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120 LES CIVILISATIONS mCONMUES.
joilit d'aucun droit dans la communauté, et son témoignage n'est pas admis en justice.
Le mari a le droit de répudier sa femme, qui, elle, n'a dans aucun cas le droit de se séparer de lui.
La seule condition imposée au mari japonais qui veut se débarrasser de son épouse, c'est de fournir i celle-ci les moyens de vivre selon son rang à lui. A moins toutefois que le mari ne fasse valoir certains motifs devant les tribunaux, tels par exemple qne la stérilité de la femme, auquel cas la justice déclare qu'il ne lui est à\\ aucune indemnité. Elle n'a plu» qu'un droit, celui de mourir de faim.
L'épouse japonaise, qui ne peut jamais demander sa séparation d'avec son mari, et qui tremble toujours d'être répudiée, a le devoir de distraire sans cesse son tendre époux par ses talents, en chantant avec accompagnement de guitare, en faisant de la peinture, en dansant, en intéressant son esprit par des récits instructifs et variés.
Mais s'il arrive que, malgré tous ces talents, la femme japonaise ne plaise plus h son mari, celui-d introduit dans le domicile conjugal autaiit de femmes illégitimes qu'il lui plaît d'en avoir. Ces dernières, quoique de droit inférieures à l'épouse, ne sont nullement considérées comme coupables, et leur position est acceptée comme régulière. Toutefois les concubines, en signe d'infériorité, ne peuvent se raser les soumis, ce qui les rend beaucoup plus jolie» que les femmes mariées i)our tous les Européens, mais ce qui fait leur plus vif regret, les sourcils étant
considérés au Japon comme une superfluité et un signe d'abaissement.
En outre, les concubines \'ivent sous la d<^pendance de la femme mariée, qui du reste les traite généralement avec douceur. Jamais elle ne se montre jalouse des femmes illégitimes qui lentourent, trouvant toute naturelle chez son mari une conrluite qu'elle considérerait comme monstrueuse prjur ellemême.
Rien n'est plus rare en effet, chez les femmes japonaises, que le crime d'adultère, et c'est à peine si, d'après les historiens qui ont écrit sur ce pays, terre promise des hommes mariés, la statistique en constate tous les ans quelques cas.
On cite de nombreux exemples de femmes qui, ne pouvant survivre à leur déshonneur, se sont ellesmêmes 6té la vie.
Les poètes du Japon ont mis en vers le fait suivant :
Un homme de la haute noblesse part pourun long voyage, laissant au logis sa femme jeune et belle. Un autre honune d'une noblesse non moins haute, et de plus ami intime du mari absent, s'introduit auprès d'elle. D'abord il se montre réservé et parle surtout du chagrin que lui cause Tabsence d'un si excellent ami. La femme partage ses sentiments. Bientôt cependant elle s'aperçoit que l'ami de son mari n'est qu'un faux ami, et qu'elle est l'objet de sa convoitise. Naturellement elle s'indigne et vont chasser le loup déguisé sous la peau de l'agneau. Le louç
résiste, et, comme il est le plus fort, il sort triomphant de la lutte, ayant fait non pas une conquête, mais une victime.
Le mari revient. Sa femme le reçoit avec affection, mais elle n'a plus pour lui ce tendre abandon qui faisait autrefois le charme de leur union. Le mania prie de s'expliquer, elle garde le silence ; le mari insiste.
— a Soit, » dit-elle, « vous saurez tout demain. »
Le lendemain, il y avait grande réunion pour Bter le retour du noble voyageur. Parmi les invités se trouvait le séducteur. Après le repas et des plaisirs variés, conune les invités vont se retirer, k fenune outragée prend la parole et dévoile la conduite de l'infâme qui l'a déshonorée. Puis elle suih plie son mari de la tuer, ne pouvant pas, dit-elle, survivre plus longtemps au malheur qui l'a frappée. Le mari refuse de la punir d'une faute dont elle n'est pas moralement responsable. Elle le remercie, et, se penchant sur son épaule, elle se met à pleurer. Le mari l'embrasse tendrement, mais la victime, profitant de la confusion générale, s'arrache précipitamment des bras de son époux et s'élance de la terrasse sur les dalles delà cour, où son corps vientse briser. On vole à son secours ; mais au Heu d'un cadavre on en trouve deux : le ravisseur s'était fait justice en s'ouvrant le ventre à côté de sa victime, suivant l'usage établi dans la bonne société an Japon.
Les Japonais, qui entourent de cérémonies plus
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constamment éveillée. Un pareil régime tuerait infailliblement la plus robuste Européenne ; les Japonaises s'y soumettent, soutenues par la foi religieuse qui leur en fait un devoir, sans qu'elle entraîne de conséquences fâcheuses. De plus, il leur est ordonné de rester chez elles pendant cent jours.
Après ce temps, la mère se rend au temple pour remercier Dieu de son heureuse délivrance, et reprend ses occupations domestiques.
Souvent il arrive qu'elle a fait un vœu se croyant en danger de mort; dans ce cas elle accomplit religieusement le vœu qu elle a formé, et qui consiste généralement en offrandes pour les pauvres et surtout pour l'église, en pèlerinages, en achats d'inur ges sacrées.
Mes lectrices me sauront gré d'entrer dans quelques détails relatifs aux nouveau-nés.
