‹ Les civilisations inconnues [microforme]Chapitre 25 sur 30 · MURS · texte numérisé non relu

MURS

grand nombre de personnes ont vu chez M: Allan Kardec, à une séance de la société spirite, un médium sachant à peine la langue française, écrire spontanément sous la dictée d'un esprit évoqué par deux Arabes, dans leur langue dont, bien entendu, ce médium ne connaissait pas le premier mot; et sachez bien qu’à chaque instant de pareils phénomènés se produisent en présence de nombreux témoins, ainsi que tant d’autres, devant lesquels le doute n’est plus possible ; et si vous me demandez comment il se fait que les incroyants soient seuls privés de la vue de ces phénomènes qui pourraient peutêtre les convaincre, je vous répondrai que l’homme ayant pour triste condition de n’acquérir toute chose qu'au moyen de ses recherches et de ses efforts, et ayant affaire, dans les communications spirites, à des intelligences qui ne sont point à ses ordres, les preuves ne sont données qu'à ceux qui, sans être croyants, sont au moins animés d'un désir sincère de s’éclairer et d'observer pour établir leur jugement.

Je dirai maintenant aux sceptiques ainsi qu'aux hommes positifs de la science, n2 voulant admettre que ce qu'ils peuvent vérifier :

Vous êtes sommés, ou de faire acte de foi en acceptant les faits que la raison humaine n'a pu expli- : quer jusqu'ici, ou de définir les grands problèmes qui n'ont point encore reçu de solution, tels que l'origine de la création, les bornes de l'infini, la loi en vertu Île laquelle tous ces astres innombrables et

centres de gravitations, se soutiennent dans l’espace, ainsi que la nature du feu, de l'électricité, de l’aimant, et de tant d’autres choses ; et, pour en revenir à nous-mêmes, vous êtes sommés d'expliquer les rêves, les pressentiments, les avertissements intérieurs, et ces révélations si saisissantes de circonstances qui viennent en tous points se réaliser. Vous êtes placés entre ces deux alternatives : croire ou tout expliquer ; je vous défie de sortir de là; et si, malheureusement pour vous, il vous faut rester dans le domaine des conjectures ; si vous êtes réduits à prononcer ces décourageantes paroles pour le sceptique, je ne sais... cela est au-dessus de l'intelligence de l’homme vous voilà condamnés et obligés de vous incliner très-humblement, en reconnaissatit que ce qui n'est pas compris par nous n'en peut pas moins exister ; que tout est possible au Créateur, et et que la plus certaine des sciences, c’est la foi, puisque si souvent, hélas! la science vient apprendre à l’homme qu'il ne sait rien. Il vous faut effacer de votre vocabulaire le mot surnaturel ; car, du moment ou un fait se produit, il est naturel, tout inexplicable qu'il puisse nous paraître; seulement nous ne le comprenons pas.

Ah! messieurs les incroyants! ne regardez donc pas comme une chose si impossible, au milieu de tous ces mystères dont nous sommes environnés, que l’âme, sortie de cette prison que l’on appelle le corps, se trouvant émancipée et jouissant plus que jamais de ses facultés, se communique à nous.

En présence de cette sollicitude de Dieu pour nous, qui se révèle à chaque pas, à tout instant, au milieu même de nos épreuves pour qui veut observer, ne soyez donc pas surpris qu’il veuille aujourd’hui enrayer les progrès du matérialisme, de l’immoralité, du scepticisme et de l’impiété, ces vices qui sont la honte de notre société gangrenée,.en faisant apparaître d’une manière plus appréciable et plus saisissante, pour obliger l’homme à rentrer en lui-même, ce qui était autrefois : les songes, les voix intérieures et les intuitions.

Ne soyez donc pas surpris que Dieu nous tende une main secourable par l'intermédiaire de ses missionnaires, dans un moment où nous en avons tant besoin, en nous mettant à même, grâce à ces grandes révélations, ainsi qu’à ces si touchantes exhortations dont ils nous favorisent par la médiumnité, de voir notre foi se raviver; de craindre de commettre la moindre coupable action à la pensée que nous avons sans cesse autour de nous, au-dessus de nous surtout, des regards qui nous observent, et en nous faisant ambitionner d’avoir part à ces sub'imes félicités dont ils nous tracent de si merveilleux tableaux. Voilà le but du spiritisme; but immense qui sera dans un temps donné, la régénération du monde! mais hélas! c'est la‘triste conséquence de notre vie d’épreuve et d’expiation sur cette terre, qu'aucune grande vérité ne puisse s’y établir que par la lutte. Il a fallu des flots de sang; le sang de tant de malheureux martyrs! pour fonder

notre admirable religion, renverser le paganisme, et propager les sublimes préceptes de l'Évangile, le livre des livres! l'immense découverte de Galilée, le mouvement du globe sur lui-même, a valu à ce grand homme les plus cruelles persécutions, et Fulton se voyait traité de fou par les savants de l’Académie qui envoyaientun rapport à Napoléon Ier, dans lequel ils déclaraient que la locomotion par la vapeur, ce grand bienfait de la civilisation, n'était qu'une rêverie inapplicable.

Au moment de clore cette discussion au sujet du spiritisme, laissez-moi croire, cher monsieur Comettant, que vous n'êtes pas aussi sceptique que vous voulez le paraître; que, plein de confiance dans la bonté de celui dont nous tenons tout, vous ne vous refusez pas à admettre qu’il puisse vouloir nous aider à mériter un jour ces sublimes récompenses dont les nobles qualités de voire cœur si appréciées de tous ceux qui vous connaissent, vous vaudront une bonne part, et j'ai la conviction que le temps n'est pas éloigné où vous serez heureux de mettre votre charmant esprit Lu service de cette grande vérité qui s'appelle Le spiritisme religieux et moralisateur, pour aider à la faire resplendir.

Recevez un bien affectueux serrement de main de votre très-dévoué

A. BoïELDIEU.

Lettre Cinquième.

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