L: fille revint
— Le monsieur m'a dit qu'il ne pouvait s'expliquer qu'avec vous-même, Le voici.
— Monsieur, me dit-il, j'ai lu ce que vous avez dit du spiritisme eb ce que vous avez rapporté des merveilles de la planète Jupiter, suivant les explications fournies à M. Victorien Sardçu par les esprits frappeurs, et rien de tout cela ne m'a surpris.
— Bon, pensa-je, encore un ‘ou! Vous êtes donc méam aussi, demandai-je, que vous avez le bons heur de ne pas vous étonner de voir l'âme des tré passés soulever des tables et raconter pendant les
alun'est tre votre trop
s prêt us ies m'in-
entr'actes de leurs exercices ce qu'elles font dans les planètes où elles ont élu domicile ?
— Non, Monsieur, je ne suis point spiritiste, et je considère l'invention des esprits frappeurs avec la seconde vue es magnétiseurs, comme les plus célèbres myslifications dent les hommes trop crédules aient jamais été dupes.
— Alors, Monsieur, je ne vous comprends pas.
— Je m'explique. Si les esprits et la seconde vue sont de pure invention, il n'en existe pas moins chez quelques hemmes exceptionnellement doués d'un pouvoir encore inexpliqué la possibilité de faire voir à ceux avec lesquels ils se mettent en contact des localités “ioignées et mème des mondes inconnus. Voilà cariment il se fait que M. Sardou a pu voir très clsirement tout ce qu'il raconte de la planète Jupite:. Cette faculté explique une foule de prétendus miracles, et je veux vous lire quelques citations.
— Non, Monsieur, ne me lisez aucune citation, j'en ai déjà entendu ce matin, et c'est assez pour un seul jour. Mais si vous'voulez me convaincre, ditesmoi ce qui se passe dans la chambre à côté. Pas de paroles, des faits.
— Monsieur, il me faudrait une petite Mile pour faire mes expériences. J'en avais une autrefois, mais ses parents ne veulent plus me la prêter, parce que, disent-ils, elle est trop grande à cette heure.
— J'en suis fâché, Monsieur, mais, moi, je n'ai point sous la maiu de petite fille à vous offrir, D'un autre côté, je vous l'ai dit, je suis décidé à ne plus
perdre mon temps avec les faiseurs de miracles. Des faits! des faits! Puisque vous vous croyez doué des facultés surnaturelles qui jadis illustrèrent le comte de Saint-Germain, procédez tout de suite avec moi, ou veuillez repasser avec tous les outils qui vous sont nécessaires, petite fille, ete., pour n'avoir plus à y revenir.
— Soit, Monsieur, j'essayerai avec vous. Seulement nous commencerons par des expériences faciles, pour passer par gradation à de plus difficiles,
— Tout ce que vous voudrez, pourvu que vous me fassiez voir autrement qu'avec mes yeux, et promptement,
— L'inconnu voulut me bander les yeux. Je lui en fais ici mes très-humbles excuses, mais un doute traversa mon esprit. J'étais seul ave mon moderne comte de Saint-Germain... Si, penilant que j'ai les veux bandés, pensai-je, il allait faire main basse sur les objets à sa convenarc2! Je fis venir une troisième personne, et la séance commenca.
— Monsieur, me dit-il, je vous ferai d'abord voir, à distance, des personnes qui vous sont chères. Pensez àgune de ces personnes, qu'elle soit vivante ou ti peu importe, pourvu que je vous tienne les deux pouces, que vous ne disiez pas un mot, qu'en ne fasse pas le moindre bruit autour de vous, et que vous mettiez toute votre volonté à voir cette personne. Au bout de plus ou moins de temps, l'image de la personne évoquée se présentera nettement À vos regards.
Je compris aussitôt qu'il ne fallait pas être sorcier pour accomplir un pareil miracle. Il est certain qu'en voulant voir un objet que l'on connaît trèsbien, on le verra toujours se présenter à l'esprit au bout d'un temps plus ou moins rapproché, dans les conditions d'isolement où me plaçait ce charlatan ou cette dupe.
— Monsieur, lui dis-je en abaissant le bandeau qui mecouvrait les yeux, j'ai vu faire plus fort que ca. J'ai vu, par la seule puissance de la volonté, une personne en transporter une autre de la salle à manger d'un appartement dans le salon d'un appartement voisin.
— En vérité, Monsieur.
— C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire. Le sorcier avait affaire à un homme d'une corpulence énorme, ce qui semblait rendre l'opération plus difficile que s'il eñt êté svelte. Heureusement l'esprit dece personnage était depuis longtemps préparé à tous les genres de croyances par le culte du magnétisme, des esprits frappeurs, et par.de fortes études sur la magie, la nécromancie et la chiromancie. L'opérateur prononca quelques paroles cabalistisques, fit quelques passes savantes, et dit au gros honime : « C'est fait, vous êtes dans le salon de l'appartement voisin, » Le gros homme, habitué à croire sans contrôle toutes les merveilles du monde oculte, eut pourtant un instant d'incrédulité,
— Mais, hasarda-t-il, la preuve qu'en effet je ne suis plus dans cette salle à manger, et que je suis dans le salon de l'appartement en face?
