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PRODUCTIONS MINÉRALES

Les récits exagérés des voyageurs et l'imagination surexcitée des Occidentaux ont représenté l'Inde comme une mine inépuisable de pierres précieuses. Ils semblait que cette immense péninsule fût tout entière semblable à la seule île de Ceylan où les rubis, les saphirs, les topazes, les grenats constellent les blocs de gneiss, roulent dans le sable des cours d'eau. 11 a fallu en rabattre beaucoup de ces merveilleuses descriptions.

L'Inde a possédé, il est vrai, de riches mines de diamants; malheureusement elles sont à peu près épuisées depuis longtemps. Celles de Sambalpour, dans la haute vallée de la Mahanuddi et de Karnoul, dans le sud, étaient encore exploitées au commencement du siècle. Quant à Golconde, dont le nom seul semble faire éclater aux yeux un ruissellement éblouissant de pierreries, et dont les princes déployèrent jadis un tel faste, elle ne tire plus de ses mines que quelques pierres sans valeur.

On trouve des améthystes dans les monts Aravulli, des grenats dans le Meywar, du cristal de roche dans la vallée de la Nerbudda. Au bord de la mer, dans le Guzerat, on recueille des agates, des onyx et des cornalines ; dans quelques endroits, du jade et du corindon.

La pêche des huîtres perlières a toujours été pour l'Inde une source de richesse ; elle se pratique dans le golfe de Cambay, sur les côtes de Madura et de Travancore, et surtout dans les eaux de Ceylan.

On exploite dans le Rajpoutana des carrières de fort beaux marbres blancs et rosés. Les grès roses du Bundelkund et de la vallée du Cham-

FLORE, FAUNE ET PRODUCTIONS MINÉRALES

bal sont appréciés comme pierres d'ornement clans la construction des édifices.

L'Inde possède des houillères sur une étendue considérable : elles occupent une vaste région entre le Gange et la Godavéry, où elles se trouvent réparties en quatre groupes. Mais beaucoup de bassins ne valent

Fig. 22. — Vue prise à Nassik, sur les bords du lac sacré.

pas la peine d'être 'exploités et les autres contiennent un charbon très inférieur à celui des mines européennes ; il donne en brûlant plus de résidus et ne produit guère que la moitié du travail fourni par une égale quantité de charbon anglais.

Cette pauvreté de l'Inde en combustible permet de pressentir que ce pays sera toujours plutôt agricole qu'industriel; la nature l'a disposé pour être exclusivement une terre nourricière à l'égard des autres peuples; et l'on a vu ses industries périr très vite dès que le canal de Suez l'a mis en rivalité directe avec les fabriques de l'Occident.

Le fer existe assez abondamment dans l'Inde; les plus beaux gisements se trouvent à Salem dans la présidence de Madras. Les indigènes Font recueilli et travaillé depuis des temps immémoriaux ; des instruments de fer ont été découverts dans d'informes monuments semblables à nos cromlechs celtiques, et qui sont les plus anciens vestiges de la présence et du travail de l'homme dans la péninsule.

Les indigènes préparaient encore tout récemment le fer avec de petits fourneaux chauffés au charbon de bois. Cette industrie tombe en désuétude, et on ne peut guère y substituer le traitement des minerais par les houilles indiennes, malheureusement insuffisantes. Aussi les fers anglais sont-ils à peu près les seuls employés aujourd'hui dans l'Inde.

Le cuivre et l'or se rencontrent dans l'Inde, mais en trop petite quantité aujourd'hui , l'or surtout, pour que leur exploitation soit bien productive.

La seule substance minérale que l'Inde possède en quantités considérables, est le sel. Elle pourrait, pendant des siècles, en fournir au monde entier. Une chaîne de collines y est complètement formée par des amas salins; c'est le curieux Sait Range, dans le Pundjab, sur les bords de l'Indus supérieur. Le gouvernement anglais s'est réservé le monopole de cette substance.

Notre rapide esquisse de l'Inde physique est terminée. Elle était indispensable pour montrer les conditions d'existence de ses habitants et faire comprendre les institutions, les croyances et les mœurs que nous étudierons bientôt. Nous n'avonspu donner dans ces courtes pages qu'une faible idée de la nature magnifique et violente des régions que nous voulions décrire. Les forces naturelles y sont formidables dans leur fureur et formidables encore dans leurs bienfaits. Dans aucune contrée du globe on ne sent d'une façon aussi profonde le jeu grandiose de ces forces bienfaisantes ou nuisibles, irrésistibles toujours, mères des nécessités qui façonnent et mènent les hommes et sont la cause première des civilisations dont l'histoire enregistre le cours.

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