INSTITUTIONS DES ANCIENS PERSES
Les analogies de langue et de mœurs indiquent, que les Pênes et les Mèdës formaient deux branches différentes d'une m&me tribu originaire. Des mariages entre eux furent ff4s-fféquenlSv et peu à peu s'effectua la fusion des deux peuples.
Nous avons vu qu'avant Cyrut la constitution politique des Perses était peu déterminée. Ces montagnards nomades se divisaient mi dix tribus (1), distinguées entre elles par leur rang et leur genre de vie s il y avait trois tribus nobles t trois tribus d'agriculteurs» et quatre tribus nomades fournissant aux pionières des troupes de cavalerie. Les vastes pâturages de la steppe qui sépare la Perse de la Médîe favorisaimi la propagation de la race dievaline. Une partie de la nation dominait le reste y et s'en distingua toujours par une dviliaation plus avancée» par les arts et le luxe.
La famille la plus noble de la première tribu était ^calie des Achéménides» où l'on choisissait les rois (S).
Une fois l'empire fondé» le gouvernenient de la Perse deviat despotique dans toute la force du terme. Le souverain disposait à son gré de la fortune et de la vie de ses siûels : lorsque comme Cyrus et Artaxerxôs il était animé des sentiments de justice» les populations n'avaient à souffrir que des lourds impôts nécessités par le faste de la cour ; lorsqu'il était injuste et cruel comme jCambyse» elles subissaient des vexations de toutes sortes; de là» les fréquentes révoltes qui éclatàrentsur différents points de l'empire.
Des armées, sous les ordres de capiuipjesélaÎQpii échelonnées
(4)Uérod.»l»l)lS.
(î)Ibid.
dans les protînces» afin d'en assurer la soumission» les cbeb assisté» de percepteurs, levaient arbitrairement les impôts an profit des souverains. Ces impôts devinrent si onéreux, qu'un grand nombre d'habitants furent obligés d*émigrer pour a'y soustraire.
Quand le roi visitait une province, on lui offrait les fruits les plus précieux du pays; et un grand nombre d'individus étaient employés à lui recueillir les aliments les plus recherchés.
Un plaisir vraiment royal était la chasse, sorte de guerre simulée, car on y employait des troupes et des armes à peu près semblables à celles des Ixatailles (i).
Cet exercice n'était pas sans danger ni sans utilité ; les forêts et les montagnes étaient alors infestées d'animaux féroces ; fl fallait donc un certain courage et un grand déploiement de forces pour les attaquer. Les visites daos les provinces loin* taines en fournissaient les occasions.
Les rois furent, comme chez les Indiens* appelés fiU dMê4h teilf témoignage non équivoque du culte du soleil commun aux deux peuples.
Chaque province était chargée non-seulement de Tentretien delà cour» mais encore de celui des Satrapes, dont le faste cherr chait à égaler celui des rois. Hérodote raconte que le revenu de quatre grands bourgs de Babylone fournissait à la nourriture des chiens de diasse du Satrape Masistius (2).
L'entretien des troupes réparties dans les provinces était à la charge de celles-ci; et à l'occasion de grandes expéditions on levait «icore des tributs extraordinaires.
il y avait donc 8 sortes de tributs principaux^ les premiéns pour le roi, les secondes pour les Satrapes, les troisièmes pour l'armée. La Perside seule fut exempte en qualité de par trie originaire des conquérants (3).
(i)Hérod.yU, 85.
(«)lbid.
(3)lbid.. i9t;m,97.it8.
2$/8 LES aVILISATIOMS PRIMITIVES.
Outre ces tributs, il y en était un autre qui provenait de bieM confisqués» après les exécutions à mort de Satrapes ou d*autres grands fonctionnaires. Or, comme les Satrapes se linaieni à de nombreuses exactions pour s^enricbir, Os devenaient à leur tour une riche proie pour le souverain, quand csloi^ci pouvait seulement les soupçonner de malveisa-
Les personnes de la dasse élevée, les hauts dignitaires, ks amis et les parenis du roi recevaient des pensions en assignation sur des bourgs et les viller dont le roi disposait i son gré. Les épouses et les môres des souveraiiis avaient ainsi plusieurs pays destinés à fournir à leurs moindras besoins. Gesassignatioiis rofenaient au roi après la mon dn bénéfidaire, à Texception de celles qui avaient M accordées en récompense de services impcurtants; dans oe cas elles passaient aux héritiers naturels.
Le gouvernement général était fondé sur la a^aration rigoureuse des pouvoirs civil et militaire.
Xénopbon rapporte que Gyrus disait à ses amis : Vous sava que j'ai laissé dans les pays et les villes conquis* des garnisons et des commandants auxqu€is j'ai ordonné de ne ^occuper que du soin de les garder ; j'y établirai aussi dtas Satrapes qui gouverneront les habitants, percevront des tributs, paieront la solde aux garnisons et régleront les autres affaires. » <1).
