MONSIEUR ADRIEN BOIELDIEU A L'AUTEUR
Cher Monsieur Oscar Comettant.
Je regrette bien amèrement de vous voir condamner sans pitié la doctr::° spirite, avant d’avoir cherché à vous éclairer en rvant les phénomènes qui se produisent; avant avoir lu les révélations obtenues au moyen de la haute médiumnité de l'écriture, et de vous être mis ainsi en mesure d'établir un jugement définitif, et s'appuyant sur autre chose que sur un parti pris de dénégation.
Je regrette que vous ne puissiez citer quelques expériences auxquelles vous auriez assisté dans des centres sérieux, et dont le résultat, n'ayant pas répondu à ce que vous veniez chercher avec un désir sincère de vous convaincre, atrait au moins motivé votre réfutation.
A vos citations, j'opposerai de véritables manifestations médianimiques qui se révèlent dans des faits constatés par l’histoire, à l'égard d’autres personnages illustres; par exemple : les inspirations de sainte Thérèse dans ses écrits, lesquels étaient pour la plupart, l'œuvre de la médiumnité dans sa plus pure acception, ainsi qu'elle l’avoue elle-même, sans se servir bien entendu, d'expressions alors inconnues ; les voix de Jeanne d’Arc qui la dirigeaient
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d'une manière si manifeste, tou ces avertissements, toutes ces intuiüons dont il y 2 tant d'exemples, tels que les pressentiments de Henri IV prévoyant sa mort prochaine et l’annonçant à son entourage.
Enfin, et par-dessus toutes choses, les prédictions des prophètes. Et combien d’autres faits il y aurait encore à citer pour témoigner des manifestations spirites que vous rencontrez presque à chaque page dans l’Ancien et le Nouveau Testament, ainsi que dans les grandes luttes du christianisme contre le paganisme!
Ayant en partage la médiumnité d'écrivain, qui me permet de recevoir des dictées de la plus haute portée sans avoir conscience de ce que j'écris quelquefois pendant des heures sans une rature, sans un seul instant d’hésitation; voyant sans cesse autour de moi les esprits, et recevant d'eux les manifestations physiques les plus saisissantes, je crois avoir quelque autorité pour engager les incrédules à observer les faits qui se produisent; à suivre les séances des différents cercles spirites chaque jour plus nombreux ; à lire les écrits spirites de quelque valeur, tels que le Livre des Esprits, de M. Allan Kardec, président de la Société spirite; les Lettres d'un Catholique, du docteur Grand-Boulogne, ainsi que le magnifique ouvrage en plusieurs parties intitulé : le Spiritisme en sincère aveu, dicté au médium Sebron, le tout publié à la librairie Ledoyen, et, lorsqu'ils auront été témoins des phénomènes devant lesquels les plus sceptiques restent atterrés;
lorsqu'ils se seront pénétrés de ces sublimes morales qui, par leur élévation, ne sauraient émaner d'un cerveau humain, ils, s'inclineront avec respect devant cette admirable révélation qui, ayant eu pour point de départ un fait bien vulgaire : des tables tournantes! a parcouru en quelque s années une immense échelle, et apparaît déjà comme la première lueur de la divine lumière qui éclairera le monde en le transformant.
Ils comprendront que le voile commence à se lever sur tant de mystères restés jusqu’à ce jour impénétrables, et que les temps marqués pour de grandes manifestations étant arrivés, l'humanité est à la veille d'entrer dans une nouvelle phase, sous l'influence du spiritisme moralisateur et religieux, qui sera la seconde étape du christianisme.
Ils accueilleront enfin avec reconnaisance l’ineffable consolation accordée à l’homme, celle d'entrer en relations directes avec les êtres au’il a aimés, qu'il a perdus, et que le spiritisme vient en quelque sorte rendre à sa tendresse.
Croyez-moi, mon cher Monsieur Comettant, ne faites pas si bon marché d’une doctrine qui, si elle ne reposait pas sur quelque chose de sérieux, ne compterait pas aujourd'hui ses adeptes par millions dans toutes les parties du monde, et pour faire cesser vos doutes, s’il fallait invoquer ces phénomènes physiques qui, bien qu'ayant leur utilité comme moyen de conviction, n’en sont pas moins laissés de côté par les spirites sérieux, pour ne rechercher que
la morale et ce qui peut contribuer à leur perfectionnement, je vous dirais :
Vous croirez, lorsque vous verrez ce que j'ai vu, dans un cercle intime composé de quelques personnes des plus respectables : de l'écriture directe se former tout à coup devant nous sur la première feuille d’un cahier de papier déposé au milieu de ia table, avec des caractères au crayon et d'une nuance toute différente de celle du ‘crayon dont nous disposions.
Vous croirez, lorsque vous verrez, ce que j'ai vu chez Mile Huëèt, médium, sœur de Mlle Virginie Huët, une volumineuse table se soulever et rester littéralement suspendue dans l’espace pendant quelques minutes, à plus “d'un pied du sol, et à la seule apposition des mains de trois ou quatre dames et de moi, les mains étant placées sur la table et toute supercherie reconnue impossible.
Vous croirez, lorsque vous verrez, ce que j'ai vu également chez Mile: Huët, cette même table s’agiter, se soulever, se renverser et se relever au seul contact d’une jeune personne très-délicate, tous les assistants se tenant à distance.
Vougcroirez, lorsque vous serez témoin de l’écriture obtenue au moyen des coups frappés, non pas seulement dans une table, mais aussi dans les murs d'un appartement, lesquels coups correspondent aux lettres de l'alphabet et forment des phrases entières souvent de la plus haute portée.
Vous croirez enfin, lorsque vous verrez, ce 4
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