P£AS£S
§ 5. Le$ Livrée locrét.— le yaçha.
Les lÎYres ailribaés à Zoroastre se di?isaienl en vingt-une sections (Naçka); nous possédons une partie seolement de la vingtième, appelée Yendidad, et traduite par Anquettl-Duperron.
Elle contient des notions sur la géographie ancienne du nord de la Perse et sur ses institutions religieuses et civiles.
11 faut joindre à cette partie du vingtième Naçka le Ivrte de la liturgie^ appelé par les Parses Jzeschné, en zend Yaçna. Ce livre est accompagné d'un recueil d'invocations qu'on peut détacher sous le nom de rispered.
Ces trois ouvrages réunis reçoivent le nom de Vendidad* Sade, titre sous lequel le savant et regrettable Eugène Burnouf a fait lithographier le texte zend (i).
BoOn, les Parses appellent lescht et Néaeschi d'anciens fragments qui ont une certaine importance sous les rapports religieux et philosophique.
Ainsi, dans lesleschts&dés (paragraphe xii) on lit cette prière, qui résume l'enseignement moral de Zoroastre :
« Je me H? re tout entier à toute booaa pensée, h toute bonne aetioa. Je renooee entièrement à toute maufaise pensée, à toute mauvaise parole, à toute mapvaise action. Quiconque est pur de pensée, de parole, d*açtioi^, ira dans le monde céleste. Tout homme qui pense le mal, oui dit le mal, qni ft^it le mal ira dans le monde mauvais (le donzakh). Routes les bonnes pensées, les bonnes paroles, les l^^nnes actions, sont djBS productions du monde eéleste. »
Et dans le paragraphe xviu :
« {e mis fidèle à la loi qu'Ormuzd enseigne à Zoroastre et celui c(
(DUnTol. in-l^, 1S3S.
516 LES CIVIL18ÂTI01IS PRIMITlVfiS.
à Gastasp ; Je sais ferme dans cette loi, je ne Tabandonnerai ni poar une Tie plus heureuse, ni pour une yie plus longue, ni pour Tempire aoeompagné de richesses et de plaisirs multipliés, et s'fl ikut donner mon corps, je consens à le livrer. •
Le Yaçna, dont Eugène Burnouf a traduit et commenté le premier chapitre, est précédé d'une invocation dont nous citerons les passages suivants :
€ Que les prières qui rendent hvorable soient pour Sérosch, saint, fort, dont la parole est le corps, dont Tépée est victorieuse, serviteur d'Ahura (Ormuzd), et pour le sacrifice (Yaçna) et pour l'in* vocation et pour la prière qui rend favorable, et pour la bénédiction. »
Sérosch est Tlzed de la parole d*Ormnzd ; il la transmet eC la fait'respecter en y obéissant le premier. C'est la parole elle* même personnifiée.
« Le RoMpi: Gomment doit être vénéré le seigneur, que le dJouU me le dise?
• LeJOjouH : Par tout acte de pureté. Qu'ainsi dise l'homme pur qui sait. »
Raspi est le nom du ministre auxiliaire du prêtre officiant appelé Djouti. LeDjouti prononçait une grande partie des invocations et des prières, et offrait en sacrifice la chair des animauz elle jus de la plante Haama (Hom.). Il acûoroplissait avec son ministre Raspi les actes les plus importants de là \U turgie ; c*était le grand sacrificateur.
€ Prononçons les prières qui rendent Ormuzd favorable i qu'Ahriman disparaisse, ce qui est le tœu le plus ardent des hommes qui agissent conformément à la vérité. »
Piutarque roulait sans doute parler des prières de ce genre, lorsqu'il disait, d'après Théopompe, queZoroastie apprit aux hommes à sacrifier à Ormuzd pour lui demander tous les biens et pour rwi remercier, comme à Ahriman pour détourner et repousser son influence. Bien que les mages n'adorassent pas
PERSKSl S17
lès mauvais génies, ils pouvaient les prier de ménager lears coups.
«$4. J*inToque et je célèbre le créateur Âfauramazda (Ormuzd), lamineux, resplendiisant, très-grand et très-bon, très-parfait et trèsénergique, très-intelligent et très-beau, éminent en pureté, qn! possède la bonne science, source du plaisir, lui qui nous a créés, qui nous a formés, qui nous a nourris, lai, le plus accompli des êtres intelligents. »
Cette prière résume les principales idées sur lesquelles repose la partie morale du système religieux de Zoroastre.
« § t. l'in?oqae et je célèbre Bahman (la bien?eillance), Ardibebescht (la pureté excellente), ScbahrlYcrOe roi désirable) ,Sapandomad (celle qui est sainte et soumise), Khordad et Amerdad (celle qui produit tout, et celle qui donne la Yie), le corps du taureau, Tâme du taureau, le feu d'Aburamazdpt, le plus rapide des saints immortels. •
Ce paragraphe contient l'énumération des noms des Amscbaspands, et ceux des deux autres personnages divins qui' jouent un certain rôle dans la doctrine deZoroastre, au-dessous d'Ormuzd le créateur.
Le nom de Bahman signifie ban coeur. Bahman avait la protection des bestiaux.
Ardibehescht est un amschaspand considéré comme en rapport avec le feu ou avec des êtres qui y ont eux-mêmes quelque rapport. Selon Plutarque , le second des dieux créés par Ormuzd éuit celui de la vérité; et Anquetil reconnaît en lui ' cet amschaspand Ardibehescht (la pureté excellente).
Schahriver est an amschaspand sous la garde duquel sont les richesses enfouies dans la terre, le kouvéra indien. C'est aussi le génie de l'équité^ ayant pour coopérateur un Ized, Yôhakchathra (le bon roi).
Sapandomad est le génie de la terre. C'est à cet amschnspand que Plutarque faisait allusion, quand il nommait le quatrième des êtres créés par Ormuzd le génie de la sagesse. Les idées de
518 ' LES CIVILISATIONS PRIIIITiVF.S.
soumteion el de libéralité sont celles qui dominent dans le caractôre de Sapandomad (1).
Khordad et iVmerdad sont deux amschaspands toujours onîs «isemble. Le premier est appelé le maître des eaux; c*esl un des principes fécondants.
Amerdad» le dernier des amschaspands, est le protecteur des arbres et des fruits. C'est à lui que répond le génie dont ptrle Plutarque, comme signifiant l'artisan des choses agréables ayant un but honnête.
« S 3. J'invoque, Je ottèbre eelui qui est donné en es nionde, donné contre les Déras, Zoroastre pur, maître de pureté, k
Il s*agit du Vendidad (celui qui est donné). On rencontre son- \ent ce mot dans le Vendidad -Sade.
« S 4. J'iQToqne, Je célèbre les parties da Jow (géaies)| mittrv de pureté, Oschen (Uchahina) pur, mattre de parelé. a
Les noms des parties du Jour ont été personiiîiès par les Perses et sont devenus des génies.
Oschen préside à la portion de la nuit qui commence à minuit'et s'arrête à l'aurore.
« S 5. rinvoque, je célèbre celui qui est élevé et qui protège les maisoos, pur, mattre de pureté.
» S 6. J^invoque, Je célèbre Serosch (Çraocha>, saint, doué de sainteté, victorieux, qui donne Tabondance au monde, Rasehné (Raçna) très Juste, et AschtÀd (Arstât), celle qui donne au monde rabondance, qui donne au monde les biens. •
Sérosch est un ized personnifiant la pureté, la sainteté; Ra« schnéy rized de la droiture; Aschl&d, Tized de rabondance» qui comble les désirs.
« 7. J*iQvoque, Je célèbre Hévau, pur, mattre de puretés •
(1) Mém. de VAead. des Ineer., t. 34, p, 394.— ComnaU. sur k Yaffia,p. 158.
Hâfan eiprime la période marquée par l'apparition du soleil jusqu'à midi , comme Oschen désigne la pointe du jour.
c S 8. rioToqae, je célèbre celai qoi donne la fécondité ei qui protège les hameaux, par, maître de pureté. •
» S 9- J'invoque, je célèbre Mithra, qui multiplie les couples de bœab, qui a mille oreilles, dix mille yeux, appelé du nom d'Ized ; QinYoque le*célèbre) Rameschne Khftrom (le plaisir du goût ).§
M ithra est une des divinités les plus célèbres invoquées dans le Zend-Avesta. On lui attribuait le rôle de fertiliser les terres incultes, et de peupler les déserts.
Bien que le nom d'Ized s'applique aux génies du second ordre qui prennent rang après les Amscbaspands, il désigne aussi tous les êtres auxquels s'adresse l'adoration des hommes.
Bamescbé-Khârom exprime un être invisible par la puissance duquel les hommes oonnaissent le goût de la nourriture.
« S lO.rinvoqne, je célèbre Rapitan, pur, maître de pureté.
» S 11. rinvoque, je célèbre celui qui répand la génénitioa, ei qui protège les villes, pur, maître de pureté.
B S IS. rinvoque, Je célèbre Ardibehescht, et le feu d'Akuramazda. »
Rapitan est la portion du jour qui commence à midi et finit à trois heures.
Le paragraphe 2 fait allusion au gâh ou division du jour pendant laquelle le soleil domine sans partage, et présente le caractère fécondant de la production.
« S 13. J'invoque, je célèbre Osiren, pur, maître de pureté.
m S 14. rinvoque, je célèbre celui qui multiplie les hommes, et qui protège les provioces, pur, maître de pureté.
B S 15. J'invoque, je célèbre le haut, le divin sommet, source des eaux et Teau donnée par Mazda. •
Le g&h Osiren exprime la seconde partie du jour, jusqo'aa coucher du soleil. Il a pour ooopérateur celui dont parle le
5Î0 l-ES C1TIL1SATI0NS PRIMITIVES.
paragraphe 4, le mâle Vîra (ôtrefort), odui qui multiplie les
bommes.
Quant au sommet , source des eaux , il s'agit du souverain Bordj f ized des femmes, dont la nature est Feau. C'est de lai que sort la source de Teau, nommée aruamda^ qui produit les plus beaux chevaux. L'eau étant le grand principe fécondant de la nature, la monUgne qui la renferme est appelée le génie des femmes.
» S 16- Jinvoqua le célèbre Bvesroatren, celui qui veille mur la vie, pur, maître de pureté.
m %il. Jinvoque, je célèbre celai qui multiplie les moyens de bien virre, et celui qui se rapproche le plus de Zoroastre, pur, maître de pureté. »
Le gfth Evesroutren répond à la portion de la nuit qui s'étend depuis le coucher du soleil jusqu'à minuit; (^est le génie de la vigilanôe.
La présence du nom de Zoroastre dans le paragraphe suivant tient à un usage assez général chez les écrivains ori^taux, de se nommer eux-mêmes à la troisième personne.
c S 18. J'invoque, je célèbre les ferouers des saints, et les femmes qui ont les hommes poor protecteurs ; et le gâha^Mir favorable aux maisons^ et Ténergie avec une bonne constitution, avec une taille élevée, et la victoire (Behram) donnée par Ahara, et la supériorité protectrice. »
Ce paragraphe comprend sous une même invocation des êtres assez différents , mais entre lesquels existaient quelques rapports. Les ferouers sont les types divins des êtres doués d'intelligence. Dans les monuments dePersépolis» le ferouer se tient au-dessus du roi. C'est le génie bienfaisant qui dispense le bonheur aux hommes vertueux dont il est l'apothéose.
Les femmes dont il est ici question sont probablement celles dont le souvenir est consacré par leur vertu et leur sainteté.
