PRINCIPAUX CARACTÈRES BOTANIQUES
Formation de la cire.
Muider supposait qu’elle dérivait, en même temps que la chlorophylle, de l'amyle ou amidon.
On pensait alors que les cires naturelles des plantes n'avaient pas de structure définie et on les considérait comme les produits d’une transformation chimique des parois cellulaires auxquelles elles adhèrent.
C’est de Bary (?) qui, le premier, a démontré qu'il s'agissait d'une sécrétion du protoplasme dont les produits sont expulsés à travers la membrane de la cellule pour se localiser dans la cuti- -cule et recouvrir ensuite l’épiderme. Cet auteur a prouvé en effet que la cire ne provient pas d'une transformation de la cuticule et que, dans aucun cas, on ne la trouve à l'intérieur de la cellule.
Différents aspects de la cire.
A la surface de l'épiderme, elle peut former un revêtement à peine visible aussi bien qu'une croûte épaisse, selon les plantes et les climats.
Ce revètement cireux se présente sous divers aspects qui ont été étudiés en particulier par Kônig (*), Mæbius (‘), Mikosch (), Zopf (°), Simon (*) et Uzapeek (*).
1. Nous adressons tous nos remerciements à M. Jean Aurois, ingénieur agricole (Paris) et M. Raymond Guy, ingénieur agricole (R.) dont les renseignements nous ont permis de compléter notre documentation.
2. De Bay. Ueber die Wachsuberzüge der Epidermis. Bot. Zeit., 4874, 29, p. 129, 145, 161 et 566. — Vergleichende Anatomie der Vegelationorgane der Phanerogamem und Ferne-Leipzig, 14877, in-80, p. 87 à 92.
3. J. Kôünia. Vorkommen und Elementarzusammensetzung der Pflanzenwachses. Ber. d. d. Chem. Ges., 1870, L. 3, p. 566.
4. Mormios. Ueber Wachsausscheïidung im Innern der Zellen. Ber. d, d. deutsch. bot. ges., 1897, 45, p. 435.
5. Mixoscu., Vegetabilesches wachs (article extrait de l'ouvrage de Julius Wiesner. Die Rochsloffe des Pflanzenreichs, 1900, p. 525).
6. Zorr. Zur Kerntnis der Sekrete der Farne (der wachsartige Kürper). Ber. d. d. bot. ges., 1906, 24, p. 264.
7. Simon. Ucber das Balanophorin. Sifgber. d. Kais. Akad. d. Wiss. in Wien., 1940, 419, p. 1161.
8. F. Czareck. Biochemie der Pflansen-lena, 1913, 2° édit., 4923, t. 4, p. 811.
Il existe trois formes principales :
L° Croûte : plus ou moins épaisse, à structure mal définie. Le plus souvent, ce revêlement forme un vernis brillant et lisse comme sur les feuilles de nos climats : il se présente aussi en couche épaisse se fendillant facilement, par exemple sur toutes les plantes dont la cire est recueillie pour l’industrie et qui appartiennent principalement à la flore des régions tempérées chaudes (cire de Palmier, de Candelilla, etc.).
2° Granulations : se présentant en assise simple ou en assises multiples à la surface de la cuticule (cire de l'Eucalyptus globulus, de certains Acacias, ete.).
3° Bälonnets : forme plus rare, dont on trouve le type sur les entre-nœuds de la canne à suere ; ces bâtonnets sont étroitement serrés sur l’épiderme el dressés perpendiculairement.
Wieser (!) a fourni la preuve que toutes les formes de revêtement cireux présentent effeclivement un caractère cristallisé -ou, plus précisément, sont tantôt constituées de cristaux, tantôt d'agrégats de cristaux imparfaitement formés.
Enfin, ces diverses formes de revêtement épidermique peuvent affecter des dispositions particulières selon le rôle protecteur qu'elles ont à jouer dans la physiologie de la plante ; c’est ainsi qu'au niveau de stomates la couche cireuse est traversée par un canal qui permet l'entrée et la sortie des gaz, ou bien même elle se fendille à cet endroit comme on peut le constater sur les feuilles du palmier Carnauba.
Rôle de la cire.
Il ne semble pas, comme le supposait Murper, que la cire joue un rôle dans la respiration des plantes et surtout soit « la cause du dégagement d'oxygène qui se produit dans les feuilles et dans les autres parties des plantes où se forme la chlorophylle ».
Nous pensons plutôt que son rôle est uniquement protecteur,
4. J. Wiesner. Ouvrage cité note 5, p. 14; Beobachtungen über die Wachsüberzüge der Epidermis. Bot. zeit., 1811, 29, p. 769; Ueber die krystallinische Beschaffenheit der geformten wachsüberzüge pflanzlicher oberhäute : Boë. zeil., 1816, 34, p. 225.
principalement vis-à-vis de la pluie, et qu’en particulier dans les pays chauds elle permet en outre à la plante de conserver, dans ses parties aériennes, l'humidité qui lui est nécessaire pour vivre.
Quant aux relations qui peuvent exister d'une part entre la composition de la matière cireuse et la partie de la plante qui la sécrète. d'autre part entre cette composition et le rôle qu'elle joue, il est impossible d'émettre actuellement des hypothèses vraisemblables. Il faudra attendre pour cela qu'un certain nombre d'analyses exactes permettent de faire des rapprochements utiles.
Nous citerons seulement, dans cet ordre d'idées, la supposition émise par Érarp (1) sur le rôle des acides gras rencontrés fréquemment dans la cire des feuilles : « [l ne paraît pas impossible, dit-il, qu'ils eussent pour mission de limiter dans les plantes l'entrée des sels terreux ». Ceci nous paraît peu vraisemblable, la proportion d'acides libres dans les cires étant généralement très faible.
Tout reste à trouver dans ce domaine inconnu.