‹ Les civilisations inconnuesChapitre 18 sur 31 · LT: : · texte numérisé non relu

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des rivières au Japon. En effet, il est telle de ces maisons à thé qui ne nnifennent pas moins de qattre-^îngts femmes. Ces sortes d*étaLlissements sont iFordinaire spacieux et décoi'és avec luxe. Suivaitf les étages, on y lioit simplement du thé, on y entend (le la musique, on y danse et on y joue avec les vie> ges folles du logis. Ces malheureuses sont la plupart achetées encore enfants à leurs familles poui un nombre d*années déterminées. D^abord elles ser vent de femmes de chambre aux anciennes, jusqa'i ce que, leur éducation terminée, elles passent elle» mômes au grade supérieur de dames.

Rien n'est négligé pour orner leur esprit des a» naissances qui constituent une bonne éducaticii Littérature, sciences, beaux-ai-ts, travaux à T» guille ; elles ont des professeui-s de toutes ces branches de l'instiniction. Les propriétaires de ces maisons sont aussi déconsidérés au Japon qu'ils pour raient l'ôtre en Europe, mais les pauvres fille qu'ils exploitent trouvent grâce devant l'opinioD On les plaint plus peut-être qu'on ne les blâme, el à l'expiration de leur engagement, beaucoup s marient ou entrent dans les ordres rehgieux.

Cette disposition à se faire religieuse puise sa rai son d'être dans l'origine des maisons à thé, qui « presque une origine sacrée pour les bouddhistes.

Cela demande explication.

A la suite d'une révolution déjà bien ancienne, 1 souverain spirituel, ayant été renversé de son trAi jionfifical, fut conlmtvl de se sauver, n*emmenai

^tre fort et leste ; aussi les rieiix Ja^innais ont -ils 3eaucoup de peine à se mettre en selle.

Si vous êtes allé à Londres, vous avez dft monter 5ur un des nombreux bateaux à vapeur dont la Tamise est sillonnée, lequel en quehpies minutes vous a transporté à Greenwich, triplement célrbre i*ar son observatoire, ses fritures de white-hait et ses nombreuses tavernes, où des fenunes, singulièrement coiffées et vôtues des tabliers blancs, se tiennent à la porte, invitant les passants à entrer pour prendre une tasse de thé ou de café.

La convenance s'arrête, dit-on, à Tentresol. Au premier étage, tout est demi-monde et camélias. Ce Qui n*empéche nullement les bons bourgeois de Londres d'aller tuer en famille une partie du dimanche, de peur que le dimanche ne les tue, dans le i^z-de-chaussée des maisons à thé et à café de Greenwich.

Il existe [au Japon des tavernes analogues à ^Ues-là, dans lesquelles la jeunesse plus ou moins ^Qrée se plaît particuUèrement à se délasser de ses ^ombreux travaux.

Jusqu'à ce que l'empire de l'Est soit doté par la civilisation européenne d un bal Mah-ile et d'un ca- 4no KchU, il faudra que la jeunesse plus ou moins Lorée du Japon se contente des maisons à thé, dans Qsquelles, d'ailleurs, elle trouve plus d un genre le récréation.

Si l'on juge de la consommation du thé par le Unnbre des femmes qui le débitent, il doit s'en Ijoire

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Lvec lui que sa mère et ses douze femmes, desquelles 1 ne voulait point se séparer, car le souverain pontife n'a pas moins de douze femmes, comme nous le verrons dans le chapitre suivant sur la politique du Japon.

