas de place dans aucune hôtellerie pour les compagnons du Tour du monde !

— Là, là! Bruzen le Normand, Petit-Jean, Villon et Prior, ne marronnons pas pour si peu. Quand nous passerions une nuit de plus à la belle étoile, le mal ne

lit) LE PREMIER TOUR DU MONDE

serait guère grand. Ah ! d'ici à Maluco nous en verrons diablement d'autres. Demain fera jour, je vous présente à mon capitaine comme fils de notre France, parés à tout et pour commencer chacun déballe ses talents.

Il était tard, vu que nous avions rôdé dans la ville et les faubourgs comme des rats en quête d'un trou ; par continuation nous cherchions un bon endroit pour nous y étendre de compagnie :

— Tchiu! nous fait un drôle embusqué dans l'ombre.

J'ai idée de quelque chose de louche et je reponds :

— Tchiu!

C'était le mot de passe, va bien ! Mon homme me demande en portugais :

— Combien sont-ils?

En portugais, à Séville, encore plus louche. Je réponds en portugais, à tout hasard :

— Quatre.

— Vous êtes cinq

— Oui, cinq.

— Frappez par derrière, je me charge du Magellan.

— Attention ! cet assassin-ci nous prend pour ceux de sa bande. Français, mes compères, pas de bruit, et dépêchons : - Tchiu I

Je le croche à la gorge, Bruzen le prend à bras le corps, Villon de Troyes lui amarre les mains, Petit- Jean d'Angers lui entrave les pieds avec son mouchoir, Barthélémy Prior de Saint-Malo le fouille; nous lui prenons son poignard, nous le ficelons, nous le bâillonnons

Gingembre et cannelle ! il était temps !

— Cachez-vous, compagnons du Tour du Monde! Les autres assassins arrivaient; je fais : « Tchiu ! »

Ils font : « Tchiu ! » Fameux ! Puis je demande en portugais : « Combien sont-ils ? »

— Quatre, mon capitaine : Henrique, Duarte Barbosa, Pigafetta et lui.

Poivre et moutarde ! qui était content de n'avoir trouvé gîte nulle part, entre la porte du Soleil et la tour de l'Or !

■- Bien, garez-vous, et ne vous pressez pas ! dis-je en portugais.

La lanterne à Malucoco se fait voir ; dégaine !

Je dis en français : « Amis, à chacun le sien ! » Magellan arrivait tout joyeux au bras du chevalier Pigafetta, un Italien que je ne connais pas encore :

— Gare à vous ! capitaine, on veut vous assassiner ! c'est moi, Belchior, avec des amis !

Flamberges et poignards au poing. Bagarre! Les coquins veulent s'enfuir, nous sautons dessus. Nous les désarmons; mais voilà tout à coup que la lanterne est brisée. On ne s'y reconnaissait plus.

Le pilote Barbosa battait le briquet.

Mon capitaine ouvrait sa porte.

Il y eut là une mauvaise histoire qui fît grand tort au pauvre Henrique.

Duarte Barbosa l'accusait d'avoir fait exprès d'éteindre sa lanterne pour aller égorger le chef de la bande que nous avions si bien garrotté et qui se trouva

être un certain Macrim trop connu de notre capitaine.

Henrique jurait ses grands dieux que le coup avait été fait par un homme qui, en le poussant brutalement, l'avait fait tomber avec la lanterne.

Mon sentiment est que Malucoco disait la vérité j mais Duarte Barbosa prétendait avec colère qu'Henrique avait tué Macrim pour l'empêcher de parler,

— Celui qui l'a poignardé, disait le pilote, était olivâtre comme toi et vêtu comme toi ! Je l'ai vu à la lueur des étincelles de mon briquet ! Et j'entends qu'on te mette en prison avec les autres.

Les autres étaient tous d'accord. Anciens aventuriers de l'équipage à Macrim, ils ne connaissaient que lui, étaient venus avec lui à Séville où il leur promettait de l'ouvrage et n'avaient rien fait que par son commandement.

La justice, la question ni la potence n'en tirèrent pas autre chose.

Mon capitaine ne voulut jamais permettre que son Malais fût questionné; mais Duarte Barbosa, étant têtu, le prit en grippe, et parla suite des temps ce fut un grand malheur.

Mais, minute !... Nous en sommes que de tous côtés on nous arrive avec des lumières.

— Ah ! Belchior, mon brave sergent, me dit Magellan, la Providence t'a conduit ici tout juste pour nous sauver la vie I

— Dame! le bruit court par le monde que vous

allez en faire le tour pour le compte de Castille;

bon ! J'en avais assez du Portugal. Je n'en aurai jamais

trop de naviguer avec vous. Et me voici; mais je ne suis pas seul!

