LIS GlVlLIftiTlOllS ofcoioniis
sa^uites, la dernière statistique porte le nom] adeptes du spiritisme au chifi&e de 1 »800,000 Iptnt dans l'anden que dans le nouTeau i cpes oerdes, » ajoute M. Jobard, « exiiE Gonstantinople comme à Mexico, des centaine ▼rages sont déjà publiés, plus de trente joi spéciaux se publient en France, en Angleten Ëtats-Unis, sur cette épidémie dont les hoimi plus savants et les plus respectables ne sont l'abri. » Gela n'est que trop vrai ; comme a n'est que trop vrai que le nombre des aliéiu vient de plus en plus considérable, non-seul en France, mais partout ailleurs.
Bonne chance donc à l'Église nouvelle, doi semble devoir favoriser le développement et a l'avenir.
HAÏTI
Vous savez, mon cher directeur, quel voyageur 1^ suis. Certainement Vétoile sous laquelle je suis Cï.é était une étoile filante. Une dizaine de mille LSeues faites en mer depuis Tâge très-tendre de quatre ans et demi où je m'embarquai pour la première Bois me rendant de Bordeaux à Carthagène, dans la Colombie, jusqu'à l'âge moins tendre, — soyons aiteable envers nous-même, — où je traversai pour la dernière fois l'Océan en venant de New- York au Havre, ne m'ont point dégoûté des excursions lointaines. Si j'ai un regret, c'est que les circonstances ne me permettent plus de continuer cette existence de juif errant. Chateaubriand dit quelque part qu'il n'a jcimais pu voir un navire appareiller sans être pris d'ime envie violente de s'embarquer. Je suis
* Lêê pêgeê qui mrent ont été adressées de VAu^n» v^ \ voN^âx 9 M. L, Hêvin, directeur politique du Siècle.
848 LES GIYILISATlOlfS INGOMIfUES
et 8i abondants et Tétonnante fertilité du soi, eût pa i devenir une des lies les plus florissantes du monde entier. On sait que, après Cuba, Haïti ou Baintp Domingue est la plus considérable des Antilles. Sa longueur, en effet, n'a pas moins de 640 MlomëtreB et sa largeur atteint en moyenne 150 kilomètres; os gui représente une surface d'à peu près le srdènH* de la France. Elle pourrait donc, toute proportion gardée, nourrir au moins six ou sept millions d'habitants, tandis qu'elle en compte à peine six cent mille. Sur ce chiffre, il y a cinq cent mille âmâi dans la partie française et cent mille dans la partie espagnole. Croit-on qu'ils vivent plus heureux pour cela, et qu'étant un petit nombre à se partager les richesses du sol, ils aient tout en plus grande abon^ dance ? C'est le contraire, et la misère règne ea souveraine dans ce pays où la canne à sucre pouBSJ toute seule, où les caféiers laissent tomber leur , graine de façon à ce qu'on n'ait qu'à la ramasser pour la récolter, où le maïs et le tabac poussent i comme l'herbe, où le bois d'acajou est si commun qu'il servait autrefois et sert encore à bâtir les mai- , sons ; enfin où les rivières charrient de l'or, où, en i faisant un trou dans la terre, on rencontre du sulfate de cuivre, où il existe des mines de charbon dé terre inexploitées et dont le seul rendement suiïïraM ; pour enrichir la population tout entière.
Mais quel progrès pouvait-on espérer d'un petip; qui depuis son indépendance a été gouverné comme celui-là le fut sous les divers gouvernements aux-
HkW I
HAlTI. 847
progrès de la science, des arts et de la morale. Pourtant je comprends qu'on sourie malicieusement en passant devant l'exposition d'Haïti, dont tous les produits réunis tiendraient dans une malle d*émigrant allemand. Je comprends surtout qu'on sourie en voyant figurer au premier plan im poisson ' volant pendu par le milieu du corps à ime ficelle .fldsant face à im crocodile empaillé, r Ces étranges produits de l'industie haïtienne paiiissent en effet d'im médiocre intérêt, et l'on est en droit de se demander si les poissons volants et les crocodiles sont bien nécessaires au bonheur de l'huinanité.
A la vérité, les crocodiles empaillés sont utilisés Irès-lucrativement, je le sais, par certains usuriers jui les font figurer avec honneur dans leurs opérations financières avec les fils de famille ; mais les poissons volants, quel est leur emploi? On n'a pas la ressource de les pêcher, car ils se tiennent toujours en pleine mer, et on n'attrape que ceux q[ui, dans leur vol, calculant mal la distance, ou poussés par le vent, viennent tomber sur le pont du navire. Les poissons volants ne servent donc à rien, que je sache, si ce n'est précisément à jeter du pittoresque sur cette très-pittoresque exposition haïtienne qui compte aussi parmi ses produits, si mes souvenirs sont exacts, un requin de la plus belle ▼enue.
Voilà pourtant le pays qui, par son climat, sa^^àiioD avantageuse, ses produila ualuicd^^ à tv^ûk^
880 LKS CIVILISATIONS INGONIfUES.
croyons M. Paul Dhormois, toutes les fois qu'un Français avait sujet de se plaindre de quelqu'une des autolités de Tile, il allait potter sa plainte à M. Raybaud, qui se rendait immédiatement au palais de Sa Majesté.
— Empereur Soulouque, on vient encore de mat traiter ml de nos nationaux.
— Hélas 1 je le sais^ consul, et dès demain le coupable sera fusillé.
•— Très-bien, mais cela ne suf&t pas : il faut 7 ajouter quelque petite indemnité.
— Ah ! consul, pas pour cette fois I Vous m'en avez fait donner une le mois passé, et il ne me resté pas en caisse de quoi payer mes soldats.
— Alors je vais écrire au commandant Barba** roux*.
— Non, consul, n'écrivez pas ; vrai, sur ma parole impériale, je n'ai pas d'argent en ce mo^ ment. . .
— J'en suis fâché; mais si demain je n'ai pas reçu les deux mille piastres d'indemnité que je réclame, j'enverrai prévenir le commandant.
