‹ Les civilisations inconnuesChapitre 10 sur 31 · LE ROYAUME HAWAÏEN · texte numérisé non relu

LE ROYAUME HAWAÏEN

cation concernant la fameuse représentation du Trovatore et Thabile chef qui en dirigeait Texécution ; mais j'attends de vous la réalisation de la promesse que vous avez bien voulu me faire pour me mettre à même de rendre au royaume hawaïen la justice qu'il méiite comme peuple civilisé.

Quelques jours plus tard, je reçus un certain nombre de notes très-curieuses et très-instructives, qui me permettent d'écrire ce qu'on va lire sur la civilisatioa d'un royaume dont tant de pei'sonnes eu Ëurope, même parmi les gens lettrés, soupçonnent h peine l'existence.

Quand on étudie avec soin l'histoire |de la formation des peuples, on reste convaincu d'une grande vérité, trop généralement méconnue, à savoir que rétat naturel de Tliomme n'est point l'état sauvage, mais rétat de ci^dlisation. L'honune est un animal essentiellement sociable, et ses aspirations morales aussi bien que ses besoins physiques lui commandent la vie régulière et réglementée des grands centres de population. L'isolement est pour Ihoname un suppUce intolérable, et il perd à ce régime sa raison avec sa santé. Lesjassociations par petites peuplades éloignées les unes des [autres ne satisfont qu'incomplètement au besoin de vivre en société. Il &ut au complet développement de toutes les forces intellectuelles et matérielles de notre être, comme à la satisfiaction de tous nos besoins, les grandes assodatiousqui forment les nations civilisées.

S'il en était autrement, c'est dans les forêts vier-

amis des membres de la société. Une scène du Trih vatore (le chœur des enclumes) et celle du marché, di l'opéra Martha, de Flotow, ont été représentées d'ui» manière très-satisfaisante (bien entendu avecaccooif pagnemcnt de piano seul) ; tous les rôles furent chafr tés et joués par des membres de la société. Sa Mi* jesté le roi, gui est, comme vous le savez, excellenj juge en matière musicale, ayant entendu les plm rgands artistes pendant son voyage en Europe, i saisi cette occasion pour donner à la reine le plaiflb de voir une représentation opératigue (dramatique) et, avec sa générosité bien connue, non-seulemen il a facilité par tous les moyens possibles rexécutkn de ce projet, mais il a défrayé toutes les dépense de Tcntreprise. Il y a deux ans que la société m'j confié la direction de la partie musicale, et je m permets d'ajouter, pour l'édification de M, Osca Comettant, que celui qu'il se plaît d'appeler un bar hier irlandais est un de ses compatriotes, aussi Ixn Français que lui, ancien chef d'orchestre de l'Opéra Italien aux États-Unis et à la Havane, et bien cornu dans ces pays.

Signé : E. Hasslogher. »

— M. Vidal, — dis-je au consul général du royaum hawaïen, — je suis de ceux qui veulent qu'on rend à César ce qui appartient à César, et aux chefs d'or chestre ce qui appartient aux directeurs de sociélt chorales. En conséquence, je ferai dans le joum même où j'ai commis le CTiEae\a.^\w&\a.T%^ tectifl

. conceniitnt la fameose reppfwiititÎM idB Tfo-et lludbile cbfif qoi en. ^^"ywwt f i 'rtondw de "vous la léaliaatîoa de la neavee UeuTonln xne Cme poor ne mette» à deicPdreaaroymnieliairaieaUjBrtifiPfB^ ( *w""*ft peoqple ciiilieé.

