‹ Les civilisations inconnuesChapitre 3 sur 31 · I. Cl- L · texte numérisé non relu

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14 LES CnriLISÂTIOllS INCONlfUES.

dans la TÎlle de Preston. On n'est pas phis zélé. D Preston ils se rendirent dans plusieurs autres Tilles et, avant la fin de Tannée, ils avaient , suivant lem expression, gagné mille cent âmes à Dieu.

Pendant que les missionnaires catéchisaient ei^ Amérique, le gros des saints des derniers jours n^ perdait pas de temps en Amérique. En 1838, ils po^ sèrent les fondements d'une ville sainte, dans le comté de Daviess, sur les rives du Grand-River, En moins de trois années , sans l'intervention d'aucun ange, grâce simplement aux efforts des agriculteurs mormons, le Caldwell, naguère d'une stérilité désolante, devint florissant et propre à tous les genres de culture possibles sous cette latitude. Les nouveaux doctrinaires bâtirent dans le Far-West un troisième temple, de cent dix pieds de long sur quatre-vingt de large ; puis ils établirent une imprimerie et fondèrent un journal sous le nom de Journal des elders.

Les passions religieuses dont les Mormons avaient déjà été victimes tant de fois et un peu partout, ne s'étaient point éteintes ; elles animaient sourdement les ennemis de la nouvelle Église. Ces passions éclatèrent avec une violence insensée dans le mois d'août 1838, lors d'une élection à Galatin, et plus encore dans le mois de novembre qui suivit.

Joseph Smith et quelques-uns de ses compagnons furent traduits devant je ne sais quelle coiu' martiale formée, d'après l'ouvrage intitulé Prophet of the mneteenth century, de dix-neuf of&ciers et de dixsept prédicateurs de différentes sectes. Les accusés

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16 LES GIVILISJLTIONS INGONNUBS.

K Qu on se représente, » dit rhistoiien que noi avons cité plus haut, « dix-huit nulle personnes c » tout âge, des deux sexes et de toutes les condition » chassées au milieu de Thiver loin de tout < » qu elles possédaient, dénuées de tout, afiamée » presque nues, sans asile et sans amis, errant s » milieu des plaines sans chemins frayés; éparse x> dispersées, à deux ou trois cents milles des é » meures qu^eUes avaient élevées siur des terrai] » achetés à la confédération des États-Unis et soi » la protection du drapeau américain. Des oa » tiiines, des miUiers peut-être d entre eux péiiro » durant Thiver, le printemps et Tété, par suite i » ce qu*ils avaient enduré. I^es hommes tombèrei » les premiers, à cause des fatigues, et laissèrent d » veuves et des orphelins pour continuer à son » frir, etc. » Malgré leur exaspération, les Misaoi riens permirent à Joseph Smith, en prison depu six mois, de quitter TËtat aussitôt que tous l autres Mormons Tauraient évacué.

Nous arrivons au moment où le prophète ya'' toujours l'interprète de Dieu suivant quelques mons, abandonné du Seigneur selon quelque ti*es, reçoit par l'intermédiaii^e d'un ange d'habits sans couture la révélation concern polygamie. Cette révélation, qui a fait le se et la fortune de la nouvelle Église, et que n< produisons in extenso plus loin, est datée de>' 12 juillet 1843, mais elle n*a été proclamée 20 août 1852. Rédigée eu sX^\Çi\fflù\i<çift^^lIe

'' l'ctah. 17

primée pour la première fois le 14 aeptemlue 1852 j/u ]b ymrnàL Deseret News.

Joseph. Smiih était marié. Il avait épousé Emma Iiaac Haie, le 18 janvier 1827, avec le oomentementde ses parents à M, mais contre le consentement des parents de la jeune fille, très-opposés àœ mariage qui ne présageait pas pour Emma une vie ahne et régulière. Qu*eussent donc dit M. et M^ Isaac Haie, s'ils avaient pu prévoir que leur flUe serait, de par les anges vêtus dliaUts sans CQoture, la première des polygames américaines.