— Mon bon monsieur Raybaud 1 mon bon consul 1 deux mille piastres pour un simple coup de crosse de fusil, c'est bien cher! Voyons, une petite diminution.
— Impossible, mon cher empereur, les choses ne peuvent s'arranger à moins.
* Pour Soulouque, tous les commandants de frégate français s'ap* pelaient Barbarouii, et il les craignait affreusement.
HAlTI. 349
qpéls, on peut le dire, il a successivement appartenu. Aucun, assurément, et, au lieu du progrès, c'est la décadence qui devait en résulter. Cette décadence 68t vraiment effrayante. En 1789, la valeur de la popriété foncière et mobilière des habitants de 'Saint-Domingue s'élevait au chiffre de un milhard huit cinquante millions cent trente mille livres tournois. L'exportation, — dans laquelle ne figulaient certainement ni des poissons volants, ni des crocodiles empaillés, ni des requins, — avait atteint cette même année la somme de 205 milhons 960,067 livres tournois. Quarante ans plus tard, en 1829, sous Boyer, elle n'était plus que de 3 millions 639,840 francs. Si, pour compléter cette instruction par les chiffres, on jette un coup d'œil sur les importations de la France à Saint-Domingue, on trouve pour Tannée 17921a somme de 239 millions 454,000 firancs.
Les exportations étaient déjà descendues à cette époque à 32 millions 431,000 francs. Enfin sous l'aimable empire de l'aimable Faustin I*' (et dernier, s'il plaît à Dieu), nous voyons l'exportation de o pays dégringoler à la somme dcl3 millions 106,0fl fr., laquelle, pour comble de bonheur, passe àpe près tout entière dans la cassette particulière de S Majesté. Encore si ce monarque, trop ami de la list civile, s'était montré généreux ou môme simplement juste quand il fallait ôter de sa cassette pour garnir celle des autres; mais point, et M. Raybaud^iLO^xA Muden œnsul, en sait quelque cYvos^. ^\ t^c^^^»^
85t LXS CIVILISATIONS ingounuis.
etEaré. Mais comme la présence d'esprit est mie des principales qualités chez un militaire appelé à commander des troupes, il se remit aussitôt, et d'une voix ferme et brève :
— Nos plongeurs à cheval sont en ce moment campés à quelques lieues sur la côte. Dans trois ou quatre jours ils seront de retour et je vous les feiai voir.
Quant à la bataille de Las-Garreras, void, d'après quelques historiens, comment elle eut lieu et quelles conséquences elle entraîna :
Soulouque , à la tête de son armée , s'était dirigé vers Santo-Domingo pour conquérir la république dominicaine, qui lui échappait toujours , comme la répubhque d'Haïti échappait toujours à celle-ci. Les Dominicains, ayant été instruits par leurs espions des projets hardis de Soulouque, prirent des dispositions afin, non d'aller au-devant d'eux, non de les atteindre, mais d'éviter toute coUision. Un malheur est si vite arrivé !
Ayant appris que l'armée de Soulouque avait l'intention de pénétrer dans leur territoire par une certaine route, ils voulurent lui rendre la pareille en traversant la frontière par une autre route. Ce plan, véritablement machiavélique, une fois connu de Soulouque , ce grand homme de guerre ne changea rien à ses dispositions. Il marcha donc à la rencontre de l'ennemi, qu'il savait ne pas rencontrer, pendant que les Dominicains, animés de la même ardeur, se dirigeaient vers Soulouque qu'ils savaient être ail-
dAlTi. 851
3ulouque payait.
le industrie, quel commerce, quelle émulaavait devenir possible sous ce nègre féroce et [ue qui croyait montrer de la fermeté de caparce qu'il ordonnait des massacres, et penne preuve de majesté parce qu'il s'entourait comtes de la Limonade, de ce prince Lazare- -l'œil, de monseigneur de Bobo, de monseiie la Marmelade, de leurs excellences les s des Plaines-du-Nord et des Plaines-du- 3s barons du Petit-Trou et du Sale-Trou, des ers de Pince-Nageoire, de Brocoli, de Qui- , de Tafia-Doux, de Bibi-Lolo, etc., etc.
n parler de la religion? elle était représentée prêtres qui se disaient catholiques et cumueur sacerdoce avec les fonctions moins di- Taubergistes. Quant à l'armée, il suffit de T une anecdote et de rappeler la bataille de rreras pour en donner une idée suffisante.
)mment avez- vous trouvé nos troupes ? deaprès une grande revue un général de l'arïtienne à un jeime aspirant de marine fran-
Drt belles, admirablement instruites 1 Seuleai cru remarquer \me lacune dans votre orion militaire, ne lacune ? Et laquelle ?
me semble, Excellence, que je n'ai pas vu tnents de plongeurs à c/icra(?
néral regarda un inslaxvV Y ^sçVt^wV iS^\«i ^x
85t LES CIVILISATIONS INGONIfUBS.
effaré. Mais comme la présence d'esprit est une da principales qualités chez un militaire appelé à comr mander des troupes, il se remit aussitôt, et d'une voix ferme et brève :
— Nos plongeurs à cheval sont en ce momeni campés à quelques lieues sur la côte. Dans trois oc quatre jours ils seront de retour et je vous les fera voir.
Quant à la bataille de Las-Garreras, void, d'aprè quelques historiens, comment elle eut lieu etquellei conséquences elle entraîna :
Soulouque , à la tète de son armée , s'était dirigi vers Santo-Domingo pour conquérir la républiqw dominicaine, qui lui échappait toujours , comme lî république d'Haïti échappait toujours à celle-ci. Leî Dominicains, ayant été instruits par leurs espion des projets hardis de Soulouque, prirent des dispa sitions afin, non d'aller au-devant d'eux, non de le atteindre, mais d'éviter toute coUision. Un malheu: est si vite arrivé !