Iqnes joon pins tard, je xecoe ULcerlaimflaB»* aotes tràe-caneiues et fata - iwOnifirf e^ qà. mettent d*écme œ qa'oa Ta fin sur la dwSid^m loyaimie dont taiit de penoonea ctt E»* nème patmi les gwi» Ipftrff^ MHmtoaBent à L'exisleiioe.

ad on étudie avec soin Hûsteiie Jde fat fmaaes peuples, on leste OGmraniai d'une giande trop généralement méconmie, à saToir que laturel de l'homme n'est point l'état sauvage, 'état de dTÎlisation. LluBume est un animal tellement sociable, et ses aspirations morales bien que ses besoins physiques lui commani vie régulière et réglementée des grands cen- 3 population. L'isolement est pour ITiomme >plice intolérable, et il perd à œ régime sa raiec sa santé. Lesjassociations par petites peuéloignées les imes des ^autres ne satisfont empiétement au besoin de virre en société. H 1 complet développement de toutes les forces ctuelles et matérielles de notre être, comme à sfactionde tous nos besoins, les grandes assosqui forment les nations civilisées.

en était autremeni, c'est dans les fotfeXs n^^^"

r Je but (

ti2 LES CIVILISATIONS INCONNUES.

ges (lu Brésil et dans les montagnes Rocheuses q faudrait aller pour trouver le type de la perfed humaine, qu'on ne rencontre guèi'e qu'en Europ dans les plus grands centres de la ci^ilisation.

Il est donc vrai de dire que Tétat sauvage estp l'homme un état anormal, et que Tétat normal pour lui la civilisation.

Aussi, voyez avec quelle rapidité mer^^eilleus civilisation s'introduit chez les peuples privés de bienfaits, et avec quel enthousiasme signiflcatil hommes dispersés en bandes vagabondes, tenoa guerres perpétuelles les unes contre les autre» l'ambition de leurs chefs respectife et la sopei lion rehgieuse, se rapprochent et se constitoenl nation. •

Quel exemple plus saisissant de cette vérité pc rions-nous donner que la rapide histoire du royal hawaïen ?

Remontons à la découverte môme de ce magi que pays.

Cook jest le premier navigateur qui ait laissé ' relation de voyage aux Sandwich. Il est vrai < certaine légende nous montre un Espagnol du t de Gaétan comme ayant abordé aux Sandwichi le milieu du xvi" siècle. On nous dit môme qu'il 1 aurait donné le nom prétentieux de : Iles des roii fi y«>7/j7ï5. Mais rien ne justifie ni l'existence de Giil ni sa découverte, et tout prouve au contraiie^j c'est là une fable inventée k plaisir, peut-être || de diminuer la gloire ôe CàWjL, ^^\sX w

» date l'ère de léfiorme 4e« fk» fi wi d fifefc Jl de œ moment, U devient oirimx 4f ^fn4tfT''> \ qpi bme bnuqnement ai ^ fe* jjMwé 4^ ni ie, et entre pour aînn dire Ujut d ucte |ii^ini!r ; une sorte de [/aë^i^jn dacjof la dvJli!b«tMiiaira£>' i faii est dferte en esempie.

mi jEnit-îl attribiKT re fémkax Iw mfwi» ^ ré t à la ooodnile {îletrje de jjffvdeno^ de %'az«» r d'abord, ensnite à Imk^iikofwoK ^vvffMk:-»^ Mmonarqnef qni «ff sont «vxéd^ mi; l^etfifei^ en à partir de ce moaKm, jasman n»' où nous écrir^ins œcte eariiûbe hûOfthtt^P:

pays auquel sorit j^is^en'^i* i^ j-jtj* li^EJiiiflk 6es.

1 caractère fienne, mais fxmdbzui, VaryjMirer pi'im but dans toute» «^:s relations mut, îe« te : s'attirer leur amitié en let;*^ irjsfÂrant urj^ nce mêlée de t^^^ij^f^,

oomrer raconte luHfuéme ses pr««iîèrM( er^tre- Tec Tameamea ^Kamehameba , qui rérn^it le Owhvhee. avar**. ^"jt/'A*: k v>a coa.«in Ta-

î 20 Urrier (second Foraiee, 1793;, je psrtiif â

es Toiles sur Tile Owhvbee: une 1/rise sud-

Jt Bons permit de gou%'emer sur la Ijaie 'le

itatott.

ï reçus à midi la lisite dn rr^i Tameamea. Son

itien annonçait La franchise, la leaieté, b lionté

s dispositions généreuses.

i les oéfémonies d'usage et les

86 LES CIVILISATIONS INCONNtJES.

)» ordinaires d'amitié , Tameamea me dit cpie sa T> femme et plusieurs de ses parents et amis étaient y» dans sa pyrogue, le long du bord, et demandaientà -» être admis ; je le permis sur-le-champ et l'onme » présenta la reine...