Les jours du prophète étaient comptés. Il se tioavait emprisonné pour la quarante-septième fois, longue, le 23 juin 1844, une bande d'assassins, la figure noirde, envahirent la prison et massacrèrent impitoyalilement Smith et son frère Hyrum, laissant pour mort Telder John Taylor, grièvement blessé de quatre balles.

Telle fut la rage des assassins eontre ce malheureux illuminé que, mort, ils voulurent le fusiller de nouveau. On releva son corps, qu'on plaça debout contre la margelle d'un piiits, et dans cette position quatre honunes déchargèrent sur lui leur fusil à b«>ul portant. Le cadavre s'affaissa de nouveau, et les assassins crirrcut hurrah!

Un |H»tit miracle puslUiiiiio était de toute nécessité après tous les miracles exécutés par le propliète de son vivant. Des témoins oculaires (ou trouve des témoins uculair(»s poiu* tout ce qu'on veut), des temuijjif oculaires réimportent cpie VindiviOAX i\vxvNVïvvvû.

de traîner le cadavre deux fois assassiné avait tiré son coutelas et s'approchait pour lui trancher la tête, quand soudain il recula, frappé en plein visage par un éclair. Au cri d*effroi poussé par cet individu, tous les assassins s'enfuirent avec épouvante en disant : Malheur! malheur! malheur!

On le sait, rien n'encourage les rehgieux exaltés comme la persécution. La mort du prophète fit de nouveaux et nombreux prosélytes jusqu'au jour où ils allèrent s'installer définitivement dans la vallée à la suite du président et grand pontife Brigham Young.

Quoique la contrée fût l'une des plus stériles qui aient jamais été habitées par l'homme, aucune colonie n'a fait des progrès aussi rapides. Des établissements ont été formés du nord au sud, de l'est à l'ouest, dans une étendue de territoire de trois cent cinquante milles, c'est-à-dire partout où l'on peut trouver de l'eau pour l'irrigation. L'Utah renferme H cette heure plus de cinquante mille habitants, presque tous Mormons, pour ne pas dire tous. Environ cent moulins à scier et quarante moulins à blé sont en activité. Parmi les édifices pubUcs on remarque : la maison d'État de Deseret, occupée par la législature ; la maison territoriale d'Utah, à Filmore- City; le tabernacle de la ville du Grand-Lac-Salé, bâtiment de cent vingt pieds de haut sur soixantequatre de large, voûté et sans colonnes. Il existe aussi dans la ville de Deseret vingt bonnes maisons d'école. Au reste, dans toutes les localités où vivent

l'utah. 19

les Mormons, on voit un nombre relativement considérable d'écoles primaires.

L'Église des saints du dernier jour est représentée en Europe par ime centaine de missionnaires de rUtah. En Afrique, en Asie et dans les îles de Tocéan Pacifique, un nombre à peu près égal prêche le nouvel évangile. Le journal Nouvelles du Deseret parait toutes les semaines et se tire à quatre mille exemplaires, à la ville du Grand-Lac-Salé. Un autre journal hebdomadaire parait aussi à Swansea South- Wales, sous le titre de Udyom Sion (Harpe de Sion), en langue du pays de Galles. Il est rédigé presque exclusivement par Telder Dann Jones.

Telle est en peu de Ugnes Thistoire de Joseph Smith, dont les fables grossières ont trouvé créance dans Tesprit de plus de trois cent mille individus. Il y a toujours eu et il y aura toujours, dans l'ancien conunedanslenouveaumonde, un certain nombre de personnes naïves, faibles et amoureuses du merveilleux, pour croire aux fantasmagories du genre qui ont fait la célébrité de Smith. Le revers de la médaille des prophètes nouveaux, c'est que tAl ou tard des fanatiques ou des ambitieux comme eux leur font passer avec un vilain quart d'heure le goût des révélations. Mais, on l'a dit, il n'est pas de bonheur parfait sur la terre et chaque profession présente ses petits inconvénients.

