‹ Les civilisations inconnuesChapitre 29 sur 31 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il y a peu de jours ma domestique vint dans mon cabinet m'annoncer la visite d'un Étranger.

— Demandez-lui ce qu'il veut.

La fille revint.

— Ce monsieur m'a dit qu'il ne pouvait s'expliquer qu'avec vous-même. Le voici.

— Monsieur, me dit-il, j'ai lu ce que vous avez dit du spiritisme et ce que vous avez rapporté des merveilles de la planète Jupiter, suivant les explications fournies à M. Victorien Sardou par les esprits frappeurs, et rien de tout cela ne m'a surpris.

— Bon, pensai-je, encore un fou! Vous êtes donc médium aussi, demandai-je, que vous avez le bonheur de ne pas vous étonner de voir l'âme des trépassés souleveï de?» l^Ct^a^ Çi\» \^^^\^\fô^ '^'sv^s.^^xsJk ^

tt ItOKDE DS8 EgPRtTS. 331

Jd cdDiprls aussitôt qu'il ne fallait pas être sorcier pour accomplir un pareil miracle. Il est certain Cpi'en voulant voir un objet que Ton connaît trèsbien, on le verra toujours se présenter à l'esprit au bout d'un temps plus ou moins rapproché, dans les conditions d'isolement où me plaçait ce charlatan ou cette dupe.

—Monsieur, lui dis-je en abaissant le bandeau qui mecouvraitles yeux, j'ai vu faire plus fort que ça. J'ai vu, parla seule puissance de la volonté, une personne en transporter une autre de la salle à manger d'un appartement dans le salon d'un appartement voisin.

— En vérité, Monsieur.

— C'est comme j'ai l'honneur de vous le dire. Le lorcier avait afTaire à un homme d'une corpulence énorme, ce qui semblait rendre l'opération plus difficile que s'il eût été svelte. Heureusement l'esprit de ce personnage était depuis longtemps préparé à tous les genres de croyances par le culte du magnétisme, des esprits frappeurs, et par de fortes études sur la magie, la nécromancie et la chiromancie. L'opérateur prononça quelques paroles cabaUstisqueà, fit quelques passes savantes, et dit au gros homme : a C'est fait, vous êtes dans le salon de l'appartement voisin. » Le gros homme, habitué à croire sans contrôle toutes les merveilles du monde oculte, eut pourtant un instant d'incrédulité.

— Mais, hasarda-t-il, la preuve qu'en effet je ne suis plus dans cette salle à manger, et que je suis dans le salon de l'appartement en face ?

S80 U8 etmâÊkfWM

pefdxe mon temps avec las lUteDTf de ndxid^ fûtsl 468 Mtsl Pnisqae tous voos croyoi doué ftcidtés stmiatoraUes qai jadis iUastrtiei^ de Saint-Germain, procèdes toat de suite aveo on Teoilles repasser avec tous les outils qd sont nécessaires, petite fille, M*, pour Q^avoir à y revenir.

— • Soit, Monsieur, j'essayerai aveo vous. 8enb-l ment nous commencerons par des ezpârienoss hàr\ les, pour passer par gradation à de plus dilBdki*

— - Tout ce que vous voudret, pourvu que twi me fàssiei voir autrement qu'avec mes yem, 4] promptement.

— L'incoimu voulut me bander les yeux. Je loi en fais id mes très-humbles excuses, mais un doute traversa mon esprit. J'étais seul avec mon modem comte de Saint-Germâin... Si, pendant que j'ai les yeux bandés, pensai-je, il allait faire main basse sur les objets à sa convenance ! Je fis venir une troisième personne, et la séance commença.

— Monsieur, me dit-il, je vous ferai d'abord voir, à distance, des personnes qui vous sont chères. Pensez à une de ces personnes, qu'elle soit vivante ou morte, peu importe, pourvu que je vous tienne les deux pouces, que vous ne disiez pas un mot, qu'on ne fasse pas le moindre bruit autour de vous, et que vous mettiez toute votre volonté à voir cette personne. Au bout de plus ou moins de temps, l'image delapersoTOL^é^ocpife se présentera nettemcnJ à vos regards.

UE MOlfDK DIS ESPRIT8. 333

RodrigueSy deux esprits familiers de la maltresse de la maison, se condenseront-ils en petites boulettes que nous tiendrons dans nos mains.

— Croyez-vous au diable? dis-je h Solié.

— Certes, oui, j'y crois.