9 La reine, qui paraissait avoir seize ans, faisait » beaucoup d'honneur au goût de Tameamea, car » c'était une des plus belles femmes que nous ens- » sions jamais rencontrées sur aucune des lies des » mers du Sud... Nous eûmes le plaisir de voir D l'attachement passionné qu'ils avaient l'un pour 9 l'autre, et qui se montrait dans toutes les occar » sions.

» Le 22 février, nous nous trouvâmes devant ta y> baie de Korokakoa... Le roi monta à Tinstant 1» môme sur le pont ; il me prit par la main et me y> demanda si nous étions sincèrement ses amis ; je » lui répondis que oui.

» — Vous appartenez, — me dit-il, — au rd » Georges. Dites-moi si ce monarque est également » mon ami.

» Après une réponse satisfaisante de ma part, il D me déclara qu'il était notre inébranlable bon ami, » et, selon l'usage du pays, nos deux nez se touchè- » rent en témoignage de la sincérité de nos déda- » rations. »

Le résultat de cette rencontre de nez fut la pièce suivante, datée du 25 février 1794 :

« Tameamea, roi d'Owhyhee, et les prindpauï » chefs de l'île, dans un conseil tenu à bord de la

LE ROYAUME HÀWA1E5. 8T

-» corvette de Sa Mîijesté Britannique la Décou » ry, » mouillée dans la baie de Korukakoa, et en iit*- -» sence de Georges Vancouver, comnian«lant d»^ l;i- » dite corvette, du lieutenant Peter Pujet.rumnian- -» dant le navire armé le Chatam, et des autres ofti- » ciers de laDécouverte,a]}Tès une mûre délibéniîi.n, » ont, d'un accord unanime, cédé ladite ile «rO- » whyhee à Sa Majesté Britannique, et se sont n^- » connus eux -même sujets de la Grande-Breta- V gne. 1»

L'envoyé du roi d'Angleterre triomphait, comme on voit, en obtenant pour snu maître le plus joli morceau peut-être de ce riche et vaste archi[j»U Toutefois il confient de dire ici que cette donation resta lettre morte, et que le roiTameamea continua, non-seulement de rester maître absolu du te^ritr•irf^ sur lequel il régnait, mais qu'il étendit son irouviir surrarchipel tout entier, dont il fit la conquête ît'-i annes à la main.

On a beaucoup vanté le courage des anciens, • t le célèbre combat des Thermopyles, où Léniiidas,;* la tête de trois cents Spartiates, arrête les Perses, t»st cité encore aujourd'hui comme le plus noble exemple (le vaillance et du mépiis de la mort. Eh bien ! qu'on lise le fiait suivant et qu'on dise si les Kanakes sont moins digne que les trois cents Spartiates des Thermopyles de passer à la postérité.

Ils étaient aussi trois cents. Acculés par Kame hameha sur les auteurs de Pavi, et n'ayant pour retraite qu'un inuneuse précipice de mille pieds de.

i> ordinaires d'amitié, Tameamea me dit que sa y> femme et plusieurs de ses parents et amis étaient T> dans sa pyrogue, le long du bord, et demandaientà -» être admis ; je le permis sur-le-champ et Ton me » présenta la reine...

7> La reine, qui paraissait avoir seize ans, faisait » beaucoup d'honneur au goût de Tameamea, car » c'était une des plus belles femmes que nous eus- 9 sions jamais rencontrées sur aucune des lies des T> mers du Sud... Nous eûmes le plaisir de voir » l'attachement passionné qu'ils avaient l'un pour » l'autre, et qui se montrait dans toutes les occa- » sions.

» Le 22 février, nous nous trouvâmes devant la » baie de Korokakoa... Le roi monta à l'instant » môme sur le pont ; il me prit par la main et me » demanda si nous étions sincèrement ses amis ; je » lui répondis que oui.

» — Vous appartenez, — me dit-il, — au roi » Georges. Dites-moi si ce monarque est également » mon ami.