Ayant appris que l'armée de Soulouque avait l'intention de pénétrer dans leur territoire par une certaine route, ils voulurent lui rendre la pareille ei traversant la frontière par une autre rout^. Ce plan véritablement machiavélique, une fois connu di Soulouque , ce grand homme de guerre ne change; rien à ses dispositions. Il marcha donc à la rencontr» de l'ennemi, qu'il savait ne pas rencontrer, pendan que les Doïïùmcràv^, ^mvw^^ de la même ardeur, s< dirigeaient veva So\aVc^\\c\v\^ ^'^^ ^'a^i'^c^K^ ^vc^^ -iij,
méItu SS3
Inin. L'attitude des Lh£& ètiâi aère dans les deui camps.
Étant SUIS de ne pas se Ten^jui^trer, ils s'avançaient avec résolution les uns «tu- ie* anirw.
Tout 86 passa sniTaiit ie§ ^revivions : les troupes de Soulouque, n ayant pas vu les Domiiiicairjs, pénétrèrent à la cisttnoe c -on-r lieue sur le tei-ritoire ennemi et y ilhi:l^r*^iii kui- drapeau en sijprje de conquête ; puis ils k? L-iiêreiit de revenir cher eux, la prudenc* la p:ns é-énjentaire leur faisant une règle de i.r pi.? Q^:iie*i:-e:- pÎTji longlempis ehes les Dominicains g^n, d'<:ii instant à l'autre, pouvaient repasser la f-^rjLiiere.
De leur côté, oe§ cerijiers n'agij^nt ni avec moins de bonheur ni avwr miiLS ôe prudence. Setant aventurés à une lieu^ eLvirjii çLez les Uaîtienà sans «Toir aperçu le Eioii:Q:« L^OTîioc à «lomljattue . ils s'empressèrent de planter leur drapeau et de it^ tourner dans leur pays.
Cette double oc-cq^^tt-e, qui ne co'.la même pas un rhume de cerveau à aucun des sildaîs des deux années, fut célébrée à la même heure et îe mémfl jour par les Dominicains el les Haïtiens. Des dem côtés on fit dire un Te Deum, auquel des deux coléi aussi le peuple et les hauts fonctionnaires assistèrent avec recueillement.
Tout allait à merveille, et les deux nations ennemies, qui s'étaient mutuellement conquises, conti* nuaient à vivre chacune chez elle , comme au^^c%.- Tàut, lorsque le iendemain un déVachetn^XLV YÂ^îàfi^
856 LES GIVILISATIOMS INCONNUES.
Tempire sous Faustin, en réorganisant ee mallieureux pays si complètement désorganisé encore à cette heure. Avant tout, ce qui fait la richesse des payi d'outre-mer, ce ne sont point les nationaux, toujcnui en petit nombre et généralement portés au doux farniente ; ce sont les étrangers, gui, ayant leur fortune à faire ou à augmenter, se placent à la tôte de Tiiir dustrie et du commerce et travaillent ainsi à la richesse commune en travaillant à leur richesse particulière. Les Américains des États-Unis, qui sont les premiers calculateurs du monde, ont, depuis la fondation de leur république, reconnu cette vérité. Ils estiment en moyenne à 1,500 dollars la valeur d0 chaque émigrant, et calculent d'après ce chifEre Taocroissement de richesse que l'émigration apporte aux États-Unis. A cent cinquante mille émigrants par an que recevaient dans ces derniers temps \e& États-Unis, cela faisait tout simplement 205 millions de dollars, soit un milliard vingt-cinq milliom de francs.
Et pourquoi, dès la fondation de la grande république américaine, les émigrants se sont^ils portéi en foule dans ce pays de préférence à tout autref Parce qu'avec la liberté ils étaient assurés, au bout d'un court séjour, de jouir de tous les avantages accordés aux citoyens natifs. Telle est, en deux moti, l'explication de l'étonnante prospérité de l'Uniofl américaine.
Cet exemple est-il suivi dans les autres contrées d'Amérique? Non certes, et c'est avec un dédaîA
HAÏTI. 357
marqué que, généralement, on accueille partout ailleurs les étrangers. Sous le gouvernement de Soulouque, six ports de Tempire seulement étaient ouverts au commerce étranger. Trois autres ports (Aoqmn, Ifiragoane et Saint-Marc) sont ouverts aux étnmgers depuis l'avènement du général GefErard. Mais que d'entraves viennent encore paralyser les dbrts des étrangers pour donner à ce pays la vitalité qui lui manque! Ainsi, si quelque maison étrangère veut établir des succursales dans divers ports de rile, elle est forcée de choisir ses agents parmi les commerçants indigènes. Le commerce de détail et l'achat des denrées est réservé exclusivement aux Haïtiens. Pour qu'un étranger puisse exercer une Irofession manuelle, il faut qu'il paye un droit triple dé patente ; encore le chef de l'État a-t-il le pouvoir de refuser toute licence. La patente d'un négociant étranger est de 400 francs; celle d'un Haïtien est de 100 francs.
J'ai vu à l'exposition haïtienne de beaux spédmens de bois de campéche, de bois d'acajou, de café, de cacao, de coton, de cire non ouvrée et d'écaillé de tortue. De tous ces produits, ceux qu'Haïti exporte en plus grande quantité, ce sont les bois, qui ne demandent d'autre peine que de les couper. Le café d'Haltiy très-estimé autrefois, est singulièrement déprécié aujourd'hui que les planteurs, pour en augmenter le poids, le décortiquent mal et le mêlent à du sable et à du gravier. Quant au sucre, on n'en Ut plus là-bas. Le sirop de canne est entièrement
898 LKS CIVILISATIONS INGONNUSS.
transformé en taûa, qu'on nous vend en France sous le nom de rhum de la Jamaïque.
Mais en voilà suffisamment sur Haïti. Faisons une enjambée de mille lieues et passons à Vancouver, ce petit pays né d'hier et qui se donne déjà le luxe d'une société philharmonique. Il n'y a plus d'enfants.