— Vous en voulez la preuve? qu'à cela ne tienne : allez-y voir vous-même.
Le gros homme ne se le fit pas dire deux fois; il se rendit dans le salon, et s'y voyant alors:
— Il avait, ma foi! raison.
— Mais, monsieur, c'était une mystification, cela?
— Vous êtes bien sévère dans le‘choix de vos épithètes; disons plutôt que c'était une preuve nouvelle de la puissance du fluide spiritualiste à ajouter à toutes celles fournies par la clairvoyance magnétique, les esprits frappeurs et les escargots sympathiques.
Mon visiteur me salua froidement et se retira.
Je me croyais délivré, au moins pou: cette journée, de la gent spiritique et escargotique; je me trompais.
— Mon cher ami, me dit Émile Solié, il s’agit tout simplement de vous confondre et de vous amener à résipiscence. Quatre des plus robustes médiums se sont donné rendez-vous chez Mle Huèët, la célèbre pythonisse qui n'esi point celle de Saül, en compagnie d'une foule d'adeptes indignés de votre scepticisme à l'endroit de la science ou du culte spirite; je ne sais trop comment il faut dire. On soulèvera des tables, on nous soulèvera nous-mêmes si nous voulons, à l'instar de l'ange qui porta le prophète Abacuc par les cheveux depuis la Judée jusqu'à Babylone et retour; on lira ce que nous aurons écrit sur un papier que nous tiendrons plié, et peut-être, — ceci n'est pas certain, — Balthasar et
Rodrigues, deux esprits familiers de la maîtresse de la maison, se condenséront-ils en petites boulettes que nous tiendrons dans nos mains.
— Croyez-vous au diable ? dis-je à Solié.
— Certes, oui, j'y crois.
— Or, vous n'ignorez pas que d'après certains "théologiens les diables peuvent élever les corps de
erre, et même les trausporter fort loin dans les airs. ”— Je sais cela, et je sais aussi que les diables peuvent changer certains corps en des différents corps, soit par une vraie transformation, soit par un simple prestige : c'est le sentiment du docteur angélique, sur le deuxième livre des sentences, 9, dist. 7, art. 5. Omnes angeli boni et mali ex virtute naturali habent Polestatem transmutandi corpora nostra. Au reste, les nombreux exemples de loups-garous, de femmes métamorphosées en chattes et d'hommes en ânes, ne trouvent que trop, hélas! la puissance du diable lorsqu'il s'agit d'agir sur les corps, de les altérer, de les mouvoir, soit comme agents physiques, soit comme causes occasionnelles de l’action du Créateur sur la matière selon la très-subtile doctrine du trèsmétaphysicien Malebranche.
— Parfait; mais vous savez aussi que ies pères de l'Église, d'accord avec les païens, donnaient volontiers au diable des formes aériennes susceptibles en se condensant de devenir d’une solidité recoutable, témoin l'origine des Titans ?
— Je sais cela et bien d'autres choses encore, ayant lu dans un de mes voyages en Allemagne, pour me
distraire de certains philosophes allemands, la dissertation de Don Calmet sur les anges.
— Eh bien! vous n'avez pas peur que les prétendus esprits frappeurs ne soient que d’audacieux démons, et le sanctüaire. un affreux sabbat ?
— Non; d’ailleurs nous serons deux. Donc à huit heures ; je viendrai vous prendre. C’est sérieux, comme vous voyez; n'y manquez pas. Quand il s'agira de soulever la table, vous regarderez les genoux des médiums, moi je surveillerai leurs pouces.
— Et si rien de ce qu'on nous annonce ne se réalise? Le
— Nous en serons quittes pour penser des esprits frappeurs et des gens qui les fréquentent ce que nous en avons pensé jusqu'à présent.
— J'accepte, et, de plus, je promets aux esprits de rendre un compte fidèle de leurs opérations.
A neuf heures hous étions une vingtaine de ‘personnes autour d'une table tenue par des médiums et des gens qui, #ôus le rapport du fluide, ne laissaient rien à désirer.
Un adepte des mieux placés dans l'opinion des esprits frappeurs s'empara d'un carton où étaient écrites les lettres de l'alphabet, et de l'air grave qui convient à l'évocation des âmes :
— Esprits, êtes-vous là.
