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LA RELIGION AU JAPON

Les Japonais, qui professent le bouddhisme {une titille religion qui a plus de 3,000 ans) y ont une tri- ^té di\dne (Bouddha, Dharma et Sâkya),une vierge lïère, le paradis pour l'âme des élus ; l'enfer pour celle des réprouvés, et le purgatoire par la métempsycose. Dans le bouddhisme, il y a un pontife suprême et infaillible en matière de doctrine : des patriarches chargés du gouvernement spirituel dans les provinces ; un conseil de prêtres supérieurs qui 5e réuni r^ent pour désigner le souverain pontife, et Jont les insignes mômes rappellent ceux de nos cardinaux ; des couvents de moines et de reUgieuses qui ressemblent beaucoup aux nôtres, el çarïià\e'à^^'8»

j'ai remarqué Tordro si riche des frères mendian des prières pour les morts, rinteiv^ssion des safa le jertne et les mac^^rations, les reliques vénérées; les fidèles, le baisement des pieds, les génuflexfa) les litanies, les processions dans l'intérieur des te pies et dans les rues, avec cierges allumés, eno lirAlé, musique, reposoir, cortège de jeunes fl vêtues de blanc et jonchant le sol de feuillages el Heurs; l'eau lustrale, le culte des images, lespèk nages, le symbole de la croix allié à rarchitectun aux ornements des temples, etc., etc.; sans conq une foule de miracles à l'un desquels nous der la création de ce délicieux arbrisseau dont l| savourons Tinfusion parfumée et qu'on appelle 1

Kn ce temps-là (519 de notre ère) vivait au Jaj un pieux ermite du nom de Darma. Le saint hou so nourrissait exclusivement d'herbes et de radx mais il se trouvait^ heureux ainsi, parce qu'il é rempli de Tespiit de Bouddha.

Nuit et jour il méditait, et, pour ne point ini rompre cette utile occupation, il avait fait vcaa no jamais s'abandonner au sommeil. Ce vobu i téméraire, et Darma, malgré tous ses efTortB p résister à cette loi de la nature, s'endormit un j profondément. Quand il se réveilla, il demandai don au ciel d'im acte si coupable, et, pour s'en pi autant que pour ne pas être exposé à retomber à la même faute, il s'arracha les paupières.

Bouddha ne pouvait laisser sans lécompenM pareil hommage rendu ^ ^a ^\û&%«sicô inflnieg

dans son inépuisable bonté, voici la surprise qu'il ménagea au bon ermite :

Le lendemain, quand celui-ci, les yeux sans paupières, revint au lieu môme où il s'était soumis à cette dévote opération, il vit, quoi ? que ses paupières, qu'il avait dédaigneusement jetées par terre comme un objet inutile et dangereux, avaient été métamorphosées en arbrisseaux. Naturellement il toulut goûter les feuilles de ces arbisseaux (vous et moi nous en eussions fait autant à sa place). Il en porta donc quelques-unes à sa bouche, et tout aus- Hitôt il éprouva ime agitation extraordinaire qui lui inspira de la gaieté, lui dégagea le cerveau et le rendit plus propre à la contemplation.

Et voilà comment l'usage de cette plante précieuse B'est répandu partout, parla volonté de Bouddha, et grâce au plus délicieux des miracles.

Les Japonais ont aussi la confession auriculaire. Voici comment elle se pratique dans certains cas.