G&banbar est le nom d'une des six fêtes commémoratives
PEHSES» 5Si
des six époques de la création, qu'on invoque chacune successivement
« S 19. J'infoque* je célèbre les mois, maîtres de pureté i la nouvelle lune, (génie) pur, maître de pureté.
9 S SO. J'IUToque, je célèbre la pleine lune, qui fait tout naître, (génie) pur, maître de pureté.
» S Si . J'invoque et je célèbre les GAhanbarSi maîtres de pureté Mediozerem, pur, maître de pareté. »
La lune était considérée comme dépositaire des germes, el la pleine lune comme faisant tout naître par une influence directe.
Medîozerem est un génie gàlianl)ar qui exprime une espèce d'huile servant de breuvage aux bienheureux. Il désigne peut« être aussi la fêle de cinq jours consacrée au souvenir de la création du del ou éther, par Ormuzd.
€ s n. J'invoque, je célèbre Medioschem, pur, maître de pureté.
• S )3. J*invoque, je célèbre Peteichem, pur, maître de pureté.
B S S4. J'invoqae, Je célèbre Elathrem, temps de la fécondation et de l'émission de la semence, pur, maître de pureté. »
Le g&banbtr Medioschem répond à l'époque de la créatîM des eaux, et on liii attribue la verdure.
Peteschem signifie la production des i;nraiins.
Eîathrem est l'époque de la création des arbres et de la fécondation des animaux.
c S t3. J'invoque, je eéltture Mediareb, pur^ maître de pureté.
» S 16. J*lnvoqtte, je célèbre Hamespethmédem, pur, maître de pureté.
» S S7. Jlnvoque, je célèbre les* années (génies), maîtres de pureté. »
Mediareb est le génie répondant au milieu de l'année, époque où l'on célébrait une tete.
399 LES CIVIMSATIOKS PltllIITITCft.
annfliH'toi>^'n «it le ioiàme et dernier gftbubar relatif à la crtetion de rhomine» en mémoire de laquelle lea Pttraea célébrant une de leors plua grandes fêles; elle dure pendant les dix derdieis jours de l'année. Ce nom ranferme b notion d'un long sacrifice» et rappelle les idées eoamqjrapbiqoes des Indiens, d'apiés lesqudles la création est le résultat d'an sacrifice, où l'Être suprême , sous la forme de l'homme , est i la fois le sacrificateur et la victime.
• S ne. rinreqoe, je célèbre tous ces maîtres, qai sont maltrea de pureté, et les trente-trois génies les plas rapprochés de Hâyan qui soDt d'aoe pureté excellente, que Mszda a Mt coonattre et qo*a prodaoïés Zoroastre. »
On a TU dana ces trante-trois génies une allusion aux tinnlntrois dieux indiens que mentiooue une Oupantshad, et doal le souvenir se serait perpétué chez les Perses (1).
Hâtani désigne le génie présidant i la portion du jour comprise enflieraurors et le miHen du jours il signifie le générateur ;e'est une incarnation du aoleil environné d'un cortège de dieux qui répondent aux Adilyas indiens.
Mazda est ici pour Oroiuxd. .
« St9«le célèbre, J*invoqtte Ahora et Mîthra, élevés, immortels, foie, elles astres, eréations saintes et oéiertes, et Vastre TasAlsr, lamiaeax, resplendissant, et la lune» qui garde le geruM du tanreau; et le soleil, souverain, coursier rapide, eril d'Ahua-Maxda ; Miihra, dief des provinoes. »
11 y avait entre les dieux Ahura et Mithra un rapport semblable à celui que les Perses établissaient entre les amschaspands khorda et amerdad.
Mithra, dieu soleil, est une.des plus anciennes divinités des Pf^rse» d'origiipe arienne; il est appelé aussi le plus grand roi des villages de ce monde.
Taschter est Tun des astres fféquemment célébrés dans le
(I ) Barnouf. Comment, sar le Yaçoa, p. 341 .
PERSES* d^
Z6iid«âv«tU. n répond à Siriiis, i la oonslellation de la pluie. Le Bomdekuek nous apprend que quand le taureau ooamogonique mourut, sa semence fut recueillie par la lune, de là ce titre de dépositaire du germe du taureau, donné à la lune*
c {30. Je célèbre J'infoque (le génie du Jour et celai du mois eà ronrédtoleYaçna).
» S 3i« ie i'iDToque, je te célèbre, 6 toi, feu, fils d'Ahuramazda (Ormazd) arec tous les feux.
» % Z%, rinyoque et Je célèbre les eaux pares, et toutes les eaux données de Mazda, et tous les arbres donnés de Mazda. »
Le paragraphe M fait allusion au génie sous la garde duquel sont le mois et le jour où l'on récite le yaçna.
€ S 33. rinvoqoe, je célèbre la parole excellente, ppre, agissante, donnée contre les Détas, donnée par l'entremise de Zoroastre ; la longue étade, la bonne loi des adorateurs de Mazda.
• S 34. J'invoque, je cél^re la montagne, dépositaire de nntetllgence, donnée de Mazda, brillante de pureté, et toutes les montagnes brillantes de pureté, parikitement brillantes, données de Mazda, et la spleadenr des rois donnée de Mazda, et l'éclat non empranlé (des maîtres) donnée de Mazda. »
La montagne dont il s'agît est peut-être TAIbordj, montagne qui est dite garder et conserver Tintelligence dans la demeure des iMMnmes. Cette dénomination tient à ce que les montagnes et les lieux élevés sont en gr^nd honneur dans la religion de Zoroastre. l.es anciens habitants de TArie ont eu, comme plus tard les Hébreux, leur montagne de la loi, appelée dépositaire de rintelligenoe, et ils Font souTent invoquée dans leurs chants sacrés.
LàtpleHdewr donnée fOrmuti est celle dont on s'assure la possession par la vertu et la bonne conduite ; c'est la splendeur des maîtres, des dépositaires de la loi et de la science : Viciât non emprunté signifie la splendeur que les maîtres doi* vent a leors bonnes actions ot à la pratique de la vertu.
524 LKS CIVILISATIONS PHIIIITIVES.
« $ 35 l'iDToqae, j6 célèbre la pureté excelleiite, la eommissaiiee exeellente, la compréhension excdlenta, la pensée exeelleiite, réelat, le bien donné de Masda. »
Ce paragraphe renferme comme ob;et8 d'invocation les faculiés de rintplligencet les qualités de l'àme, piésœls dt>r-
« S 36. J*ioToqne et je célèbre l'excellente, la parfefte bénédiction, et rhomme excellent qai est par, et la pensée de rbomme asge, redoutable, paissante, Ized. »
Le mot Ized n*est là sans doute que comme opposition aux mots qui caractérisent ce qui dans l'esprit du sage est redouia* Ue et puissant» c'esl-à-dire Fimpiécation. Selon les Pensa» le souhait des gens de bien est de deux sortes : l'un est jneoUil, l'autre est prononcé, celui-ci est la bénédiction très-puîssanle; celui-là est Timprécallon très-puissante. La fortune que les hommes acquièrent par leurs bonnes actions, c'est la bénédiolion des gens de bien qui en est la gardienne.
Les deux souhaite sont réunis ici et forment un paragra* pbe dont le commencement est consacré à la bénédiction et la fin à la pensée qui veut nuire. Or, les Perses ont personnifié ces abstractions, ces qualités morales, qui, d'abord, significatives au propre, sont devenues des êtres mythologiques.
« S 37. Jinvoqoe, je célèbre et ces lieux et ces pays, et les pares des bestiaux, et les maisons, et les lieux où se gardent les grains, et les eaox et les terres, et les arbres, et cette terre et ce ciel, et le« vent por, les astres, la lune et le soleil, lomières qui sont sans coiOr mencement, incréées, et tontes les créations de l'Etre saint et céleste, ceox et celles qui sont pars (génies), maîtres de pureté. »
Il n*est pas étonnant qu'après avoir invoqué les contrées eC les demeures qu'il habite» l'adorateur d'Ormuzd pense à la protection et à la nourriture qu'il désire y trouver; ce sont des idées primitives dont la présence dans le zend-avesta ne doit pas plus étonner que les invocations des poètes védiques demandant sans cosse aux divinités des richesses.
TERSBS. 525
t et anciens Perses ont, comme les Indiens, conçu eiacioré» au-dessus des astres, la lumière incréée, immortelle, celle de la lune et du soleil.
tf. E. Burnouf pense que les lumières mentionnées dans ce paragraphe ne constituent pas un objet spécial d'adoration, maïs qu'elles sont jointes à TinYOcalion des astres, du soleil et de la lune. Ce n'est la qu'un sîdérisme plus ou moins épuré, un reste du culte antique que Zoronstre réforma.
Les êtres divers invoqués à la fin du paragraphe sont désignés par un titre commun à tous les génies célébrés dans le yaçna.
« $ 3S. J'inroqq^ je célèbre le maître éleré, qui est mattre de pureté, les maîtres (qui sont) les jours, les portions diurnes, les ■ois, les époques de Tannée (les gàhanbars), les années, (géole^ qui sont maîtres de pureté, ee qui est donné ici, donné contre les Déras, la parole de Zoroastre, maître.
• S 39. J'inroque, Je célèbre les redoutables, les paissants férouers des hommes purs, les férouers des hommes de l'ancienne loi, les férouers des hommes noureaux, mes parents, les férouers de mon âme. B
Ces derniers mots expriment la différence qu'on établit entre les divers férouers, ceux des ancêtres attachés à l'ancienne loi, etceuxdes hommes de la nouvelle race, contemporains de celui qui adresse l'Invocation.
L'&me est considérée dans la plupart des anciens systèmes philosophiques de l'Orient comme la vie dont le mouvement «st le signe : la poitrine {wqs) était supposée son siège.
c s 40. J'invoque, Je célèbre tous les maîtres de pureté.
• S 41. J*invoquei je célèbre tons les Izeds, et célestes ei terres- Ires, qui distribuent les richesses, qui doivent être adorés et invoqués par la pureté qui est excellente.
» S 4S. 0 toi qui es donné en ce monde, donné contre les Dévas, ^roaslre, pur, niaUre de pureté, si je tai blessé, soit en pensée, soit en parole, soit en action, que ce soit volontairement, que ce soit involontairiment , j'adresse de nouveau cette louange en ton
5âf) LES ClVIMS\TiOII8 PHIMITITES.
r; o«l» Je t'invoque, ti j*d faiUi deveat toi dans eei flee ai dane cette inToeatioii*
» S 43. 0 TOUS tona, maftrea trèe^granda, pnia, maltrea de puraté! ai Je foua ai Mesaés aoit en penaée, aoit en parolea, aoit en action, que ce aoit Tolontairement, qne ce aoit infolontairement, J'adrecee de nouTcau cette loaange en Totra honneur ; ont, je rona inToqae, ai i*ai Ikilli devant toqs dana ce sacrifiée et dana cette in- Tocation. •
Calladernière invocation e$l adressée à loua lea mattres pris collectîveinent.
« S 44. Adoratenr de Maxda, sectatenr de Zoroaatre, ennenA dea Dévaa , obsenrateur <les préceptes d'Âhnra, qne J'adresse mon hommage à celui qni est donné ici, donné centre tes Mvaa, à Zoroutre, pur, maître de pureté, pour le sacrifice, pour llUToeation, pour la prière qui rend fieiTorable, pour la b&iédictien. (Qne J'adresse mon hommage) aux maftrea (qui sont) les Jours, les portions diurnes, etc., pour la bénédiction. »
Lea chapittea auivanla sont un peu la répétition de Od que nous venona de Toir. Le quatrième renferme un paasage qui mérite une citation particulière :
« Tona lea êtres mâlaa et femeUea à qui le tout aarant Ahura a enseigné alora que U bien s'obtenait dans le sacrifice par la pureté, noua leur adressons le sacrifice. »
Cette prière réaume les principalea idéea sur iesquellee rapoBo la partie morale du ayatèmo de Zofoeatre : le bien ou la sainteté (vaghô); le sacrifice (yiçua), conaidéfé comme le moyen d*y parTonir ; et la pureté (ncha), indiquée comme copdilion nécesaaire pour pouvoir célébrer le sacrifice, et en obtenir les réaukaïa. Elle nova eonaenre la trace d*nne notion commune aux Magaa et au Brahmanea. Abura enaeigM nux Amschaapands que le sacrifice eet la voie de la aainleté; et Urmuzd est comme le Pouroucha indien, l'inalituleur du an* orifice.
