‹ Les civilisations primitives en OrientChapitre 12 sur 35 · IV6 LES CIVIUSATIONB PRIMITIVES · texte numérisé non relu

IV6 LES CIVIUSATIONB PRIMITIVES

le yeux, da Coudrai ta peux les torturer tous et les anéantir 0

Takman , avec ton frère Balft8a(la colique), arec U sœur Kâsikft (la toux), aTCC ton neveu Panam (la gale), va visiter le peuple ennemi... •

On voit que les imitateurs du Rig-Yéda n*éuient pas plus diaritables que les prêtres védiques eux-mêmes.

Dans le MoundakO'paniihadf la \^r^ des Oupanishads de TAlharva» on lit :

ff Brahma était le premier des dieux, le créateur de l'univers, le gardien du monde. Il enseigna la science de Dieu, qui est le fondement de toute science, à son fils aîné Atharvan, auteur,de l'Atharva- Téda. Cette science sacrée que Brahma a révélée à son fils fut communiquée par celui-ci à Anguir ; Anguir la transmit à Satyavâha, qui la transmit à Anguirasa.

» Le fils de Sonoaca, puissant chef de maison, s*adressant à Anguirasa» lui dit : Quelle est la chose dont la connaissance peut faire comprendre cet univers? Le. saint personnage lui répon« dit : n faut distinguer deux espèces de sciences : la science suprême et la science inférieure. La science inférieure est celle du Rig-Véda' du Yadjour-Yéda, du S&ma-Véda, et de TAtharva-Yéda.. Mais la science suprême est invisible; elle ne peut pas être saisie i elle ne peut pas être expliquée; elle est sans couleur; elle n'a pas d'yeux, ni d'oreilles ; elle n'a pas de mains, ni de pieds ; elle est étemelle, toute-puisëante; elle peut pénétrer partout, sous les formes les plus diverses; subtile, inaltérable, elle est contemplée par les sages qui trourent en elle la source et la matrice des êtres. »

M. L.Poley a traduit la 2e partie du Moiindako-panishad, de TAtharva-Yéda, qui renferme un passage digne d'être signalé ici. Il y est dit que les œuvres pieuses indiquées dans les chants sacrés du Yéda, constituent la vérité, qu'on les pratique en grand nombre dans le Trétà-yogà (second âge du monde).

« 0 vous qui aspirez à la vérité, y est-il dit, accomplisses ton- Jours ces œuvres ; c'est la route qui conduit au monde où elle fera savourer les fruits de vos bonnes actions. •

Il s'agit sans doute des sacrifices et cérémonies dont le Rig- Yéda parle souvent.

L'hospitalité est recommandée ici entre les vertus méritoires. L'homme qui n'en accomplit pas les devoirs, perd son droit de séjour dans les mondes.

La science de l'esprit suprême est présentée comme supérieure aux œuvres pieuses. La pratique de cette science consiste à se livrer, dans une forêt, aui exercices de la pénitence ascétique, i se pénétrer de ht foi, à avoir Tesprit calme, à recueillir des aumAnes, et alors libre des passions, on entre par la porte du soleil, là où séjourne* l'esprit impérissable.

11 est dit encore que les différents êtres sortent de l'esprit impérissable et retournent de nouveau en lui.

Dans la 2« partie on définit les attributs de l'esprit suprême : il est brillant, subtil , éternel, ; il est le souffle, la parole, la vérité, et le bonheur :

« Les nœuds qui enlacent, le cœar sont coupés, tous les'doQtes sont résolus, les actions sont anéanties quand le sage a contemplé ce qu'il jr a de plus éleré comme cause et ce qu'il j a de plus infime comme effet.»

iHins le 3* ËÊùundaka (U^ partie), il est enseigné que celui qui reconnaît l'esprit suprême, comme celui qui brille et re* luit dans tous les êtres, devient un sage et ne va pas au-delà dans ses discours. On obtient Tesprit par la vérité» par la concentration du cœur et des sens sur un seul point, par une science approfondie et une vie d'abstinence. C'est lui que les pénitents, dont les fautesont été anéanties, contemplent dans l'intérieur du corps sous forme de lumière.