Parmi les confréries qui dépendent directement du ^pe bouddhiste se trouve celle desjamaboSy dont le tUnn signifie littéralement soldats des montagnes. ^ Le principal objet de l'institut des jamabos, » dit Cfiavel, c est de combattre pour la cause des dieux ^ pour la défense de la religion. On les voit constamment occupés à franchir les cimes des monts les Nns escarpés. Les pénitents se rendent auprès d'eux te pèlerinage pour se faire absoudre de leurs péchés, teais ils n'obtiennent ce résultat qu'après s'être sou- ^^iis à de diures austérités. Ce sacrifice çréalaXAa

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accompli, on les conduit sur le faîte d*un rocher» où leur confession doit avoir lieu. Une poutre est engagée dans le flanc de ce rocher ; à Textrémité de la poutre, qui s*avance au-dessus d'un pn^icipice, sont suspendus les deux plateaux d une balance ; le pénitent est placé dans Tun de ces plateaux ; dans Vautre on met un contre-poids. Alors commence la confession. H faut qu'elle soit complète et sincère. S'il arrive ao pénitent de dissimuler quelqu'une des fautes qa*il a comndses, et que les jamabos qui l'interrogent en conçoivent le moindre soupçon, ils enlèvent le contrepoids en agitant violemment la balance, et lancS hors du bassin où il se trouvait en équilibre, le pénitent tombe dans le gouffre ouvert sous ses pieds K »

Nous nous bornons à constater ces similitudes entre le bouddhisme et le christianisme, sans chercher à les expUquer ; mais elles sont telles que les premiers missionnaires qui pénétrèrent au Japon se crurent au premier abord en plein christianisme.

Voici encore quelques-ims des prodiges opérés par Bouddha {il y a trois mille an^), et qu'on dte

* ATappui de tout ce qui précède» voir les ouvrages toinito: Histoire pittoresque des religions, par F.-T.-B. Gla?el, 1844 ; AfNS and her people^ by Andrew Steinmetz, esq. London, 1859; —£)^ toîœ japoniciP, 1570; — Histoire ecclésiastique du Japon, pirli père François Soiier, 1G27; — Voyages adrentureux, Ferd. MeiiB Pinte. 1G28; — History ofJapan, Kampfer, 1727; — iVarraltrt if my captitity in Japon, Golownin, 1818;— C(^moiit>« usUéum Japon, Tilsingh, 1819;— Ifw pûarinage, Pierchai, 1617;—, voorgestcld in £c/iorfen, He^Uw, \&^.

avec Ténération à trente-cinq jours de voyage de Paris.

Tantôt il prend la forme d*iin poisson, sort du fleaye qui le recelait, et pendant douze ans nourrit les hommes de sa chair ; tantôt il Hait présent d'un de ses yeux à un ayeugle : un œil, cela se donne Tolontiers.

Les missionnaires bouddhistes firent, après leur maître, un excellent usage des miracles. C'est par im miracle que le bouddhisme s'introduisit en Chine, où le brahmanisme tenait bon, cherchant à discréditer les miracles des autres par les siens, qu'il prétendait seuls vrais et authentiques.

Voici le miracle des missionnaires bouddhistes en Chine. Ayant vainement essayé de convertir la cour du Céleste-Empire à la foi nouvelle, ils furent jetés en prison pour y mourir de faim. Mais eux, pas maladroits, récitèrent la prière appelée Mahd pradjn héra mitd^ et à l'instant même une vive clarté illu- Itdna leur cachot. Un génie de couleur d'or, d'une taille démesurée, armé d une massue, vint enfoncer les portes et délivrer les prisonniers. Effrayé d'un pareil prodige, l'empereur Ghi-houang-ti ordonna ^*on rendit la liberté aux prisonniers, fortement Cbranlé dans ses convictions et ne sachant plus trop à quel saint se vouer.

Ce miracle n'avait réussi qu'à demi.

Les historiens chinois racontent dans les termes Suivants l'adoption officielle du bouddhisme dans le Céleste-Empire.