Suivent plusieurs chapitres contenant des invocations à Iloma dont j*ai donné plus haut quelques exlraita.
Quant aux autres, noua n'avons pour nous guider que la traduction fautive qu'Anquetii-Duperron en a fake soua le titre de Bas.
Voîci les plus importants :
« t4« HA. Celui qui doaae le plas de dioses au feu d'Ormanl, et qui a le plus de soin des troupeaux, doit être le chef des purs hommes de ht campagne, le dis qae l'homme pur et très^istiagué doit être chef des militaires. •* Je dis que le chef des chefii doit être ce* lui qui est le plus abondant en bonnes «Bavres. Celui-là est un chef, qui est plus savant que les amschupands eux-mêmes qui font le bien par excellence, plus vrai dans ses paroles, plus élevé, agissant avec plus d'iatelligence.
» 19^ HA. Moi, Ormusd, qui seul ai instruit par l*oreUleZoreastrf, je ne désire que la pureté ; Je dis de fldre le bien, de marcher dreK^ ce qui conservera les animaux purs.
• 3i« HA. Je te demande, ê Ormusd, de me donner les plaWm, la
pnreté, la sainteté, aeeerde-moi une vie longue et bien remplie
Que esini qui ftdt le mal ne vive pas longtemps, qu'il sait sans gloire...
• 35* HA. Je reconusande de donner aux troupeaux. Procureleur le plaisir, les pâturages ; nourris ceux qui ne sont pu nourris; donne un chef à ceux qui n'en ont pas.. Que l'homme et la femme sachent que celui qui fera cette bonne action aura le vent favorable ; tu le traiteru selon ses oravres.
» 4t* UA. 0 loi, germe parùtit, excellent Ormuxd, que ta main agisse I donne-moi de vivre longtemps pur et saint, ù toi, grand, pur etélevéi moi, qui me présente avec des dispositioas pares.
» W HA. Si le Darvand (produit par Akrlman) fut le bien, les productions des troupeaux croîtront dans les viUes et dans les pro« vinces. Le méchant, s'il agit ainsi, sera pur...
» é6« HA. Que le roi pur eommandet que le méchant roi neeoaimande pas!... —QneBahman (second amsehaspand) donne la vie longue à l'homme dont la pureté est connue...
• 48« HA. Ormuzd, qui es grand, qui aimes toujours la sainteté, donnes dans le monde la grandeur à celui qui est pur de cœur j ac • complis publiquement ses désirs Juqu'à la résurrection.
» 61^ HA. Moi, pur Zoroaatre, Je bénis quiconque nourrit un ami
538 LES CIVILISATIOIIS PEIMimrES.
el Mt dtUoB, te pw q«i te iwd eacoraplM por, rod doM niliéMl yfiwt ; eelvi qni M pur, qui «•! jute, qu'il se dtt Bthmehijfênéi») « aagmeBlant n jostiee... •
§ 6. LE VISPERED.
Le Viipered est un recueil dlnvocations à tous les cbeb des ètras» des cioui(, de la tarre» des eaux, etc. Ou rapporte que Zoroaslie le récita devant uo Brahmane qui était reou !e voir et qui embrassa ensuite sa doctrine.
M est divisé en foigl-sepl diapities.
Le Vispered, le Yaçna et leVendidad doiiwi Mie célébrés atoattHanénient par deux prtires diu Ifobeds: le premier esl nommé Djouti » et le second Raspi , ministve du premier.
Dans le premier enrdé ou chapitre , Zoroasire invoque tous les grands génies du cki el de h terre, puis les hommes et les femmes qui prient avec zèle et pureté :
« rinvoque et je célèbre les femmes de toute espèce, asseayilée vivants, donnée d'Orauzd, taiDles, pures et grandes. Tlnvoque et je célèbre edul dont les pensées sont pures et éisféss. J'invoqae et Je célèbre la grande sonree d*esu, sainte» pure et grandi... Les montagnes toutes brillantes, s^onr du bonheur, donoèes d'Ormud... MIflhra, qui rend fertiles les terres Incultes. . Dahmaa pur, qui bénit le peuple et l'homme juste.. .. Llman, qal désire (û loi)..... la parole (source) de tout» sainte» pure et gmnde... Le taureau élevé qui fiUlerottre l'herbe en abondance. Ce taureau donné par, et qui a fidt naître Thomme pur. »
Dans le deuxième chapitre ou cardé, l*auleur s'adresse aux génies précédents, puis aux gâhahbars, savoir : Médîoechem, qui donne la verdure; Petescfaem, principe de chaleur, Eiathrom, qui fait naître les arbres, les fruits, les animaux; lié-
pERsts. 529
dinreh, source de toutes choses; Hamespethmédem, qui rend grand et heureux; le Monde qui existe, saint, pur et grand; celui qui observe les grandes choses, qui conserve l'humilité, et qui, en exécutant la parole* source de biens, procure au monde Tabondance et le bonheur; legàhHonouët, pur et grand; la femme juste et heureuse, bonne mère, très-pure; la montagne toute brillante,séjour de bonhear»donnéed'Ormuzd;llitbra, qui rend fertiles les terres incultes; le Peu pie, Thomme juste ; la semence forte du peuple céleste; Tlrman qui désire :1e trône d*Ormuzd et les réponses d'Ormuzd; le taureau élevé qui faîi croître l'herbe, donné pur, qui a donné Tôlre à l'homme pur.
1^ troisième cardé est un dialogue entre le Djouli et le Raspi:
m Le DpuH. Que celui qui porte Thâvan se présente. » Le RatpU J'obéis.
• Le DJouH. Que celui qui porte tout se présente.
• Le Baepi, robéis.
• LeJDjauH. Qae celai qui porte Peau se présente. B Ja Baspù J*obéis.
» Le DjauU. Que le fidèle, qui bit des œuvres méritoires, qui est bien instruit, et qui parle selon la vérité, seprésentci. B Le EaspL J'obéis, b
Le quatrième cardé porte :
m Que rhomme par se présente , celui qui est très saint de pensée, très^aint de parole, très-saint d'action, qui s'occupe du bien et renonce au mal, qui produit l'abondance dans le monde. Enfin, vous, qui qae vous soyez, qui êtes appelé chef des Méhestans, venez et présentez-voas. Comme le premier des Amschaspands, <es le bien, soyez savant, vrai dans vos paroles, grand, plein d'intelllgenee. »
Dans le cinquième cardé on adresse le sacrifice à quiconque s'occupe de la pureté intérieure, aux chefs qui donnent des animaux, au prêtre ; à tous les saints du monde; à celui qui
330 LES ClYlLISATloro miUlTlVEg.
faii des cniTrw mériloifw; à Ormosd, à la parole de Zoroastie, etc.
Les sixième et septième cardés sont adressés aux Amschas* pands, aux 'g&hanbars, aux feroners, aux beds elaux destours.
Dans le huitlèmet le yaçna» m sicrilee, est adressa à oeliii qui dit la tentée eC aux géufes Séroscb. Aschesebing, Nériosengb» à Mitbra, à la noble Pinrand» aux personnes qui s'appliquent à être pures de pensée» de parole, et d'aetion ; i rhomme intellfgent, prompt dans le |>ien ; au sommeil donné par Ormuid pour le soulagement des animaux TÎYants; au ciel, à Teau, à la terra^ aux astres» au taureau pur» au vent» au ciel pur, aux &mes des morts*
Le neuritaie cardé porte :
€ La roi qd est pur, qol est saint et élevé eomme moi^^U^ donnerai; l'aurai soin de lai comme étant à moi> OraïQxd, wfkBA et céleste. »
Le dixième cardé est adressé surtout à Borna» ce qui donne Tabondanoe. les pâturages» ce qui est bon i manger (1).
Les onzième et douzième sont une répétition de ce que nous venons de voir ; on Ht dans le douzième :
c riQToqae celui qui rend ces lieux étendus, qoi rend ces lieux fertiles, qui Ut du bien à ces lieux, qui leur doane rabondanee, qui voit de loin le mal et Téloigne de ces lieux habités par les troupeaux, par les hommes qui naissent, qui engendrent, par les saints qui sont, par ceux qai ont été, ces lieux dans lesquels Je suis, moi, qui fais du bien aux provinces, mol, homme pur, qui lais le bleu, moi, femme pure, qui fois le bien, moi, femme, qui agis publiquement avec pureté, moi, homme, dont les actions ne respirent que sainteté, moi, femmci dont les actions ne respirent que sainteté. »
(I Voir S 3.
pEnsES. 551
Les iroâièine et quatorzième cardés» reproduisent en partie les invocations précédentes. Le Djouti tenant un morceau de homa dit :
« Je suis très-obéissant; Je donne m psuj^e des principes purs, fidèles, j'exécute arec pureté Tordre d'Ormuzd ; je suis soumis de cœur à ce que commande le pur Ormuzd qui nourrit celui dont les dispositions sont saintes, qui rdère ceux qui sont grands, célestes et purs, leur donne rabondance... •
Le quinzième est adressé aux trois cbosea principales nécessaires à ceux qui ne peuvent plus parler, qui sont sans espérance; aux paroles bien dites qa*on lit avec attention, qu'on chante.
Les seizième et dix-septième sont adressés au gàh honoûet et à Honover.
Dans le dix-huitième il est recommandé au disdple de Zoroastre de donner à ceux qui font le bien avec exactitude et non à ceux qui veulent faire le mal, de nourrir ceux qui agis* sent avec pureté, et d'abandonner celui qui n'est pas humble de cœur.
Le diz*neavième estuneinvocatioo ao feo, flis d'Ormusd, germe d*lzed, germe de droiture, à Tho mme pur et à tous les saints, etc.
Les vingtième, vingt-et-onîèaie et vingtdeuxième sont encore adressés au feu» à Ormuid, aux Amschaspands, aux saints, aux purs, au monde, à l'intelligence qui sait tout^ à la lumière du soleil, au soleil, aux créatures.
Les derniers, enfin, invoquent les génies des métaux, de la santé, de Tabondanoe, des fruits, des arbres, des eaux, des prières, de la lumière, du uionde céleste» de la pureté de pensée, de parole et d'action.
55i LES ClVlLlSJtTIOHS FRIMITIVKS.
§?• LE TBUDIDAD.
Le Vendidad est un des livres Zends qae les Mobeds lisent eD célébrant leur litoigie. Les Paises le rc^rdeot encore comme le fond de leurs lois, etf en effet, il renferme de nombreux détails sur la yie civile et religieuse, et des sanctions pénales pour toutes sortes de délits.