La contemplation prolongée jouera un grand rôle dans la vie ascétique des Brahmanes pénitents et produira des hallucinations, des phénomènes extatiques auxquels on attribuera une cause surnaturelle. C'est ce qu'on appelle, de nos jours, rhypuotisme.

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et maître indépendant , exempt de toute dissolution possible» remplissant tous ses désirs dans le monde céleste, il devint encore immortel.

Un autre passage contient la description du sacre des rois à Timitation du sacre d'Indra, et Ténumération minutieuse de toutes les conséquences bienfaisantes d'un sacre accompli dans ces formes.

On cherche à faire comprendre aux rois tous les avantages

-que la présence du pourohita, ou prêtre domestique, attire

sur la maison pieuse qui l'entretient. Suit une description dé-

taillée des cérémonies qui, sous la direction de ce prêtre, ont

pour objet de faire périr les ennemis du roi.

c Les adrersairef , les ennemis, les rivaux périssent autour de celui qui fait accomplir tous ces rites... La foudre ayant brillé, disparaît derrière la pluie ^ elle s^éfanouit, et personne ne sait où elle est allée Quand un homme meurt, il disparaît, et personne ne sait où est allée son âme. Ainsi donc, quand la foudre 8*éyanouit prononcez cette prière : Puisse mon ennemi périr ainsi ! puisse-t-il disparaître et personne ne savoir où il est 1 Aussitét, Ton ne 'saura ce qu*il est devenu...

« Celui qui entreprend de pratiquer ces rites doit appliquer soigneusement les règles suivantes : Qu'il ne se couche pas plus tôt que son ennemi, et qu'il se lève quand il suppose que son ennemi est levé; qu'il ne se lève pas plus tôt que son ennemi, mais qu'il se couche, quand il suppose qu'il est couché; qu'il ne s'endorme pas plus tôt que son ennemi, mais qu'il s'endorme qnand il suppose qu'il est endormi; qu'il veille quand il suppose qu'il veille. Son ennemi a beau avoir une tète de pierre, bientôt il le tue. »

L'esprit impitoyable de vengeance des chantres védiques se retrouve ici » mais on ne retrouve plus les émotions que leur inspirait la nature; ce sont de nouvelles légendes moins brillantes, et accusant y par les superstitions qu'elles contiennent, une influence toujours plus dominante dos prêtres.

On lit dans une des Oupanishads de l'Aitareya une ingénieuse allégorie de la dispute des sens : ,

« Les sens disputaient entre eux : « C'est moi qui suis ie premier, 8*éeriaient-iis. Puis Us se dirent : Allons, sortons de ce corps ; celui d'entre nous qui en sortant du corps le fera tomber sera le premier. La parole sortit : Thoihme neparlait plus, mais il mangeait| ilbuyait et Tivait toujours. La vne sortit : Thomme ne voyait plus, mais il mangeait, il buvait, il vivait toujours. L*ouie sortit : Thomme n'entendait plus, mais il mangeait, il buvait et vivait toujours. Le manas (intelligence) sortit : rintelligence sommeillait dans Thomme, mais il mangeait, il buvait et vivait toujours. Le souffle de vie sortit : A peine fut-il dehors que le corps tomba ; le corps fut dissous; il fut anéanti. De là vient que Von donne au corps le nom de Çarira. n voit certainement s'anéantir son ennemi et son péché celui qui sait cela.

« Les sens disputaient encore : « Cest moi qui suis le premier, s'écriaient^ils, puis il se dirent : Allons, rentrons dans ce corps qui est à nous. Celui d'entre nous qui, en rentrant dans ce corps le remettra debout, sera le premier. La parole rentra : le corps gisait toujours. La vue rentra : il gisait toujours. L'ouie rentra : il gisait toujours. Le manas rentra : il gisait toujours. Le soufQe de vie rentra : à peine était-il entré que le corps se releva. Celui-là fut le premier. Le premier des sens, en effet, est le souffle de vie même ; que l'on sache donc que le premier des sens est le souffle de vie. Les Devas lui dirent : Cest toi qui es le premier ; cet univers tout entier, c'est toi. Nous sommes à toi et tu es à nous. • C'est ce qu'a exprimé le sage inspiré quand il a dit : Tu es à nous et nous sommes à toi. » (1)