Miug-ti, de la dynastie des Han, eut un songe dans lequel il vit un homme de couleur d'or (c'est évidemment la couleur favorite de Bouddha), d'une taille élevée, la tête eiiviroimée d une aui*éole blanche, lumineuse, voler dans Tair au-dessus de son palais. Il consulta sur ce songe des honunes compétents. On lui répondit que dans les contrées ocddeutales il y avait un puissant génie nommé Fo, à qui les peuples rendaient im culte religieux. En conséquence, l'empereur chcirgea un grand officier et un lettré d'aller avec plusieurs auti*es personnages notables dans THindoustan prendre des iniormations à ce sujet, dessiner des temples et recueillir des préceptes. Le grand officier s'adressa aux samanécns et revint avec deux d'entre eux. C'est alon que le royaume du Milieu (la Cliine) conunença i observer l'usage des génuflexions. Un prince de Tehou, nommé Yng, fut le premier à embrasser la religion nouvelle. Il s'était procui-é le livre de Fo, en 42 chapitres, et des images de Sâkya (Fo ou Bouddha). Ming-ti fit peindi-e des représentations religieuses et les plaça dans la tour de la Pureté. Le Uvre sacré fut déposé dans im édifice en pierre près de la tour de Lan; et a)nmie, en revenant à Logang, le grand-officier avait ix)sé ce livre sur un cheval blanc, on construisit un monastère que Ton nomma le temple du Cheval - Blanc. Mateng el Tchou-fa-lan passèrent leur vie dans le monastère.

A partir du moment ou l'empereur des Chinnii futiiratilii} déco son^^^emÎYïieviV'eiUy.^l^hQuddhisniene

L£ JAP05. ll>$

fit que croître et eciLellir. Xjuieiiis il :u: 1:1 ZrzzTs où, d'après les Bouddhistes. Bjuiiha, v : ulaa: épr> ■ :ver son Église, permit i un j-Tin i nom: re ie CLinois de se montrer tièdes envers la vraie n*liiccn e: de critiquer certains actes -ie ?es ministres. Il s .. rganisa alors de pieux pt^-IerLn:ii.es Lms le i-uî > raffermir la foi chanœlante.

Les pèlerins visitèrent tour îl tour, dans un voyage qui dura plusieurs années. ti..us les endroits qui avaient été témoins des miraules île B:ud«iha, de se* macérations, de ses artilices. Dans l'Hin.Jcustan. ils s*agenouillèrent et prièrent sur le lieu niême oà le Dieu s'incarna sous les traits d'un simple mortel, Sâkya. A Bénarès, ils se réjouirent de la préémi- Dence que le bouddhisme avait <.d>tenue sur le brahmanisme. Mais cette deniiéi-e religion avait de trr.'p profondes racines puur iri''ti"e i»;is vivace, et ils se massacrèrent mutuellement.

Les religieux bouddhistes n'oublièrent pas, en \-ue des Mens à venir du spirituel, les biens pi-ésents «îu temporel. Ils songèrent à étendre leur puissance et à s'enrichir. L'emi)eieur Wuu-ti, s'étaut converti à leur croyance, abdiqua, se lit moine bouddhiste «?t ^a se réfugier dans im monastère. Là, il se fit raser la tête, se couvrit d'un vêtement grossier, et ne prit jour aliments que des herl.»es et du riz. Le peuple, jeu satisfait de la conduite de remi>ei\^ur, TobUgea <le jeter le froc nux orties et de reprendre la couronne. Pour déterminer les religieux à laisser pailir Bnhôte si illustre, l'État fut contraint de leur payer

une somme considérable en or. A cette époque, les bouddhistes possédaient en Chine treize mille couvents, avec des biens considérables. C'est beaucoup sans doute pour de modestes religieux, mais on n*e8t pas parfait.

Nous venons de voir que les moines de Bouddha se firent payer très-cher pour laisser rempereui Wou-ti reprendre son sceptre; ils ne se firent pas payer moins cher pour empêcher de quitter le sien et de se faire religieuse une fenune qui régnait alors dans le nord de la Chine. Les dignitaires de rÉglise de Bouddha lui persuadèrent qu'elle gagnerait bien plus silrement le ciel en ne se faisant pas religieuse et en restant sur le trône, à la condition toutefois qu'elle ferait élever im monastère où mille moines seraient entretenus à ses frais. Cet édifice fut construit; il se composait de neuf tours et n'avait pas moins de neuf cents pieds de haut. On l'appela le séjour de la paix universelle.