Les esprits qui habitent les différentes planètes de l'univers ne firent qu'un saut de ces planètes sous la table de l'enchanteur. Un coup se fit entendre, ce qui, d’après une convention passée, je ne
Re.
sais trop comment entre les vivants et les morts, avant qu'ils aient pu s'entendre, signifie oui. Il fallait savoir le nom des esprits présents et s'assurér si Balthasar et Rodrigues, les deux premiers sujets de la troupe, n'avaient pas fait relâche ce jour-là pour cause d'indisposition subite ou de garde à monter. Balthasar et Rodrigues répondirent à l'appel ; nous étions sauvés.
Les esprits ont l'habitude, nous dit le régisseur spiritique qui tenait le carton, d'ouvrir leur séance par un petit discours.
— Je vous en prie, Monsieur, répondis-je, que les esprits ne se gênent en aucune facon pour nous.
I] fallut une grande demi-heure aux esprits pour dicter un discours de six lignes, ce qui doit porter à plusieurs années la confection de chacun des gros volumes édités par M. Ledoyen, et dictés par les morts de lettres. Le régisseur spiritique promenait un crayon sur les lettres de l'alphabet, jusqu'à ce qu'un coup frappé sous la table indiquât la lettre désignée par l'esprit. Un secrétaire inscrivait chacune de ces lettres. A la fin on les réunit par groupes de mots, et le secrétaire lut quelques phrases très-étudiées, très-combinées, et presque impertinentes pour les personnes qui, comme Solié et moi, avaient encore besoin de raffermir leur foi dans les miracles du monde occulte, Idevenait évident que les esprits s'étaient, piqués au vif, et que Balthasar et Rodrigues particulièrement, se mettraient en quatre pour nous convaincre. +
— Messieurs, nous dit l’opérateur, vous venez de voir si les esprits savent s'exprimer en français; nous allons maintenant passer à d’autres exercices. Balthasar et Rodrigues êtes-vous toujours là ?
Un coup vigoureusement frappé sous la table vint nous prouver à la fois que les esprits sont moins immatériels qu'on ne pense, et que nos deux gaillards n'avaient aucune envie de déguerpir.
— Très-bien, dit l'opérateur ; vous allez, avant de soulever notre table, faire la petite guerre et imiter une scie dans l'exercice de ses fonctions.
Aussitôt on entendit un grand nombre de petits coups frappés sous la table, imitant le feu de la mousqueterie dans le lointain. A ces coups s'ajoutait un bruit de scie. On eût cru entendre des coups frappés avec le pied des médiums eux-mêmes, et le frottement d'une de leur semelle de botte contre la table, tant les esprits, pour nous être agréables, avaient pris une consistance matérielle.
— C'est étonnant, dit M. Ledoyen, l'éditeur, nous ne l’avons pas oublié, de la sonate dictée par l’es-
prit de Mozart à M. Brion d'Orgeval, qui lui-même “est compositeur ét vient de faire recevoir un ouvrage au troisième théâtre lyrique.
— C'est divin, exclama un de mes voisins ; et il me tarde d'être mort pour faire à mon tour la petite guerre et la scie.
— Messieurs, dit l'opérateur d’un air solennel, nous allons passer au soulèvement de la table, (Murmures de satisfaction dans l'auditoire.)
— Pardon, demandai-je à ce vénérable opérateur spirituel, les esprits qui se montrent si pleins d’entrain sous la table, me refuseront-ils la faveur de faire, à leur choix, la petite guerre ou la scie, sur ce livre que je tiens dans mes mains ?
L'officiant, prenant une physionomie assombrie :
— Je vais le leur demander, maisje ne pense pas qu'ils acceptent.
— Cependant, il ne doit pas leur être plus difficile de frapper sur ce livre que sous la table, et puisqu'ils travaillent en ce moment à nous convaincre, on ne comprendrait vraiment pas leur résistance à ce sujet. Certes, ce livre doit leur plaire puisqu'il parle d'eux et fait leur éloge.
—"Balthasar etiRodrigues, et vous, Marie, voulezvous faire la petite guerre ou la scie sur le livre que monsieur, tient dans ses mains.
— Nor, répondirent unanimement les capricieux esprits.
— Pourquoi ?
— Parce que.
— Bien répondu, dit Solié. Aussi bién, pour faire la petite guerre, choisissent-ils leur champ de bataille. Je connais lus d'un général qui n'a pas eu cette facilité pour de grandes guerres.
L'ordre du jour appelant le soulèvement de la table, on passe à cet exercice.
Quelques minutes furent nécessaires aux esprits pour prendre leur élan. Quand on est fait comme les habitants de l’autre monde, d'une manière impal-
pable et qui échappe absolument à l'analyse chimique, il faut une bien grande force de volonté pour soulever un corps relativement aussi lourd qu’une table. Une! deux! trois! crac! la table est renvoyée brusquement à quelques centimètres de distance, absolument comme si un simple mortel lui eût lancé un coup de pied à la sourdine. Ce n’est pas assez, il faut qu’elle se soulève, et elle se soulèvera. Une! deux! trois! crac! elle 86 soulève. (Murmures de satisfaction dans l’auditoire. Des adeptes se donnent de vigoureuses poignées de main. Le général des esprits nous interroge du regard.)