— Tes braves camarades ne sont pas moins bienvenus que toi ! me dit Magellan à qui je vous présente de suite l'un après l'autre : Bruzen le Normand, un épicier fini, Petit-Jean d'Angers, fils d'un avocat, Prior le Malouin, matelot fieffé, Jean Villon de Troyes, un fameux pour la confiture. Le Français a toujours des talents.

C'est ici le cas de dire qu'à l'enseigne des Rois-Mages, chez papa Ripart, la boutique ne désemplissait plus depuis mon premier retour de Maluco. J'étais, moi et ma marchandise, comme une bête curieuse chargée de curiosités. Jolis coups de commerce. Beaux coups de bavardages. A m'entendre, les savants, ni plus ni moins que les ânes, ouvraient des yeux comme des barriques, des oreilles comme des fours.

« A beau mentir qui vient de loin ! » Hein?... Et mes kakatouas, et mes lézards volants, et mes coquilles torticoles!... « Si tu n'y crois pas, viens-y voir! » disais-je en troussant ma moustache.

— On irait bien tout de même, s'il y avait mèche, dit l'un, et puis l'autre, et pas mal d'autres avec.

— As-tu le cœur chevillé dans le corps? Es-tu sans peur pour ta carcasse, et sans reproche pour la peau ? Des pays par où j'ai passé, il y en a qui reviennent, à preuve Melchior Richard; il y en a encore plus qui n'en reviennent pas. Je ne te prends pas en traître. Le reste te regarde.

Je ne compte pas ceux qui ont bouqué; mais quand

114 LE PREMIEIl TOUR DU MONDE

nous avons eu connaissance des lettres de maître Ruy Faleiro et du manifeste à mon capitaine, il y en a plus de quatre et de huit aussi qui s'en viennent rue de la Buffeterie me dire en me disant : « Eh bien, Belle Langue ? » « Eh bien, La Frigousse? » « Eh bien. Paille de fer? y es-tu? que fais-tu? pars-tu? Tas-tu ? allons-nous ? f>

— Doucement, enfants, faut nouvelles de l'armement.

Papa, maman, Gaspard, Balthazar et la marmaille me disaient de leur bord :

— Mon fils, mon frère, mon oncle, quelle idée ! Votre fortune est faite I... Reste avec nous ! n'as-tu pas eu assez de misères ?... Que te manque-t-il?

— Ce qui me manquait, mon capitaine? le danger, le charme de courir le ^rrand bord. Qui a bu, boira !

Arrive la nouvelle quasiment sûre et certaine que l'empereur vous confie une division à l'effet de faire de grandes découvertes. Les docteurs en Sorbonne me le disent. Je le dis aux amis. lisse l'entre-disent. Nous voilà partis ; mais pas tous. Nous autres ici sommes l'avant-garde. Je vous promets une bonne douzaine de Français, Normands, Gascons, Bretons, un échantillon de chacune de nos provinces, des solides, sur qui vous pourrez compter en toute rencontre.

— Bonne promesse! camarade Belcliior, je l'accepte avec la plus vive satisfaction !

L'avant-garde venait tout d'abord de prouver son savoir-faire en prévenrait le guet-apens organisé contre Magellan et ses amis. Le concours dévoué d'un

certain nombre d'aventuriers français était, en outre, une véritable bonne fortune pour le futur chef de la campagne de découvertes, également en butte à la haine du Portugal et à la jalousie des marins espagnols.

Entravé par les intrigues d'Alvaro da Costa qui suscitait chaque jour des obstacles secrets, ouvertement contrarié par les gens de mer castillans en crédit auprès du cardinal ou de l'empereur, Magellan était loin d'être aussi avancé que le croyaient Melchior et ses camarades, d'après les lettres de Ruy Faleiro répandues par toute FEurope.

Le savant astrologue en était furieux jusqu'à en perdre la tête. Comme il avait à Lisbonne fort imprudemment déblatéré contre le roi Emmanuel, il se mettait à déblatérer maintenant contre l'empereur Charles-Quint; et certainement son langage violent n'était pas ignoré à la cour d'Espagne.

— Rien de moins diplomatique ! avait dit à ce sujet le chevalier Vicentin Pigafetta, arrivant d'Italie, comme Melchior arrivait de France, pour prendre part à la grande expédition.

Jeune, instruit, avide d'aventures et de renommée, il était venu à Barcelone à la suite de monseigneur Chiericato, le protonotaire apostolique, son protecteur, s'était fait présenter à la cour et avait obtenu d'accompagner, en qualité de simple voyageur, Magellan et Ruy Faleiro, dont les démarches l'intéressèrent bientôt comme choses personnelles.

De Barcelone, il s'était rendu à Séville par la voie

de Malaga, et s'était lié avec tout ce qu'il y avait de savants dans la capitale de l'Andalousie. Diogo et Duarte Barbosa, Juan Vespuce, Ruy Faleiro faisaient grand cas de lui.

