G. — GROUPES DIVERS DE POPULATIONS SAUVAGES DU SUD DE L'INDE
Le massif de l' Anamalah, qui se dresse au sud des monts Nilghirris, renferme aussi des tribus sauvages analogues ; mais il faut toujours excepter de cette comparaison les Todas, qui, ainsi que nous l'avons vu, forment un groupe tout à fait à part.
Les habitants de l' Anamalah sont les K'aders, qui se disent les seigneurs des monts et se croiraient déshonorés s'ils cultivaient la terre ; ils sont adonnés à la chasse. L'agriculture est laissée aux Malsars, et
RACES DE L'INDE CENTRALE ET MÉRIDIONALE
les Paliyars enfin sont des bergers ou des marchands. Ces derniers laissent flotter jusqu'aux reins leur chevelure épaisse et rebelle , ce qui leur
Frith.
Fig. 59. — Types du G-uzerat.
donne un air tout particulièrement farouche. Les anthropologistes croient pouvoir rattacher ces races aux nègres de l'archipel malais. D'autres groupes de sauvages protodravidiens se rencontrent encore
dans l'Inde méridionale. Ils ressemblent plus ou moins par leur aspect, par leurs coutumes, par leurs occupations et par leur religion, qui n'est qu'un grossier fétichisme joint à l'adoration des esprits, aux peuples que nous venons de décrire. Nous mentionnerons sommairement les principaux de ces groupes. Ce sont :
Les Chanars, qui occupent l'extrémité méridionale de la péninsule, le sud de Travancore, et le cap Comorin. Ils sont environ 500,000, sur lesquels 100,000 à peu près ont embrassé le christianisme. Les autres rendent leur culte aux esprits des morts. On voit s'élever à l'entrée de leurs villages de petites pyramides sur lesquelles ils déposent des offrandes de fruits, de grains et de fleurs, destinés à attirer la protection des bons génies. Les Chanars se livrent exclusivement à la culture des palmiers. Ces arbres précieux suffisent à tous leurs besoins, mais l'exploitation en est rude et fatigante. Les Chanars parlent la langue tamoule ainsi que leurs voisins les Ilavas, qui ne sont guère différents d'eux.
Sur les hauteurs des monts Alighirris qui prolongent au sud le massif de l'Anamalah, habitent les Kanikhars qui bâtissent leurs légères demeures dans les branches des arbres, afin de se trouver à l'abri des bêtes fauves. Chez ce peuple primitif, la propriété est inconnue et les biens sont en commun ; cependant ils ont déjà passé de la polyandrie à la monogamie, progrès rarement constaté encore chez les sauvages de l'Inde.
Les Nayadis, dont quelques-uns habitent autour de Calicut, et les autres dans les environs du lac Poulikat , forment une des plus misérables populations sauvages du sud de l'Inde. Récemment encore ils ne savaient allumer le feu que par le frottement de deux branches sèches.
Les Kollers, qui peuplent les régions montagneuses de Coimbatour et de Madura, ont renoncé depuis fort peu de temps à des coutumes sanglantes. Autrefois un homme qui, chez eux, voulait porter malheur à son ennemi, prenait un de ses propres enfants et allait l'égorger au seuil de celui qu'il haïssait.
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