— Or, vous n'ignorez pas que d'après certains théologiens les diables peuvent élever les corps de terre, et môme les transporter fort loin dans les airs.

— Je sais cela, et je sais aussi que les diables peuvent changer certains corps en des différents corps, soit par une vraie transformation, soit par un simple prestige : c'est le sentiment du docteur angéliq[ue, tole deuxième livre des sentences, 9, dist. 7, art. 5. Omncs angeli boni et mali ex virtute naturàli habent fotestatem transmutandi corpora nostra. Au reste, les nombreux exemples de loups-garous, de femmes inétamorphosées en chattes et d'hommes en ânes, Xie trouvent que trop, hélas ! la puissance du diable lorsqu^il s'agit d'agir sur les corps, de les altérer, de les mouvoir, soit comme agents physiques, soit comme causes occasionnelles de l'action du Créateur sur la matière selon la très-subtile doctrine du trèsmétaphysicien Malebranche.

— Parfait ; mais vous savez aussi que les pères de l'Église, d'accord avec les païens, donnaient volontiers au diable des formes aériennes susceptibles en se condensant de devenir d'une solidité redoutable, témoin l'origine des Titans ?

— Je sais cela et bien d'autres choses encore, ayant lu dans un de mes voyages en Allemagne, pour me

iU LES eumtSÀfîôfis WGONiftnss.

distraire de certains philosophes allemands, la disseiiation de Don Calmet sur les anges.

— Eh bien! vous n'avez pas peur que les prétendus esprits frappeurs ixe soient que d'audacieux démons, et le sanctuaire un affreux sabbat?

*- Non ; d'ailleurs nous serons deux. Donc à huit heures ; je viendrai vous prendre. C'est sérieux, comme vous voyez; n'y manquez pas. Quand il s'agira de soulever la table, vous regarderez les genoux des médiums, moi je surveillerai leurs pouces.

— Et si rien de ce qu'on nous annonce ne se réalise?

— Nous en serons quittes pour penser des espritô frappeurs et des gens qui les fréquentent ce que nous en avons pensé jusqu'à présent.

— J'accepte, et, de plus, je promets aux esprits de rendre un compte fidèle de leurs opérations.

A neuf heures nous étions une vingtaine de personnes autour d'une table tenue par des médiums et des gens qui, sous le rapport du fluide, ne laissaient rien h désirer.

Un adepte des mieux placés dans l'opinion des esprits frappeurs s'empara d'un carton où étaient écrites les lettres de l'alphabet, et de l'air grave qui convient h l'évocation des Ames :

— Esprits, êtes-vous là.

Les esprits qui habitent les différentes planètes de l'univers ne firent qu'un saut de ces planètes sous la table de l'enchanteur. Un coup se fit entendre, ce qui, d'après une convention passée, je ne

ElodiigueSy deux esprits familiers de la maltresse de A maison, se condenseront-ils en petites boulettes jue nous tiendrons dans nos mains.

— Croyez-vous au diable? dis-je à Solié.

— Certes, oui, j'y crois.

— Or, vous n'ignorez pas que d'après certains théologiens les diables peuvent élever les corps de terre, et même les transporter fort loin dans les airs.

— Je sais cela, et je sais aussi que les diables peufent changer certains corps en des différents corps, Boit i^ar une vraie transformation, soit par im simple prestige : c'est le sentiment du docteur angéliq[ue, sur le deuxième livre des sentences, 9, dist. 7, art. 5. Omnes angeli boni et mali ex virtute natv/rali habent potestatem transmutandi corpora nostra. Au reste, les nombreux exemples de loups-garous, de femmes métamorphosées en chattes et d'hommes en ânes, ne trouvent que trop, hélas ! la puissance du diable brsqu*il s'agit d'agir sur les corps, de les altérer, de les mouvoir, soit comme agents physiques, soit comme causes occasionnelles de l'action du Créateur lur la matière selon la très-subtile doctrine du trèsmétaphysicien Malebranche.

— Parfait ; mais vous savez aussi que les pères de l'Église, d'accord avec les païens, donnaient volontiers au diable des formes aériennes susceptibles en se condensant de devenir d'une soUdité redoutable, témoin l'origine des Titans ?

— Je sais cela et bien d'autres choses encore, ayant lu dans un de mes voyages en Aïlemaga^> ^\«tûi

S84 LES CtVtLlSÀflôfis tNGOHiitJSs.

distraire de certains philosophes allemands, la dii* sertation de Don Calmet sur les anges.