— Nous sommes fortement ébranlés, dit Solié; mais, pour fermer la bouche aux incrédules à qui nous pourrions conter ce fait, il faudrait que nous pussions leur dire que toute fraude était impossible.
Et, s'emparant d'un flambeau#äl le plaça sous la table et me dit à voix basse :
— Regardez là-dessous ; moi je vais surveiller les pouces.
Au murmure de satisfaction que nous venions d'entendre succéda un murmure de mécontentement. Un adepte farouche nous injuria presque, en nous disant que les esprits n’aimaient pas qu'on se méfiât d'eux.
— C'est vrai, répliqua le cornac des trépassés, les esprits sont très-susceptibles. Néanmoins nous allons essayer.
Je me mis à mon poste d'observation et Solié ne quitta pas le sien.
La table ne bougea pas.
— Voÿons, Balthasar, dit un adepte d'un ton suppliant, soulève, mon ami, soulève, pour convaincre ces messieurs. C’est dans l'intérêt de notre science. fais un sacrifice pour cette fois. je t'aime tant !
La table ne bougea pas.
— Marie, dit un autre adepte, je comprends ta juste susceptibilité ; mais si ce n’est pour les étrangers qui t'observent que ce soit par considération pour nous ?
La table ne bougea pas.
Rodrigues, as-tu du cœur? fitle goguenard M. Ledoyen : si tu en as, montre-le, en soulevant, ne futce qu'un pied de la table.
La table ne bouge pas.
— Non, décidément, les esprits ne veulent pas qu'on se méfie d'eux, dit le grand prêtre des revenants'; et la preuve, c’est que nous allons retirer la lumière de dessous la table, et que la table va se soulever de nouveau.
La lumière fut retirée et la table se souleys en effet.
De nouvelles poignées de mains furent échangées entre adeptes, lesquels ne dissimulèrent pas qu’à la place desesprits ils en eussent fait tout autant, leur dignité se trouvant offensée par l’inconcevable méfiance que nous avions manifestée.
La séance fut close par l'exercice suivant : Un spectateur frappait un certain nombre de coupssur
la table avec le rhythme d’un air connu, et les esprits répétaient ces coups. C'est ainsi qu'ifs rhythmèrent l'air 4h! vous dirai-je marïnan, Malbrouck s'en va-t-en guerre et Au clair de la lune. Dans le passage un peu vif de l'air de Malbrouck, les esprits se montrèrent très-lourds ; absolument comme si, au lieu de se servir de leurs doigts pour frapper les coups, ils se fussent servis de leur talon. Je simulai un trille qui fut exécuté par l'esprit avec la même perfection que pourrait le faire un ténor de cinquante ans après huit jours de lecons de chant.
— Messieurs, dis-je aux représentants des esprits, ces différentes manifestations sont charmantes et bien propres à confondre notre incrédulité ; mais il est une expérience qui détruirait le peu de doute qui nous reste encore. M. Solié tient dans la main un papier plié en quatre où sont écrits quelques mots. J'ai fait de même, Messieurs. Les esprits pourraient-ils nous lire dans ces papiers sans que les médiums en prissent d’abord connaissance ?
Alors ce fut partout comme une petite guerre de phases discordantes, dans laquelle ma géposition, jouait assez bien le rôle de la scie.
— Les esprits n’aiment pas ces expériences.
— Ils les ont faites quelquefois.
— Jamais.
— Il faudrait les en prier.
— Ils refuseraient.
— Ne me parlez pas des incrédules; ils ne croient pas!
— Le fait est qu'avec des gens crédules tout va bien mieux.
— Il ne faut plus convertir que les gens qui ont déjà la foi.
— Vous avez raison ; nous n'aurons la tranquillité qu’à ce prix.
Quand le tumulte fut apaisé :
— Messieurs, nous dit la personne qui avait eu la bonté d'interroger pour nous les esprits, ce qu'il a fait avec une bonne grâce et une conviction à laquelle je suis heureux de rendre hommage, depuis onze ans que je fais du spiritisme, je n'ai jamais vu des expériences de ce genre réussir; en conséquence, il me semble inutile d'insister sur çe point. N
— Allons nous coucher, dit M. Ledoyen.
Solié, qui a fait une histoire de l'opéra-comique, avait écrit ces deux vers de Zémire et Azor :
Les esprits dont on nous fait peur Sont les meilleures gens du monde.