Magellan et Alvaro de Mesquita l'admirent promptement dans leur intimité.

Dona Britès, la brune Béatriz et les dames de leur entourage lui avaient fait l'accueil dû à un cavalier distingué, d'excellente famille et du meilleur ton.

D'une physionomie tout à la fois fuie et franche, virile et douce, il était fait pour plaire. Son naturel ardent et loyal attirait. Adroit à tous les exercices du corps, remarquablement robuste, il avait les qualités physiques qui conviennent au navigateur. Son tempérament, sa modération en toutes choses, sa sobriété, sa régularité avaient coopéré pour le douer d'une santé de fer. Il ne se souvenait pas d'avoir jamais été indisposé, quoiqu'il eût affronté les intempéries de climats très-divers. Ainsi, très-jeune encore, il s'était embarqué pour parcourir les Échelles du Levant, avait visité les îles de Chypre et de Rhodes, s'était trouvé en pays pestiférés et n'en avait pas plus souffert que de ses fréquents séjours dans lesMarais-Pontins.

— Je me suis vu le seul, disait-il, à n'avoir point la fièvre, jamais je n'ai ressenti la moindre atteinte du mal de mer et j'ai facilement supporte de fort longues privations de nourriture.

— A merveille, répondit Magellan, vous êtes vraiment trempé pour notre métier.

— Je le pense, reprit Pigafetta, et j'ai compté, je le

déclare, sur ma robuste constitution, quand j'ai sollicité l'honneur de vous accompagner. Si je n'espère pas vous être fort utile, du moins je ne serai pas un embarras.

— Un homme de votre valeur n'est jamais inutile quand il est animé de votre précieuse bonne volonté, dit Magellan, dont Pigafetta grossissait le petit groupe d'amis dévoués.

Le maria portugais comptait d'abord sur son frère d'armes Alvaro de Mesquita, sur Fornez etMoëlho, ses camarades, et sur Duarte Barbosa, l'ancien pilote de Ui Santa-Luz qui allait devenir son cousin par alliance. Il avait en outre grande confiance en ce Joam Rodriguez Carvalho qui s'était marié à une Braziliane, et enfin en Estevâo Gomez, autre Portugais, dont la carrière avait beaucoup d'analogie avec la sienne.

Comme lui et avant lui, Gomez s'était fait naturaliser espagnol, avait servi la couronne de Castille et sollicité le commandement d'une expédition de découvertes. Fort assidu chez les Barbosa, il y avait remarqué la jeune Béatriz et n'avait pas appris sans dépit qu'elle aimait d'enfance Fernando de Magellan. Chez les Barbosa, il apprit encore que ce trop heureux Magellan, parfaitement accueilli par l'empereur, était sur le point d'obtenir les cinq navires du port de Séville dont il ambitionnait la direction. En ce cas, toutes ses propres démarches échouaient. Il n'en fit pas moins grand accueil à son compétiteur, et personne ne sembla partager plus vivement que lui le

mécontentement de Ruy Faleiro à la nouvelle des nouveaux délais de la cour :

— C'est désespérant, mon cher ami, dit-il à Magellan. Mais, par compensation, ces retards prolongeront la lune de miel de votre adorable fiancée.

— Je n'ai que faire qu'elle se prolonge à Séville ! s'écria impétueusement Béatriz; l'armement 1 l'armement! Et sous voiles!

— Quoi ! fit Gomez d'un ton admiratif, vous compteriez affronter les périls d'un tel voyage ?

— Assurément ! repartit la jeune fille, car si je ne devais accompagner Fernando, '"e ne consentirais à l'épouser qu'après son retour !

— Et ce seraient de longues années perdues pour notre bonheur! s'écria Magellan avec feu. Mon rêve est de lui faire partager ma gloire.

^- Le mien, dit Béatriz, est d'être à ses côtés aux heures des privations et des dangers.

— Bravo, cousine! fit Duarte Barbosale pilote.

— Très-bien ! disaient Pigafetta, Mesquita et quelques autres présents à l'entretien.

— Heureux fiancés, plus heureux époux bientôt ! dit Estavâo Gomez d'un ton débonnaire.

Ses petits yeux chassieux clignotaient. Un sourire obséquieux retroussait ses grosses lèvres et plissait ses basjoues grêlées de petite vérole.

Dans la coterie intime de Magellan et des Barbosa, il n'y avait louangeur plus caressant que maître Estavào Gomez. Il adulait, mais sans inspirer de défiance, chacun l'ayant connu aussi mielleux à

Lisbonne, par le passé, que maintenant à Séville. Récemment toutefois, le docte Ruy Faleiro, qui s'adonnait depuis son arrivée en Espagne à l'astrologie judiciaire, l'avait apostrophé ainsi :

— Estevâo Gomez, votre étoile est dans la constellation du Pendu !... Si vous en revenez, il n'en reviendra pas; mais s'il doit en revenir, c'est vous qui y resterez !