Cette double institution dura longtemps. Cependant le commandement des troupes fut quelquefois uni an pouvoir administratif des Satrapes, ce qui donna trop de pouvoir à ces hauts fonctionnaires, et c'est ce qui permit au Jeune Cyros de contre-balancer pendant quelque temps le pouvoir central du nri etde le tenir en échec.
A la suite de chaque Satrape étaient des écrivains royaux (9% auxquels on transmettait les ordres du roi et qui en faisaient
(!) Xénoph., Cyrop., p. î50.
(S) Hérod. III, IM.
PEUSES. 29!)
coBDtltre le oontenu tnx gouverneurs. Ces ordres devaient être iinmédiatemenl exécutés et la moindre désobéissance de la part d*un Satrape était punie de mort.
Mats riosolence de ces dignitaires s'accrut avec l'accroissement de leur territoire ; et les désordres de la cour Tavorisèrent leur ambition.
Lesarmées permanentes entretenues dans les pays subjugués, consistaient en détachements de soldats vainqueurs auxquels on substitua plus tard des troupes mercenaires à la charge du pays conquis. Les peuples qui se mutinaient contre la nouvelle domination étaient transplantés en d'autres contrées ; tel fut Texil du peuple juif à Babylone.
Les rois Perses, pour conserver leursconquétesloinuinesj ne croyaient pas taire mieux que d'en dépayser les habitants. Lorsciu'il s'agissait d'insulaires» l'armée englobait toute l'Ile dans sa largeur» chassait devant elle tous ceux qu'elle renoon» traîty et no laissait derrière elle qu'un vaste désert; on transportait ces malheureux dans les Iles du golfe Persique et delà mer des Indes; là, ils devenaient la souche de nouveaux peuples (1).
Un autre moyen plus sûr pour aflEsrmir les peuples conquis dans Tobéissance, consistait à les énerver par Je luxe et lea plaisirs. Gyrus l'employa en prescrivant aux Lydiens de rendre leurs armes, de se couvrir de vêtements élégants, de boire et déjouer (â). C'est par ce niôme moyen que Grésus obtint de sauver son peuple menacé d'une transplantation. Hais bientM entraînés par l'exemple, les vainqueurs s'efféminèrent : les Peises prirent peu à peu les mœurs des Modes, des Babyloniens et des Lydiens et devinrent moins aptes an métier des armes.
Enfin, à mesure que le luxe s'accrut, le nombre des courti-
(i) Hérod. y, 98 ; VU, 80.
' 1J IbW., I, t65.
500 LE8 C1VIL1SAT10^S PRIMITIVES
saps wgmenU* et* au dire de Gréuis, H y en eut jusqu'à quinie mille (!)•
Les renseignements que Xénophon donne sur Téducation» Im ¥ie privée et les institutions des Perses se rapportent uniquement à la race régnante. Il dit que, de son temps, l'andenne éducation de la cour subsistait encore, mais était gâtée par le luxe.
Le harem des rois de Perse se recrutait de femmes prises dans les différentes provinces de l'empire; sa surveillance et sa police intérieure étaient confiées à des eunuques Ces eunuques et les premières favorites acquéraient souvent une Influence dangereuse sur le souverain* et facilitaient les usurpations.
Le harem était divisé en deux appartements. Les femmes ne passaient du second dans le premier qu'après avoir partagé la couche du roi (S). L'étiquette exigeait qu'une nouvelle venue se parfum&t pendant un an avant d'être digne des embrassements royaux.
Le nombre des femmes était si considérable que chacune d'elles ne partageait qu'une seule fois dans sa vie la ooudie dti roi« àmoins d'une faveur toute spéciale. Darius» fils d'Bystaspe, eut trois cent soixante concubines; leur nombre devails selon l'usage de la' cour, égaler celui des jours de l'année (S).
Les épouses légitimes étaient distinguées des concubines, <iomme dans les autres classes, et choisies dans la famille de Cyrus ou des Achéménides (4). L'exemple d'Esther ferait croire que certaines concubines pouvaient s'élever au rang de reines, car elles recevaient alors les insignes royaux; mais sans doute Il ne s'agit ici que des premières favorites. Les reines ellesmêmes étaient soimiises à de sévères restrictions; tiori, l'on
(i) Athénée, I?. Xénoph., p. 241.
(S) Esther, n, l«-i4.
(3) Diod. II, p. »0.
(4) Hérod. III, 88.
trouTS fort exCrtordinaire que StâUra se montrât en public sans TOile (i)*
L'alné des flls légitimes du roi lui succédait régulièrement; mais ce n'était pas toujours sans lutte et sans contestation. Le rolf d'ailleurs y pouvait faire un autre choix à l'instigation de la reîne^mère» qui pesait quelquefois sur les décisions du conseil.