Paris a le bonheur de renfermer à cette heure un saint français des derniers jours, envoyé tout exprès du Grand-Lac-Salé par Biigham Yoiiii%, Vfo âu&V ^s»

Mormons dans TUtah, pour catéchisa triotes. L'apôtre L.-A. Bertrand, — U — s*est incliné devant l'ordre donné et, chaussé de sandales, un bâton l gourde suspendue au côté, il a brave] sa dangereuse pérégrination.

Mais le plus difficile, ce n'était pas voyage ; c'était, une fois arrivé à Pari la nouvelle religion en évitant la poli nelle. M. Bertrand a pris le seul mo; son pouvoir ; il a publié un livre de pr( sérieux, et par cela même très-amui Mémoires d'à/H Mormon^. Que de cho naires ne nous révèle pas ce livre, qu propos pour faire la plus agréable graves préoccupations du moment.

M. Bertrand, — qui est un homme nous assure que Jésus-Christ, après i fit escale en Aihérique, où il alla fond en prêchant lui-même les sublimes l'Évangile qu'il venait de révéler à l'a Si messieurs les peaux rouges ont m; célestes enseignements, on voit qu'il s'en prendre qu'à eux-mêmes, puisqi fait humainement tout ce qu'il était poi pour les gagner à de meilleurs sentim<

Après avoir accompli son œuvre i Jésus-Christ voulut remplir la mém( vers les dix tribus perdues d'Israël, e

* Un volume, collection 13Le\afc\^'Çm&.

auprès d'elles, nous dit le Livre de Mormon par la voix de M. Bertrand.

Très-bien; mais où donc se trouvent ees dû tribus dont la disparition a soulevé de siècle en siéde des polémiques sans fin chez les commentateurs de la Bible ? Voilà le hic, et les commentateurs de la Bible en s^^ent réduits à continuer pendant plusieurs sièdes encore leur polémique intéressante et très-gaie sur ce sujet palpitant, sans le Livre de Mormony qui met fin à toute discussion.

Sachez-le donc, ces dix tribus balÂtent dans le nonl de r Amérique. Sachez aussi que lorsque Jésus-Christ viendra, dans toute la splendeur de sa gloire, mettre tous ses ennemis sous ses jneds, et introniser le règne de la justice ici-bas, les prophètes de ces dix tribus accourront à sa voix puissante. Alors, savesvous ce qui arrivera, d'après les révélations qui ont été faites à Joseph Smith par un de ces anges familiers qui planait au-dessus de sa tête sur la lisière d'une forêt ? Quelque chose de très-étrange : tous les prophètes (Joseph Smith en tête, bien entendu) frapperont les rochers, et les glaces se fondront en leur présence, im chemin sera créé au milieu de l'Océan. Leurs ennemis tomberont sous leurs coups ; des sources d'eau vive jailliront devant les prophètes et arroseront de vasites solitudes arides. Ils apporteront leurs riches trésors aux enfants d'Éphraïm, sin* la terre de Sion *. Pendant leur

* D'après les Mormons, Sion sera le nom futur du non veau motidft^ c'est-à-dire des trois Amériques.

marche, les montagnes trembleront en leur présence. Enfin ils se rendront à Sion en chantant des hymnes d'une joie étemelle, pour y être couronnés de gloire par les serviteurs du Très-Haut, les enfants d*Éphraïm.

M. Bertrand croit tout cela et beaucoup d'autres choses ; mais un doute a traversé son esprit : il n'est pas tout à fait certain que les dix tribus perdues d'Israël habitent le nord de l'Amérique. Il penche à croire qu'elles se trouvent dans le nouveau continent, qui gît quelque part dans l'océan Arctique. J'avoue, quant à moi, n'avoir aucune opinion à ce sujet, et il me semble que l'auteur des Mémoires d'v/n Mormon aurait grand tort de ne pas accepter cette hypothèse, pour peu qu'elle lui soit agréable. Elle est certainement tout aussi raisonnable que celle qu'il se forme, avec tous les saints du dernier jour, sur l'âme et le corps.