Dans le premier Pargard Ormuzd parle i Zoroastre de ses productions et de celles d'Abrîman :
cTai donné on litu de déliées et d'abondaBoe; persoane n^en peut donner an pareil. Si je n^avais pu donné ce lien de déUees, aucun être ne l*aarilt donné. Ce lieu (Erïene Yéedjô (1), était plus beau que le monde entier qui existe... Cest la première ville que Je produisis. Ensuite, Ahriman, plein de mort, fit dans le fleuve la grande couleuvre (mtee) de l'Uter donné par le Dew. Il y eut dix OMiis didver et denx dediaud... L*Uver répandit le froid dans rean, dans la ferre, dans les ariires; l'hiver fiit e](tréaienient rude. Ce n*eit qu'après rbiTorqne les biens croissent en abondance. »
Pour nuire aux productions d'Ormnsd, son antagoniste Ahriman fit naître des mouches qui donnèrent la mort aux troupeaux, inventa les mauvais discours, créa des fonnnis, imagina des doutes criminelSf produisit la pauvreté, établit Je culte des Paris (Dews femelles), causa la corruption du coeur, le péché contre nature» renterrement des morts^ la magie.
€ La magie fait paraître tout ; elle donne tout. Lorsque le magicien arrlTe, lorsqu'on le voit, la magie paraît qudque chose de
(i) Aoqnetii pense qu'il s'agit de Hran, portion de l'Arménie. Voir son Zeni'Jveêta^ 3 voL in-4*.
grand; mais tonqa'elle se présente ayee le plos d'empive, elle ne Tient ({ue du mauTais prineipe, du chef des maux. Bile est éloignée du grand, de eelni qui ikit le bien. »
Abriman produisitencore raction de brûler les corpe» les mois des femoieset le dur hiver. En un mot» Abriman est Tauteur de toutes les misères de ce monde^ des intempéries de la nature, des vices» des maladies, de la mort, et des impuretés qui s'en suivent*
Dans le farford II, Zoroastre demande i Ormuid quel est le premier bomme à qui il a révélé la loi.
Ormuad répond que e'esl Djemsehid auquel il ofdoura de se soumettre à sa loi, de la propager, de fertiliser, denovrrtrei de gouverner le OHHide; etque Djemscbid lui dit : « Je remkai heureux le monde qui vous appartient ; je rendrai votre monde fertile et abondant, j'en aurai soin, je le nourrirai, j'en serai le chef, je gouvemeiai, pourvu que pendant mon règne il n'y ait ni vent froid, ni vent chaud, ni pourriture, ni mort: que les dcws disparaissent lorsque je prononcerai votre parole. »
Djemscbid s'avança sur trois cents portions de terres, et elles se remplirent d'animaux, d'hommes, de chiens, de volatilest de feux rouges et brûbnts.
Djemscbid fit le ver elle peupla d'hommes et de bestiaux; il y fit couler l'eau en abondance : des champs toujours dorés produisirent des végétaux nourrissants* Les jeunes gens y furent modestes et respectueux, gras et bien nourris.
Ormuzd , racontant à Zosoasire les détails de la création, parle du bonheur des hommes qui habitaient au commencement Je verefêchaûé :
« Il n'y avait dans ce lieu aneun chef qnl commandât devant ni derrière, de loin ni de près et avec dureté; il n'y avait nimendlanl, si ennemi caché, ni personne qui frappât, ni dent cmeHe. On n'y séparait pas les hommes les uns des antres. Les femmes n'y étaient pas sujettes aux temps critiques dont Ahriman a affligé l'humanité. »
334 hfs aviLisATiOKs primitives.
Lèfar§tirdm poHe 411e si iw homme puinanteljvite dôme dm teriM aux prMres. mx tronpeaiix, au femmes, ami^* fants, aux assemblées pures, ces terres pfodairont en abondance les pMurageSy les chiens, les femmes, les jeunes gens, le feu, toutes les productions qui croissent purement.
Zoroastre demande i Ormuzd : « quelle est la première chosequi déplaise à cette ferre elTempèche d'être b^orable? »
Ormuid répond : « c'est lorsqn'dle défient le séjour de la violence, et que les dews et les daroud|Js y portent Pinjustiee »
-^ Qttalieesi la seconde chose qui déplaise à cette lem?
— « C'est lorsqu'aprèsPavoir bien |inie, on la creuse pour y mettre le eadàvie d'wa chien ou celui d'an homme, qu'on reeoaweenstitte. «
H est i^té que si an homme porte aeal on corps mort, le daroadjs Nésosch saisira le porteur par le nei; les yen, la langoe, enfin par loot le corps : le mort même âèvera la voix contre cet homme, et cet homme ne sesa porifiè de ce crime qu'à la résurrection.
LeKeu destiné aux sépal tores doit être entièrement sépiré de l'éau et des arbres, inaccessible avx animaux domestiques et aux bestiaux.
Celui qui mange des mets ou qui prend les habits qui sont près du mort, tombera dangereusement malade; il vieillira et sera impuissant ; on le conduira sur une haute monlagner où, après qu'on lui aura arraché la peau dans la largeur, il de* viendra la nourriture des animaux, Mais s'ilserepent sincère* ment, son erime sera expié pnr ce repentir même.
Ormusd déclare que la terre la plus exenente est celle qu'on unit bien et dans laquelle on plante des grains, de l'herbe, des arbtes fruitiers; à laquelle on donne de l'eaa quand elle est aàehe, qu'on dessèche quand elle a trop d'eau.
On demande ensuite à Ormuzd ;
« Quel est le point le plas pur de la loi des Mazdéiesnans (disciles de Zoroastre) ? Ormuzd répond : c*est de semer de forts grains.
PEBSES* 335
Cdol <iiii aèoie des gnini el le ëêH aTeeparetéi remplit tonte Téleiidae de cette loi... Celui qai donne des grains brise les dews. Quelque peu que l'homme en donne, ii frappera, il détruira le dew.... sans la nourriture il n'y a ni forts laboureurs, ni enfants robustes...
c Séparez-Tous des Toleurs, du magicien, de celui qui pèche contre ]e juste, de celui qui enterre un mort, de celui qui commet un crime, qui empèehe de passer le pont, de celui qui, par orgueil, retient ce qu'il a emprunté. »
Lofsqu'an chieo ou un homme mort a été enterréi ai on laisse passer la moitié d'une année sans le retirer, le coupable devra être frappé de cinq cents coups de oourroies, ou payer cinq cents derems (sorte de monnaie). Si on le laisse passer Tannée entière, le coupable reoeTra mille coups, ou payera mille dêrenu. Si on le laisse deux ans, le coupable ne pourra expier ce crime, ni être purifié. 11 sera séparé des fidèles^ et on lui coupera les jointures des membres.
Le fargard IV porte que l'homme qui demande et ne rend pas ce qui! a demandé, sa demande môme est un vol> parce qu'il n'est pas dans la disposition de rendre ce qu'il demande. Quand même le préteur serait riche, il n'en faudrait pas moins penser jour el nuit aux moyens de le satisfaire.
Combien y a-t-il de Mithra-daroudjs (I).
Ormuzd répond : 1« quand on donne sa parole ; S« quand on met les mains l'une dans l'autre; S* dans la récompense due aux bestiaux; 4« dans la récompense due à l'instituteur ; 5û dans la récompense due aux paysans. Augmenter les villages, les rendre abondants et riches, c'est une action digne d'un homme de bon sens.
La punition de ceux qui n'auront pas tenu leur parole aéra de trots cents ans d'enfer, à moins d'une offrande faite par ses parents* La punition de ceux qui refusent la récompense due
(1) Péchés inspirés par le Daroudj, rival de Mîthra.
ion aniiDal domestique een de septcanls ans d*enrer,ou d'une offrande proportionnée faite par les proches parents da coupable : Pour les bestiaux de huit cents ans; pour l'instituteur de neuf cents ans ; pour les villages de mille ans.
Celui qui commet l'intention de frapper, sera frappé de cinq coups de courroie* ou paiera cinq derems; à la première récidive dix coups; à la seconde quinze coups , i la quatrième trente et ainsi de suite dans la même proportion. Celui qui aura frappé, sera puni de dix coups; et pour lesrécidifes de coups proportionnels ou d'amendes équivalentes : «loi qui aura blessé en frappant, sera condamné à quinze coups ou à quinze derem$j et pour les récidives dans la même piopor* tion.
Celui qui aura frappé par derrière avec videoce reûsvra trente coups, et ainsi de suite.
Le législateur ajoute :
« Qoe celui qui a de rintelligence et qui est au-dessus des autres, exécute ce que vous anooneerez au monde ; sinon qa*on lui coupe le corps du haut en bas Bvec un couteau de fer... car ce sera coomie s'il précipitait cent personnes dans l'enfer... •
BnOn, celui qui aura promis de faire couler l'eau fécoode d'un fleuve et qui mentira à sa parole recevra sept cents coups ou paiera sept cents derenu.
Le far§ard V concerne les devoirs rendus aux morts éi les souillures causées par leur présence ou leur contact. Puis il traite des impuretés de la femme dans les cas d'accouchements et autres.
Le fargard IV parle aussi des souillures occasionnées par le cadavre d'un homme ou d'un chien.
Ormuzd déclare qu'il faut laisser un an entier en fridie le terre sur laquelle est mort un chien ou un homme ; et des peines sévères sont édictées contre ceux qui déterrent ces corps.
L'etu touillée par la prémice d'un corps ou d'une partie du oorptest rigoureosemeot interdite à toute espèce d'emploi avant d'avoir été purifiée dans les formes déterminées. Cest ainsi que des règlements hygiéniques ont été imposés à titre de lois religieuses.
H ordonne de placer les corps morts sur un lieu élevé» hors d'atteinte du chien, du renard, du loup. Il ne faut pas qu'iî pleuve sur cet endroit; Si les Masdéîesmanssont riches et qu'ils puissent construire un édifice, ils devront le construire ; slls ne sont pas assez riches, ils placeront le corps sur la terre dans ' son propre habit, au lieu même où il est mort, de sorte que la luiiûère donne dessus, et que le soleil le voye.
Fargard TU : Si la première fois qu'un Daôvayaçna emploie le médecin, il vient à mourir ; si la deuxième fois qu'un Daè* vayaçna l'emploie, il vient à mourir, ce médecin est inhabile pour jamais. Si après cela on l'emploie et que le malade meure, que la mort soit infligée au médecin comme ch&timent d'une action faite sciemment.
Si la première, b deuxième ou la troisième fois qu'un Daèvayaçna emploie un médecin il en échappe, ce médeda est déclaré expert à toujours.
Un médecin qui guérit une femme maitrease de maison^ comme celui qui guérit la maîtresse d'un lieu, mérite une vache; s'il guérit la maltrease d'une ville, une jument; s'il guérit la maltresse d'une province, un cbameau.
La fin de ce faqptrd porte :
c Bst-ce qu'ailes sont pares les vadies qui viendraient à toaeber an chien on à un homme mort t — Ahara répond : Biles ne peuvent être pares, é saint Zoroastre, tant que dore l'année. Celui dont les dispositions sont pores, dont les désfav sont pors, passera le pont^ celui qui est saint de cœur anéantira le DaroadJ... •
Le fargturd VIII renferme des prescriptions relatives au cada- I 22
SM LES CIVII.ISATIOKS PRIMITIVES.
Tra d'an cUsd ou d*tui bomne mori sms un arbm fruiiiir.
Ce corps doit èlra parfumé el porté en un lieu pr^ié pour le feeevoir* Il faut que œ lieu aoit à une certaine diaiance 4a isut de Teau» et des habiuitioos. On y porte de la œndffa ou de la booM de vacbe, sur laqurile on étend le caula-» ▼ce. Si le cadatr» est ntt« on oouYrira la terre de mastic eu de pierre ; on le lavera avec de Tnrine d'animal domettîque>
On ne laissera passer par oe cl^einin ni les animaux, ni ka hommes» ni les femmes» Jusqu'à oe qu'il ait été vu par uo chien ayant les yeux et les sourcils jaunes, les oreiUes blaa* ches et jaunes» ou qu'une prière ail été proaonoée sur oe chemin par l'Athomé (prêtre qui sait la loi).
