DES HINDOUS
Principes généraux de morale.
— Écoutez ce qui constitue l'essence de la vertu, et quand vous l'aurez entendu, méditez-le : ce qui est contraire à soi-même, qu'on ne le fasse pas aux autres. (Pantch.)
— Ceux qui ont le cœur honnête regardent la femme d'autrui comme une mère, le bien d'un autre comme une motte de terre, tous les êtres comme soi-même. (Id.)
— Le talent de prêcher la morale aux autres est une chose que tout le monde peut
Fig. 254. — Seonndra. Dernier étage du mausolée de l'empereur Akbar.
Le tombeau de martre est le simulacre de celui qui se trouve sous le monument et qui renferme le corps de l'empereur. La galerie qui entoure le tombeau est entièrement en marbre blanc. Les portiques ont près de 4 mètres de hauteur. Les fenêtres sont en marbre sculpté à jour. Derrière le sarcophage on voit un pilier en marbre sur lequel se trouvait placé autrefois, dit-on, le fameux diamant le Kohinoor qui était le plus riche joyau des rois niogols.
aisément acquérir ; mais pratiquer soi-même la vertu, voilà ce que peut seule une âme d'élite. (Hit.)
— Chez les uns la sagesse est dans la parole, comme chez le perroquet ; chez les autres dans le cœur, comme chez le muet : chez d'autres elle est également dans le cœur et dans la parole. (Pantch.)
— L'homme va-t-il par cent mille chemins, son action vile le suit ; il en est de même de l'action de l'homme généreux. (Id.)
— Tout acte de la pensée, de la parole ou du corps, selon qu'il est bon ou mauvais, porte un bon ou un mauvais fruit ; des actions des hommes résultent leurs différentes conditions. (Manou.)
CIVILISATIONS DE L'IXDE. 74
— La sincérité, l'empire sur les sens, les austérités, les dons, l'absence d'injures envers autrui, la constante pratique du devoir, voilà ce qui constitue notre valeur ; peu importe notre caste et notre origine. (Mahabhârata.)
— Qui sème le millet récoltera le millet; qui sème le mal récoltera le mal. (Proverbe tamoul.)
— La maladie, le chagrin , les angoisses, la captivité et les malheurs, tels sont les fruits que les mortels recueillent de l'arbre de leurs fautes. (Hit.)
— Les desseins des serpents, des méchants et de Ceux qui volent le bien d'autrui, ne s'accomplissent pas : c'est à cause de cela que le monde existe. (Pantch.)
Fig. 255. — Secundra. Vue d'ensemble des jardins où se trouve le mausolée de l'empereur Akbar prise du haut du mausolée représenté dans les deux planches précédentes. La porte du fond est celle dont la façade prise du dehors est représentée fig. 252.
De la défiance et de la circonspection.
— L'homme sage qui désire pour lui prospérité, longue vie et bonheur ne doit se fier à personne. (Pantch.)
— Le faible même, quand il se défie, n'est pas tué par les plus forts, et les forts mêmes, quand ils se fient, sont bientôt tués par les faibles. (Id.)
— Qu'on ne se fie pas à un ennemi précédemment combattu, même quand il est devenu ami. (Id.)
— Que le sage ne fasse voir à personne sa richesse, si petite qu'elle soit , car à la vue de la richesse le coeur d'un ascète même est ému. (Id.)
— Combattre avec le fort cause la mort au faible ; comme une pierre qui a brisé un pot, le fort reste debout. (Ici)
— L'homme qui veut se mêler de choses qui ne le regardent pas va à sa perte, comme le singe qui arrache un coin. (Id.)
— Que l'homme sensé ne sacrifie pas beaucoup à cause de peu : la sagesse icibas, c'est de conserver beaucoup au mo yen de peu. (Id.)
— Celui qui abandonne le certain pour courir après l'incertain fuit à la fois le certain et l'incertain. (Bit.)
— Entreprendre une mauvaise affaire, être en inimitié avec un parent, rivaliser avec
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un plus puissant que soi et placer sa confiance dans les femmes, voilà quatre portes ouvertes à la mort. (Rit.)
Fig. 256. — Futtehpore. Porte d'entrée principale de la grande mosquée. (Hauteur : environ 20m.)
Futtehpore, ancienne capitale de l'empire mogol, que la volonté de l'empereur Akbar fit naître dans un désert au seizième siècle, est aujourd'hui entièrement inhabitée. Ses palais construits en grès rougo sont encore debout dans un excellent état de conservation. La mosquée dont cette planche représente l'entrée est une des plus vastes du monde, elle a 168 m. de longueur et 143 de largeur. A l'exception de cet édifice, tous les monuments de Futtehpore sont de style hindou presque pur.
— Ici- bas un sage doit parler quand on le questionne avec confiance : parler sans être interrogé, c'est comme si l'on pleurait dans une forêt. (Pantch.)
— Le fou qui adresse la parole à un chasseur qui s'est donné une peine inutile, à un sot qui est dans le malheur, s'attire un affront. (Id.)
— Ce qui est percé de flèches se cicatrise, ce qui est coupé par le sabre se cicatrise ; un mot injurieux excite la haine, la blessure faite par la parole ne se cicatrise pas. (Id.)
De la douceur et de la patience.
— Les habiles en affaires doivent traiter une affaire d'abord par la douceur, car les
actes accomplis par la douceur ne vont pas à la ruine. (Pantch.)
— L'union est la meilleure chose pour les hommes, et surtout avec un ami : privés de leur pellicule, les grains de riz ne poussent pas. (Id.)
— La réunion de petites choses conduit à un grand résultat : des brins d'herbes tressés en forme de corde suffisent pour attacher un éléphant furieux. (Rit.)
De la façon de se concilier les hommes.