HAÏTI. «3K7
marqué que, généralement, on accueille partout ailleurs les étrangers. Sous le gouvomoment de Soulouquey six ports de l'empire seulement /''taiont ou- Terts au commerce étranger. Trois autres ports (Aoguin, Miragoane et Saint-Marc) sont ouverts aux élnzigers depuis Tavénement du général GeflVard. liais que d'entraves viennent encore paralyser les efforts des étrangers pour donner à ce pays la vitalité qui lui manque! Ainsi, si quelque maison «^étrangère veut établir des succursales dans divers ports de rile, elle est forcée de choisir ses agent» parmi les commerçants indigènes. Le commerce de diUail et Tachât des denrées est réservé exclusivement aux Haïtiens. Pour qu'un étranger jmisse exercer ime profession manuelle, il faut qu*il paye un droit triple de patente ; encore le chef de l'État a-t-il le pouvoir de refuser toute licence. La patonte d'nn négociant étranger est de 400 francs; celle d'un IIa'ïtif?n est de 100 francs.
J'ai vu à Texposition haïtienne de ))paux spécimens de bois de campâ<;he, de bois d'acajou, de cai de cacao, de coton, de cire non ouvn'e f't d'praille tortue. De tous ces pnjduils, ceux qu'Haïti expo en plus grande quantités o* sont les Jinis, qui ne c mandent d'autre peine que dn 1ns rouiK»r. Le c d'Haïti, très-estimé auti-cfois, est singuliêreme déprécié ciujounriuii qu»î l»'s jilanlrurs. pour en aut menter le i»^»ids, l»* dw>rliqu«'nt mal et le mêlent i du sable et à du j^rravior. QuaT\\ aw^ww^vs^'tî^ Ait plus là'lxîs. Le sirop de canwî e*^ «*T\V\?Te^^^^
LES CIVILISATIONS INCOHOOIES.
transformé en tâfia, qu'on nous vend en France boqs le nom de rhum de la Jamaïque.
Mais en voilà suffisamment sur Haïti. Faisons une enjambée de mille lieues et passons à Vancouver, ce petit pays né d'hier et qui se donne déjà le luxe d'une société philharmonique. Il n'y a plus d'enfants.
VAMCOUVIR. 361
si remplie de promesses, mais gui fut loin de tenir toat ce qu'elle avait promis. Beaucoup de ces chercheurs d'or, nous apprend M. Vogel, n'ont trouvé pe des mécomptes sur les bords du Fraser, par suite des crues subites du fleuve, de l'accès difficile du pays, de ThostiUté des Indiens gui l'habitent et de la forme même sous laquelle le précieux métal s'y tEOuve. La poudre d'or gu'on y recueille parait être en effet d'une finesse telle gu'on ne parvient à la léparer du sable auguel elle est mêlée qu'au moyen da mercure. On estimait, en juillet 1859, la somme totale de l'or colombien recueilli dans l'espace de quinze mois à une guînzaine de millions de francs, tandis que , l'exportation mensuelle de l'or califor- Oien atteint toujours et souvent dépasse vingt nultons de francs, chiffre gui dénote une production tingt fois plus considérable et réfute l'opinion exa- Ijhée que l'on s'était faite d'abord des richesses du haser.
Où. la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, dit lÀ sagesse des nations par la voix des chetxiers.
L'or manquait à Vancouver ; mais qu'importe ! Vingt-cinq mille travailleurs s'y trouvaient fixés, pleins de courage et de force, et ce noyau de pojulation devait assurer l'avenir de ce pays en exploitant la véritable richesse de tout sol, la richesse Igiicole.
Des villes se sont formées comme par enchante- Itent. Yictoria, où campaient, il y a quatre ans.
362 LES CIVILISATIOlfS INGONNIJES.
deux cent cinquante personnes attachées à la Compagnie de la ])aie d*Hudson, est à cette heure une ville véritable, oft Ton trouve des hôtels qui logent et nourrissent le voyageur à raison de cinfjuante francs par semaine; oCi les cathoUques, les méthodistes, les congrégationnalisles, les presbytériens et les israéUtes ont des temples appropriés à ces différentes croyances ; où des écoles reçoivent des enfants blancs et de coffleur, où les magasins sont éclairés au gaz, où deux journaux sont imprimés, où il existe deux Compagnies d'assurance conti-e Tincendie ; où Ton compte avec une société d'horticulture, un théâtre de drame, une salhî de billard, im gymnase, un bowling alley (Jeu do quilles), un jockey-club, une garde nationale et une société philhaimonique fondée expressément pour l'exécution des œuvres de Ha,»ndt?l, que les Anglais placent avec orgueil en tête do leurs compositeurs nationaux, sans doute parce quo Ilaindol est né on Allemagne.
En faut-il davantage pour vivre heureux quand on ne ti(înt pas à liai )i ter un point de notre globe plutôt qu'un autre? .loignoz h c^ela que les ^'ivres sont abondants et h bon marché, ot que les propriétaires des maisons n'élèvent pas leurs* prétentions audessus d'un prix relatif trouve raisonnable par les locatainîs.
Mais voici le revers de la médaille, que nous fait connaître dans toute l'horrour do son éloquence une statistique do la population entière de la colonie, dressée dans le co\itîv.w\. de l'été dernier.
de}viim«B», mEk gmM lism âi'iniàr ce 4K*<B&£ svait praznk. Besnooig) â^ («$: <âtfih^
dn aBBoançttes finr les Itorâs dn Kn»nrs jwir i dn cnsK fiûnles an ikniTe^ âf Tmon^ 'âflfivS)^ ajrs, de llioiBtilité des J-ndiffm; qsà i'ikii&smA tis i fonne mÊoiie fioiiB laquelle le ja!*ftcà«ax 3D^^ we. La porudre d^or gn -an y TwnoeàBe |«Nill «Ma^ Bet d^mie finesse teQe qu'on i^ fAirieftH ^ liji ler dn «lak angoel elle est mêlée <qa^»n no^yvivi neiciiie. On esitzmait en jmllel 1SS9^ b 5H\aa«iè e de Tor odomlien recoeilli dans r<>i$^pai^ Jl/^ le mas à une quinxaine de millions d^ fkr«iK^^ is que ^Fe^orlatkHi mensuelle de Vor osdifUi^ atteint toujours et souTent dépasse vingt li\iW { de francs, chiffre qui dénoie une produt^litMi t fois plus considérable et réfuto Topinica) oxjI« e que Ton s'était faite d'abord des ridiosM^* d\i er.
i la chèvre est attachée, il faut quVllo hroutc% là sagesse des nations par la voix doït cho- •8.
or manquait à Vancouver ; mais qiriin|)ort(^ t [t-dnq mille travailleurs s'y trouvaionl llx«^n, 18 de courage et de force, et ce noyau do potion devait assurer l'avenir do co payn ou oxant la véritable richesse de tout sol, la rlchonnc) »le.