Celui qui mettra sur le cadavre un vêtement, sers puai de quatre cents coups de courroie, et plus selon les dreoostancea.
Les souillures personnelles et volontaires sont purifiablea par la loi des adorateiûrs d'Ormuzd » comme celles do voleur et du magicien.
Suivent des règles de purifications à la suite de la présence ou du contact d'un cadavre, ou même du feu qui consume un cadavre.
Diverses récompenses sont promises pour Tautre vie i ceux qui portent du feu destiné à b^âler un mort, à cuire la laque et des vases de terre, ou pour travailler Tétaîn , ou pour &fonner l'or et Targent, Tacier et le cuivre, oa pour cuire la grain, écla!rer la nuit, etc.
L'homme qui a touché un cadavre redeviendra pur, en ae lavant quinie (bis le corps tfvee de l'urine de bœuf; puis il adressera au prêtre cette prière : « Mon eorps vient d*êlra souillé par un mort, sans que mes pensées^ mes paroles, ni mes actions y aient pris part; je désire être purifié.^ » Le ttom de sa faute lui sera remis ; il ira ainsi jusque dans icoia vitteat y fera la même priées, et sera complètement puriié .
Le farp^rd IX énumère les qualités que doit avoir le prêtre chargé de purifier l'homme souillé par un mort ; il indique
PIIRSES. SK)
Its lîeus de purification éL les luaiiqucii ^ui doimoi i'accompagner; le chef de contrée donnen à celai qui Taure purifié un jeune chameeu. Le cbef de ville au jeune taureau i le chef de maiflon, un plus petit taureau ; la femme du chef» un plus petit encore; et ainsi des autres à proportion de leur rang. Ceux qui ne penvent donner un animait le remplaceront par de l*argent«
Le fatfoH X contient les paroles réréléss à Zoroastre par Ormusd pour chasser l'esprit malin qui ^empare du mort, et ee jette sur le mant sous forme d^knpnreté.
Le /bryanf XI renferme les formules de purification pour le lieui le feu, Teau, la terre, lestroupeauxt les arbres, rhomme pur, la Comme pure* les astres, la lune, le soleil, la lumière première, et, en général, toutes les productions d^Ormuxd qui •ureut été souillées.
Le far§m4 XII indique le nombre de ^prières qu'on devra adresser à Ormusd pour le salut des parents après leur mort. Le fils devra hire trente prières pour son père, la fitfe, trente prières pour sa mère. Ensuite, on lavera trois fois la place où étah le corps, trois fois les vêtemenls du mort. Si un enfiint mAle eu une fille vient à mourir, te père et la mère devront faire également trente prières, Pun pour son file^ l'autre pour sa fille.
B. Bumouf a traduit ainsi le passafe qui oonceme les Mse et sœur :
« alors, si ua ft%re meurt, ou qa*oae sœur SMire, eomUen |liront-fls d*orafsoDS mentales Tun peur l'autre, le trère en Ikveur de la sorar, la sœur en fitreur du frère t CoflAflen ffÙM sont verlaeiizT Oepriiien s'ils sont pécheurs T Alors, Ahuramasda répondit : trente peur les vertueux, solxaate pour les pécheare. »
Si un naître ou une maîtresse de maison vient à mourîr«<on fera une prière par mois, pendant six mois, en leur honneur.
S¥) LES CfTlUSÀTION:? PRIMITIVES.
' ht gfMHl'lières M gnni^mèr», vingt-dnq prières; aa« iMt pMf tas peth«Als 61 polices-flHes ; Tmgt-cinq pour les om* stai; quime pour les psients tu quatrième degrt.
Le fargatrd XHI renrerme des.împrécalions contre cetui qui frappe certaines espèces de chiens : son âme passera dans ce monde un temps dur et accablant; la fureur des loups auguieplera âme les lieux élevés. Le ckien, qui prol^. si bjen, ne le délivrera pas, a^wès sa mort.
Celui qui frappe, ou blesse, ou lue un de ces cUens, sen condamné ici-bas à un certain nombre de coups ou de deriau, suivani la grar ilé des détUs. Ces peines sont proportionaéies aux services que peut rendre chaque espèce de chien. Tel ohieii est représenté comme attaquant le voleur et le loup , tel aulae s'attache à quiconque voudra le nourrir.
Il est formellement interdit de donner aux cbiei^ de la giaisee mouillée; il est recommandé, au contraire, de leur procurer une nourrituse fbondanle ei agréable. Ormusd dH :
«i*ai donné an chien sen poil pour fètaoïeat; il est âer^ Il mt prompt, et aisissant, ayant la dent algaè et de nateUîgeaes. Lorsqu'il fait entendre sa TOtx, le monde est llorissanL Sans loi, le voleur ou le lonp enièrerait les biens des rues i le lenp frapperait, le loup se multiplierait, le loup frapperait et ferait tout disparaître.- • Les chiens frappent le" loup avec force, soit qu'ils l'attaquent, sot qnlls soient attaqués. Lesdiiens, comme TAthorné, est bien &laaiit et heoreoz ; comme le nrilltaire, Il stimule les troupeaux, il rède en tons lieux. Il est actif, rigilant, pendant le temps du sommeil, comme le lAbourj^ur, comme roisean, il est «si» a^appioehe de l'homme, et se nourrit de ce qu*ll peut prendre. Il agit dans IHibscurité comme le voleur exposé à la faim, ou à receroir qnelqoe chœe de mauvais. Il aime à agir dans les ténèbres comme la bête féroce ; sa force est pendant la nuit II est content comme la courtisane el •c tient dans les chemins écartés. Il dort beaucoup comme la jeune iHe; comme elle il est aetil, n a la langue longue et eeurt en avant »
PEHSES. SU
Dans le fargard XIV sont indiquées les pénilenœs imposées à celui qui a tué un chien.
Yoid la plils bisarre :
« Que pear perifler son âme et expier sa faute, il donne à un saint homme, pour femme, sa sorar on sa fille Tiergs, ayant une
honne réputation, des houeles d'oreilles, et âgée de qninse ans
Que pour purifier son âme et eipier sa &nte» il donne à nn saint homme quatorze lièTres, qntl s'spproehe dequatone petits de chiennes, leor £stse pauer Tean dansqoatone bateaiis ; quil donne nn mettre à diz-hnit terrains incultes et sans maîtres ; qu'il entretienne pures dix-huit chiennes, quelque méchantes qu'elles soient.. Qu'il nourrisse dix-huit hommes purs avee de la Tiande, atee du pain et avec du Tin. »
Dans lefargard XV, Zoroastre demande àOrmosd eombie» il y a d'actions qui, accomplies dans le monde actuel, ne seront pas agréées dans Tâutre.
Ormuad répond qu*il y en n cinq :
L'homme commet la première de ces actions lorsqu^il parle d'une manière méprisante à un personnage aaint tout occupé de la loi difine, et qui! marche en suivant son propre esprit.
L'homme commet la seconde action lorsqu'il donne à un chien de la nourriture chaude. Si cette nourriture lui fait tom* ber les dents, ou le blesse, ou lui brûle la lanfne^ oeluî qai aura fait cette action sera coupable du tanafonr (1).
L'homme commet la troîaîëaie action lorsqu'il frappe une chienne qui a des petits ou qa'il l'épouranie, crie après elle, claque ses mains. Si cette chienne tombe dans un trou , dans un puits, dans un précipice, dans une riTièrei si elle se blesse, il sera coupable du tanafour.
L'homme commet la quatrième action lorsqu'il a commerce avec une fille nubile en état d'impureté*
L'homme commet la cinquième action Icfsqn'il a commerce
(t ) Péché qui empêche de passer le pont TehinoTad dans le Paradis.
5<2 ttS UYlLlSATtORS PftlMITlVËS.
awe wm kmuie ^fai «Rail» ra eainAi, ti doM le laM, pw là •Mille» coule, ae oorrompl.
Si une fille soumbe ou non à un dief , Ktrée on non Rfiéev * 4*tcttit ion tefasW son corps sent coapé en morceeoiL.
LacefSr'une AUe foiiiBiae on non soiunieB à un elMf t mieen mmdê m enfanli TelUtboe à tel homme, tî o dtameadeqnTon interfofe fai lanie de eeue fille, en lee i lene devani le deaienr (deeietff) oo defanc le roi • qoi fan ffMf Tenfiint. Lofsqn'on ann décnrir renfant de celte fille» on en fera «uunf à riiomme» à la fille ef à h tante.
Si qiielqa*an a commerce arec une fille, qu'elle soîl aon cher ou non, qu'elle lui ait été livrée ou non, ei qu'il en ail un enfani, il eai lenu de le nourrir. S'il n'en prend pas aoin, son eerpa aeia décÉnfé.
Voîci dea pieaoripiionaqtti ceneomelenceie Im chiens :
«Dam qnelqet Heu que les femdlet perlant leen pittma, e danànaeal de aecoert, on doH toa noarrir... Jnaqn'à ce faela éMen ait deux semaîDei, il font Tefiler antoar de lui ; en doil eaaoila II soigner pendant Thiver, daos les ehalears, lorsqu'il a six mois. Il but qu'une Jeune fiUe de sept ans le nourrisse, eomme si c'était le feu d'Ormosd.
« torokstre demande : Celui qui frappe une chienne, qui étani pMne, aeu trais peMs, qui fiUt couler son lait, la fefi mafgrir,on saièiB hn peik de estls eUenne qui a porté, quelle sera sa penitienf
• Oimuai répond : Il asm ftippé sspl ffsis aree de te peeu de shevaleudeehaaisattttleoidaamiàl^Oderems. »
Le fwrgtrd XVf, contient de minutieuses prescurîplions au sstfei d'une Jeune fille dans un état impur. Un lieu lui esl préparé à une certaine distance du feu, de l'eau el de ThomaM. On lui porte à manger duns des Tases de fer ou de plooib. Atant démanger le latl calltéel les fruits secs qu'on toi apporte, il laut qu'elle ae lave avec de l'urine de bœuf.
Celui qui rapprochera dans cet éui sera frappé de deux
p£nsES. 545
cents coups; il ne po«rra être purifié de ce crime; c'est comme 8*il portait dans le feu où l'on a brûlé un mort le ^Is qui est né de lut
Le XVII* farford contient des règles de purification à observer lorsqu'on a coupé ses cheveux et ses ongles; puis vieni une énumération de personnel plus ou moins coupables de diverses fautes.