Dans un empire composé d'éléments atissi divers il élait difficile que la justice fût bien rendue; le souverain était obligé de sévir rigoureusement contre les magistrats qui abusaient de leur omnipotence dans les provinces.
Voici un fait qui donne une idée de la manière dont là justice était rendue sous Artaxerxès*
Un de ses généraux, Tiribaze» ayant été accusé de n'avoir point fidèlement exécuté ses ordres, le roi lui donna pour juges trois hommes reconnus pour leur intégrité. Or, sous Darius, des juges ayant porté des sentences injustes, avaient été écorchés tout vifs 9 et Ton avait étendu leur peau sur les sièges du tribunal afin d'effrayer leurs successeurs. C'était là une terrible perspective pour les autres juges. Tiribaze fit valoir les services qu'il avait rendus au roi, entre autres celui d'avoir sauvé sa vie en tuant deux lions qui s'étaient jetés sur le char royal, pendant une chasse. Les juges le déclarèrent innocent. Le roi, pour se convaincre de l'équité de cet arrêt, fit venir à part diaquejuge, et s'enquit des motifs que chacun avait eus en acquittant Tiribaze. Le premier déclara que les services de Tiribaze étaient certains, tandis que l'accusation était douteuse. Le second dit que quand même l'accusation serait fondée, la faute serait sufOsamment rachetée par les services du coupable. Le troisième, n'admettant pas la considération des services, dit seulement que les preuves de la culpabilité man« quaient. Lq roi approuva la conduite des juges, et revêtit
(1) Platarqae, Artazerzèi, op. 1.
308 LES CnriLISATIOKS PRIMITITES.
Tlribtie de nouirellQs dignitâr^ éL son «eoMtMr «1 rittl» Ocoblis, fut irayé du nombre dee émis du roi (I); henreox d'«a eue quitte i si bon nutrcbé, car la peine de mort et les supplices les plus cruels étaient appliqués pour les moindvesdéliis. L'histoire de Perse Se distingue tnstement pavdes actes nombieux de cruauté raffinée auxquels se livrèrent ses souverains, soit pour se venger, soit même pour exercer la Justice. Les reines elles-mêmes y prirent souvent part (2).
Uexamen du fmuUdad nous féomira quelques unes des ioîs civiles et criminelles de la Pêne-
§ 5. LES MAGES* — RELIGIOR.
La caste sacerdotale des Mèdes fut admise par les Perses dès le commencement de Tempire. Nous avons vu que Gyras* pour affermir sa conquête» non-eeulement respecta les croyan* ces et les coutumes des pays conquis, mais les consacra par de nouvelles lois. Trouvant une religion toute faite avec ses temples et ses prêtres, il les reconnut et les fit participer i ses triomphes.
Hérodote parle des mages comme d*une caste d^à établie ea Perse à cette époque. Xénophon (3), après avoir décrit l'organisation de .la cour, imitée de celle des Mèdes^ ajoute : « Ce fut alors que Gyrus appela pour la première fois les m^gee à la fonction de réciter à Taube du jour les hymnes sacrée et d'offrir des sacrifices quotidiens aux dieux, suivant le rite*
(l)Diod./l.Xy, eh. s.
(S) Hérodote, IX, 109.
(3) Cjrop., Vin.
GMe irtrtilMtion mi oieore tivaard'hvt mftîateaiie par les rois aclMls. Us Miras Perses saiTirent rexemple du sooveniiiy dans Feipoir d'arriver à une plus grande faveur, en adorant les dieu ooflime le ehef de l'ÉiaU »
Les magea formaieni, à litre de prêtres, de devina, de eonsailiea dm roi, de Juges» une casie puiasanie à la eour. Leurs fonelipns étaient i vie; mais s'ils cemmellaient qudque injustice, ils étaient traiiés avec plus de rigueur que les autres fonctionnairea.
On a regardé la révolution qui éelata aoQS Smerdis oomoie une tentativedela partde8llages,des'eniparerdela80uverainelé;ear Tusurpaleur était de cette caste ; mais d'autres auteurs peu* sent qu'il s'agissait de rétablir la puissance mode (t). Ce projet fut déjoué par le meurtre du faux Smerdis, qu'accomplirent sept Mages, entre lesquds se trouvait Darius, fils d'Hystaspe. La délibération des conjurés, après la mort de Smerdis, dans la« quelle on discuta la forme de gouvernement à donner à Tempire, soit monarchique, soit aristocratique, soit démocratique, est un fait insolite dans l'histoire de l'Asie v cependant elle est posî* tivement attestée par Hérodote (S).