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362 LES CIVILISATIOlfS INGONIfUES.
deux cent cinquante personnes attachées à la Compagnie de la baie d*Hudson, est à cette heure une %'ille véritable, où Ton trouve des hôtels qui logent et nourrissent le voyageur à raison de cinquante francs par semaine; oCl les catholiques, les méthodistes, les congrégationnalistes, les presbytériens et les israélites ont des temples appropriés à ces ditESrentes croyances ; où des écoles reçoivent des enfants blancs et de coffleur, où les magasins sont éclairés au gaz, où deux journaux sont imprimés, où il existe deux Compagnies d'assurance contre Tincendie ; où l'on compte avec une société d'horticulture, un théâtre de drame, une sallo de billard, un gymnase, un bowling alley (jeu de quilles), un jockey-club, une garde nationale et une société philhaimoniqiie fondée oxi)ressément pour l'exéculion des œuvres de Ilanidol, que los Anglais placent avec orgueil en tôte de leurs compositeurs nationaux, sans doute parce que Ha^ndel est né en Allemagne.
En faut-il davantage pour vivre heureux quand on ne tient pas à haldter un point de notre gloire plutôt qu'un autre ? Joignez à cela que les ^ivl•es sont abondants et à bon marché, et que les propriétaires des maisons n'élèvent pas leurs* prétentions audessus d'un prix relatif trouvé raisonnable par les locataires.
Mais voici le revers de la médaille, que nous fait connaître dans toute l'horreur de son éloquence une statistique c\g \a \iO^)\iîiîN.XÀsïQ. <£^vè:^\^ \^ \-s. Molonie. dressée ûausle cowïîîcqX»^^^^^^^ vj^sOTûKt.
vAifcorviB. 363
Population blanche :
Hommes 20,000
Femmes 500
Cinq cents gracieux et frais visages seulement (je les suppose tous frais et gracieux), pour égayer un paysage assombri par vingt mille paletots, ce n*est vraiment pas assez. Aussi ne serais-je point étonné de voir adopter, en faveur de Vancouver, une mesure semblable à celle que les autorités crurent devoir prendre il y a quelques années, à la grande satisfaction des Australiens. L'Australie manquait de beau sexe, ce dont le sexe laid se plaignit amèrement dans une pétition fort curieuse à la législature de Victoria.
Nous ne sommes plus au temps des Sabines, et les mesures à la Romulus ont vieilli. Les enlèvements de cette nature se font aujourd*hm de gré à gré. La législature de Victoria, prenant en considération la demande des gentlemen australiens, mit tout simplement une prime à Timportation des femmes. Cette prime, offerte à toutes les compagnies d'émigration, fit merveille. Les modernes Sabines passèrent à la caisse, et bientôt Melbourne n'eut plus, sous le rapport de la crinoline, rien à envier aux autres capitales.
Au surplus! l'importation des femmes en Amérique est presque aussi ancienne que la découverte de ce pays. Les premières famiïïes c\\YO\)tvsKîvsi.'^ ^^ Virginie, entre les années 16\6 cl \^V%>xv^^^ ^^'^"
billes de bois propres à agrandir les oreilles au point d'en faire de véritables lucarnes, ont espéré introduire cette mode en Europe. Cela serait un peu Ken prétentieux de leur part, quoicpi'à vrai dire entre les boucles d'oreilles de nos élégantes et les billes de bois des Indiennes ce n'est qu'une question du plus au moins, le principe de l'ornementation étant le même partout.
J'allais oublier un produit, pourtant bien remarquable, de l'industrie de ce peuple pidmitif. C'est une substance qu'ils administrent aux vieillards, quand l'âge et les infirmités les ayant rendus impropres aux exercices du corps, telle que la guerre et la chasse, ■ ils se voient contraints au repos. Le vieillard avale ^ la substance qui lui est ofTerte et tombe raide mort, j Ces sauvages, a d'un caractère vif et enjoué, » d'après une notice écrite en anglais, que j'ai sous les yeux, ont pris en effet, comme on voit, uin excellent moyen pour garantir aux vieillards tout le repos désirable. Los Indiens n'ont pas exposé le poison fabriqué, mais simplement la plante d'où ils le tirent, ou, pour parler plus exactement, d'où ils le tiraient autrefois, dans le bon temps de la mort aitx vieillards.
Inutile, mon cher directeur, de vous dire que le jury n'a pas cru devoir encourager les conservateurs de cette branche de l'ancienne industrie natio- ^ nale de Vancouver en décernant une médaille à la ^ plante malfaisante indiquée comme de la ciguë sur ' le livret. ; "
Les tempêtes ont du bon. C'est grâce à un furieux coup de vent qui chassa hors de sa route le portugais Pedro Alvarez Cabrai , que ce navigateur découvrit le Brésil dans le mois de janvier 1500. Il donna au pays nouveau qui s'offrait à son admiration, le nom de Rio-de-Janeiro ; c'est-à-dire littéralement rivière de janvier. Ce jour-là le Portugal, et par suite l'humanité tout entière, car l'intérêt des peuples est solidaire, s'enrichit d'un des plus vastes et des plus beaux pays du monde.
Je connais le Brésil pour l'avoir habité , et ce ; n'est pas sans un vif sentiment de sympathie que j'ai vu à l'exposition internationale les objets naturels et fabriqués qui ont ravivé chez moi des impressions déjà bien éloignées. En retrouvant les grandes bottes jaunes des mineiros et ces larg^" chapeaux de paille qui sont d'unUoTtoô ^xxs Nj
billes de bois propres à agrandir les oreilles au point d*en faire de véritables lucarnes, ont espéré introduire cette mode en Europe. Cela serait un peu Men prétentieux de leur part, quoicpi'à vrai dire entre les boucles d'oreilles de nos élégantes et les billes de bois des Indiennes ce n'est qu'une question du plus au moins, le principe de l'ornementation étant le même partout.