Ce couvent, où tant de moines étaient très-bien entretenus, rendit jalouse une autre princesse bouddliiste, l'impératrice Wou-heou, qui chargea son moine favori de présider à la construction de deux édifices bouddhiques, dont Tun s'appellerait le temple delà Grande-Lumière, l'autre le temple du Ciel. Dix mille ouvriers furent employés à ériger ces mommients, et la dépense s'éleva si haut que les tréson de l'empire en furent épuisés. N'importe, l'essentiel pour iïmpératrice Wou-lieou éUil d'éclipser sa riy^ile, de s'ouvrir les perles àw de\ eV ^^\x^ ^j^g^s^âft

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à Hoaï-y, son moine favori. Le temple du Ciel, auprès duquel nos églises catholiques ne sont que det^ baraques, avait cinq étages d'une hauteur et d'ime magnificence sans égales.

Voici quelques chiffres qui ne manquent pas d mté- Tftt. En 845 de notre ère, Wen-tsoung oi*donna le dénombrement des samanéens de l'empii'e. Ce travail fit connaître qu'il existait 4,6G0 temples et monastères autorisés par les empereurs, et 40,000 construits et entretenus par les pailiculiers; que le nombre des religieux et des religieuses vivant dans ces édilices s'élevait à 260,500; que leurs terres et domaines étaient immenses et d'une valeur inappréciable; enfin qu'ils possédaient 150,000 esclaves. Weu-tsoung considéra cet état de choses comme dangereux pour l'empire: eu conséquence, il décréta la desti-uction de tous les temples bouddhiques et des couvents qui en dépendaient, la sécularisation des religieux des deux sexes nés dans le pays, l'expulsion des religieux étrangers, l'affranchissement des esclaves et l'assujettissement des propriétés à l'impôt. Toutefois, comme gage de 8on esprit de tolérance, il permit qu'il suLsistôt dans les deux coiu« de Lo-yang et de Sin-gan-fou, coiume dans chacune des provinces de l'empire, un nombir déterminé de monastères et de i-eligieux samanéens, lesquels seraient placés sous la suneillance immédiate de mandarins sx>écialement ji^xiosés à cet objet.

Mais ces mesures si sages n'afEaiblireni içcve \)Mv\v an temps le bouddhisme chinois. La perefeNfe^^^^'^^

de ses prêtres triompha de tous les obstacles, et le bouddhisme règne aujourd'hui sans entraves sur la majeure partie de la population.

Les adeptes de cette croyance voient dans son triomphe une preuve évidente de la protection du ciel. Les brahmanistes y voient une de ces épreuves passagères qui ne font qu'accroître définitivement h puissance de la vraie religion, qui pour eux est naturellement la leur, et ils ne s'en effrayent pas. Mot qui ne suis ni bouddhiste ni brahmaniste, je ne vqîb dans tout cela qu'un conflit d'intérêts divers, et je crois apercevoir dans chaque camp deux grandes catégories d'honunes : les dupeurs et les dupes, les ambitieux et les imbéciles.

Nous ne suivrons pas le bouddhisme dans ses nombreuses croyances. Tout ce que l'imagination peut inventer de merveilles, les unes poétiques, les autres extravagantes, la plupart absurdes, se trouve entassé dans cette reUgion. On pourrait assurément remplir un volmne entier des fantastiques tableaux qu'ont tracés les fondateurs du bouddhisme, et qui, suivant eux, représentent les vérités éternelles révélées par la divinité en personne. Il y a les chapities sur la formation et l'anéantissement du monde, sur la division de la terre en quatre parties distribuées autour du mont Méron, qui occupe le centre même du globe ; sur les quatre couches souterraines, sur les âges humains, sur les rois de la terre, sur les sept choses précieuses, sur l'achèvement de la période actuelle qui doit durer deux cent trente-six

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