Ce mémo historien ditqu'au semmetdes montagnes les ancêtres des Perses adoraient Dieu dans le soleil Ja Inné, la terre, le feu, l'eau et les vents. Las dogmes primitifs se transformèrent sous l'influence d*un climat différent ; ils devinrent austères cbes les Perses, brillants et fantastiques ches les Indiens. Le nia« gisme Coudé en Eaotriane, plus de i,000 ans avant notre ère, a'étendit peu à peu sur la Médie el la Syrie, et se mêla au sabétsme, de là ces traits de ressemblance qu'on rencontre dans les religion de plusieurs peuples asiatiques.
On a remarqué des analogies nombreuses entre les Védas et le Zend-Avesta ; il y a loin cependant du dogme de la trans* migration des uns à celui de la résurrection de Tautre.
(1) Hérod. m, 65, 73.
(«)lbîd.SO;VI, 43.
304 «s C1VILISATI0K6 PttlMITIVES.
Le ntiartliwie fédJqua «i vemplMè id par to semkneiits de penmiDMKté et de moralité humaine ; le système de Zofoastre oblige Thomme à lutter constamment contre le mal, et lui fait entrevoir la perspective d'un bonbeur éternel dans l'autre monde, s'il a su triompher dans celui-ci. Mate la plupart des invocations du Zend-Avesta ressemblentpar leur forme aux hymnes védiques; les dieux et les génies y figurent avec les mêmes attributs. Les dieux Indiens ont la faculté génératrice, Zoroastre la leur refuse, tout en admettant des laeds mftles et femelles, bons génies dtargés de survéîUer le
monde.
. Le mot send Daèva est le même que le sanscrit Déva; mais
Déva signifie Dieu pour les Indiens, et Daèva mauvais génie des lesPéfses. Cette diSërence accuse une opposition tranchée entre les deux rdigions. Elle établit en même tempe l'antériorité du sens de Dieu, sens avec lequel le mot Déva a passé dans les anciennes langues.
Ormuzd est le premier des sept Arnschaspauds qui représentent les éléments tels que les Chinois les conçoivent, savoir: Le ciel, le feu, la terre, l'eau, le bois et les méUux.
Le premier des sept Izeds est liitbra, qui s'élance au-dessus de la montagne, s'avance de la région orienule du soleil immortel traîné par des chevaux rapides; il occupe des som* mets aux pics dorés (i).
Ahrimaa, le dieu mauvais, auteur des maux qui affligeni le mondci, est supposé venu du Nord ; son nom se rattache à la lutte primitive du Touran contre l'Iran dont le souvenir (l'est conservé dans les traditions parses.
LeSoma indien, cet extrait d'une plante employée dans les sacrifices par les Aryas et dont les chantres védiques ont tail une divinité importante, a égalemoit été l'obfet d'un mfime culte chez les Perses, sous le nom de Borna, et il est invoqué
(i) IV* Cardé de Tiescht de Mithra.
PEKSES. 305
presque dans les mômes termes par le Yaçna» qui renfennie plusieurs chapitres à sa louange (1).
« Homa, inroqué par Zoroastre, lui dit : Je suis Homa, le 'saint qui éloigne la mort. loToque-moi, extrais-moi pour me manger; Jooe-moipour me célébrer, afin que d'antrei^qui désirent leur bien, me louent à leur tour... »
• Yiyanghat est le premier mortel qui, dans le monde existant, ma extrait pour le sacrifice. Il a acquis cette sainteté, cet arantage lui en est rèrenu, qu*ii lui est né pour fils.Yima le brillant, le chef des peuples, le plus resplendissant des hommes nés pour TOiir le soleil, car il a, sous son règne, affranchi de la mort les mâles des troupeaux, de la sécheresse les eaux et les arbres, et il a rendu inépuisables les aliments dont on se nourrit...
» Athwya est le second mortel qui, dans le monde existant, .m*a extrait pour le sacrifice. Il a acquis cette sainteté, cet arantage, qu*il lui est né pour fils Thrétona, issu d'une famille brare, qui a tué le serpent homicide, aux trois gueules, aux trois têtes, aux six yeux, aux mille forces, cette divinité cruelle qui détruit la pureté, ce pécheur qui rarage les mondes, et qu*Ahriman a créé le plus ennemi de l^ pureté, dans le monde existant, pour ranéantisse« ment de la pureté des mondes.
» Alors Zoroastre dit : Adoration à Homa i Homa le bon a été bien créé; fl a été créé juste, créé bon ; Il donne la santé j il a on beau corps; il fait le bien , il est yictorieox, de couleur d'or ; ses branches sont inclinées pour qu'on le mange; il est excellent, et il est, pour l'âme, la roie la plus céleste.