• Tons ceux-là sont des méduints, dsrou^js Ide corps, qui ne craignent pas la loi;; tout ceox-là ne craignent pas la loi, qui ne sont pas soumis ; tous ceux-là ne sont pat soufflis, qui sont impurs ; tous ceux-là sont Impurs, qui sont pécheurs. »
Dans le farpuré XVIII Zoroastre demandant à Ormuad qud est leDew qui produit les maux, le dieu lui répond :
« Cest cdul qui enseigne la mauvaise loi. Il n*a pas ceint le kosti (ceinture de diseii^ini); il n'a pu prononcé la parole ^ il n*a pas sacrifié à Teau pure... n ne veut pu fiûre le bien quand même on lui arracherait la peau dans la largeur, en commençant par la ceinture... L'homme qui a le eorar pur sera heureux dans ce monde ; il ira dans le monde céleste, eeloi qui s'approche du feu d'Ormuzd et y porte du heis pur, après s'être lavé les mains. Le feu toi fera des remerdments et des souhaits. S^^es heureux, soyei sans maux, et salisfeitt Que vos troupeaux de hmuf saint en bon étall Que vos enliints eeurent en grand nombre I Que ce que vous désirss en vous-même, que vos entreprises réussissent dans ce monde... »
L'iaed Serosch interrogeant le Dnroudj (production d'Ahrfman), lui demande qudio est Tnction qui met le monde audessus de lui ; le Daroudj répond :
c Quand Thomme rassemble dans le monde les biens qu'il a acquis, et en met dans la main sainte et pure de Phomme Juste, alors fl flrappe le fruit que J'ai conçu comme le loup à quatre pattes enlève et déchire Fenflint de celle qui Ta porté... Lorsqu'un homme, après quinze ans, voit la femme de mauvaise vie, moi, je répands la oraiote
544 I.» CIVII.I8AT10HS PRIHITITE8.
dans le liea où il etti J'aoéanlii toot ptr la tejear qu'iospire ma 'angue libre et superbe. »
Plus loint Onnuad répondant à nneqMilion deZofMMve. loi dil :
« SI «D hennie a cemieree airee ane fille anbfle en élii impiir, ^pMifa'fl k raebe bien. Il 9mi qa'U prenne rain de mille lièvrea ; qu'il porte dans le feu pur el saint de la graisse detana iea bestiana, qu'il porte sur ses bras de l'eau pure pour laver eette graisse, qu'il porte dana le feu pur cinq raille psquets de bois, des odeurs. qtt*fl trappe mBIe eooleuTres, mille grenouilles de terre ef deux mOle grtnonliles d'eau, qu'il frappe mille fourmis qui ruinent les graina et denx raille d'anlie espèce ; qu'il constmise trente bateaux sur Teau, et qu'il soit frappé raille fois de courroies, ou paye bulle éerewu. Mis mm la pnnUion de eelnl qni aum eomraia ee criaM. S'A b'j aanmal, H ka dans le s^onr dm aalnis; a'U ne a'jsoniÉat pnn^ Il Ira dans la denmare dm Darvands (production d'Abiiman), Usn dfa tteèbrm tes plus épaisses. •
Dana te fargard XIX Ormuzd instruit Zoroastre sur la nature d*Aliriman : il lui apprend que ce cbef des Dews est venu du nord ; il ooort perpétuellement» raTage le monde et eneeinne la meu? aiae loi. Ce dew vit an penaée ZoioastrepMn dn gloieai et en fut anéanti ; il ^it qun Zoroaatm aurait le dessuent nsarebemitd'uB paavidorieQX.
gononaUn deunandant à Ormuad In mofm de om^inr inn \ InlunBOsd d'AbrimanyOraïuxd lui répond :
« Invoque le del, le temps mns borne, les oismux qui agissent an beat, le uni pmmpl, donné d'Ormnad, Sapandamad, pnre fiJle 4*0rmttad, de moi qui sais le plus grand, k amilleur, le phra pnr, le plus teme^ le plus Intelligent, qai ai k metUear corps, qui, par ma pureté, suis au-deisus de tout. .. »
Le dogme de la résurrection est déreloppé ici avec détail. Lorsque Thomme est mort, le Deif obsède son cadavre pendant trois nuits. Lorsque Taube va paraître» quand réçlatant Milbr^ s'élàve sur les montagnes brillantea, i|i|and le soleil
par:iUen baut»Uidew Tamirasch (ministre d'Ahriman) cher-» cbei anéantir, âpiteravoiç liée, r&ine (les Darrands, adorateurs des dews» mtX ont tourmenté les bommes. Sur le pont Tchinérad donné d'Ormuzd arriveront les Darvands» et les justes; ensuite, lésâmes fortes^ saintes, qui ont. fait le bien, protégées par le chien des troupeaux, couvertes de gloire. Ceux dont Tâine criminelle aura mérité l'enfer, craindront {NMir eux-mêmes» Les âmes des justes iront sur eette montagne élevée et effrayante. Elles passeront le pont, accompagnées des ixeds célestes. Babman se lèvera sur son trône d'or, et leur dira : comment êtes-vous venues ici, 6 Ames pures, de ce monde de maux dans ces demeures sans mal 7 Soyez les bien^renues près d'Ormuxd, près des Amsdiaspands, pr^ du trtoe d'or« Lorsque l'bomme pur et saint est mort, le dew, le Danrand, qui ne sait que le mal, est sur*l»-cbamp rempli de crainte, comme le mouton à la vue du loup.
L'ned Séroscb, repfésœtant d'Ormuad sur k terre, frappe les dews, les daroudjset lesdarvands, purifie les provinces, el s'il ne le faisait pas, les animaux domestiques, les troupeaux n'auraient ni herbe, ni nourriture.
Dans le /argonf XX Ormuzd, interrogé par Zoroastre pour lui apprendre quel est celui qui le premier a chassé l'enr vie, tué la mori, banni les maux et la fièvre, lui apprend que c*est Feridoon (un descendant de Djemschid)^ lequel obtint de Schariver (qui préside aux métaux) tout ce qu'il souhaitait ; qu'alors s'éloigna l'envie, la mort, la fièvre, la faiblesse, l'avarice, la surdité, l'aveuglement volontaire de l'esprit, le men« songe, la méchanceté, la corruption, l'impureté, qu'Abriman avait produits dans les corps des hommes.
Le fargard XXI est un hommage à l'eau : elle est appelée U voie de l'alKmdance, qui mêla les giraips avec la terret qui bit tout croître el multiplier; c'est d'elle que viennent le lait, la semence, l'huile, la cervelle et. la moelle; .elle
31b VA CIVILISATIONS PRIMITIVES.
purifie lOttles efioset. la pluie éloigm TenTie, là mort, les maux, la flèrre, la faiMeese» ravarioe» les paieioi» dérégléeay laiardilé, la orraleuvre, le menoDge, la méchanoeté, la cor* niplioo, nmporelé, et toutes les magies ensdgnées par les fMs, et frappe tous les darvands.
Dans le /aifsnl XXII » Ormasd promet à Zovosabe p pour le féeonpenaar d'avoir répanda sa parole^ miUe eha* meaua ngoureui à large poitfail, mile besob bien gras, mule jewMS liftvies, des grains el des misseaox en «bon*» dance:
« AHes, lai dit-fl, dans llrman flieu ttcrê), et dites-lai : Voici ce qoe dille par Ormoid ; moi qai lofs le Joete ffo^^ i près an^ hh ee Meo par, deat Fédat se moatralt ao Ma, Je ottrekair daoa ma grandior; alori, la ceoleafre m'apeiçol; alors, aelfa eooleavre, eet Ahrimaa, plein de mort, prodnidt abeadamoMBl contre bmI SSeip S,SSS,9S/)SS«aviM.«*MàveaadaflMiindreoMi|Èloiie^. m
Tel estleVendidad. Malgré la traduction imparfaite d*^Anqueta-Duperron , fl est facile d*y reconnaître une peinture naîfe des idéeSi des mœurs et des lois du peuple pour lequel fut rédigé cette espèce de code à la fois religieux et civil. On J remarque de certaines anal(q;ies avec les lois de Vanou et de Moise; elles ne sont pas Tefet des relations primittres entre les tribus de l'Orient, mais on peut lesattribner à vn étal similaire de civilisation produisant des résultats identiques.
S 8. AETS, LARGUE, ÉClOTtJRB, ntSCltlPTIORS.
La Perse a laissé des monuments dont les débris font en* eore l'admiration des voyageurs ; ceux de Persépolis se rap« portent à Tère la plus plus florissante de cette nation. La vélusté et la majesté de leurs formes architecturales les rsndent
uniques clans leur genre. Les insct-ipUons, les aainiaux Tabuleux» les allégories dont ils sont couverts ont donné lieu à des interprétations diyerses que nos philologues modernes rtmè* neront sans doute à une seule explication.
Bien que Persépolis ne fût point une des résidences principales des rois de Perse, elle acquit cependant assez d'importance pour qu'Alexandre crût devoir la détruire, afin de compléter sa vengeance et son triomphe. C'était la nécropole des rois de Perse dont on creusait les tombeaux dans le roc
Les ruines de cette ville font supposer des édifices à la fob politiques et religieux que les rois venaient habiter temporairement
Outre de nombreuses inscriptions, on voit figurer sur ces monuments divers animaux tels que le lion, le taureau, le cheval, Tftne sauvage, le Ainocérot» l'aigle et le scorpion.
D'autres ont des formes symboliques par la combinaison de leurs membres^ tel qu'un animal ailé avec une corne. La plus fréquente représentation est celle d*un corps de lîon> avec les pieds d'un cheval, la tête d'un homme, ornée du diadème ou de la tiare, et une barbe artistement frisée.
Les colonnes sont cannelées, et ont des chapitaux d'une forme particulière qui distingue cette architecture entre toutes.
Les costumes des personnages représentés sont de deux espèces. Les uns portent une robe large et longue, costume de la cour ou des Mèdes ; d'autres portent un habit étroit et léger qui contfrme les paroles de Sandane à Grésus : « Vous combattrez contre un peuple qui porte des habits et des pantalons de cuir (I); » c'est le costume perse.
L'usage de porter des bracelets et des boucles d'oreilles était
commun aux Hèdeset aux Perses; ces ornements provenaient
d'un présent du roi à ses officiers des deux nations. Plusieurs
d'entre eux ont dans les mains divers objets tds que vases,
. bftton court, poignards, arcs en étui, ou sur l'épaule.
(l)Hérod,I, 71.
3tf LES OTIUSATIOHft PRIMITIVES.
QiialfueB^iuM de ceux qui porlaat rbabil mède ont OBe mAire nHnblable à otUe du roi, une sorte de tiare que celaîci leur donnait arec le vêlement (i). Ce sont les minisires. Les présents qu'on apporte au roi consistent en colliers, en bracelets^ en schals, étoffer» perles et différentes denrées contenues dans d^ coffres. La diversité de costume que présentent les porteurs de ces dons révèlent les contrées différentes dont se formait l'empire des Perses. Dn personnage du Nord s*y montre vêtu de fourrures ; un nuire à pour vêlement un •impie tablier autour du ventre.
If'envoyé dt diaque nation marche en tête, et fait porter des dons par sa suite. 11 est vêtu soit du costume mède, soit du costume perse, ^ porte la baguette, marque disimclive d'une certaine classe d'officiers:
Sur les marches de deux escaliers, on voit une rangée d'hommes armés, dont la position et les armes montrent qu'ils formaient les gardes du corps du roi. Ceux du o5té droU sont armés de pied en cap, avec le costume et la coiffure mèdes, mais sans colliers ni autres parures; ils tiennent une longue pique appujée sur la terre devant eux. Le carquois pend sur leur dos, et l'arc est attaché à l'épaule gauche. Les soldats du c6lé gauche sont vêtus et armés plus simplement, et ont In iète entourée d*une bandelette ,
D'antres bas-reliefs représenteot le roi donnant audience & un ambassadeur : Il est assis sur le siège royal, en bas duquel est l'escabeau d'or, servant de marche-pied ; il tien^dans sa droite un sceptre, dans sa gauche le vase sacré destiné aux sacrifices el désignant le serviteur d'Ormuzd. Derrière lui est un eunuque, la bouche enveloppée el un chasse-mouche i la main. Puis vient le porteur des armes du roi.
Devant le roi sont deux vases précieux, derrière lesquels apparaît l'ambassadeur la main devant la bouche en signe de respect; après lui vient un autre eunuque tenant un vase. Les
(D^sMer, 6,S.