Dans une annexe de ce Brâhmnna se trouve un passage important, traduit par Golebrooke (1). Il est relatif à la créalion de l'hommo telle que Tentendaîent les prêtres de cette époque:

« A l'origine, tout cet univers n'était que l'âme ; rien autre n'existait, ni actif, ni inactif. — L'âme pensa : je créerai les mondes, et aussitôt elle créa les mondes divers, l'eau, la lumière, les êtres

(!) Eug. Bumouf, traduct. du Bagavata-Pourana, t. i. préface, p. 436.

(1) EsBays, t. l,p. 47.

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mortels et les eaux... L*ftme pensa et se dit : Toilà les mondes; je Tais créer des gardiens de ces mondes... Il tira donc des eaux et créa un être revêtu d*un corps. Il le vit ; et la bouche de cet être ainsi contemplé s'ouvrit comme unœnf. De sa bouche sortit la parole ; de la parole sortit le feu. Les narines sécartèrent et des narines sortit le souffle ; du souffle sortit Tair qui se propage au loin. Les yeux s'ouvrirent, et des yeux s*élança ane clarté, et de cette clarté fut produit le soleil. Les oreilles se dressèrent, et de roreille fut produite Fouie, et de Toute furent produites les régions de Tespace...

€ Ces dieux ainsi créés tombèrent dans le vaste Océan, et ils vinrent vers Tâme, tourmentés par la soif et la faim. Ils lui dirent : donne-nous une demeure moins vaste, pour que nous puisaiQoaj trouver la nourriture dont nous avons besoin. L'âme leur offrit la forme d'une vache ; ils lui répondirent : ce n'est pas suffisant pour nous. L'âme leur proposa la forme du cheval, et ils dirent : Ce n'est pas encore suffisant pour nous. L'&me leur proposa la forme'hamaine et ils s'écrièrent : Ah ! c'est fort bien t c'est merveilleux 1 • Bt e'est de là qu'on a pu dire que l'homme seul est bien formé...

« La faim et la soif s'adressant à l'Âme lui dirent ; donne-noos nos places : l'âme répondit : je vous distribue entre ces déités , et Je TOUS fais entrer en partage avec elles, x* De là vient que quelle que soit la divinité à laquelle on fasse une offrande, la (ai m et la soif y prennent leur part. « L'âme réfléchit et dit : voilà les mondes. Toiïà les gardiens des mondes; il faut que je crée la nourriture dont ils ont besoin. L*âme regarda les eaux, et des eaux ainsi contemplés sortit la forme, et la nourriture est la forme qui fut ainsi prodoite... >

L'auteur représente rhomme essayant tour à tour de prendre cette nourriture par ses divers sens et organes, et n'y réussissant qu'au moyen de la déglutitio;i. Puis viennent des détails étrangei ^ur la génération, sur le dévetoppemenf du fœtus et la isuccessioii des 6tres.

M. Weber (i) place la rédaction des Bràhmanas à l'époque

(i)Âcad. Yorles. p. li. — Barthélémy Saint-Hilaire, des Fédas, p. 155 et suiv.

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de transitioD où le védisme primitif disparaissait pour faire place au brahmanisme. Les brahmanes ont fait ces commen- Uires pour les besoins de leur cause.

Si les Védas brillent par des accents poétiques d'enthousiasme pour célébrer la nature, les héros et les dieux, ils ont des défauts qu'on ne saurait passer sous silence, comme celui de la monotonie : la Ijre des Rishis semble n'avoir qu'une seule corde; ils copienltous la même. idée sans en varier Texpression.

Un autre défaut/ (f est la subtilité : là poésie védique s'est épuisée à traiter des thèmes invariables sur un petit nombre de sujets, à se perdre dans des détails minutieux.

Mais les Yédas, complétés par les Brâhmanas et les Oupanlshads, sont précieux, comme miroirs fidèles et contemporains des mœurs qu'ils reflètent, et comme monuments primi' tifs des langues et des civilisaiions indo-européennes.

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