— Eh bien! vous n'avez pas peur que les ptétcttdus esprits frappeurs ije soient que d'audadeui démons, et le sanctuaire un affreux sabbat?

— Non ; d'ailleurs nous serons deux. Donc à hui heures ; je viendrai vous prendre. C'est sérietn comme vous voyez; n'y manquez pas. Quand il s'a gira de soulever la table, vous regarderez les ge noux des médiums, moi je surveillerai leurs poucei

— Et si rien de ce qu'on nous annonce ne se réa lise?

— Nous en serons quittes pour penser des espri frappeurs et des gens qui les fréquentent ce qi nous en avons pensé jusqu'à présent.

— J'accepte, et, de plus, je promets aux espri de rendre un compte fidèle de leurs opérations.

A neuf heures nous étions une vingtaine de pe sonnes autour d'une table tenue par des médiuD et des gens qui, sous le rapport du fluide, ne laii saient rien à désirer.

Un adepte des mieux placés dans Topinion d( esprits frappeurs s'empara d'un carton où étaie: écrites les lettres de l'alphabet, et de l'air grave q convient à l'évocation des âmes :

— Esprits, êtes-vous là.

Les esprits qui habitent les différentes planèti de l'univers ne firent qu'un saut de ces planèt» sous la table de Y ^iiç\v^TA.^\ix . \S\s. çjçsm^ se fit entei dre, ce qui, à'açT^?» xvTvçi ^çy^vN^xiNkstv ^•^^.^'ï.Vfc^^

ht MOKDI DSS ES^BITS. 33i(

trop comment entre les vivants et les morts, svant qu'ils aient pu s'entendre, signifie oui. Il fallait savoir le nom des esprits présents et s'assurer A Balthasar et Rodrigues, les deux premiers sujets de la troupe, n'avaient pas fait relâche ce jour-là poiu: cause d'indisposition subite ou de garde à monter. Balthasar et Rodrigues répondirent à l'appel ; nous étions sauvés.

Les esprits ont Vhabitude, nous dit le régisseur spiritique qui tenait le carton, d'ouvrir leur séance par un petit discours.

— Je vous en prie, Monsieur, répondis-je, que les esprits ne se gênent en aucune façon pour nous.

n fallut une grande demi-heure aux esprits pour dicter un discours de six lignes, ce qui doit porter à plusieurs années la confection de chacun des gros voliunes édités par M. Ledoven, et dictés par les morts de lettres. Le régisseur spiritique promenait im crayon sur les lettres de l'alphabet, jusqu'à ce qu'un coup frappé sous la table indiquât la lettre désignée par l'esprit. Un secrétaire inscrivait chaoïmc de ces lettres. A la fin on les réunit par groupes de mots, et le secrétaire lut quelques phrases très-étudiées, très-combinées, et presque impertinentes pour les personnes qui, comme Solié et moi, avaient encore besoin de raffennir leur foi dans les miracles du monde occulte. Il devenait évident que les esprits s'étaient piqués au vif, et que Balthasar et Rodrigues particulièrement, se mettraient en quatre pour nous convaincre.

S88 LES GtTILIBÂTIOMS IKQOlimiBS.

pable et gui échappe absolument à Tanalyse chimique, il faut une bien grande force de volonté poui soulever un corps relativement aussi lourd qu'une table. Une ! deux ! trois ! crac ! la table est renvoyée brusquement à quelques centimètres de distance, absoliunent comme si \m simple mortel lui eûtlanc^ un coup de pied à la sourdine. Ce n'est pas assez, il faut qu'elle se soulève, et elle se soulèvera. Unel deuxl trois! crac! elle se soulève. (Munnuresde satisfaction dans l'auditoire. Des adeptes se donneni de vigoureuses poignées de main. Le général dei esprits nous interroge du regard.)

— Nous sommes fortement ébranlés, dit Solié; mais, pour fermer la bouche aux incrédules à qui nous pourrions conter ce fait, il faudrait que nous pussions leur dire que toute fraude était impossible.

Et, s'emparant d'un flambeau, il le plaça sous là table et me dit à voix basse :

— Regardez là-dessous ; moi je vais surveillei* tel pouces.

Au murmure de satisfaction que nous venions d'entendre succéda un murmure de mécontentement. Un adepte farouche nous injuria presque, en nous disant que les esprits n'aimaient pas qu'on se méfiât d'eux.

— C'est vrai, répliqua le cornac des trépassés, les esprits sont très-susceptibles. Néanmoins nous alloni essayer.

Je me mis à mon poste d'observation et Solié ne quitta pas le sien.