J'allais oublier un produit, pourtant bien remarquable, de l'industrie de ce peuple primitif. C est une substance qu'ils administrent aux vieillards, quand l'âge et les infirmités les ayant rendus impropres aux exercices du corps, telle que la guerre et la chasse, ils se voient contraints au repos. Le vieillard avale la substance qui lui est offerte et tombe raide mort. Ces sauvages, <c d'un caractère vif et enjoué, » d'après une notice écrite en anglais, que j'ai sous les yeux, ont pris en effet, comme on voit, un excellent moyen pour garantir aux vieillards tout le repos désirable. Les Indiens n'ont pas exposé le poison fabriqué, mais simplement la plante d'où ils le tirent, ou, pour parler plus exactement, d'où ils le tiraient autrefois, dans le bon temps de la mort aux vieillards.
Inutile, mon cher directeur, de vous dire que le jury n'a pas cru devoir encourager les conservateurs de cette branche de l'ancienne industiie nationale de Vaïico\yv^T ^ty ^^ç^^yû.'ôxyI une médaille à la plante malîaisaivle m^^^w^^ ç.<^\ûxsNa ^^\^ ^^^^
le livret.
sont en général de qualité inférieure et appropriées à l'usage des nègres.
La province de San-Pedro a exposé des échantillons de soie gui m'ont paru de belle qualité.
Rio-de-Janeiro nous offre du cuir maroquiné et de nombreux échantillons de souliers et de bottes, avec des chapeaux en feutre renfermés dans des boites qui ont la grandeur et l'aspect de boites à lorgnettes de spectacle; plus des épaulettes en or, des modèles d'embarcation, des photographies, des carabines système Minié, différents objets d'art et des liyres fort bien imprimés.
Pemambuco envoie de la coutellerie, des pistolets et un modèle de navire.
De jolies selles et quelques pièces de joailleries complètent la liste des objets manufacturés du Brésil qui nous ont paru mériter le plus l'attention.
Quant aux richesses de l'agriculture elles sont immenses, et il faut se borner à dter les principales : la café, la canne à sucre , le mendioc, qui fait avec les haricots noirs et la viande séchée au soleil la nourriture de tous les nègres et d'une grande partie de la population blanche, le tabac , le riz, le tapioca, le maïs, l'ipécacuanha, l'arrow-root, avec phiaieurs espèces de bois, parmi lesquels le palissandre se trouve en grande quantité.
Mais de tous les objets que nous venons de nommer celui qui a le pouvoir d'attirer plus particulièrement les yeux de la foule, celui que les femmes omtemplent avec convoitise, auquel elles çrodi-
guent leurs plus gracieux sourires, comme si cet objet pouvait les comprendre et se laisser séduire par elles, c'est le diamant, la reine des pierres précieuses. Place donc au diamant.
Si le coton manque en ce moment dans les manufactures, en revanche les diamants paraissent tomber comme la grêle dans les salons parisiens. Jamais peut-être le luxe ne fut plus grand çpie cet hiver dans la ville du luxe par excellence. Le grand souci des élégantes n*est pas de se procurer les pierres précieuses qui doivent embellir leur parure, mais de les employer au mieux pour Teffet de leurs ajustements. Ce n*est plus seulement pour des diadèmes, pour des bracelets, pour des broches et pour des bagues que les dames font servir le diamant ; elles se sont ingéniées cet hiver à en parsemer leurs robes.
Il y a quelques jours je me trouvais en soirée dans une maison où les invitées paraissaient faire assaut, non de grâce, d'esprit et d'amabilité, mais de richesse. Leurs épaules, leur corsage, leurs oreilles, leurs doigts ne paraissaient pas avoir d'autre but que de servir de point d'appui à l'or, aux perles et aux pierres précieuses. Une d'elles surtout se distinguait par la profusion de brillants semés sur une robe de feuillages simulant des gouttes de rosée.
Comme elle passait près de l'endroit où j'étais placé, une autre dame, relativement très-simple dans sa mise, et qui se contente de parer sa personne naturellement chaTmante des vertus et des grâces de çon sexe, ne put c^uX^imc ^otv ^toi\\^\\Qu en voyant
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sont en général de -joaîiié iniêsenze -h innropziees à l'usage des nègres.
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Pemambuco envoie de la coutellerie, des pistolets et un modèle de navire.
De jolies selles et quelques pièces de joailleries complètent la liste des objets manufactuivs du Brésil qui nous ont paru mériter le plus Tattention.
Quant aux richesses de Tagricultui-e ellea buui immenses, et il faut se borner à citer les priiniiiales : le café, la canne à sucre, le mendior, qui laii avec les haricote noirs et la viande sénUéa au boleil la nourriture de tous les nr-jçres et d'unu yjau'^^ partie de la population blanche, U: laba*: , Je li/, ictapioca, le maïs, ripé';a<;^iai:ha, i arjovv-iooi, ùv^'. plusieurs esiièces de I/jî».. psi^"^J br^ijuilk k- i...:.^sandre se trouve en gîtiiict q^oiiiU:
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guent leurs plus gracieux sourires, comme si cet objet pouvait les comprendre et se laisser séduire par elles, c'est le diamant, la reine des pierres précieuses. Place donc au diamant.
Si le coton manque en ce moment dans les manufactures, en revanche les diamants paraissent tomber comme la grêle dans les salons parisiens. Jamais peut-être le luxe ne fut plus grand que cet hiver dans la ville du luxe par excellence. Le grand soud des élégantes n'est pas de se procurer les pierres précieuses qui doivent embellir leur parure, mais de les employer au mieux pour l'effet de leurs ajustements. Ce n'est plus seulement pour des diadèmes, pour des bracelets, pour des broches et pour des bagues que les dames font servir le diamant ; elles se sont ingéniées cet hiver à en parsemer leurs robes.