— Qu'.:ppelez-vous, s'il vous plaît, seigneur docteur, la constellation du Pendu ? demanda Gomez avec son sourire onctueux. Et quel est, de grâce, cet IL dont la destinée est le contre-poids de la mienne ?

Ruy Faleiro répondit sentencieusement :

— La constellation du Pendu n'est pas visible dans notre hémisphère. Je ne l'en ai pas moins vue astrologicâ arte. Et votre étoile y est, vous dis-je, aussi vrai que II n'est pas Elle.

Sur cela, les rieuses Andalouses du patio Barbosa se prirent à tirailler par les larges basques de sa casaque le docte astrologue qui commençait, hélas ! à devenir l'objet de leurs risées :

— Et mon horoscope ? Un mot sur mon étoile !... — Ma bonne aventure, s'il vous plaît, seigneur docteur.

Eslavâo Gomez s'était éclipsé.

Magellan attristé disait à ses amis :

— Faudra-t-il donc renoncer à mon association avec Ruy Faleiro jusqu'ici mon meilleur appui, car, en vérité, je crains qu'il n'ait perdu la raison.

— Pauvre ancien ! disait Belchior à l'arrière-garde des compagnons du Tour du Monde, aventureux lu-

rons dont la muse de l'histoire nous a transmis les noms, prénoms et lieux de naissance (1).

C'étaient : Roger Dupiet et Simon de la Rochelle, gais chanteurs liés entre eux par la plus étroite amitié nautique; Jean-Baptiste de Montpellier, danseur accompli; maître Jacques de Lorraine, soudard farouche, bon enfant tout de même; Bernard Mahuri de Narbonne, perruquier entreprenant ; Pierre Gascon, natif de Bordeaux, bon armurier non moins philosophe ; Laurent Caurat et Jean Breton, l'un et l'autre du Croisic en Bretagne, pêcheurs, harponneurs, saleurs, gens de mer s'il en fut.

— Pauvre ancien ! leur disait Belchior en parlant de Ruy Faleiro, cette tentative d'assassinat acheva de lui faire perdre la boule ; mais ce fut un bonheur pour nous autres tous, vu qu'ayant passé sa chemise pardessus ses culottes, il s'en va par la ville en criant : « C'est l'empereur qui a fait le coup, rapport à ses Espagnols de damnation! Il est encore pire qu'Emmanuel de Portugal!... Non ! je n'embarque plus; mon étoile me dit que ce coquin de Charles-Quint me ferait jeter à la mer avec un boulet ramé aux talons!... » Il était fou, tellement fou que, sa chemise sur la tête, il monte à cheval et court d'une traite se faire prendre par les Portugais qui l'ont campé en prison. Pour lors donc, l'empereur se fâche et dit : « Assez comme ça! Magellan n'est pas fou lui, finis- Ci) Très-parfaitement hkAQnqu.Q,yoir Voyageurs anciens et modernes, t. III, page 273.

sons-en! Je lui donne les cinq navires, il les équipera, les armera, les approvisionnera dans le genre suifTé et les commandera sur la mer Océane, à l'effet de me trouver, dans mon département, les îles aux épices, qui est la grande politique. Voilà ! »

Dès que l'ordre nous en arrive, moi content, je vous fais coucher sur le rôle d'équipage; et nous y sommes bien, gingembre et macis ! Pas d'Espagnol, de Portugais, d'Italien ni de sauvage qui nous en arrache, j'en réponds !

Vive le commandant général et dona Béatriz, sa gentille petite femme !

Le mariage avait été un brin retardé, vu d'abord l'afTaire à la bande à Macrim dont on n'a jamais su le fin mot, puis la mort de M. Fornez qui, m'est avis, a été noyé traitreusement, et la folie à Ruy Faleiro, et un tas d'autres misères ; mais finalement, belle noce I girofle et vanille! Et nousy avons bu, mangé, joué, chanté, dansé à la française, de manière à divertir l'Alcazar, laGiralda,laTorredel Oro et la Porte del Sol!.,.

Riefi de tel que ces Français; tous les talents ! * Finalement, mes fistons, voici les noms des cinq navires destinés à notre promenade autour du monde : La Triaidad, 120 toneles, le Sant-Antonio autant, la Concepcion, 90, la Victoria, 85, et le Santiago, 75.

Pour l'équipage, quand nous y serons tous, hommes, femmes et mousses, blancs, noirs, jaunes, chiens, chats. Français, Portugais, Espagnols et le reste, nous nous compterons et nous saurons, poivre et muscade! Vive Magellan, Béatriz etl'épiceriel

Page 1