‹ Les circulations en banque: ou, L'impasse du monopole, émission et changeChapitre 7 sur 40 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

tmportationt.

Exportation*.

Importations.

Exportations.

714 miUions.

244 millions.

797 millions.

491 miUions.

Importations en plus, 910 millions. Importations en plus , 299 millioi]is. Ainsi, dans les deux pays qu'on peut considérer comme gonvemant la réserve métallique d'Europe, le stock des métaux monnayés et monnayables s'est largement accru dans ces derniers temps , loin de décroître, d'où un change généralement fayorable, pour la France surtout.

et nos préjugés (1) . > Que c'est bien dit, et surtout bien trouvé, s'agissant d'une institution puissante qui s'impose et qui fait à son gré la pluie ou le beau temps I — On voit bien que le cerveau n'agit, ici, sur Messer Gaster.

D'abord, l'ami, dirai-je à ce courageux défenseur des forts qui dit si bien son fait à la France, quelque peu empêchée de répondre, il ne s'agit pas de l'intérêt ou taux de Tescompte en cours d'affaires, mais ce qui est fort différent, vu que c'est de là qu'on part aujourd'hui, des constants retours du Change. Pourquoi, étant moins qu'à aucune époque débiteur de l'étranger, ce qui constitue le change favorable, pourquoi le pays éprouve-t-il des embarras qu'il n'a pas connus dans un temps où c'était tout le contraire? D'où peuvent, en un mot, venir des crises entées sur un change favorable, contre toute raison et toute justice? That is tke question^ maître Jean, qui si bien parles.

Si le change, comme il y paratt de reste, tant en Angleterre qu'en France, n'est pour rien dans tous ces embarras, c'est aux engins du crédit qu'il faut s'en prendre, car c'est à eux à faire le chemin, combler les vallées et construire, à la satisfaction de chacun, ponts et viaducs.

A cela point de réponse. — Le fait de cet afflux métallique reste simplement un fait inexpliqué en présence de crises persistantes. On verra comment ce phénomène accuse ceux qui en connaissent toute la portée. Pour ce qui est de cette masse d'affaires, ou activité grande, impliquant une notable insuffisance de numéraire, je dois dire que, si l'on faitplus d'affaires, si l'on s'engage dans un plus grand nombre d'entreprises qu'il y a quinze ou vingt ans, il y a non-seulement des existences métalliques de beaucoup supérieures à ce qui s'est vu autrefois, ainsi que cela ressort des tableaux de la douane, quelque incomplet que soit ce témoignage, mais si l'insuffisance est réelle, cela tient simplement à ce que la constitu-

(1) Lot Pres$e du itt octobre i86i : Vescompte à 8 pour loo.

tiondu Crédit n'est pas, chez nous, ce qu'elle doit être. L'afflux de Tor et de Taisent se mesure en effet généralement, nul ne l'ignore, aux exigences d'un marché. ^< Suivant Tactivité des affaires, remarque M. d'Eichtal, cette quantité augmente ou diminue. » Le Crédit doit faire de même» ou bien il manque à son rôle. De là vient, par exemple, qu'en Angleterre le rouage métallique est notablement suppléé, supplanté par les agissements d'un certain ordre. Onpeutdoncposeren fait, sans le secours d'aucune statistique, qu'à une masse d'affaires infiniment plus grande qu'auparavant répond, en France, un outillage monétaire d'une puissance proportionnée au chiffre des produits et des services mis en mouvement. Or, comme l'Emission, qui concentre à Paris son principal service, n'a pu fournir ici, pas plus que les virements en banque, l'appoint nécessaire, l'on doit conclure que la richesse métallique a pris une extension fort supérieure à ce qu'elle était il y a quinze ou vingt ans. — S'il en est ainsi. Ton sera, plus qu'à aucune époque, en mesure de répondre aux exigences du dehors pour ce qui est de la sortie des métaux précieux, outre que, par l'effet du Change favorable,^ cette exportation devient de moins en moins nécessaire. D'où peuvent dès lors venir les embarras dont on parle, sinon de la constitution débile et anormale du crédit privé?

Donc, et au résumé, action du Change nulle, outre qu'elle est dénuée de raison d'être par l'interversion même du trafic extérieur qui nous rend, depuis des années, créancier de l'étranger, loin que nous soyons, comme autrefois, ses débiteurs ; —richesse métallique qui défie, plus que jamais, d'autre partj les exigences du dehors et qui se mesure, comme toujours, au train des affaires. — A ce compte, la difficulté ne saurait, on le voit, s'étayer de l'action du Change sans cacher quelque chose comme une grande mystification bancocratique?

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