— Il faut agir avec chacun selon son caractère : en entrant dans les idées d'un autre, le sage parvient bientôt à le dominer. (Pantch.)
— Il faut se concilier l'avare par l'argent ; l'homme sévère par la soumission ; l'ignorant par la douceur, et l'homme instruit par la franchise. (Id.)
— On se concilie un ami par de bons sentiments; les parents, par le respect ; les femmes et les serviteurs,
par des présents et des égards, et les autres hommes par son adresse. (Hit.)
De la franchise et de la dissimulation.
— La franchise est toujours excellente chez les ascètes qui se livrent à la méditation, mais pas chez les gens qui désirent la fortune, ni surtout chez les rois. (Pantch.)
— L'homme qui est franc envers les femmes, un ennemi, un mauvais ami, ne vit pas.
— Si le bélier recule, c'est pour attaquer ; le lion même se contracte de colère pour s'élancer. Eenfermant l'inimitié dans leur cœur et délibérant en secret, les sages, quand ils méditent quelque chose, supportent tout. (Hit.)
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— Le* sage qui sait comprendre le caractère d'un homme en l'abordant se rend bientôt maître de lui. (Hit.)
Du courage, et de la persévérance.
— Ne pas commencer les choses est le premier signe d'intelligence, mener à fin ce qui est commencé est le second' signe 'd'intelligence. (Pantch.)
— C'est par l'effort que les affaires réussissent, non par les souhaits : les daims n'entrent pas dans la gueule d'un lion endormi. (Ici)
Fig. 258. - Futtehpore. Vue d'ensemble du Panchmahal. (Sauteur : environ 20™). Les détails des colonnes de ce monument sont représentés dans les planches suivantes.
— Quel est le fardeau trop lourd pour ceux qui sont forts ? Quelle est la distance éloignée pour ceux qui sont entreprenants ? Quel est le pays étranger pour les gens instruits? Quel est l'ennemi de ceux qui parlent avec douceur? (Ici)
— Même sans fortune, l'homme qui a de la fermeté s'élève au-dessus des autres et devient un objet de respect; l'homme faible tombe dans le mépris, quelques richesses qu'il possède. (Ici)
— Celui qui, lorsqu'il est tombé dans un malheur, se contente de se plaindre follement, ne fait qu'accroître son malheur et n'en trouve pas la fin. (Pantch.)
De la colère.
— Quand même il est piqué par l'abeille qui voltige furieuse et avide de la liqueur que contiennent ses tempes, l'éléphant, quoique très fort, ne se met pas en colère : celui qui est fort ne s'irrite que contre une force égale à la sienne. (Id.)
— Aux hommes sans force leur colère cause leur malheur. Un pot ardent outre mesure brûle principalement ses propres parois. (Id.)
— L'homme qui ne peut pas faire du mal , pourquoi ici-bas a-t-il l'impudence de se mettre en colère ? Le pois chiche a beau sauter, il ne peut pas briser la poêle à frire. (Id.)
— Quand un chien aboie insolemment contre une montagne, qui en pâtit, la montagne ou le chien ? (Proverbe tamoul.)
Des effets de la jalousie.
— Les savants sont odieux aux ignorants ; les riches, aux pauvres, les gens pieux aux impies, les femmes vertueuses aux femmes libertines. (Pantch.)
Du choix des relations et de leurs conséquences.
— Avec celui dont on ne connaît pas la force, ni la famille, ni la conduite, il ne faut pas faire de liaison. (Pantch.)
— Entre deux personnes dont la richesse est égale, entre deux personnes dont la race est égale, il peut y avoir amitié et mariage, mais pas entre fort et faible. (Id).
— L'amitié, l'intimité se rencontrent entre ceux qui ont même richesse ou même instruction, et non pas entre celui qui a conquis une situation considérable et celui qui est resté à-une-place inférieure. (Mahaohârata.)
^ — Le fou qui a la sottise de se faire un ami qui n'est pas son égal, qui est inférieur ou supérieur à lui, devient ridicule aux yeux du monde. (Pantch.) ^ — Pour se sauver du malheur, les sages doivent se faire des amis purs ; quiconque ici-bas n'a pas d'amis ne surmonte pas le malheur. (Id.)
— Le diable même a besoin d'un compagnon. (Proverbe tamoul.)
— Dans ce monde il n'y a pas un homme plus heureux que celui qui converse avec un ami, qui demeure avec un ami, qui s'entretient avec un ami. (Hit,)
— Les daims recherchent la société des daims ; les bœufs, celle des bœufs ; les chevaux, celle des chevaux; les sots, celle des sots, et les sages, celle des sages;' c'est la ressemblance dès vertus et des vices qui constitue l'amitié. (Pantch.)
— Celui qui sait apprécier le mérite se plaît avec celui qui en a ; celui qui est dépourvu de qualités n'aime pas l'homme de mérite. (Hit.)
— Par la faute de la fréquentation des méchants, les bons changent ; pour cette raison les gens respectables évitent toute liaison avec les gens méprisables. (Id.)
— En fréquentant les gens au-dessous de soi, on perd son intelligence; en fréquentant ses égaux, on reste leur égal; la fréquentation des hommes supérieurs nous mène à la supériorité. (Hit.)
- Un cheval , une arme , un livre, la parole, un homme et une femme , deviennent bons ou mauvais suivant l'homme qu'ils ont rencontré. (Pantch.)
— De l'eau qui est sur un fer chaud on ne connaît pas seulement le nom ; cette même eau, quand elle repose sur la feuille du lotus, brille sous forme de perle. Lorsque
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sous l'étoile Swâti elle tombe dans le ventre d'une huître à perle de l'Océan, elle devient perle : ordinairement, la plus haute, la moyenne ou la plus basse qualité résulte de la société que l'on fréquente. (Pantch.)