Il y a quelques jours je me trouvais en soirée dans une maison où les invitées paraissaient faire assaut, non de grâce, d'esprit et d'amabiUté, mais de richesse. Leurs épaules, leur corsage, leurs oreilles, leurs doigts ne paraissaient pas avoir d'autre but que de servir de point d'appui à l'or, aux perles et aux pierres précieuses. Une d'elles surtout se distinguait par la profusion de brillants semés sur une robe de feuillages simulant des gouttes de rosée.
Gomme elle passait près de l'endroit où j'étais placé, une autre dame, relativement très-simple dans sa mise, el qui s>^ ç,OTA.^TL\fô ^^^^ ^^^er sa personne natiirellemeiil eViaTicvtXTvVç, (ife'^N^Axsîès ^v^^*^ «^v&st^^ i çon sexe ne çw^ eoxvXeYài! ^^^ ^àsav^^^ïc^'^Tî^ ^^-^^:5^
passer cette fée de la mode, cette reine de Télégance.
— Que c'est beau, le diamant! me dit-elle.
— Oui, madame, réplicpiai-jo ; mais il est des choses qui ont plus de prix encore que le diamant... aux yeux d'un philosophe.
— Qu'est-ce donc? me demanda-t-elle naïvement.
— Ce sont, madame, les dons du cœur et de Tesprit.
— Baht répondit-elle, les diamants n'excluent point les qualités morales chez les femmes, et, si j'osais, je dirais qu'ils les relèvent, au contraire.
— Madame, permettez-moi, pour l'honneur des femmes en très-grand nombre qui ne possèdent aucun diamant, de ne point partager votre avis.
— Quoi qu'il en soit, poursuivit mon interlocutrice, les diamants ont du bon, et j'ai toujours désiré savoir conunent ils poussent. Les sème-t-on? les cultive-t-on? les travaille-t-on? car j'imagine que la nature ne doit point les faire aussi beaux qu'ils nous apparaissent dans Técrin du bijoutier.
— C'est la physiologie du diamant que vous me demandez, madame?
— La physiologie du diamant, si vous voulez ; autant celle-là que celle du mariage, par exemple, surtout au bal.
A cette imitation où ma science allait se trouver en défaut, je pris bravement mon parti.
— Très-volontiers, madame, lui dis-je; mais veuillei m' accorder quelques jours \\o\3ly wx'i w^cwv^-
lir. Comme ieaucoup d'orateurs qvù \mv^w\s><ît\N>
leurs discours, j*ai besoin de les faire d'avance, et, comme beaucoup de savants, il me faut puiser ma science à d'autres sources que la mienne. Je vous demande quelques jours.
Mon interlocutrice ayant bien voulu m'accorder ce délai, je suis aujourd'hm, grâce surtout à ma visite à l'exposition brésilienne, en mesure de satisfaire sa curiosité. Je veux, par la même occasion, faire hommage de mon petit travail à celles de mes lectrices qui aiment le diamant ; à supposer, bien entendu, qu'il y en ait une seule.
Gomment, au sein de la terre, se forme ce caillou précieux ? On l'ignore, mais on en connaît la nature. Des expériences nombreuses faites par Newton, par les académiciens de Florence, par Smitbson-Tennant, par Guyton-Morveau, par Allen, par Papin, par Davy, par Lavoisier, par Star, par Dumas et par quelques autres savants, permettent d'assurer que ce corps si rare, dont les femmes se parent vaniteusement et dont les rois font le plus bel ornement de leur couronne, ne difiere du charbon que par l'arrangement de ses molécules.
En effet, en brûlant du diamant dans un vase clos on a pour résultat de combustion de l'acide carbonique. Mais est-il vrai, comme on le croit géiiéralement, que la chimie soit arrivée à cristalliser le carbone de manière à produire du diamant? M. Halphen va répondre à cette question, «c Un seul savant, M. Desprelz, 4e Vliis\Àîo^\,, ^'àX. ^-^^^venu, en utiUsant une force é\eclnqy\e^m%^^"î>^fô>^'^^iNJ^sl^^^
m une poudre très-dure, mais qu'on n'oserait peut- ^tre pas appeler du diamant. 9
Logiquement, théoriquement, la production artiîdelle du diamant est possible ; mais si la cristallisaâon du carbone exige des températures que Thomme QB puisse pas produire et un refroidissement de plusieurs milliers de siècles, si elle exige la dissolution du corps sous des pressions auxquelles nous ne puissions pas atteindre, si même elle exige une force spéciale qui nous est encore inconnue, il faudra se résoudre à ne demander le diamant qu'à la nature. La nature elle-même est très-avare de charbon cristallisé, et le Brésil seul avec Tlnde produit le diamant, qui, jusqu'à ce jour, ne s'est rencontré que dans des terrains de transport d'alluvion.
C'est dans la province de Minas-Geraes et à Bahia que se trouvent au Brésil les terrains diamantifères. Des légions d'esclaves sont, à certains moments de l'année, occupés à laver les terres auxquelles se trouvent mêlés les brillants. Il est tel propriétaire de œs terrains qui, en quelques mois, a réalisé im million de bénéfice. Â Bahia surtout, le rendement du diamant a été prodigieux. Il a beaucoup diminué depuis quelque temps, et des rivières ont été détournées de leur cours pour en exploiter les lits.
La récolte du diamant est très-pittoresque. Pendant la sécheresse, toutes les terres diamantifères sont mises de côté pour être lavées dans la saison des pluies. Des espèces d'auges, daiv?» Xe'&ç^yv^^^^ pasBe un ûlet d'eau destiné à enlrîxlTveT \e.^ \nv\\\\^^
374 LES CIVILISATIONS INGONmiES.
terreuses, sont disposées côte à côte, et chaque ange est tenue par un nègre. Sur un endroit élevé est assis rinspecteur des travaux, qui veille à ce qu'aucun diamant ne soit dérobé. Quand le lavage a fait découvrir au noir une pierre précieuse, il doit frapper des mains pour avertir l'inspecteur, qui à son tour avertit un gardien sous ses ordres, lequel s'empare de la pierre et va la placer dans un récipient rempli d'eau suspendu à la vue de tous au milieu de l'habitation où se fait le lavage .