U MOMDI DES 18PBIT8. 8S9

La table ne bougea pas.

-* Voyons, Balthasar, dit un adepte d'un ton suppliant, soulève, mon ami, soulève, pour convaincre ces messieurs. C'est dans Tintérêt de notre idence... fais un sacrifice pour cette fois... je t'aime tsntl

La table ne bougea pas.

«— Marie, dit un autre adepte, je comprends ta juste susceptibilité ; mais si ce n'est pour les étrangers qui t'observent que ce soit par considération pour nous ?

La table ne bougea pas.

Rodrigues, as-tu du cœur? fit le goguenard M. Ledoyen : si tu en as, montre-le, en soulevant, ne futce qu'un pied de la table.

La table ne bouge pas.

— Non, décidément, les esprits ne veulent pas qu'on se méfie d*eux, dit le grand prêtre des revenants ; et la preuve, c'est que nous allons retirer la lumière de dessous la table, et que la table va se soulever de nouveau.

La lumière fut retirée et la table se souleva en efiét.

De nouvelles poignées de mains furent échangées entre adeptes, lesquels ne dissimulèrent pas qu'à la place des esprits ils en eussent fait tout autant, leur dignité se trouvant offensée par Tinconcevable méfiance que nous avions manifestée.

La séance fat close par l'exercice suivant : Un spectateur frappait un certain nombre de coups sur

S88 LIS ciTiLiBÂTiOMs iiiominjig.

pable et qui échappe absolument à TanalyM cUmigue, il faut une bien grande force de volonté poo soulever un corps relativement aussi lourd qa^imi table. Unel deuxl trois 1 crac! la table estrenvoyje brusquement à quelques centimètres de distanee, absolimient comme si un simple mortel lui eûtlanofi un coup de pied à la sourdine. Ce n'est pas asseï, il faut qu'elle se soulève, et elle se soulèvera. Unel deuxl trois 1 cracl elle se soulève. (Murmures de satisfaction dans Tauditoire. Des adeptes se donnent de vigoureuses poignées de main. Le général del esprits nous interroge du regard.)

— Nous sommes fortement ébranlés, dit Solié; mais, pour fermer la bouche aux incrédules à qoi nous pourrions conter ce fait, il faudrait que nous pussions leur dire que toute fraude était impossible.

Et, s'emparant d'un flambeau, il le plaça sous la table et me dit à voix basse :

— Regardez là-dessous ; moi je vais surveiller les pouces.

Au murmure de satisfaction que nous venions d'entendre succéda un murmure de mécontentement. Un adepte farouche nous injuria presque, en nous disant que les esprits n'aimaient pas qu'on se méfiât d'eux.

— C'est vrai, répliqua le cornac des trépassés, les ' esprits sont très-susceptibles. Néanmoins nous allons essayer. '

Je me m\a à. taon. ^^\ft ^'^b^iervation et Solié ne ' quitta pas le ftien.

U MONDE DES ISPBITS. 839

La table ne bougea pas.

-^ Voyons, Balthasar, dit un adepte d'un ton suppliant, soulève, mon ami, soulève, pour convaincre ces messieurs. C'est dans Tintéi^t de notre ■dence... fais un sacrifice pour cette fois... je t'aime tantl

La table ne bougea pas.

— Marie, dit un autre adepte, je comprends ta juste susceptibilité ; mais si ce n'est pour les étrangers qui t'observent que ce soit par considération pour nous ?

La table ne bougea pas.

Rodrigues, as-tu du cœur? fit le goguenard M. Ledoyen : si tu en as, montre-le, en soulevant, ne futce qu'un pied de la table.

La table ne bouge pas.

— Non, décidément, les esprits ne veulent pas qu'on se méfie d'eux, dit le grand prêtre des revenants ; et la preuve, c'est que nous allons retirer la lumière de dessous la table, et que la table va se soulever de nouveau.

La lumière fut retirée et la table se souleva en effet.

De nouvelles poignées de mains furent échangées entre adeptes, lesquels ne dissimulèrent pas qu'à la place des esprits ils en eussent fait tout autant, leur dignité se trouvant offensée par l'inconcevable méfiance que nous avions manifestée.