» Après une réponse satisfaisante de ma part, il » me déclara qull était noti^ inébranlable bon ami, » et, selon l'usage du pays, nos deux nez se touchè- » rent en témoignage de la sincérité de nos déda- » rations. »

Le résultat de cette rencontre de nez fut la pièce suivante, datée du 25 février 1794 :

« Tameamea, roi d'Owhyhee, et les principau] y> chefs de l'île, dans un conseil tenu à bord de '

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Bel il nftnuiit. niftiis m' Il ^pn«lit ««n -^/i? . .. cfa^ri Vint ^nn^r tnnt â ^ jk !s;m#iii^#' • i la main.

)ce mmhftT -te* Toiwiirtpifliw. vi ''>vifii#iA«5 ^ le teTiisi .yniM rsmrriatKfl. -tr3»i»'!iw ?'*?'«^ -«t oce anjiwirl' nui 'nmiue > ym» -V\n>*» '-?•<?» >**» azuré et -In aaépra 1«* ^oitm-^,. îh .^^-n ni %rt ait iiiivant •^. pi "*n ti*î ^i -i*^ î^nitU^a w^nt igné ipit* ii*r4 "PMs 'i^ntii rîpar*witt»^ U^ TIi.'-- » lie pasî^er i '.a /TiStériTé.

aient aiw^i :rfiis ''ï^ntA. A.v.nie« Vi/ î^r.;'*i sur les ajiu»urs .le Pavi, •>n a ay int y-»;/ **^ti'iui immen-se pr»*dpice «le ini'.'.e /iie/l.-* '1«^

88 LES GiyiLISÀTIONS mCOTïNUES.

profondeur, il leur fallait ou se rendre ou n Ils préféraient mourir, et Ton vit, spectacle li< et sublime, ces trois cents guerriers s'élance ensemble dans le gouffre en poussant ime de fois leur cri de guerre et de défi.

A partir de ce moment, Kamehameha rég toutes les populations des lies, et Ton peut dii fitim noble usage de son pouvoir absolu.

Le caractère de ce prince est digne d'étude : juste, honnête et bon, il sut tirer \m excellen de son pouvoir et des conseils que lui appoi civilisation européenne. En même temps qu'il nisait ses forces navales et militaires, il enoom chez son peuple l'agriculture et le commerce les Européens qui le visitèrent à cette époqu le plus grand éloge de son règne bienfaisant et

Kamehameha avait \m défaut pourtant ; un défaut, et le plus grand de tous peut-être p( roi : il s'enivrait. Or, quand il avait bu, ce pri bienveillant et si juste devenait injuste et i Maintes fois ses deux premiers ministres, le glais Joung et Da\is , avaient eu à se plaind résultat de cette intempérance, et un jour ils d< dèrent respectueusement au roi de les laisser pour l'Angleterre, ne pouvant plus, dirent-ili vîr un monarque aussi follement passionna l'était pour le vin d'Espagne et l'eau-de-i France.

Le roi réfléchit un moment,, cl ^.vec Uaccent conviction :

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ISI IflBÎll*

■rthagxndis 9au!nfi^mc 'buté ixk ^fvir t nx eii£mt» issns 4e la hanm nobb^ff^^ «tins ^gnrsi^(*nt devant !ai sntet^ 'iii:n^?ii^ hommes, dont ils j«*taâeiit ^numfe !e« Taitsi'- ES le Tibre.

les ans, au mois de janvier, Im rhimis «^t isbis, aizssi Zxar&ores qu'eux, *artT&»i«û.^ m/jt^gnafre-yingt-diX'iKaf britsrenw» ^x tvû.

nombre égal de chevaux et de coqs pour obteni guérison des malades.

Les Germains , les Suédois, les Goths et les ti'es peuples du Nord faisaient des sacrifices mains, qu'on trouve également en usage dan Gaule, en Cliine, en Afiique et en Amérique.