Moi j'avais écrit cette pensée stupide :
« Les idiots n'étant pas responsables de leurs ac- » tions, doivent nécessairement aller en paradis. » Pourquoi ce privilége en faveur des idiots ? »
Le spiritisme a pris naissance en Amérique, dans la patrie de Barnum ; cela devait être. Si les farfadets tapageurs sont un peu démonétisés à cette heure de l’autre côté de l'Atlantique (nul n'est prophète dans son pays, pas mème les esprits frap-
peurs), Häpeuvent du moins se glorifler d'avoir eu un moment de vogue sans égale, Le sénat de Washington fut un jour saisi de la question des esprits frappeurs en répondant à une pétition qui lui était adrossée par quinze mille signatsires.
M. Shields prend la parole; nous citons textuel-
lement :
« J'ai l'honneur, dit-il, de présenter au sénat une pétition portant quinze mille signatures, sur un sujet aussi singulier que nouveau,
» Les signataires représentent que certains phénomènes physiques et movaux, d'une nature toute mystérieuse, attirent l'attestion en ce pays et en Europe, L'analyse partielle de ces phénomènes dévoile l'existence d'ume force occulte qui se manifeste pur le -sulèvement, le glissement, la suspension, entin par le mouvement qu'elle communique aux corps pondérables, contrairement aux lois naturelles,
» En second lieu, cotte force se manifeste par des lueurs qui apparaissent tout à coup dans des lieux où aucune action chimique ni aueune phosphorescence he saurrjent se développer, et par dos sons mystérieux semblables, tantôt à des coups frappés par un osprit invisible, tantôt au murmure des vents et au grondement du tonnerre, Q: clquefois on entend le son da voix humaines où de quelques instruments de musique étrange, Enfin cette furce sa manifeste aussi par des cures merveilleuses,
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» Les pétitionnaires sont divisés d'opinions quant à l'origine de ces phénomènes. Les uns la rapportent à la puissance intelligente des esprits délivrés de l'enveloppe matérielle ; les autres prétendent qu'on les peut expliquer d'une manière rationnelle et satisfaisante, Mais tous s'entendent sur la réalité des phénomères et demandent qu'une commission soit nommée pour procéder à une invest'gation patiente et scientifique. »
Après cette lecture, M. Weller demande ce qu'il convient de faire de cette pétition,
M, Persan, 11 faut la renvoyer aux trois mille ruinistres, (Hires.)
M. Weuun. de propose le renvoi de la pétition au comité des affaires étrangères, Nous pouvons avoir occasion d'entrer en relations étrangères avec les esprits, Il importe donc que ce comité dont je fais partie décide si les dltoyens américains perdent leurs droits en quittant ce monde, (Nouveaux rires.)
M, Suiips, J'y consens certainement, pourvu que le président du comité se sente la force de traiter un sujet ausss sérieux, Mon premier mouvement eût été pour le renvoi au comité des routes postales, parcs qu'il peut y avoir moyen d'établir un télé. graphe entre ce monde et le monde spirituel. (Hilarité générale.)
D'après M. dobard, le très-spirituel directeur dn musée de l'industrie de Bruxelles, officier de la Légion d'honneur at membre de plusieurs sociétés
savantes, la dernière statistique porte le nombre des adeptes du spiritisme au chiffre de 1,800,000 âmes, tant dans l'ancien que deus le nouveau monde. « Des cercles, » ajoute M. Jobard, « existent à Constantinople comme à Mexico, des centaines d'ouvrages sont déjà publiés, plus de trente journaux aux se publient en France, en Angleterre, aux ts-Unis, sur cette épidémie dont les hommes les pius savants et les plus respectables ne sont pas à l'abri. » Cela n'est que trop vrai; comme aussi il n'est que trop vrai que le nombre des aliénés devient de plus en plus considérable, non-seulement en France, mais partout ailleurs.
Bonne chance donc à l'Église nouvelle, dont tout semble devoir favoriser le développement et assurer l'avenir.
vel HAÏTI *,
tout Vous savez, mon cher directeur, quel voyageur urer je suis, Certainement l'étoile sous laquelle je suis né était une étoile flante, Une dizaine de mille lieues faites en mer depuis l'âge très-tendre de quatre ans et demi où je m'émbarquai pour la première fois me rendant de Bordeaux à Carthagène, dans la Colombie, jusqu'à l'âge moins tendre, — soyons aimable envers nous-même, — où je traversai pour la dernière fois l'Océan en venant de New-York au Havre, ne m'ont point dégoûté des excursions loin taines, Si j'ai un regret, c'est que les circonstances ne me permettent plus de continuer rette existence de juif errant, Chateaubriand dit quelque part qu'il n'a jamais pu voir un navire appareiller sans ôtre pris d'une envie violente de s'embarquer, Je suis
! Les pages qui suivent ont été adressées de Londres par l'auteur ü M, L, Mavin, directeur politique du Siécle,
comme l'illustre écrivain. Malheureusement, il y a déjà quelques années que mes plus grandes traversées consistent à passer le pont d'Asnières pour me rendre à Saint-Germain, d'où la vue est fort belle assurément, mais qui n’est pas le mont Sorato, dans laBolivie.