<c Les esprits,» disent les Mormons, <c ne sont pas contemporains des corps. Il n'est pas raisonnable de croire que Dieu crée un nouvel esprit chaque fois qu'un nouveau tabernacle vient dans le monde, car alors la création n'aurait pas fini au bout de sept jours ; elle durerait encore, et Dieu ne serait occupé qu'à créer des esprits continuellement, un milliard par siècle, au moins. » Le fait est que cela serait monotone. D'un autre côté, les révélations faites à Smith lui ont appris que Dieu n'a pas créé l'âme de l'homme, dont l'existence est coégale à la sienne. « Est-il logique, » dit Joseph Smith (un prophète

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qui invoque la logique, c*e8toriginâl!),«querintelligence des esprits soit immortelle, quand elle a eu un commencement? Non. L'intelligence des esprits n'a pas eu un commencement, elle n'aura pas de fin ; il n'y a jamais eu de temps où les esprits n'aient pas existé. Tous les fous, les savants et les sages, depuis le conunencement de la création, qui disent que l'esprit de l'honmie a eu un commencement, prouvent qu'il doit avoir une fin. Si cela est vrai, il s'ensuit que la doctrine de l'annihilation devrait être vraie aussi. Mais si j'ai raison, je puis avec hardiesse proclamer que Dieu n'a jamais eu le pouvoir de créer l'esprit de l'homme. Dieu lui-môme ne pouvant pas se créer. )»

Ah ! ce n'est pas moi qui entreprendrai jamais de réfuter les doctrines de Joseph Smith, pas plus que celles de toutes les autres religions. Il y en a, diton, six mille, en comptant les sectes qui se partagent les esprits du milliard trois cent miUions d'habitants dont notre globe est affligé. Ce serait beaucoup de besogne pour im seul homme. Mais je me demande comment les Mormons s'y prennent pour concilier leur opinion sur la non-création des âmes avec le dogme du péché originel, eflacé par le baptême. C'est une explication que je me propose de demander à M. Bertrand, si jamais j'ai le plaisir de me rencontrer avec lui.

Au surplus, c'est là une révélation faite par un ange au prophète américain, et une révélation ne pouvant se prouver que par les TéNfe\aNiaû& ^^oNfe.-

Î4 LES CIVILISJLTtOXS IXC0»TES.

rieures, — lesquelles ne se prouvent pas souvent,, — il en résulte que, dans le mormonisme comme dans beaucoup d'autres religions, c'est la foi seule qm sauve.

A côté de cette fantasmagorie spiritualiste qui était peut-être nécessaire à la propagation de leur système sodal, les citoyens de TUtah poursuivent h réalisation de deux idées principales: rextînrtiûii du paupérisme et le peuplement rapide du continent américain, susceptible de nourrir deux milliards d'hommes. Ce double but explique les moyens qu'ails ont cru devoir employer pour frapper Tesprit des masses, ivarticulièrement Vesprit des femmes, tonjours promptes à tout sacrifier, même les sentim^its les plus naturels, à l'amour du men^eilleux.

Quand on les voit refouler en elles tous les instincts de la nature et se condamner au célil)at pour plaire à la di\'imté, on ne doit pas trouver étrange qu'il y en ait qui acceptent la polygamie, quelque monstrueux que soit ce système social, pour plaire à cette môme divinité dont Joseph Smith s'est proclamé Tinterprète. Au moins les épouses d'un demi, d'un tiers, d'un quart, d'un huitième, quelquefois môme d'un quinzième de mari, ont-elles dans VUtah la consolation d'être mères. On les dît heureuses, c'est fort possible. Il y a toujours, dans les sacrifices volontaires inspirés par une foi i^ligieuse quelconque, une sorte de volupté spirituelle qui, en absorbant toutes les facultés de l'être!, triomphe de tous les instincts de la nature, et va