La séance fut close par l'exercice suivant : Un apectûteiir frappait un certain nombre Ôl^ cww^'Sk^xi:^

840 LES GiYiLiSATiOKS mcoifiiniB.

la table avec le rhyfhme d'un air connu» et Im esprits répétaient ces coups. C'est ainsi qu'ils rhyihr mèrent l'air Ah! vous dirai-je maman, Malbmià s'en vont-en guerre et Au clair de la lune» Dansk passage un peu vif de l'air de Malbrouck, les espnti se montrèrent très-lourds ; absolument comme n, au lieu de se sernr de leurs doigts pour frapper les coups, ils se fussent servis de leur talon. Je àmxM un trille gui fut exécuté par l'esprit avec la mâma perfection que pourrait le faire un ténor de cmquante ans après huit jours de leçons de chant.

— Messieurs, dis-je aux représentants des esprits, ces différentes manifestations sont chainumtBi et bien propres à confondre notre incrédulité ; mail il est une expérience qui détruirait le peu de doate qui nous reste encore. M. SoUé tient dans la main un papier plié en quatre où sont écrits quelques mots. J'ai fait de même , Messieurs. Les esprits pourraient-ils nous lire dans ces papiers sans que les médiimis en prissent d'abord connaissance ?

Alors ce fut partout comme une petite guerre de phases discordantes, dans laquelle ma proposition jouait assez bien le rôle de la scie.

— Les esprits n'aiment pas ces expériences.

— Ils les ont faites quelquefois.

— Jamais.

— Il faudrait les en prier.

— Ils refuseraient.

— Ne me parlez cas des incrédules ; ils ne croient pas!

— Le tait est qu'avec des gens crédules tout va oimieux.

— n ne faut plus convertir que les gens qui ont jà la foi.

— Vous avez raison ; nous n'aurons la tranquil- \ qu'à ce prix.

Soand le tumulte fut apaisé :

— Messieurs, nous dit la personne qui avait eu la ité d'interroger pour nous les esprits, ce qu'il a i avec une bonne grâce et une conviction à la- Blle je suis heureux de rendre hommage, depuis se ans que je fais du spiritisme, je n*ai jamais vu I expériences de ce genre réussir; en conséînce, il me semble inutile d'insister sur ce nt.

— Allons nous coucher, dit M. Ledoyen.

Jolie, qui a fait une histoire de l'opéra-comique, lit écrit ces deux vers de Zémire et Azor :

Les esprits dont on nous fait peur Sont les meilleures gens du monde.

loi j'avais écrit cette pensée stupide :

Les idiots n'étant pas responsables de leurs acons, doivent nécessairement aller en paradis, •ourquoi ce privilège en faveur dos idiots ? » je spiritisme a pris naissance en Amérique, dans patrie de Barnum ; cela devait être. Si les farfa- 3 tapageurs sont un peu démonétisés à cette ire de l'autre côté de l'Atlantique (nul n'est proie dans son pays, pas même \e* e«çviVs» \x^^~

344 LES CIVILISATIONS IKGOlflfVBS.

savantes, la dernière statistique porte le nombre i adeptes du spiritisme au chi£Bre de 1,800,000 4pmt dans Tancien que dans le nouveau moi «Des cercles, » ajoute M. Jobard, « existent^ Gonstantinople comme à Mexico, des centaines d'( vrages sont déjà publiés, plus de trente joi spéciaux se publient en France, en Angleterre, États-Unis, sur cette épidémie dont les hommes plus savants et les plus respectables ne sont Tabri. » Gela n'est que trop vrai ; conune ausaTI n*est que trop vrai que le nombre des aliénés vient de plus en plus considérable, non-seulemenl en France, mais partout ailleurs.

Bonne chance donc à TÊgUse nouvelle, dont tool semble devoir favoriser le jléveloppement et assorti l'avenir.

HAÏTI *

.. Vous savez, mon cher directeur, quel voyageur |e suis. Certainement Vétoile sous laquelle je suis Kié était mue étoile filante. Une dizaine de mille lieues faites en mer depuis Tâge très-tendre de quatre ans et demi où je m'embarquai pour la première me rendant de Bordeaux à Garthagène, dans la ilônihie, jusqu'à Tâge moins tendre, — soyons ai- )le envers nous-môme, — où je traversai pour dernière fois TOcéan en venant de New- York au ivre, ne m'ont point dégoûté des excursions loinles. Si j'ai un regret, c'est que les circonstances me permettent plus de continuer cette existence juif errant. Chateaubriand dit quelque part qu'il 'a jamais pu voir un navire appareiller sans être 's d'une envie violente de s'embarquer. Je suis

' L|t p«g<M qui suivent ont été adressées de Londres par l'auteur 't. L. Hayin, directeur politique du Siècle.

•sa

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