Une occasion unique s'est présentée de satisfaire mes goûts, et vous l'avez saisie pour m'être agréable, ce dont je vous remercie, mon cher directeur. — Allez à Londres, m'avez-vous dit, explorez l'exposition internationale dans les profondeurs des quatre points cardinaux, visitez les peuplades sauvages, faites connaissance avec.les nations péudconnues, découvrez-en de nouvelles, soyez le Christophe Colomb de nos collabor:teurs, et faites-nous part de vos relations de voyage.
Et je suis parti pour Londres, et jlai exploré l'exposition dans les profondeurs des quatre points cardinaux, et j'ai découvert des peuplades plus ou moins sauvages dans cette exposition véritablement internationale, où tous les peuples du monde se trouvent représentés, où Paris est à quinze pas de Vancouver, où Saint-Pétersbourg n'est séparé de l'ancien empire de Soulouque que par quelques mètres de malachite,
Eh bien, j'ai trouvé quelque chose de touchant à l'exposition de ces pays lointains qui, tout primitifs qu'ils sont encore, aspirent à la civilisation, et veulent, dans la mesure de ivurs forces, rendre home mage au progrès de l'industrie, si intimement lié au
progrès de la science, des arts et de la morale,
Pourtant je comprends qu'on sourie malicieusement en passant devant l'exposition d'Haï, dort tous les produits réunis tiendraient dans une malle d'émigrant allemand. Je comprénds surtout an'on sourie en voyant figurer au premier plan un poisson volant pendu par le milieu du corps à une ficelle faisant face à un crocodile empaillé.
Ces étranges produits de l'industie haïtienne paraissent en effet d'un médiocre intérêt, et l'on esten droit de se demander si les poissons volants et les crocodiles sont bien nécessaires au bonheur de l'humanité,.
A la vérité, les crocodiles empaillés sont utilisés très-lucrativement, je le sais, par certains usuriers qui les font figurer avec honneur dans leurs opérations financières avec les fils de famille ; mais les poissons volants, quel est leur emploi? On n'a pas la ressaurce de les pêcher, car ils se tiennent toujours en pleine mer, et on n'attrape que ceux qui, dans leur vol, calculant mal la distance, ou poussés par le vent, vienront tomber sur le pont du navire. Les pcissons volants ne servent donc à rien, que je sache, si ce n'est précisément à jeter du pittoresque “ur cette très-pittoresque expositicn haïtienne qui compte aussi parmi ses produits, si mes souvenirs sont exacts, un requin de la plus belle venue.
Voilà pourtant le pays qui, par son climat, sa position avantageuse, ses produits naturels si riches
et si abondants et l'étonnante fertilité du sol, eût pu devenir une des îles les plus florissantes du monde entier. On sait que, après Cuba, Haïti ou Saint- Domingue est la plus considérable des Antilles, Sa longueur, en effet, n'a pas moins de 640 kilomètres et sa largeur atteint en moyenne 150 kilomètres; ce qui représente une surface d'à peu près le sixième de la France. Elle pourrait donc, toute proportion gardée, nourrir au moins six ou sept millions d'habitants, tandis qu'elle en compte à peine six cent mille. Sur ce chiffre, il y a cinq cent mille âmes dans la partie française et cent mille dans la partie espagnole. Croit-on qu'ils vivent plus heureux pour cela, et qu'étant un petit nombre à se partager les richesses du sol, ils aient tout en plus grande abondance ? C'est le contraire, et la misère règne en souveraine dans ce pays où ia canne à sucre pousse toute seule, où les caféiers laissent tomber leur graine de façon à ce qu'on n'ait qu'à la ramasser pour la récolter, où le maïs et le tabac poussent comme l'herbe, où le bois d'acajou est si commun qu'il servait autrefois et sert encore à bâtir les maisons ; enfin où les rivières charrient de l'or, où, en faisant un trou dans la terre, on rencontre du sulfate de cuivre, où il existe des mines de cnarbon de terre inexploitées et dont le seul rendement sufiirait pour enrichir la population tout entière.
Mais quel progrès pouvait-on espérer d'un peuple qui depuis son indépendance a été gouverné comme celui-là le fut sous les divers gouvernements aux-
t pu nde aints, Sa ètres 8; ce ième rtion d'hacent âmes partie pour er les
quels, on peut le dire, il a successivement appartenu. Aucun, assurément, et, au lieu du progrès, c'est la décadence qui devait en résulter. Cette décadence est vraiment effrayante. En 1789, la valeur de la propriété foncière et mobilière des habitants de Saint-Domingue s'élevait au chiffre de un milliard huit cinquante millions cent trente mille livres tournois. L'exportation, — dans laquelle ne figuraient certainement ni des poissons volants, ni des crocodiles empaillés, ni des requins, — avait atteint cette même année la somme de 205 millions 360,067 livres tournois. Quarante ans plus tard, en 1829, sous Boyer, elle n'était plus que de 3 millions 639,840 francs. Si, pour compléter cette instruction par les chiffres, on jette un coup d'œil sur les importations de la France à Saint-Domingue, on trouve
pour l'année 1792 la somme de 239 millions 454,000 francs.