« Il est avéré, » dit M. Clavel, le savant au de VHistoire pittoresque des rellgioiu, « que pra tous les peuples ont sacrifié des victimes huma h la divinité. Bien que les législateurs hébreu: soient point explicites à cet égard, cependant n part dans la Bible le sacrifice d'Abraham n'est i sidéré comme un fait anormal, et pourtant ce 1 fait pressentir le sacrifice religieux et sanglant devait s'accomplir sur le Golgotlia. »

Chaque peuple a sa tradition sur l'origine monde. Celle des Hawaïens n'est pas plus ridi( que beaucoup d'autres. La Geueîse kanake rapp que l'océan remplissait l'immensité de l'espj (]u'un oiseau gigantesque s'abattit sur les eaux < pondit un œuf, qui, fécondé par le soleil, prodn les îles que nous appelons Sandwich. Presque au tôt ce miracle accompli , on vit arriver dans \ pirogue, véritable arche de Noé, im homme, i femme, un porc, des poules, des chèvres, des seaux de toutes les espèces, etc., qui s*établiieii l'est de l'île principale, sur le bord de la mer.

Pour en revenir à Kamehameha, dont la mort

Jjeu en mai 1819, se sentant sur le point d'expi

j'I fit appeler son fils Bio-^\o e\.\m ^<3«bû.^^

oonseQs : « Je te laisse» » M dit-il, c un pays it flufBze à ton ambition : ta le conserreias si MgB ; ta le perdras si ta cherches àragrandir. Iiefs qui t^entoaient te seront Môles à la con-

que ta seras juste. Ne te presse jamais de imefiiute commise par des étrangers; souf- (t même une seconde ; ne séyis qu'après une Oie attaque. Adieu ! »

-Bio écouta les sages conseils de son prédé* ir an trftne des Kanakes, et gouvema sous le le Kunéhameha n. Sous son règne les misuns chrétiens eurent une grande influence, et oaïqueseoonyertitlui-mèmeau christianisme.

parti pour Londres avec sa femme, ils y iirent tous deux après un séjour d'un mois.

raî-Mokon fut nomme régent en 1824.

6 janvier 1825, Kainike-Ouli, âgé de dix ans, cadet du dernier roi mort, est prodamé roi e nom de Kamehameha in.

régence dura jusqu'en 1833.

(Dont-Durville, dont la fin tragique sur le chele Versailles de la rive gauche excite encore es regrets, eut occasion de voir ce jeune moleune dizaine de fois après son avènement au . Voici en quels termes il en parle :

iunchamcha III, ùgé de dix-neuf à vingt ans, t les plus belles espérances. Doué de disposiheureuses, spirituel, bon, impartial, généil de>iendra un grand roi s il est YÀetv ç,ox^*

92 LES CrVILISATIOllS INGONlfUES,

VoUà pour le moral. Au physique :

« Kamehameha III était un beau jeune homme, grand, de figure gracieuse et ouverte, de manièm agréables et polies... Mais ce gui séduisait le phis dans ce roi polynésien, c'était la dignité, la noblesse de ses manières ; Théritier présomptif d'une coaronne européenne, préparé au cérémonial descoun, n'aurait pas eu plus de convenance, plus d'aplomb et plus de grâce... A mes yeux, Kamehameha m promet un digne continuateur au Napoléon d'Hawaï, à son aïeul le grand Kamehameha I". Le jeune souverain complétera l'œuvre de civilisation commencée. »

Plus loin le navigateur, frappé des progrès étonnants de la civilisation dans ce pays, s'écrie avec l'accent de l'enthousiasme :

a C'était pourtant le même peuple que Cook avait trouvé sauvage il y a soixante ans î Quelle étonnante et prompte transformation, quels résultats prodigieux ! Quelle aptitude merveilleuse à oublier la vie ancienne pour accepter la vie nouvelle 1 Au heu de huttes, un palais ; au heu de sauvages armés de flèches, une miUce régulière ; puis ime cour, une salle magnifiquement meublée, une audience dans toutes les règles ; c'était à en rester stupéfait ! ! D

Sous ce dernier règne, en effet, la dvilisathm a continué son œuvre de progrès ; le christianisme a déûnitiyemeni pris la pVacfe dw "^^c^anisme ; l'oefoyre politique s'est perîectioTmée \\m^ç,Qivv^\i\xi>às3îvifer

foi établie en 1840 et en 185:?» et fonctioime

llmi sur les bases suivantes :

ndûe oonstitntiomielle ;

Lchaiiibres;

lambre des nobles ou chefs ;

ambre des représentants ;

lemiers sont nommés à l'élection par le peu-

ae ans, tous les sujets hawaïens ont le AwÀi

it que les lois passent aux deux chambres re admises à la signature royale.