» 0 toi, qui es de couleur d*or. Je te demande la prudence, l'énergie, la Tictoire, la beauté, la santé, le bien-être, la naissance, la force qui pénètre tout le corps, la grandeur qui se répand sur toute la forme. Je te demande de marcher sur les mondes, triomphant de la haine, frappant le cru^ Je te demande de triompher de la haine de tous ceux qui en ont ; de la haine des Dérâs et des hommes, des démons et des Parikâs; des êtres perrers, areugles et sourds et des meurtriers bipèdes et des êtres hypocrites... B La première grâce que je te demande, Homa, qui éloigne la
(1) Journal oiiatique, 1844, 1845, art. d'Eog. Bumouf. I 5tO
500 LES CIVirjSATIOllS PRIIIITITES.
moi% c*68t la demeara oxeelleute des saints, Isminesse el ibondante en tous biens.
» La deuxième grâce que Je te demande, Homa, c*esl la durée da earps.
» La liolsième grftce que je te demande, c'est une longue Tie.
9 La quatrième grâce que je te demandCi c*êst de pouvoir, éne^ gique et joyeux, parcourir la terre, anéantissant le mal, frappant le crnél.
» La cinquième grâce, c*est de pouvoir, vainqueur et tappant le médiait, marclier sur là terre, anéantissant la haine, ftappant le cruel.
» La sixième grâce, c'est que nous puissions apercevoir, les pre* miers, le voleur, le meurtrier, le loup.. (1).
» Homa, donne à cdles qui sont restées longtemps filles sans Un mariées un homme sincère et actif, lui, qui fait le bien ausaitôl qu'on rimplore.
• ... Gloire à toi 1 tu connais les nombreuses paroles dites avec vérité. Gloire à toi 1 tu ne sollicites pas à force de quesUons la parole dite avec vérité (H),
» ÈloIgne-nous des haines de ceux qui haïssent i enlève le eonir à ceux qui empoisonnent.
» S'il existe dans ce lieu, dans cette maison, dans cette province, un homme qui soit nuisible, ôte-lui la force de marcher ; oiinqnelui rintelUgence; brise-lui le cœur (en disant) : Ne prévaux paapar les pieds, ne prévaux pas par les mains. •
Ces passages accusent bien un fond primitif oooimiui d'idées, de mœurs, de langage entre les auteurs du Bîg-Téda et ceux du Zend-Avesta.
La piété pour les ancêtres et pour les morts se révèle également dans des termes analogues chez les Perses et chez les In* dîens. •
Voici une prière des Ftrouert autexledelaquelleB.Buniouf attribue la plus haute antiquité, e'est-à-dire le même âge que
(i) E. Burnouf, Jowmal asiatique, août iS45 . (S) /d., janvier i84€.
les chapitrât do Vendidad, les J^êcku et le Yaçna (1), Elle esC adressée par les âmes des morts aux vii^ants :
« Noos offirons le sacrifice aux bons, aoz forts et am saints ié* roaers des Jostes, eux qui descendent de lear demeure vers le tempe des Hamaspathmaèdha. Alors ils se répandent ici-bas pendant dix nuits, exprimant leur désir par les questions suivantes : Qui nous louera? Qui nous offHra le sacrifice? Qui répandra (pour nous roflirande?) Qui nous plaira? Qui nous invitera, en portant k la main (le lait de) la vache et un vêtement, avec la prière qui falC ok* tenir la pureté (à celui qui la prononce) ? Quel est celui d*entre i dont on prononcera le nom? Quel est celui d*entre nous dont Va sera Tobjet d'un culte ? Quel est celui d*entre aoos aufi donnée l'offrande, pour qu'il ait k manger une nourriture qei ne lui manque ni à Jamais, ni à toujours I — Alors^ l'homme foi lear offre le sacrifice en portant à la main (le lait de) la .vache et w Têtement, avec la prière qui fait obtenir la pureté, ils le bénissent satisfaits, favorables, bienveillants, les forts ferouers des justes (en disant) : Qu'il y ait dans cette maison on troupeau d'une vadie el de ses veaux ! Qu'il y ait un cheval rapide et un taureau v%o«ireux ! Que ce soit un homme respecté, un komme sage, celai qd nous offre sans cesse le sacrifice, en portant k la main (le lait de) la vache et un vêtement avec la prière qui fait obtenir la pureté. »
L'histoire religieuse de la Perse est de beaucoup antérieure à son histoire politique; elle se confond avec celle des MèdeSt des Bactrîens et des Indiens, réunis sous le nom générk|iMi d'Ariens, et ne commence à présenter de caractère particulier qu'à l'époque du premier Zoroaatre. Ce réformateur, tout en changeant le sens des dogmes primitifs et la signification de quelques noms de divinité» a reproduit plusieurs des idées contenues dans les hymnes védiques.
Ce changement a dû arriver à l'époque où les tribus ariennes se séparèrent pour se développer chacune isolément, si aussi pour se disputer des terrains nouveaux.
(1) Journal atiatigue, t. X, p. 145.
308 LES CIVIUSATIOKS PRIMITIVES.
Malgré ces attributs divers donnés aux mêmes divinités, les deux cultes, indien et persan* ont conservé des dénomination5 et des symboles communs dont le senss'est plus ou moins ef- Caoé dans Tun ou dans l'autre. Le magîsme et le bFalimanismesont nés de ces dissidences; Zoroastre et Manou en sont les deux révélateurs.