Les exportations étaient déjà descendues à cette époque à 32 millions 431,000 francs. Enfin sous l'aimable empire de l'aimable Faustin I (et dernier, s’il plaît à Dieu), nous voyons l'exportation de ce pays dégringoler à la somme de 13 millions 106,000 fr., laquelle, pour comble de bonheur, passe à peu près tout entière dans la cassette particulière de Sa Majesté. Encore si ce monarque, trop ami de la liste civile, s'était montré généreux ou même simplement juste quand il fallait ôter de sa cassette pour garnir celle des autres; mais point, et M. Raybhaud, notre ancien consul, en sait quelque chose. Si nous en
croyons M. Paul Dhormois, toutes les fois qu’un Français avait sujet de se plaindre de quelqu'une des autorités de l'ile, il allait porter sa plainte à M. Raybaud, qui se rendait immédiatement au palais de Sa Majesté.
— Empereur Soulouque, on vient encore de maltraiter un de nos nationaux.
— Hélas ! je le sais, consul, et dès demain le coupable sera fusillé.
— Très-bien, mais cela ne suffit pas : il faut y ajouter quelque petite indemnité.
— Ah! consul, pas pour cette fois! Vous m'en avez fait donner une le mois passé, et il ne me reste pas en caisse de quoi payer mes soldats.
— Alors je vais écrire au commandant Barbaroux !.
— Non, consul, n'écrivez pas; vrai, sur ma parole impériale, je n'ai pas d'argent en ce moment...
— J'en suis fâché; mais si demain je n'ai pas reçu les deux mille piastres d'indemnité que je réclame, j'enverrai prévenir le commandant.
— Mon bon monsieur Raybaud ! mon bon consul! deux mille piastres pour un simple coup de crosse de fusil, c'est bien cher! Voyons, une petite diminution.
— Impossible, mon cher empereur, les choses ne peuvent s'arranger à moins.
! Pour Soulouque, tous les commandants de frégate français s'ape pelaient Barbaroux, et il les craignait affreusement.
Et Soulouque payait.
Quelle industrie, quel commerce, quelle émulation pouvait devenir possible sous ce nègre féroce et burlesque qui croyait montrer de la fermeté de caractère parce qu'il ordonnait des massacres, et pensait faire preuve de majesté parce qu'il s'entourait de ces comtes de la Limonade, de ce prince Lazare- Tape-à-l'œil, de monseigneur de Bobo, de monseigneur de la Marmelade, de leurs excellences les marquis des Plaines-du-Nord et des Plaines-du- Sud, des barons du Petit-Trou et du Sale-Trou, des chevaliers de Pince-Nageoire, de Brocoli, de Quigombo, de Tafla-Doux, de Bibi-Lolo, etc., etc. Veut-on parler de la religion? elle était représentée par des prêtres qui se disaient catholiques et cumulaient leur sacerdoce avec les fonctions moins divines d'aubergistes. Quant à l’armée, il suffit de raconter une anecdote et de rappeler la bataille de Las-Carreras pour en donner une idée suffisante.
— Comment avez-vous trouvé nos troupes ? demanda après une grande revue un général de l'armée haïtienne à un jeune aspirant de marine français.
— Fort belles, admirablement instruites ! Seulement j'ai cru remarquer une lacune dans votre organisation militaire.
— Une lacune? Et laquelle ?
— Il me semble, Excellence, que je n'ai pas vu de régiments de plongeurs à cheval ?
Le général regarda un instant l'aspirant d'un air
effaré. Mais comme la présence d'esprit est une des principales qualités chez un militaire appelé à commander des troupes, il se remit aussitôt, et d'une voix ferme et brève :
— Nos plongeurs à cheval sont en ce moment campés à quelques lieues sur la côte. Dans trois ou quatre jours ilsseront de retour et je vous les ferai voir.
Quant à la bataille de Las-Carreras, voici, d'après quelques historiens, comment elle eut lieu et quelles conséquences elle entraîna :
Soulouque , à la tête de son armée, s'était diris“ vers Santo-Domingo pour conquérir la république dominicaine, qui lui échappait toujours, comme la république d'Haïti échappait toujours à celle-ci. Les Dominicains, ayant été instruits par leurs espions dés projets hardis de Soulouque, prirent des dispositions afin, non d'aller au-devant d'eux, non de les atteindre, mais d'éviter toute collision. Un malheur est si vite arrivé !