Dès que l'enfant a vu le jour, il est baigné, et on le laisse entièrement nu' pendant trente et un jonn si c'est un garçon, pendant trente jours si c'est une fille. D'après les médecins japonais, rien n'est pto contraire à la santé des babySf durant les premien jours de leur vie, que de couvrir leurs corps de vêtements. Il faut, disent-ils, que les nouveau-nés aient l'entière liberté de leurs mouvements. L'enflant est habillé pour la première fois après le laps de temps que nous venons d'indiquer, et ce jour-là môme on lui donne un nom, avec un cérémonial religieux qui ressemble en quelques points à la cérémonie du baptême chez les catholiques.
LE JAFOS.
ant est porté an temple, surri ôt- paienir ul estiques miinis de sa kyeue. piitt cil muiztf don la ^rtone de la familie. Une serrame à la suite dn cortège, chargée d izl j#eti; c(^ se trouTent deux choses : lurs^nc jiuu* îe it un papiersur lequel sunlinscrriu ;ruiè numfe. ^ aux dieux de choisir enli« cer inài^ ujant : xchoisissenU instruisent de oe diuii îef ufi»* jui nomment ainsi eux-mémei- 1 ^aiian:. ^i eant d'eau bénite.
on initie le nouTeau-né, du yak maticmiL, sait pas ce qu'on lui dît, aux mf sten» ai.
n, littéralement pronq^e âép6dke.
prompte dépèche est tout siiapkanenl Ife niiK mt tout Japonais léen né doil s r yr^môrt pov f ' le ventre le jour o j, pour un urAil qu^oiU' ui convient den finir arec j>xi6t«[i'>:.
lystère dévoilé, la cérémonie w: Vrnmn*: jis;-' mts sacrés , aooompa^pés de (ïi\*frh imsln^ £ musique.
iponais se marie jeune, et, hL fce uuwj*: <;v«^: une de condition inférieure à la ►jerij»-: L <siil déré dans le monde.
loyens qu'il emploie pr/ur expriiii^r *^* w^*à celle qu'il aime sont asf^ez ooni>-j^ju<?fc. en plaçant une branche fleurie eu uu *fludiv;*. de la maison hahitée par la oexur/iHit^Le <ju« mdu s assure s'il est ou s iJ n ei^t pa» 44^1^ époux. Si la branche n'ett paè r':^^ij^iiii^ y4S 3 personne, le yréUaiAu n'a piuit q'j 4t |^/iV?r
ses hommages ailleurs : il est refusé. Si le contraire a lieu, il est accepté comme mari. Si, tout en recueillant la branche fleurie, la demoiselle se noircit les dents, l'amoureux se considère comme le plu» heureux des hommes, car c'est ime preuve que nonseulement on l'agrée comme époux, mais qu'on partage son amour. Dès ce moment aussi elle cesse de s'arracher les sourcils, et ne s'épile plus que le jour de la célébration du mariage.
Les questions d'intérêts une fois réglées entre les parents des futurs conjoints, on désigne d'un cmomun accord deux jours : l'un pour l'entrevue des futurs, qui sont censés ne s'être jamais vus, l'autre pour le mariage.
A partir de ce moment, le fiancé envoie des cadeaux à sa promise, aussi beaux que ses moyens le lui permettent.
Quelques jours avant la célébration du mariage, les parents de la fiancée se réunissent pour procéder, avec l'assistance de quelques prêtres bouddhistes, à une cérémonie assez origiaale : ils rassemblent en un tas les jouets de la jeune fille, poupées, osselets, etc., et ils les brûlent en signe du changement de condition qui va s'opérer en elle.
Puis on s'occupe du trousseau et du mobilier.
Le trousseau peut être important, mais le moKlier n'est jamais qu'une bagatelle dans im pays où les nattes de jonc remplacent avec avantage chaises, fauteuils, canapés, etc. Le mobilier d'une Japonaise qui entre en ménage se compose généralement, flP" I
morte pour sa fcimille. llevôtue do ce costume, elle s^ussied dans mi riche palanquin, et, entouiée de tous SCS parents, suivie de tous les invités en grand costume de cérémonie, (îUe ti*averse ainsi lentement qu(îlques-uns des i)rincipaux quartiers de la ville. Après une promenade qui ne dure jamais moins de deux ou trois heures, on ariive eniin dans la maison du mari.
La mariée, toujours enveloppée de son voile-linceul, entre dans la pièce principale, suivie de deux de ses compagnes de jeu, et trouve là, assis à la place d'honneur, le mari, entouré de ses proches, et qui, lui, n'a i)oint fait liailie du cortège; il s'est rendu sans retard du temple dans sa maison. Au milieu de cett(î pièce scî dresse une table lichement sculptée, couverte de i)eintures unes, représentant un chône, un prunier en fleurs, des grues et de» tortues. Ces diflérents ()])j(;ts sont les emblèmes delà force de l'homme, de la Jjcauté de la femme, et d'une longue et heureuse existence.
Sur une autre ta])lc, beaucoup plus simple celle-lài est posé tout ce qui est né(^essaire pour le sald.
Le saki, sortcî de biènî très-capiteuse, est la boisson favoriUî (ît nationaUî du Japon. Avec le tabac et les c-onlitures, 1(î saki est indispensable dans cette l)artie de l'Orient.
La mariée, avec toute l'éliquette conunandée par la circonstance, se sépare de ses deux compagnesdB jeu, et prend place à la table ou se trouve la boisson favorite.