Voici un passage du Yaçna qui constate le r6le de réformateur attribué à Zoroastre :
« Cest toi, ô Zoroastre, qui le premier as prononcé la prière aomméa Ahû Yairyô, cette prière retentissante qui se 6t entendre ensuite avec an brait plus énergiqae. C'est toi, 6 Zoroastre, qui as forcé teos les Dèvas à se cacher sous terre, ces Dèvas qai , auparavant, conraientsar cette terre, sous la figure d'hommes; car ta as été le plas vigoureux, le plos ferme, le plus actif, le plus rapide et le plus victorieux d'entre les créations de TBtre intelligent. » (i)
§ 4. ZOROAftTRE.
Zoroastre (astre d'or) est un personnage moitié historique moitié légendaire, qu'on a fait apparaître deux fois dans rhistoire ancienne de la Perse; la première fois, suivant /usiîn, à l'époque de Ninus, et la seconde fois vers l'époque de Darius l«r.
Dans la biographie qu'il en a faite, Anquetil-Duperron suppose que ce réformateur parut en 650 environ avant notre ère (2). Mais le système auquel on a attaché son nom remonte évidemment plus haut : les détails puérils^ les règlements bizarres qu'il renferme témoignent des mœurs barbares du temps où il parut.
(1) Burnouf, Journal asiaUqu€f 1845, août.
(2) Zend-Avesla, t. II, p. 6.
Le menrcilleiix entoure la naissance de Zoroastre comme celle (le tous les fondateurs de religion. De mauvais génies et des magiciens harcelèreni ses premières années pour faire échouer sa mission divine. Son père, Poroschasp, les consultait quelquefois ; il invoqua un jour l'un d'eux et lui demanda une recette capable de répandre la joie dans .son &me. Zoroastre tout jeune encore, l'ayant entend u , lui dit : cNe prononcez pas de paroles vaines, vous n'avez pas besoin de pareilles recettes. Si vous suivez une autre voie que la voie divine vous irez en enfer. »
A l'âge de quinze ans, il passait nuit et jour en prières, la tète baissée. S'il voyait quelqu'un dans le besoin, il le faisait venir en secret, le consolait et le secourait; il distribuait à tout le monde les biens dont il pouvait disposer.
Ses biographes le font comparaître devant Ormozd luimême, et prendre ses avis. Lui ayant demandé un jour quel était le meilleur de ses serviteurs, le dieu suprême lui répondit:
« io Celui dont le cœur est droit; to celui qui est libéral à l^gard du juste et de tous les hommesj et dont les yeux ne sont pas tournés vers les richesses i do celai dont le eœar fait du bien à tout èe qui est dans le monde, par exemple, an feu, à l'eau, aux animaux. Il sera éternellement heureux. Je n*approuve pas, ajoute Ormuzd» que Ton chagrine ce qui est bon : celui qui afflige mes serviteurs et qui marche hors de mes préceptes, dites-le aux peuples, sa place est pour toujours dans TEnfer.
• Cest moi, dit-il encore, qui montre le bien : Âhriman est l'auteur du mal. La punition qui attend le pécheur est aux enfers : les insensés mentent quand ils disent que je fais le mal. »
C'est le dualisme bien clairement exprimé : Zoroastre n6 pouvant reconnaître dans le même Dieu le distributeur du bien et du mal à la fois, a représenté deux puissances antagonistes, un dieu bon et un dieu méchant, servis par des génies participant do leur nature, et se disputant le gouvernement du monde et des hommes, jusqu'au jour où le dieu bon l'emportera dcQnilivement sur son adversaire.
510 LES CIVILISATIONS PIIIIIITIVES.
On toii aani que l'eipittion des Untm^ et la récompense des bonnes actions, ne se bomai«it point à cette vie tenestie, elles retrouvaient encore l'homme dans un s^our ét^nel.
jCoroastre ayant demandé à Ormuzd rîmmorulilé, le diea lui Ht voir comme en songe tous les maux et tons les crimes ^i devaient arriver sur la terre. A ce spectacle Zoroastre D*in* aista plus pour être immortel.
An rapport de Pline le naturaliste» Zoroastre vécut vingt ans dans lesmontagues et dans les déserts» n'ayant pour nourriture que du fromage fait de manière à ue pas se gâter (i).
Cest pendant cette retraite qu'il aurait médité sa réronne et composé ses livres. Son travail achevé il vint à la cour do roi 6«iataq>, où il fit entendre des paroles de eagesse et de sdenee.