Ayant appris que l’armée de Soulouque avait l’intention de pénétyer dans leur territoire par une certaine route, ils voulurent lui rendre la pareille en traversant la frontière par une autre route. Ce plan, véritablement machiavélique, une fois connu de Soulouque , ce grand homme de guerre ne changea rien à ses dispositions. Il marcha donc à la rencontre de l'ennemi, qu'il savait ne pas rencontrer, pendant que les Dominicains, animés de la même ardeur, se drigeaiengegs Soulouque qu'ils savaient être ail-
leurs. L’attitude des chefs était fière dans les deux camps.
Étant sûrs de ne pas se rencontrer, ils s'avançaient avec résolution les uns sur les autres.
Tout se passa suivant les prévisions : Jes troupes de Soulouque, n'ayant pas vu les Dominicains, pénétrèrent à la distance d'une lieue sur le territoire ennemi et y plantèrent leur drapeau en signe de conquête; puis îls se hâtèrent de-revenir chez eux, la prudence la plus élémentaire leur faisant une règle de ne pas demeurer plus longtemps chez les Dominicains qui, d’un instant à l'autre, pouvaient repasser la frontière.
De leur côté, ces derniers n’agirent ni avec moins de bonheur ni avec moins de prudence. S'étant aventurés à une lieue environ chez les Haïtiens sans avoir aperçu le moindre négrillon à combattre, ils s'empressèrent de planter leur drapeau et de Jetourner dans leur pays.
Cette double conquête, qui ne coûta même pas un rhume de cerveau à aucun des soldats des deux armées, fut célébrée à la même heure et le même jour par les Dominicains et les Haïtiens. Des deux côtés on fit dire un Te Deum, auquel des deux côtés aussi le peuple et les hauts fonctionnaires assistèrent avec recueillement.
Tout allait à merveille, et les deux nations ennemies, qui s'étaient mutuellement conquises, continuaient à vivre chacune chez elle, comme auparavant, lorsque le lendemain un détachement haïtien
ayant, on ne sait par quel malentendu tout à fait inexplicable, rencontré nez à nez , au détour d'un petit monticule, un détachement dominicain, une lutte corps à corps devint imminente.
D'abord#æe fut une stupéfaction générale de part et d'autre. Jamais encore, depuis que les hostilités avaient éclaté entre ces deux puissances, les soldats ennemis ne s'étaient trouvés en présence, tant leurs chefs respectifs avaient, dans leurs mouvements stratégiques, mis de science à se combattre sans se rencontrer.
De la stupéfaction ils durent passer à un autre ordre de sentiments, regrettant tous ceux qui leur étaient chers, la cabane qui les avait vus naître, les brises parfumées de ce beau pays d'Haïti, où l'homme se plaît tant à ne rien faire, et où les seuls soldats morts jusque-là étaient ceux qu'on avait fusillés pour désertion afin d'encourager les autres. Ils durent-encore faire bien d’autres réflexions non moins touchantes ; mais comme le devoir militaire doit l'emporter sur les tendres sentiments, ils jetèrent au loin les fusils et les sabres, qui les gênaient, et se précipitèrent les uns sur les autres à coups de poings, à coups de tête et à coups de pied.
La mêlée fut courte, mais décisive. Les Haïtiens abandonnèrent le champ de bataille, ayant perdu un homme, écrasé sous les pieds des fuyards.
Cet épisode sanglant, se rattachant aux opérations de la veille, prit le nom de bataille de Las- Carreras.
. C'est dans les cas les plus difficiles qu'il convient de montrer le plus de sang-froid et de résolution, En apprenant ce rude échec, Soulouque fit bonne contenance. Il feignit d'avoir gagné la bataille, fit chanter un nouveau Te Deum, et se proclama empereur aux acclamations de son peuple ivre de joie et qui, quelques années plus tard, avec une joie non moins vive, le chassait de son empire:
En apprenant l'avénement de Soulouque au trône à la suite d'une bataille qu'il avait perdue, les Dominicains ne purent contenir leur surprise. Quelques-uns s'en indignèrent, beaucoup en rirent, Quant au général Santana, qui commandait les Dominicains, il reçut à cette occasion, avec le titre de général ‘en chef des armées de la république, celui de libérateur de la patrie.
ve ne sais pas si vous serez de mon avis, mOn cher directeur, je trouve qu’il est vraiment fâcheux que, par suite des événements politiques récents, la paix soit venue remplacer entre ces deux peuples une guerre aussi véritablement philanthropique. Ces batailles étaient d’un bon exemple pour le reste du monde, et l’on pouvait tout espérer de la part de semblables ennemis, tout, jusqu'à une pension de retraite donnée par l'ennemi à l'ennemi qui, par hasard, aurait été blessé dans une rencontre devenue inévitable, comme le fut la célèbre bataille de Las-Carreras.
Il appartient à la république d'Haïti, présidée aujourd’hui par Geflrard, de refaire ce qu'avait défait