Les peines les plus terribles sont infligées à l'esclave qui tenterait de détourner quelque diamant à son profit. En revanche, des récompenses sont offertes à ceux qui découvrent de belles pierres.
Celui qui trouve un diamant de dix-sept carats est porté en triomphe chez l'inspecteur qui lui tresse une couronne de fleurs et lui donne sa liberté.
Une i)ierre de dix carats transforme le nègre le plus négligé dans sa mise en un dandy de premier ordre, en lui donnant droit à deux chemises blanches entièrement neuves, à un habit bleu taillé à la dernière mode, à un chapeau de soie bleue aussi ou jaune, ce qui est là-bas le comble de l'élégance, à une montre de vingt-cinq francs, à une paire de souliers, en cuir véritable et non imité, à une guimbarde, s'il a du goût pour la musique et à un couteau de poche.
Pour une pierre de six carats, le nègre peut prétendre à "ane c\veïa\^^ ^^ ç.ç^^^^-^^.^îs.^cîissft. veste de toile avec un ch^içesLU ^^xfli^ qk^^^^n^^^^'^'^^^^^.
A côté du brillant double taille, du brillant simple taille et de la rose, les lapidaires désignent certaines &çons de diamants sous les noms de pierres en table, de pi&rres épaisses, de demirbrillant ou brillant recoupé, de pendeloques, de rose demi-Hollande, de rose de Brabant, de rose d'Anvers, de diamant vitrier et de brioleue.
c La briolette, dit M. Halphen (une autorité qu'il &ut toujours consulter), n'a ni dessus ni dessous. La briolette a la forme d'une petite poire surchargée de facettes sur tous les sens. Aux Indes, d'où venaient autrefois exclusivement les briolettes, on a l'habitude de les percer d'un petit trou à la partie supérieure. Aujourd'hui, quelques lapidaires d'Amsterdam taillent très-bien les briolettes, mais ne sont pas encore parvenus à les percer. » Comment, en effet, les Indiens peuvent-ils s'y prendre pour percer le diamant, que le diamant seul peut entamer ?
Au Brésil, les propriétaires des terrains diamantifères vendent par lots les diamants bruts, qu'ils ont eu soin de classer par grosseur. Le diamant brut perd moitié à la taille. Le marchand de diamants calcule cette perte, et fait la part des défauts cachés à l'œil par le pardingue, tels que crapauds, glaces, etc. En sortant de chez le lapidaire, les diamants trèsblancs et sans défauts se vendent, quand ils n'atteignent pas le poids d'un carat, à raison de 200 à 210 jfr. le carat. Ceux qui atteignent au poids d'un carat se payent de 250 à 300 fr.
Le prix d'un diamant pesant un carat étant établi.
il devient facile pour tout le monde d'estimer la valeur de diamants plus gros de même qualité. La règle est celle-ci : les prix de deux brillants d'une même eau sont dans le même rapport que le carré de leur poids. Si donc un diamant pesant 1 carat vaut 250 fr., une pierre de même eau pesant 10 carats, vaudra 25,000 fr., 100 fois 250 faisant 25,000; un brillant de 8 carats vaudra 64 fois le prix d'une pierre de 1 carat ; un diamant de 6 carats, 36 fois le prix d'un brillant de 1 carat, etc., etc.
Toutefois cette règle cesse d'être applicable aux diamants de grosseur phénoménale, qu'on appelle parangons. Le régent, qui appartient à la couronne de France, fut payé deux millions cinq cent mille francs par le duc d'Orléans. Il vaut aujourd'hui beaucoup plus, sans qu'on puisse en préciser la valeur. Plusieurs inventaires de la couronne portent sa valeur à 1 2 millions. Sous la première république, où tous les objets qui tenaient à la couronne avaient naturellement baissé de prix, le régent ne figure que pour une somme de six millions.
Avant d'être taillé, le régent pesait quatre cent dix carats. Il en pèse aujourd'hui un peu plus de cent trente-six. Ce diamant, le ko-hinoor (mont de lumière) et Vétoile du sud sont les trois plus belles pierres connues. Les deux premières viennent de l'Inde, la troisième a été trouvée au Brésil. Avant la taille du mont de lumière, il pesait près de deux cent cinquante-cinq carats. Il n'en pesait plus que cent vingt-cinq après avoir été taillé; ce diamant
A côté du brillant double taille, du brillant simple taille et de la rose, les lapidaires désignent certaines hçons de diamants sous les noms de pierres en table, de pierres épaisses, de demi-brillant ou brillant recoupé, de pendeloques, de rose demi-Hollande, de rose iô Brabant, àerose d'Anvers, de diamant vitrier et de irioleue.
« La briolette, dit M. Halphen (une autorité qu'il Eaïut toujours consulter), n'a ni dessus ni dessous. La briolette a la forme d'une petite poire surchargée de bcettes sur tous les sens. Aux Indes, d'où venaient autrefois exclusivement les briolettes, on a l'habitude de les percer d'un petit trou à la partie supérieure. Aujourd'hui, quelques lapidaires d'Amsterdam taillent très-bien les briolettes, mais ne sont pas encore parvenus à les percer. » Comment, en effet, les Indiens peuvent-ils s'y prendre pour percer le diamant, que le diamant seul peut entamer ?
Au Brésil, les propriétaires des terrains diamantifères vendent par lots les diamants bruts, qu'ils ont eu soin de classer par grosseur. Le diamant brut perd moitié à la taille. Le marchand de diamants calcule cette perte, et fait la part des défauts cachés à l'œil par le pardingue, tels que crapauds, glaces, etc. En sortant de chez le lapidaire, les diamants trèsblancs et sans défauts se vendent, quand ils n'atteignent pas le poids d'un carat, à raison de 200 à 210 tr. le carat. Ceux qui atteignent au poids d'un carat se payent de 250 à 300 fr.
Le prix d'un diamant pesant mu c»x^Xife\»cX ^vs^^^
380 LSS CIVILISATIONS INGONlfUSS.
naissance des bijoutiers, des lapidaires, des priétaires de terrains diamantifères, et des nè£ pauvres diables gui doivent au diamant tant de ] talons bleus, de chapeaux jaunes et de coup:
fouet.