Orneineiiisdes murs aa-demis du dais royal représentent nue lionne et un lion*
Dans Pintérienr d'un édîflœ on toit encore le rot représenté plusieurs fois eombattant un animal sâutage ayant une Agurs ftumaine et des ailes. Le roi le saisit par la oome et par IV reîlle et lui enfonce un poignard dans la poitrine. Cest tantôt un griflbn» tantôt un lion, areela queue de scorpion.
Il s'agit d'une ebassesymbolique lîapréeentantle roi, serviteur d'Ormuzd, combattant la création impute d'Abriman, les dews figurés par le griffon, et autrss animaux dangeraux.
On arrivait à la demeure royale à travers de hautes colonnades qui devaient suivre le pérystile où se plaçaient les ofi^ ciers de la cour. L'édiflod se composait de quatre ou cinq hà^ timents dont la construction semble appartenir i diversss époques et à difMrents plans. Chacun d^eut eat orné de figures répondant à sa destination.
Au milieu de rédiflée if élèvenl encore qMtre piliers isolés qui paraissent avoir eu peur obfer de renfermer rmitel avec te feu sacré. CTest lesanctuaireoù le roi faisait des prières éC des offrandes.
Des inscriptions gravées sont disséminées sur dMMrents points aux deux bouu des escaliers qui conduiseRt à mm terrasse, sur les fenêtres et sur les parois. Ces inscriptions sont en écriture eunéifonne,et en langue aende, langue sacrée des llèdes» /OU en ianKiie pelvi.
Dana son comaaentaire sur le lofiMi (t), fi. Enraonf » dénaontré la hante antiquité de la langue aende, éomlk une partie considérable fut oomemporaine dn dialecie primitif des V«>
divenes qui composenl In famille qse ne doivent pas ètra considérées eonarae dérinéas les «ms des autrt^, mais comme appartenant primiti vemem à un seul et
(i)AvaAt*propo6Y p. ta etsuiv.
^gO LES civiuâÀTio?is raiiiiTi\f:s.
même ibods atiqual ell^t oat poiat dans des pioportioiu inégftMS*
Il y a des nuM ceiub qui ne difirant des moU sanscrils ^M par le rhw^piment d'une leitre; en lŒle qv'oo peoi an»im à «apli«Mr des itf mes seads tfàs-diStoenls de so^, par éss lysaes ssascrits correspondants.
Qnanl à ralphabel len d» il ae compose de %9annie-biiii calâCÉèfss^ whrn pnnr leg Tirrr^HTr, ^rr'r;^^^'' r^"" *^ ^^'^«^^^■^ aas { p«is, de tieis froi^iesim leiiBSS oMipeates» v^i porls^ nombre des sigasseends à da^aante-eUm mmM AnfoetîK
las ifoJs sens priaûtifs, élteenis fondaasentaia dei aniiea ■eyellia, se lrottt6nl4aBs les deux alphabets lend et sansorii ceifuî démontfe ridmiilé compUtedu SfslAme des sons to* aau dans les deux ianjues. Ils y joueni un Me éBsiement impartant dans la farmaiion des prottoma, des pr^NttUions ol
des suffixes.
• Umndadésaloppé^ueiqueBSOQspaasBsàeeu du sansdit, ai an a lise paaiérieuiement d'autms aoas.
Wasiemrs eonsoaaas sendes appartiennent à on alphabet dévanAgari primitif non encore régularisé ; d'autres ont pris aiisiwnn depuis Jes éiénemonts fm ont séparé l'un de raulaa le sanaorit et leaend.
Le meaio savant a tsiaJrien reconnu deux esptoai d'artî« Cttlatîaas sendes» csHes ^ sont eammanm au send et an saascrit, et celles qui sont particulièras au sead. Gs ^u'îl y a d^anden dans ces articulations, c'est ce qui ert commun aux dsftix langnss t ce qa*il y a ée eompatativaesent moderne, ifest caquolaacad pesaUean paapre» etH arrivai cette oondnsien : «ont, 4ans ralphahat send, peul-eiiis wBÊmt les foyeHes ptav que les eonsonneSt nous annonce un idiA^ne s'arrfttaat à «a «Musant oè Hast Uen ffane que Fea puisse saisir la laagne, «shii M sans les éléments de leur Offganieatîen enifuot ea }su, amis oè l'action, qui, après les awir réunis, devait les medi* fler l'un par l'autre, pour en composer on organisme parfait, vieot à s'arrêter lout4-coop, et laisse asn œuvre inachevée*
PKRses. 351
Le fend énit fai taugst de cous las peuples qui occupaient le pejeeppeM par les aadeiiB rAriana. Ce qu'on a pu apprendre du 9jMme propie de cMe langue, et de son degré d'afflnilé arec dtetiea idiome^ ne peut Caire douter de l'ancienneiéde son esisienoe, et des noms de lieux jusqu'à ce jour îneipliqu<e ont pu l'être par leaend.
Ken quSI toit encore diiloile de Bier les limites géo^n* pbiques de cet idiome, on peut dira qu'au nord, le nom de la Sogdiane {ç^igkMa\ au nord-onest oalui de rbyrcanie (vMr- Mne), au rakH œluî de l'Araeliesie (gsralratri), sont des prouvée de la natîonaiilé du aend. Dans le Timran^ les noms de peuples mentionnés par Pline (1), les àrêmeœ^ les interfani» les Àrimaspi et les Àramcei, permettent de supposer que les tribus nomades en lutté a? ec celles de la Sogdiane et de la Bactriane ressemblaient à cdles-d par le langage. Les motsaends jrrh^ itrya, ilrya (hommes nobles), a^pa (cbenil) et poil (maltrot cbeO <o rencontrent souvent dans les noms d'hommes et de pays.
Les rois Achéménides ont laissé des inscriptions qu'on a cru longtemps indéchiffrables et que la connaissance de la langue sende a permis de déchiffrer.
Sur les piliers ruinés de la plaine de Mourg^b (ancienne Pasargade), quelques-unes de ces inscriptions ont été décou-* vertes par Morier; d'autres après lui les ont copiées. On personnage représenté dans un bas^relief emblématique est surmonté d'une ligne écrite dans les trois langues dont se servaient alois les rois de l'Iran ; elle a été traduite ainsi : € Je suis Gyrus, roi acbéménide. > Cette inscription se rapporte aux dernières années de la vie du grand Cyrusr
Les inscriptions qui se rapportent à Darius et à Xerxès sont plus nombreuses, on en voit encore sur des ruines restées au pied d'un r«>cber qui domine la plaine de Hordrach. Parmi les sculptures qui les accompagnent sont piusieurt
(4) L. Yl, ch. 19.
S5i LES aTiLisATHm^ primitives.
pmomiafas wloorét des aiMbuli âm la someiaiiielé; id, on loi debout, suiTi d'atohms portaiH la chMie mattche; plus loin» un roi assis sur an ivtee sseaili dasaa «Mcieia. Ce sont deut princes diiérents, fondHeuis du palais dont oa foit las mines; car m a pu déehifer ces mots : towias eaaa* tbiht PAR DARnmyel : êdificb caMsnmvMR XrrxRs.
On j iraoveaussi une invocation à Ormuzd^ee qui ; une date à la religion de Eoroastfo*
Un antre monument pràs du village d'Istakar poHe inscription où Darius, apiès Tinvocalion ordiBaîre, fait naîtra sa généulogie, et énainèra lea dilHrentes prorâ soumises à sa puiaBaooe i
« Quand Ormosd vit que le peuple était adonné à des dodrinee penreraes, il me confia l'empire, et me fit roi. Je rais roi par la grftce d'Ormasd. Tai lait rentrer ee pays dans Tordre; ce qoe J'ordonnais était ezéeoté sulTaot ma volonté. Si tu pensais, (toi qui liras ees pages), que ces provinces ne m'étaient point sonmisss, tegarde les images de eeax qui portent mon trône, et là ta sauvas et f ai dît Tral, ta sauras Jusqn'oà va la lance dn «ddat perse. •
On voit sur le bas-rdief une suite de personnages quî, les mains en Pair, supportent le trône; ils ont des costumes qu*on doit rapporter au Scythe, au Mode et à T Assyrien.
Un autre bas-relief sculpté au flanc d*un rocher esca rpé, sur le mont Bisiiouo, représente Darius, la taille hauCe^ la féie ceinte de la couronne royale, la main gauche appuyée sur un arc; debout, auprès de lui, sont deux officiers armés de Tare et de la lance« Le roi, la main droite levé^ foule aux pieds le corps d*un ennemi vaincu qui semble Timptorer. Darius rogarde, en même temps, neuf personnages les mains atladiées derrière le dos et enchaînés par le cou i Taide d'une corde qui les relie l'un à l'autre. Ce sont les rois qu'il a vaincus. Audessus de cette scène se trouve la figure d'Ormu^d.
L'inscription qui accompagne ce bas-relief a été ainsi traduite ; JE SUISRARILS, GK\m ROI, ROI DBS ROIS, ftOl DR :
moi Wa MONAB) PILS D'HTSTASPEy PETIT-FILS n'ORSAMfcS, ACHÊ-
vÉNiDi. Puis il raconte comment il a conquis le trône de ses ancêtres qu'un mage avait usurpé. Ce mage est Gaumaiès qu'il foule à ses pieds ; l'inscription porte : celui-ci c'est
GAUMATÈS LE MAGB ; IL MENTIT; IL PAELA AINSI : JE SUIS SMER- DlSy LE FILS DE CYRUS ; JE SUISBOj.
Le deuxième personnage du bis-relief est Athrina; l'inscription qui s'y rapporte dit : c'est athrina; il mentit en disant qu'il ETAIT ROI EN susiANB. Lé suivant est Nadisabo . Et ainsi des autres avec accompagnement d'une inscription semblable.
La révolte de Phraotès fut punie rigoureusement par DariuSy comme le constate la suite de l'inscription.
c Phraotès fut amené devant moi; je lai coupai le nez, les oreilles, la langue... Il fût tenu enchatoé à ma cour ; tont le monde le voyait. Ensuite, je le fis crucifier à Bcbatane, lui et les hommes qui avaient été ses complices. *
Darius cherche à expliquer ces rigueurs.
€ Ces pays, dit-il, étaient rebelles à mon aatorité, le mensonge me les avait ravis, puisque ceux-ci (ceux dont on voit les images) trompèrent le peuple. Mon armée les prit et les mit dans mes mains. Comme je voulais, elle les dépouilla... 0 toi, qui seras roi plus tard, garde-toi de te rendre coupable de Timposture ! L'homme qui sera méchant, jage-le comme il doit être jugé, et si tu règnes ainsi, mon pays pourra être puissant... Ce que je faisais, je le faisais toujours par la grftee d*Ormuzd. Toi, qui consultera cette table sur mes exploits, ne crois pas que tu aies été trompé, ne t'en méfie pas ; que cette table t'apprenne mes exploits, et comme ils se tont accomplis. Ne les altère pas. Si tu conserves cette inscription, Ormuzd t'aimera, ta race sera puissante et tu vivras longtemps. » (1).
Tels sont les principaux événements consignés sur le rocher de Bisîtoun et confirmés par les historiens grecs.
(!) J. Menant. Revue contemporaine, 45 février iS60.
354 LES CITILISATXOIIS PHIMITITES.
Quant aux inflcripiions canéiformaB de Pen^lis» leieM n'ea est pas eoooreasses déterminé pour qu'on puisse entiier dasioduclioaslûstoriques^ mais il faut espérer qu'elles contribueioat un jour^aveeles autresdocumentSy à édairer beaucoup de faits demeurés obscurs, qui se rattachent à la civilisa tiou du plus vaste empire de l'antique Orient.
g 1. PRÉCIS HISTORIQUE.