Nons TBviciidTaiï» iwrt à î*twi««r -t»t*?" i-^a«rl****' peux dee xnoxnumiMff « fiteétrttiit <i«**î^ ^**^^

VoyonB d'aborf par tfuel tDéecftBMiU«e *^^ ^

ï. Bertnsid fi'^xjinaie ueuemexit iwMi<^ ^'^^^ ihnqnelMeaa Ixaeépwf «e»dt^ ^^ies «a*^*^ ^

QtaiiieB des phîlasxtovpi!^ d*? l'^iKÂeii «h******" • *^ leslienB de ITÈ^^Be, au tieu «iéU-e iuiH^t:^*^ *^^ i^ lédéB mdxTidnelksaimt «wanie auH^u*^'^*^'- ^^j"^' rfunfcen tot îmdf^ u^^oéta] ^. ^^^ S^^' ^"^ ^^

strirleK, mais mpartiak?^. Ai. ii.r. fi^^^* i/io'ivjduellp. lu pn.Tjtrwl*' tlHAiffui tri jialx*.*iiaî* Cii^njai membre d** rÉ;ïlii*e «orr; <;ujnvj>ri*:*t<'iii« *^*=**" ^^^^'^^^ du fonde ^iéraJ.

G^li^sitoîf*' jxnir lous. ]i tiaviu jjji^'J-'--''**^''' <^' manuel ï*en: k' rniimim' iol d<-^ siiiiit^. (Jii<**J*^'' ^^uj- Tidn remplm; «uh-anî hov apliiutJc. nii*' iowstioi

Cùîinu* Jîfniîli*' *^.\«-n**-*'; m oit. injr lii' 'i^'''^* h WLaH- 'Micimi* aiiijM. j.-mjjM^, .,,.,^^,^.. ;,fli>;„,,

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diflses. nen ne donuem inisie à riih^UU\

Toilà la thèaiie du siMalftsiut^ UKmmMuiitMK < Toit^ quoi quen dise M. Berir^ud^ qu'il so ui)^|ivv«i coosidéntbieuieul du ^sacieiali^i^me de (Uu^iour^ o3^ Êiineux^ que pmirlaul T^iuleur d«\^ MtmM Jhrtmm txaite fort mal. Il iwu^U'Uo avw v sorte de satisfaclicm les leulative^ in(huiueu^\j^ ^ ÊUts-Unis de Robeii Ovveu ; de Taudou imvui> général et déimté Cabei; de lanoien tUt'^YO de IW pQtTtechnique et disiùple de Fourier. Vîolor t\\v déranK Pouiquoi surtout ces kmaute^ ont-iU tS'lu et pourquoi au contraire le soiùalisiuo inoruuxu <!• pris un rapide développement et se |n\>|^i|^e^ chaque jour davantage? Suivait M, BeitnuuL c que les systèmes de ces difféivut^ éiHuioiuiste» \\ valent d autre appui que la philo8oplùt\ iinpinHtm

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38 LES CIYILI&àTIOHS INCONNIJES.

Dieu dise à ses serriteurs fidèles et choisis : « Pnnez plusieurs femmes comme les patriarches. »

Avec ce raisomiement , quelques miracles, et h crainte de cet article de foi : « Quiconque n'a pv été marié par cette loi ne peut pas réclamer s femme à la résurrection, » on a pu recruter et on recrute tous les jours un certain nombre de samêOf disposées à prendre hypothèque de sentiment, dans une proportion quelconque , sur le cœur d'un vrai croyant, a Avant cent ans, » dit quelque part avec orgueil un saint des derniers jours, « mes descendants directs dépasseront en nombre la population de l'état de New- York, qui est de quatre milUons d'âmes. »

Voilà cent ans qui seront bien employés, et si chaque saint en peut dire autant , les Ames en réserve dans le ciel seront bientôt toutes occujyées.