En présentant au roi VÀveitû^ il lui dit :
€ Dieu m'a envoyé aux peuples pour qu'ils écoutent cette parole, f ordre d'Ormuxd ; si vous l'écoutez, vous sera couvert de gloire dans llautre monde, oonune vous Tètes dans cdui-ci. Si vous ne réeeutei pas, Dieu irrité brisera votre gloire, et votre fin sera l*en- Inr*.. Diea m*a dit : si le roi voas demande des mirades, répondesloi : Quand voas lires le ^etêd-Jvut^ vous n^snres pas basohi de
Néanmoins Zoroastre fut obligé d*en opérer plusieurs pour confondre Tlncrédulité des ministres, jaloux de son crédit auprts du roi.
Il expliquait à Gustasp la loi tirée des livres xends ; Ormuxd liii*oiéme Tavait envoyé en lui disant :
• ^rte-leor nu^ loi, apprends-leur à quitter la mauvaise voie. Celui qui éloignera son cœur du mal, Jouira du bonheur éternel. Que rbjjostè déleste son Injnstice et mette les autres dans la voie droite... l^ monde n'est que néant aux yeux de celui qnl Va fait. Une longue postérité n*empèchera pas de finir... N'enseignes jsmais ce que je n*ai pas dit, et à la fin j*aurai pitié de vous ; car je ne dé-
(OHist. nator., 1. Xl^ch. 4S.
8ire pai toire péché : je dimiiiQerai Yosmaax %X tos peines... Celui qui dans le monde aura aemé la pureté , TobCiendra dans le ciel. Dieu proDonee uie parole qui ne sera ni augmentée ni diminuée ; il l'adresse à tovs les bommes. Celui qui pèche, sera couvert de honte dans i*BnfiBr..« Celui qui fait le bien, en receyra une récompense pioportionDée... Celui qui ne tous sera pas attaché, ne demandes pas ce qu'il deviendra; la punition l'attend à la fin de ses jours. »
Zoroastre parle d'uo empire médo-bactrien gouverné par Gostasp (1), ce qui assigne une date à sa réforme. On a conjedufé que ce roi était Cyaxare I*r, roi des Mèdes, 800 ans avant Darius; mais le pays où parut ce réformateur est plutôt la BactrianOy qui formait alors un état particulier.
Les dispositions bizarres que renferment les lois de Zoroastre confirment leur ancienneté; de plus, il y vante plusieurs fois les avantages de l'agriculture et des arts utilesi en opposition à la vie nomade des hordes errantes qui venaient dévaster sa patrie; or, ces tribus n'étaient autres que les Perses habitants des montagnes qui faisaient de fréquentes excursions au dehors. D*an autre oOté Zoroastre déplore les vexations des satrapes et des sous*satrape8> le luxe, la corruption des moevfi les maladies et les souffrances (S), toutes choses inhérentfli à ano société dès longtemps constituée et despotîquemenl gouvernée. Il parle de l'âge d'or au siècle du grand Djemschid, souverain d'Iran (en Zend Eriène).
« Djemadiid, le père des peuples, fut le plus vaillant des mortels qu'éleva le soleil. Peson temps les animaux ne mouraient pas. On ne manquait ni d^eau, ni d'arbres fruitiers, ni d*animaux propres à nourrir les bommes. L'éclat de son règne triomphait du froid^ de la chaleur, de la mort, des passions effrénées, œuvres des Dews. Les hommes paraissaient avoir quinze ans. » (1)
Ces idées sur un âge d'or primitif rappellent cdies des In-
(1) ïeod-Avesta, II, p. 14S.
(S)ld., tl,p.78, ii8, etc.
(3) Jd.,p. U.
512 lES CIVILISATIONS PIIIHITIVES.
diens. Dans cet Age d'or, on jouissail de tons les biens de la terre» mtis non des biens d^un ordre plus élevé, nés de Tintellîgence« puisqu'aucun monument d'art ou de littérature ne venait appuyer cette conception à la fois poétique et religieuse.
La philosophie de Zoroastre a pour point de départ la doctrine d'un bon et d'un mauvais principe» sources du bien et du mal. Il y a un empire de la lumière» et nû empire des ténèbres s dans l'un règne Ormusd» auteur et propagateur de tout ce qui est bon » dans l'autre Abriman, auteur de tout le mal moral et physique. Autour du premier sont les sept AmschaspanS) génies de la lumière et au-desspus d'eux les keds, génies du bien.
Abriman est entouré desept dews supérieurs, géniesda OÈai, puis d'une quantité de dews inférieurs.
Ces deux divinités, ou plutôt ces deux empires célestes sont en lutte perpétuelle. Zoroastre prédit qu' Abriman sera ▼aincu un jour, et que l'empire de lumière embrassera le monde entier (1).
C'était comme un symbole mystique de œ qu'il voyait de son temps. Iran, empire médo-bactrien» sous le sceptre de Gustasp, est l'image de l'empire d'Ormuxd, et le roi Gostasp représente CTrmuzd lul-môme. Touran, pays des nomades du nord, où règae Afrasiab,. représente* l'empire des téntiiMres, gouvernés par Ahriman.