H a la prérogative d'admettre ou de refuser votées par les chambres, re ministères fonctionnent, linistère des affaires étrangères ; ïnistère des finances ; inistère de l'intérieur; inistère de Tinstruction publique.

r a pas de ministère de la guerre, s avoir assis son royaume sur ces bases libé- Camehameha est mort sans enfant, le 15 dé-

lit adopté Alexandre Siholiho, né le 9 févric^r ui lui succéda le 16 déœrabre 1854 soiih le î KamohariHilia IV.

lui qui goiiverncî aujoiinrhui.

physique, Kamelianieha IV, qui ent Agé de oit ans, est un fort Ixd homimi, a \A\N>u>tu>erte et intellii^eate. 11 eit sveiVe, Vi% ^«ivs*»

rs seulement est catholique.

Et maintenant que nous avons rec

3mmise au sujet de la représentation du Ti

rreur très-peu importante, après tout»

ivons esquissé l'histoire du peuple hsijvi

nous avons rendu justice au roi, à la reij

peuple kanake tout entier, il ne nous reste pli

vœn à formuler : c'est que Thahile clief d'o

d'Honolulu ait enfin un orchestre à diriger,^

LE BOTAniE HAITAIEK. VI

sitîî les jiriccipaux halât^nts. et eu injiii^ c tllisemaine elle avait recueilli mie somme de cen: hiLa^ piasitres, environ cinq cent dix mille francs.

L'hôpital fut immédiatement construit.

Profondément modifiée par la dvilisation. la pttpulation kanake est devenue douce et intelligente. L'instruction est l'objet de la sollicitude constantedû gouvernement.

Dans ce royaume, né d'hier à la dvilisaticm, 1 3i:> les enfants doivent, sous de? jieines fixées p^r la loi. mvre les cours élémentaires d'éducation. Cetl-^ mesure a porté ses fruits, et nous pouvcms affirmer, pièces officielles en main, qu'on ne trc»uverait J^a^ aujoui^'hui, non-seulement à Honolulu, mais dan> iHiii l'archipel, un enfant kanake de l'un ou l'autrest'xefpii ne sût lire et écni^ dans la langue du pay> Ht en anglais.

(ionibien se liassera-t-il d'années encore avant '|i:»* la nation la plus ciAilisée du monde, à ce qu'on assure, la France, se montre sous ce dernier rapport 1 la hauteur de la ci\'ilisation de ce peuple qui man- :•• lit .<cs jirisonniers il n'y a i«is quatre-vingts ans, •: iiiiiiinlait des virtiiui's luunaines à ses dieux de ♦'!!i* ulaise?

I*;:il"z-iin)i «les sauvages jKJur devenir civilisés : •■••Atl ils veulent liieu s'en donner la peine!

Kii 18*?*, le premier livre hawaïen était imprimé I llnnnlulu: aujourd'lmi, tout le monde sait lire iiins l'an'hipel, et lire dans deux lau'ç!;ues\ ^vuv* Mnpterqutf le français est ])arlé géuéra\eu\v>AV\. àxvw'^

96 LES GIYUJSÀTiOIlS INGONIÏUES.

les Sandwich, comme en Russie et comi partout, par les personnes qui se piquent nir à la bonne société.

Disons encore, comme dernier rens< que la cour est protestante dans le ro^ waïen, avec les deux tiers de la populati tiers seulement est catholique.

Et maintenant que nous avons rectif commise au sujet de la représentation du Ti erreur très-peu importante, après tout, avons esquissé Thistoire du peuple hawai nous avons rendu justice au roi, à la r peuple kanake tout entier, U ne nous reste vœn à formuler : c'est que Thabile chef ( d'Honolulu ait enfin un orchestre à dirige

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