Combien le prophète Brigham Young a-t-il de femmes ? On a dit trente, quarante, soixante , etc.; c'est très-exagéré , et M. Bertrand nous fait savoir qu'il se contente de quinze. Et encore « il est bcm d'observer que plusieurs de ces femmes, compagnes de sa jeunesse, et toujours traitées avec toute la déférence et tous les égards imaginables, ne sont plus pour lui que des amies. »

Ces quinze femmes, parmi lesquelles, nous le voyons, quelques-unes sont de véritables invalides civils, vivent ensemble dans Lion's-Mansiony oh chacune a sa chambre particulière. Elles prennent leur repas en commun. Brigham y assiste, dit les

L^CllB.

(lifTérentes prières de la journée, et doone des mstructioDS à ses en&ntSu Mais la pll^)art des saints ont jugé prudent d'éloigner les unes des autres leurs fractions d épouse , et ils les logent dans des mai* sons séparées. Chacune prend soin de ses enfants. Voici le produit d'un recensement iait à la lin de 1858, qui porte à 3,617 le namlire des mahs ixilygames.

Maris ayant sept femmes et davanta^^, 387

Maris ayant cinq femmes, 730

Maris ayant quatre ienunes, 1,100

Maris ayant plus d'une fcmme et moins de quatre, 1,400

Total. 3,877

Nous ne croyons pas de\'air entrer dans tous les détails concernant le maiiage chez les Mormons. U suffira, pour faire comprendre jusqu a quel point le fanatisme reUgieux des Mormons a détruit chez las femmes le sentiment le plus exquis de l'amour^ de rapporter ce détail de la célélH^tion de tout mariaffl* polygame. Le saint qui veut contracter une noovelle union se rend dans un heu désigna avec ht femme ou les femmes qu'il a déjà, acc^juipagné de sa ûancée. Le président interjjelle le iiaucé, son épouse ou ses épouses et sa fiancée qui se tiennent debout en iace de lui. H dit à Tépouse ou aux épou* ses . CofiserUez-vous à donrur ceUt fùrnmc à votre mari pour épouse légitime dam le temps el dans touU Vétemiié ? La voix de 1 épouse encore uuk;sait«uià.^a^

M LIS CITILISATICHIS «COXNTKS*

Toix en chcear de toutes les femmes déjà mariée fMit entendre le oiiî fatal. Aussitôt les épouses pieu nent la main droite de lafiancée et la placent dans l main de leur mari. Alors le président prononce ce pandes sacramentelles : « Au nom du Seigneiur Je » sus-Christ, et ]Mir Tautorité de la sainte prêtrise » je déclare que vous êtes légalement et justenieii » mari et femme pour Téternité.

D*après cela il s'ensuivrait que le consentemeu de la fe^mme est nécessaire au mari pour contracte! un nouveau mariage; ce consentement est en eH^ ton utile ; mais si parmi les Mormonnes il se trou* Tait une femme assez imbue des préjugés vulgairets pour être jalouse d*une rivale et reftiser de Tuoir i son mari, eh hien ! on se passent de son adhéskwk et le mariage aurait heu tout de mème« Il n en serait pas moins agréable au dieu de Joseph Snùths En elfety dans ce cas, d'après les livres sacrés de$ Mcurmons, la femme devient irausgresseur^ et le mari est exempt de la loi de Sara« qui servit Afan^ ham d'après la loi, quand le Seigneur commanda i Abraham de prendre Agar pour fomnu\

Mais teUe est Taberration de ces fanatiques que ce sont les femmes elles-mêmes qui, le plus »mb> vent, engagent leur mari à contractor tic t\o\n^lW$ unions. On comprend qu un semblable résultat soil impossible par la philosophie, et qu*il ait (hllu poMT Tobtenir, avoir recours à lattirail, pourUuii un pet usé, des révélations divines par riutoixx>ssiou d'âtt» ges enveloppés d'une longue peUsse blanchei d'ir»

l'utâh. 31

changes lumineux et de miracles à la Robert Hoiidin.