En vertu de ce dualismoi tout ce qui existe, les êtres raisonnables et déraisonnables, animés on inanimés, appartiennent ou à l'empire d'Ormuzd ou à celui d* Ahriman.
S<mt réputés impurs tous les hommes qui méprisent la loi de Zoroasire par pensées, par paroles ou par actions, tous les animaux ou insectes venimeux et nuisibles, toutes les plantes et tous les végétaux de la m$me espèce.
Au contraire, dans l'empire où règne la loi tout est pur et saint, hommes, animaux et végétaux.
(l)Id., p. 4,116,160.
Celle répulsion pour certains animaux ou pour certaines plantes, et cette vénération pour d'autres, avaient peut-ôtra une cause hygiénique : elles prévenaient les hommes au nom de ia religion de ce qui pouvait leur être utile ou nuisible. Elles araîent encore pour but de faToriser la culture des terres.
Zoroasire consacra la division sociale en quatre castes qui existait déjà de son temps : les prêtres, les guerriers, les cultivateurs et les industriels (1).
Cette institution de quatre castes n'ayant été fondée dans i'inde qu'après rétablissement des Aryas, on ne saurait dire quel des deux peuples a imité l'autre, des Indiens» ou des Perses; toujours est-il qu'on est en droit de l'attribuer à une inspiration primitive.
Les agriculteurs paraissent cependant avoir été plus honorés chez les Perses que chez les Indiens ; on les considérait comme dépositaires de la richesse nationale. Zoroastre leS représente maniant le poignard de Djemschid, avec lequel il fendit le sol et en fit jaillir l'abondance. Voici, en effet, un passage du zend-avesta qui constate la haute idée que les Perses se faisaient de Tagriculturo :
« Alors, au tiers de la nuit, le feu d'Ahura Mazda appelle à son secours le laboureur qoi répand la vie (on le grain) : lève-toi, ceins tes Yèlemenls, lave tés mains ; ramasse du bois, porte-le sur moi ; lais-moi briller, à l'aide de bois purifié, avec des mains pures. • (S)
La garde de la loi fut confiée à la caste sacerdotale^ c'est-àdire aux mages {mag^ prêtre) qui formaient originairement une tribu cliargée de la conservation des connaissances scien«tifiques et do l'observation des rites sacrés.
Il écrivit le Vendidad i une époque où de faux mages, adorateurs des dews, sans doute des anciens prêtres de la tribu
(1) Burno'uf, Comment sur le Tof/ia, notes, p. XVil.
514 LES avaisATioNs primitives.
arienne qui enrahit Tfnde» aTopposaient à son enlrepriae; c'est 06 qui explique la malédidion qu'il piononça contre eux et leurs diviniléa (I).
n offiniaa trois ordres dans la caste sacerdotale : les ker^ Mm (apprentis), les mobetU (maîtres) et les dêtmr^mobedt (mai* Irasacoooiplîs)» chargfe de la sufTcilIanoe des rites, ainsi que du règlement des saintes liturgies (2).
On rapporte que Zoroastre alla à Babylone* et que là I^tfaagoie fut initié à ses mystères.
Le roi de Touran, Ardjasp, s'étant opposé à la propagation delà nouvelle religion, fut en butte aux anathêmesde Zoroas» tre qui, profilant de son ascendant sur Tesprit de Gustasp, le poussa à faire la guerre au roi, en lui promettant le secoues du del ; cette guerre eut lieu, et Gustasp en sortit vainqueur, liais les conseils de sagesse donnés par Zoroastre à Gustasp ne portèrent pas un fruit de longue durée; ce roi, devenu jaloux de son propre fils, qui s*était distinf^ué en maintes circonstances, le fit enfermer et charger de fers. Cependant il ae trouva de nouveau en guerre avec Ardjasp, et réduit à la dernière extrémité, il délivra ce jeune prince qui battit Tarmée de Touran, tua Ardjasp, et fut tué à son tour par trahison.
La vie de Zoroastre présente, selon son biographe (3), un mélange de bien et de mal, de grandeur et de bassesse.
Il affectait dans sa conduite et dans ses leçons un air d'autorité divine. U se citait^ il se louait lui-même à tout propos; ses maximes, les plus belles sont empreintes de fanatisme et de cruauté. Par eipemple, il ordonne que le médecin fiasse l^épreuve de ses remèdes sur les infidèles ; et il menace de peines étemelles ceux qui s'opposent i sa mission.
Cette intolérance s'accorde avec les mœurs générales de ses contemporains. L'histoire montre que les souverains perses les plus justes furent vindicatifs, impitoyables et cruds.
(i) Ibid., n, 171.
([2)Ibid., U.S61.
(9) AnqaeUl-Dttperron. Zend-Avesta, t. %, p. 62.