LES FEMMES
Aucun livre n'a été aussi sévère pour les femmes que ceux des Hindous. Leur façon de les comprendre est commune du reste à tous les Orientaux. Ce sont pour eux des êtres agréables, mais inférieurs, qu'il faut, en raison de leur incurable inconstance, toujours tenir soigneusement sous clef quand on veut s'assurer à peu près de leur fidélité. Les réflexions du grave législateur Manou , dont le code gouverne l'Inde depuis deux mille ans, et que nous reproduisons avec celles d'auteurs venus bien des siècles plus tard, prouvent que l'opinion des Hindous sur ce sujet n'a jamais varié.
— Manou a donné en partage aux femmes l'amour de leur lit, de leur siège et de la parure, la concupiscence, la colère, les mauvais penchants, le désir de faire du mal et la perversité. (Manou.)
— D'une nature aussi mobile que les flots de la mer, ayant des sentiments qui ne durent qu'une heure comme la ligne des nuages du crépuscule, les femmes, quand leurs désirs sont satisfaits, abandonnent l'homme qui leur est inutile, comme on jette la laque après l'avoir pressée. (Pantch.)
— Elles parlent avec l'un, regardent l'autre avec trouble et elles pensent à un troisième qu'elles ont dans l'esprit : qui est en vérité aimé des femmes ? (Id.)
— Les femmes sont toujours inconstantes, même celles des dieux, dit-on. Heureux les hommes dont les femmes sont bien gardées. Si la femme est chaste, ce n'est ni par pudeur, ni par retenue, ni par vertu, ni par crainte, c'est seulement parce que personne n'a sollicité ses faveurs. (Hit.)
— Le fou, l'écrevisse, l'indigo, l'ivrogne et la femme ont la même ténacité. (Pantch.)
— On ne peut venir à bout des femmes ni par les présents, ni par les égards, ni par la sincérité, ni par les soins empressés, ni par la force, ni par les préceptes : ce sont des êtres tout à fait indomptables. (Id.)
— Les femmes sont comme la vache qui cherche l'herbe nouvelle dans la forêt; ce qu'elles désirent c'est du nouveau, du nouveau. (Hit.)
CONSTITUTION MENTALE DES HINDOUS
— L'amour d'une femme s'éteint plus rapidement que la lueur d'un éclair. Elle peut feindre de vous chérir et songer à un autre. En vous pressant entre ses bras, elle peut soupirer pour un de vos rivaux. Pourquoi vouloir aller contre la nature ? Le lotus ne fleurit pas sur la cime des monts ; la mule ne porte pas les mêmes fardeaux que le cheval ; le grain d'orge ne produit pas le riz, et dans l'âme d'une femme on ne saurait trouver la vertu. (Soudraka.)
— Chute de la famille, blâme du monde , captivité même et risque de la vie, la femme impudique, toujours attachée à un autre homme, consent à cela. (Pantch.)
Fig. 250. — Agra. Porte du jardin du Taje. Vue prise de l'intérieur.
— Ce que les femmes ont en dedans n'est pas sur leur langue ; ce qui est sur leur langue ne va pas au dehors ; ce qui est au dehors, elles ne le font pas. (Id.)
— Là où une femme commande, là où un joueur, là où un enfant est maître, la maison se ruine. (Id.)
— Il faut absolument renoncer à l'amour : si l'on ne peut pas y renoncer, il ne faut en avoir que pour sa femme, car elle seule peut le guérir. (Hit.)
— Tourbillon des incertitudes, demeure de l'effronterie, ville des témérités, magasin des péchés, maison de cent fourberies, champ de défiances, cette corbeille de toutes les fascinations, impénétrable pour les grands et les plus éminents d'entre les hommes, cette machine appelée femme, ce poison mêlé d'ambroisie, par qui cela a-t-il été créé dans le monde, pour la perte de la vertu ? (Pantch.)
— Connaissant ainsi le caractère qui leur a été donné au moment de la création par le seigneur des créatures , que les maris mettent la plus grande attention à les surveiller. (Manou.)