C'est très-hieii quand on s'adresse à de pauirre? malheureux privés de toute instruction et dont le cerveau mal équilibré est plus particulièrement pro-

=^1 pre à recevoir les impressions du merveilleux : mais romment M. Bertrand, qui est un bomme instruit, — son livre nous le prouve, — qui de plus a beauœup voyagé, ce qui, dit-on, forme l'esprit et le ccpur, comment M. Bertrand a-t-il pu adopter toutes les jongleries du spiritualisme mormonnien et devenir un de ses missionnaires convaincus ? Ce pbénomène serait tout à fait inexplicable si M. Bertrand n'avait soin de nous apprendre que le mormonisme ne semait pas chez lui sur une terre ingrate, et que ><»n esprit était depuis longtemps déjà préparé à toute? W révélations possibles, par des révélations anté-

T Heures auxquelles il a cru, mais auxfpielles il n»*

' «Toit plus.

Voici par quelle sorte de g^imiastirpie spirituell»-

I M. Bertrand a dû passer pour disposer suffisanunenî s il, f.^rwau à accepter rf«mme divine? les prrjphé- •'•■< V îikt»t»> (le Joseph Smith.

("*'>\ à r»''r(tle du célùhre Iht»< L'^»ri«|iK't qn^* notr»- ■ ■:.'. *ri. t»' ;i fait ses pr>»mières amu.'S *^*n théolo^n»-. "^ - panMits le destinaient à l'état »*<y:lé>ia.stiqii»'. I/i!ni«»nr drs voya;ies renqKjrtant sur If h'sir'i** d»*v.-!iir jiivtr»', M. Bertrand al^and' nna ses ^-tu^J^-- :«»iir «:ourir 1(* monde.

Il deireura sept ans aux Èlals-\l\v\s, viWvi n^â\

AMODrtQiiiâEx-dtoiBi P^?div> n à Rio-Jdiieinx et ffV'i FrAOkV pour i^pareïnîiv ki mer et viï^îlier rit^A Chine. Apirès ces lointaîiis Ti>T;i^t\s^ r;^iiiK>ur « tetie lamena notre héros à Paris. Si M. fiej n"a¥ail pas lesdispotsitkuis iiêeet$s;ùre$ p^>ar t^tn lie, la natoie du moins TaTaii Ëùl orv^y^ut. ] soccessiTeinenl à une foule de clit^v^^^ ikxut aujour>IliuL Ainsi il appariiul ivudaut <i|\k tempes de copur et d'dme aux doi*lriue:> de M chez, doni lecalholicisine radical 1 avait tout vt séduit.

M. Beitzand rêvait à une alliance ondv l ai dn doigme catholique et la liberté )H>litique. < un peu perdre son temps. Pour TiXYUivr |xl rieusement, il passa de 1 école de M, Buohei ; de M. Wronski. M. Berlnmd trouva UnU si ment suUimes les spéinila lions de ivl étxuuxuii; père Loriquet et M. Biiohei. qu il avail Ii\hu> moins sublimes, ne lui panuvnl phis quo vies nappeUût donc M. Wixniski ù sou lo\u* llcuuU l'humanité, lorsque de lointains échos lui a|x rent la craie vériié, pi\r la voix du pi\>phéto Jv Xatuiellenienl M. Wix)uski lut uns au raiu an

Le mormonisrao iHXHqv\nt dés loi^ tout sv thousiasme, il pai^tit, apivs s'éliv lait lvq^tis< John Taylor, dans Tile Saiul-0\UMi» pour le bassin, afin de juger piu* lui-ménu\ M. \\kh\ aTec le courage dun néophyte, s'oinlKu^iua New- York, se ivnditau Missouri jmr l(>s voit lées et traversa en charriât tiahié pi\r des keu

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