Or, en traversant un bras de mer, un coup de vent renversa le chef de TÉglise avec sa mère, et ils périrent tous deux dans les flots. Quant aux veuves, elles débarquèrent à Simonosiki, oii elles cherchèrent en vain les moyens de \ivre honnêtement, suivant le rang qu'elles avaient occupés. Poussées par la nécessité, elles associèrent leur destinée et ouvrirent une maison à thé qui ne tarda pas à devenir célèbre dans tout l'empire. Les honnêtes bouddhistes s'y rendaient pieusement avec leur famille pour y boire dévotement au rez-de-chaussée ime tasse de thé sanctifié par la mémoire du malheureux pontife, pendant que les demi-dévots montaient à l'entresol, et que les faux dévots, toujours nomhteux partout, grimpaient sournoisement jusqu'au iKtemier étage.

Bref, les douze veuves firent fortune. La tradition ^t que, l'esprit de Bouddha ne les ayant point abandonnées, malgré tout ce qu'il pouvait y avoir d'é- 9^voque dans leur conduite, elles finirent leurs lOurs dans un monastère qu'elles enrichirent de leurs économies.

Aujourd'hui encore, au Japon, où toutes les traitions sont conservées , on appelle jorassi les I^mmes qui composent le personnel de ces établis-

sements. Or, ce nom de jorassi est celui que pi nent les propres femmes du souverain spirituel.

Le nombre des maisons à thé est considéi dans toutes les villes de Tempire, et il s'en dans les villages et jusque sur les routes. Un vc geur affirme que dans la seule petite ville de Nî saki, composée d'un population de soixante habitants, on compte sept cent cinquante maisons thé.

Ce chapitre serait incomplet si nous ne parlio] pas ici des bains japonais, d*un caractère si orif et qui sont un des plaisirs véritables de ce peuple bizarre pour nous à tant de titres.

On va se baigner dans les bains publics, au Japon, comme à Paris on va passer un moment au cafi, pour se distraire, causer avec des amis, voir les autres et se faire voir soi-même. Dans ces bains, les .plus curieux du monde, chacun dépose au vestiaire ses habits avec sa pudeur. Là, hommes, femmes, enfants, jeunes filles, vieillards, se hvrent avec une folle ivresse, pêle-mêle et sans le moindre appareil, à mille capricieuses gambades dans les grands et dans les petits bassins, sous les robinets d*eau froide et sous une pluie fine d'eau froide et d'eau chaude combinées. Ils rient, parlent haut, s'interpellent, se courent les uns après les autres, plongent pour échapper à la poursuite, se donnent familièrement, mais souvent sans se connaître (au bain tout est permis), des claques quelque part et ailleurs, font la culbute, marchent sut \eç»Tcvam^> ^^T\&^\i\.^^'î»\«s»sr

boivent du saki avec une joie d'enfant et nn de derviche tourneur.

mmes jouent avec leurs cheveux épars sur lanles, dont souvent elles se servent pour amicalement leurs amis et connaissances^. • [lards s'assoient dans une certaine quantils cmr jouir de ce spectacle animé à la fois et un bain de siège. Les enfants grimpent un le dos de tout le monde, pendant que les UleSydans l'eau jusqu'à la ceinture, font avec plus grande animation la partie de morra.

un bruit inusité se fait-il entendre dans la événement quelconque attire-t-il l'attention jTieurs au dehors, aussitôt, et comme une le grenouilles folâtres et curieuses, les baiviennent jusqu'à la porte examiner le fait 'il y a lieu ; puis ils rentrent dans l'établispour reprendre avec un entrain nouveau lats aquatiques.

dntenant si l'on me demande comment il se lu Japon, où la décence est si scrupuleuseiservée généralement, de pareils établisselublics soient tolérés, et même fréquentés par ites bourgeois et de non moins honnêtes bour-

je vous répondrai qu'en fait de décence, sage qui règle tout. En France, une femme lit déshonorée si, le matin, elle montrait à homme le quart des épaules qu'elle mon- ) soir à tout le monde à la clarté de \m\k&

Chez certains peuples de Ylnàft, ^3à. txsi-

dite, loin de révolter la pudeur, est au contraire marque*de modestie, et ce sont les courtisanes qui s'habillent pour provoquer les hommes et séduire.

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