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VILLES ET MONUMENTS

Durant la période brahmanique, les Hindous construisaient des monuments, des villes entières, qui s'élevaient fastueusement sur les bords du Gange. Il y avait loin de ces cités splendides aux humbles villages des Aryens védiques.

Les débris qui subsistent encore des édifices de cette époque sont fort peu nombreux; mais les mieux conservés, tels que les bas-reliefs de Bharhut et les piliers d'Asoka, prouvent que les Hindous devaient être devenus très habiles dans l'architecture.

CIVILISATION DE LA PÉRIODE BRAHMANIQUE

Il paraît probable que les premiers édifices de l'Inde étaient construits en bois et en briques, et que les monuments de pierre n'en sont qu'une copie. Le fait me paraît confirmé, non seulement par la descrip-

Tig. 114. — Khajurao, Portique du temple précédent; vue prise de l'intérieur du sanctuaire.

tion de Mégasthène, mais encore par les observations que j'ai faites au Népal; j'ai trouvé en effet dans ce pays, qui a si bien conservé les mœurs de l'Inde ancienne, quantité de colonnes de pierre dont les sculptures ont été copiées fidèlement sur celles de colonnes de bois.

Quoi qu'il en soit, il est certain qu'au temps de Mégasthène, les Hin-

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dous possédaient des villes importantes. L '-ambassadeur grec décrit la grande cité de Pataliputra dans des termes qui donnent une haute idée de son étendue, de sa force et de sa splendeur.

Elle formait, sur les bords du Gange , un parallélogramme très allongé. Elle était protégée par une enceinte de murailles au pied desquelles courait un large fossé. Le palais du roi, les bazars, les boutiques pleines d'objets précieux, les cortèges brillants qui parcouraient les rues, excitèrent l'admiration de Mégasthène.

La description de cet auteur n'est d'ailleurs pas la seule au moyen de laquelle nous puissions tenter de reconstituer en imagination une ville hindoue au troisième siècle avant notre ère. Nous en trouvons une autre plus détaillée encore dans la grande épopée du Ramaj^ana, dont la composition est même sans doute antérieure. En voici la traduction :

« Il est une vaste contrée, grasse, souriante, abondante en richesses cle toutes sortes, en grains comme en troupeaux, assise au bord de la Sarayou et nommée Koçala. Là était une ville, célèbre dans tout l'univers et fondée jadis par Manou, le chef du genre humain. Elle avait nom Adjodhya.

« Heureuse et belle cité, large de trois yaudjanas, elle étendait sur douze yaudjanas de longueur son enceinte resplendissante de constructions nouvelles. Munie de portes à des intervalles bien distribués, elle était percée de grandes rues, largement développées, entre lesquelles brillait aux yeux la rue Royale, où des arrosements d'eau abattaient le vol de la poussière. De nombreux marchands fréquentaient ses bazars, et de nombreux joyaux paraient ses boutiques. Imprenable, de grandes maisons en couvraient le sol, embelli par des bocages et des jardins publics. Des fossés profonds, impossibles à franchir, l'environnaient ; ses arsenaux étaient pleins d'armes variées ; et des arcades ornementées couronnaient ses portes, où veillaient continuellement des archers.

« Un roi magnanime, appelé Dacaratha, et de qui la victoire ajoutait journellement à l'empire, gouvernait alors cette ville, comme Indra gouverne son Amaravali, cité des Immortels.

« Abritée sous les drapeaux flottant sur les arcades sculptées de ses portes, douée de tous les avantages que lui procurait une multitude variée d'arts et de métiers, toute remplie de chars, de chevaux et d'éléphants, bien approvisionnée en toute espèce d'armes, de massues, de machines pour la guerre, elle était bruissante et comme troublée par la circulation continuelle des marchands, des messagers et des voyageurs, qui se pressaient dans ses rues, fermées de portes solides, et dans ses marchés, bien répartis à des intervalles judicieusement calculés. Elle voyait sans cesse mille troupes d'hommes et de femmes aller et venir dans son enceinte ; et, décorée avec de brillantes

CIVILISATION DE LA PÉRIODE BRAHMANIQUE

fontaines, des jardins publics, des salles pour les assemblées et de grands édifices parfaitement distribués, il semblait encore, à ses nombreux autels pour tous les dieux, qu'elle était comme la remise où stationnaient ici-bas leurs chars animés. »

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