Lai:th. Th. Paris
fréquente de l'alcoolisme, la coexistence d'autres affections viscérales, nous font penser que l'essence môme de ces maladies est à chercher autre part, et que, si l'alcool intervient de quelque façon, ce n'est qu'en créant dans un organe préalablement irrité et par conséquent très susceptible un locus minoris resistantiœ. »
Ces vues nouvelles, basées sur plusieurs centaines d'observations, ont été exposées par MM. Hanot et Gilbert' dans leur mémoire sur les formes de la tuberculose hépatique. « Nous reconnaissons volontiers, disent ces auteurs, qu'un grand nombre de nos tuberculeux étaient en même temps alcooliques à des degrés divers, on pourrait donc nous objecter que les lésions hépatiques que nous avons constatées relèvent non pas de la tuberculose, mais de l'alcoolisme. Cette objection n'est pas valable, puisque les mêmes altérations ont été notées chez des adolescents, qui ne pouvaient être suspects d'alcoolisme. En outre, dans plusieurs de nos observations, la
\. Hanot et Gilbert. Arch. génér, de niéd., nov. 1889.
tuberculose hépatique, avec les caractères cliniques et anatomiques que nous lui attribuons, s'est développée chez des malades qui depuis longtemps se soignaient sous nos yeux pour une tuberculose pulmonaire préexistante, à l'écart, comme on le conçoit, de tout abus de boissons. Il n'est pas besoin d'ajouter que nous admettons sans peine que l'influence du tubercule peut être renforcée par l'alcoolisme concomitant et réciproquement. Mais, nous le répétons, nous croyons fermement que les lésions hépatiques, dont nous allons exposer l'évolution clinique et les caractères anatomiques, sont déterminées par la tuberculose, nous voulons dire non seulement par le parasite figuré, mais aussi par les produits solubles qui en sont inséparables. »
A la vérité, il semble qu'on ait englobé, sous cette dénomination de cirrhose alcoolique graisseuse ou de cirrhose hypertrophique graisseuse, des faits notoirement disparates. On y trouve, en effet, réunis des cas dont les uns appartiennent bien à une forme spéciale de cirrhose alcoolique,
mais dont les autres ressorlissent manifestement soit à la tuberculose hépatique, soit à diverses hépatites infectieuses quiontpu survenir chez des individus entachés d'alcoolisme, nous n'en disconvenons pas, mais qui se sont traduites uniquement, dans quelques cas, au point de vue de la réaction anatomique de la trame conjonctive, par de simples infiltrais embryonnaires peu étendus, lésions qu'on ne saurait légitimement assimiler aux scléroses hépatiques proprement dites.
Les observations contenues dans l'intéressant mémoire de Blocq et Gillet1 comportent, à notre avis, la même interprétation.
Depnis, d'ailleurs, MM. Hanot et Gilbert2 ont démontré l'existence de la cirrhose hypertrophique alcoolique et déterminé nettement les caractères anatomiques et cliniques. Qu'un processus aigu vienne se greffer sur cette lésion préexistante, ou môme, qu'en raison de prédis-
1. Blocq et Gillet. Cirrhoses infectieuses. Arch. génér. de méd.