Les nonu da Bâbylonie» d'Assyrie et de Ghaldée ont élé itt* dîflëremmenl employés pour désigner le même pays. J'adopterai le premier, parce que c'est dans la Babylonie proprement dite que se sont passés les faits les plus importants dont cette contrée de l'Asie a été le théâtre. Dailleurs» la fondaUon de ]hii>ylone,par Bélui, deux mille ans avant ^miramis, s*aoeorde avec la dnroiiologîe égyptienne de Manétboa , dont l'aiiP Ihenticité est aujourd'hui hors de doute*
D'après Bérose (1), les babitanU de l'Assyrie et de la Baby* Imie avaient longtemps vécu de la cbaast ou du soin des Iroupeauxt sans demeure fise» sans régies sociales délerminéest Cependant il parle d'un législeleur appelé OannèSf espèce de monstre moitié homme , moitié poisson , qui enseigna les lettres, les sciences et les diRérenls arts» réunit les hommes dans
(1) U Syncelle, ChnmograqkU^ p. tS.
o5G LES CITILISATIOIIS PRIHITITES.
'des viilM» fit ériger des templeSy promalgaa des lois, enseigna ragricnltore, fit creuser des canaux» apprît les divisions de Pan* née» et indiqua des remèdes contre les maladies. On retrouTe donc ici le type de ce personnage symbolique que tous les peuples anciens font apparaître à l'origine de leur ctvilîsalîon.
La plupart des traditions désignent Assur comme fondateur de l'empire d'Assyrie, et Nemrod comme premier roi de Babylone (1). Peut-être furent-ils de simples chefs conduisant leurs tribus à la guerre et à la chasse» oomme le ferait supposer le titre de fort chasieur que donne la fienése à Nemrod (9).
Les successeurs d'Assur sont restés ignorés Jusqu'à Bel, pèfe de Ninus.
On donne pour successeur à Nemrod » son fils Évéchoûs, qui fit rendre des honneurs divins ï son père, dans le temple de Bel ou BaaI.
Chomas-Bel lui aurait succédé eni^SOT avant Jésus-Christ; puis Por ou Poug, ou Bel-Phegor, qui devint une divinité babylonienne; Nechubès, en 2,396; Abo ou Abius, Anibal, Chînsir, en 9,363 ; celui-ci aurait été détrôné par les Arabes, et l'empire de Babylone se serait trouvé partagé en plusieurs Etats.
Madocentès, Pun des chefs arabes» eut en partage Babylone et la Ghaldée édiut au mérodac Baladan d'Isaîe*
Les autres rois arabes furent Sysimordac, Nabo» el ensuîle Naboned qui, attaqué et vaincu par Bel , roi d'Assyrie, aurait réuni Tempire de Babylone à celui d'Assyrie, et serait mort en 1 966 avant Jésus-Christ.
Son successeur Ninus est le premia* roi vraiment historique, bien que la légende obscurcisse encore son existence. Suivant Diodore(3), Ninus fut l'organisateur de la société
(1) Académie des belles-lettres, t. S7, p. 65. (S) Geoàse» L X» S, 9.
assyrienne; et comme les habilanls n'étaient pas assez nombreux pour occuper et cultiver tous les terrains, il fît venir des étrangers pou^ en partager la possession et la culture.
On a conjecturé, d'après diverses traditions, que Ninus» possesseur de l'Assyrie, au début de son règne, soumit sueoessivement las peuples voisins, entre autres les rois d^Élam^ repiésentants de l'invasion des Scythes, et mit fin à leur longue domination sur les bords du Tigre (i).
La division de l'Ëtat en provinœs a été fondée sans doute par Ninus^ puisqu'elle existait du temps de Sémiramis. On lui attribue également la classification des Assyriens en tribus diverses. A ce sujet, Strabon rapporte (2) qu'il y avait pour chaque tribu trois chefs d'une vertu reconnue, chargés principt«i^ lement du mariage des jeimes filles nubiles, d'après la coutume = dont nous parlerons plus loin.
Les Chaldéens formaient une de ces tribus, et Ton en tirait les prêtres, dépositaires de la science astronomique.
Les actes de cruauté de Ninus, rapportés par Diodore (3), donnent une fâcheuse idée du caractère et des mœurs barbares de ces temps.Après l'entrée de ce prince dans le pays des Mèdes, leur roi ayant été pris, fut crucifié avec sa famille. Ninus fic mourir aussi le roi de Babylone et ses enfants.
On dit qu*il envahit successivement l'Arménie, la Susiane^ la Perse, THyrcanie, et qu'à son retour il embellît ou même fonda Kinive. Les nombreux captifs qu'il avait amenés furent employés à ces travaux : il en résulta une cause de perpétuels désordres, jusqu'à ce que cette population se fût acclimatée.
Ninus avait eu de Sémiramis, sa favorite, un flls nommé Nynias. Sémiramis, désignée comme tutrice de son jeune fils, fg fit bientôt reconnaître reine de Babylone et d'Assyrie (4).
(i) CiviUtaiion primitive, par de Bretonne, p. 606. (t)Liv.XVI, p. 745.
(4)Juitio, I, ch. i.
o88 us riTIMSATIORS PMHITIYE».
Celle rtim te dîsliiigiiii d'abord par le wooès de ses i pois par de tannés établifleemenis de ooramerae el rinsUtniioii de cérémoeioi religiemea»
Bérodole el Diodore parlent det riehei oOraiidee qu'elle fai* sait a«i lemplea, cTesl-à-diie aux prtires» afio de a'anarer leur appvi el de prétenir let révollea. Bientôt le poumir et la ri« dMan la eerronpirentt et rhialoire a oooBerré le soutenir de aei dérèglements.
Cependant on roi des Indes a^fant esé les lui reprodier, elle IM répondit qu'elle lui montrerait bienlAt aa valear i la tête de aes treupei.
Elle assomhisy en eiot» une nombreuse année» pnm II et mit IjBS indisns en fuite; puis elle s'sfvança dans Vk du pays. Mais le roi Stabobtaiès reprit le deams et la força de raloumer en Assjrie a?ec les restes de son armée.
Diodore i^ute qu*une fois rentrée dans séifitais» elle mena ime vie plus lioenciense que jamais (t).
EHe ta% tuée par son fUs Nin]fas, pour lequel elle aiait conçu» dil^n» des désirs ineestueuv (S). D'autres supposent tme conspiration, et racontent qu'un eunuque » oomplîce de Nioyas, ayant formé un eom|riot» Sémiramis le découffit» et, au lieu de se venger» proclama Ninyu rot » paioe qu'un onele avait piridit qn'elte quittanit alors la tem pour obtenir des honneurs divins.
Qneiqu'il en soit elle fut honorée après aa mort comme une déesse: sm vidoireB au debors et ses tmvaox en-dedana ont entouré aen nom d'une glorieuse auréole.
Son ooumfs et non influence sont constatées par plusievn traditions : Valèm Menimo mpporie (t)» qu'un jour» au miiien de m toilette en vint ravnrtir qu'une séditio» édatait dam Bebylone : elle se leva, se présenta» avec on grand négligé à la
(S) Jnelia» 1. 1, eh. t.
(3) IX, ch. S.
BABYLOMENS. ' ^9
foule ameutée, et d*un seul mot apaisa le tumulte. On dît que pour perpétuer cet événement une statue fut dressée, représentant Sémiramis dans le costume où elle parut.
Ninyas, Indigne successeur de Ninus et de Sémiramis, se livra à toutes sortes de débauches. Cependant on lui attribue deux sages, mesures consistait à forcer les gouverneurs de provinces de venir tous les ans rendre compte de leurs actes, et à renouveler diaque année son armée, afin qu'elle n'eut pas le temps d'acquérir trop de puissance et de prêter main forte i des tentatives de révolte.
11 exigea aussi des soldats le serment de le garder et de le défendre (1), serment illusoire dont un chef ambitieux et re* belle pouvait les relever; ce qui fait dire à M. de PastoMT? Les serments sont une des ressources les plus vaines des despotes; plus fls se sentent indignes du pouvoir, plus ils les multiplient; ils semblent oublier qu'il est pour tous les peuples, pour tous les hommes un serment plus ancien, plus inviolable, celui d'aimer la Justice et la liberté. » (S).
Les successeurs de Ninyas furent comme lui débauchés et fntcoessiblesaux regards (3) et le silence des historiens sur ces règnes témoigne de leur nullité : Mais peut-être, dit Fréret, l'obscurité de leur règne vient-elle moins du repos dans lequel ils ont vécu que de la tranquillité dont ils ont feit jouir leurs sujets. »
En effet, si les Babyloniens ne firent plus de progrès en politique ni en administration. Ils jouirent en paix d'une civilisation déjà fort avancée, si l'on en croit les historiens grecs.
Six siècles s'écoulent sans événements remirquables jusqn'i Séthos, qu'on dit être Sésostris roi d'Egypte, lecjuel aurait soumis les Assyriens et régné sur eux. Mais sous ses successeurs
(i) Diodore, II, S Si.
(t) Ui8t. delà législaUon, t. I, p. Sf.
(3) IusUd, I ch. t.
7)60 T.RS CIVIMSATIONS PRIMITIVES.
les Attyriens ayant secoué le joag étranger, se seraient divisés en plusieurs étals.
On cite une reine» Atossa, nommée aussi Sémiramis, que Bocchos f son père, aurait associée» de son vivant, au trône, et qui aurait régné douze ans encore après lut.
Balétarès, intendant des jardins du palais, se serait emparé du trône à la mort d'Atossa, et aurait fondé une nouvelle dynastie.
C'est sous un de ses successeurs, Dercylus, que Jonas serait .venu à Ninive, alors plongée dans les déliées et la débauche. et aurait prédit sa ruine prochaine; la Bible ajoute que le roi fit pénitence, et détruisit par ce moyen les eBets de Tanalhème. A cette occasion Jéhovah aurait dit à Jonas, pour jusu'ficr A'inive, qu'il y avait plus décent vingt mille personnes dans cette ville qui ne savaient pas distinguer entre la main droite et la main gauche. Il est très^possible qu'à celte époque les Ninivites, adonnés au luie et aux plaisirs, aient fort négligé leur culture intellectuelle. L'ignorance, dans ce cas, ne pouvait ser« vir i leur justification.
Sous Eupalès, qu'on a confondu avec Sardanapale^ éclala une révolution qui eut pour effet la séparation de la Babylonie, de la Médie et de l'Assyrie.
Pul ou PhuI (Sardanapale If) succéda à Eupalès. C'est à lui que Uanahé, roi d'Israël, recourut pour réprimer les factions qui voulaient le détrôner, Pul vint à Jérusalem et après lut avoir rendu ce service, en recul mille talents et s'en retourna ; mais la voie^tait ouverte, et , son filsTeglat-Pbalasar (Ninus H), qui lui succéda en 742 avant Jésus-Christ, porta la guerre en Syrie, envahit Israël, Galaad» la Galilée, et en emmena un grand nombre d'habitants. Salmanasar loi succéda en 73S4, envahit à son tour Israël et lui imposa un tribut. Après l'avoir payé trois ans, le roi Osée s'allia à TÉihiopien Sabacon, qui venait de conquérir rSgjpte. Salmanasar se jeta sur la Palestine, s'en rendit maître et emmena captifs Osée et les dix iribus, qu'il dispersa dans le pays des Mùdes (en 717). Salma-
HABYLONIENS, 5(U
nasnr nntroprit également des expéditions contre )es Phéniciens, et remporta divers avantages sur eux.
Sennâchérib (le Sargam d'Isaie) maltraita les Israélites, et fit la guerre au roi de Juda, Ezéchîas, parce que celui-ci re* fusait de payer le tribu accoutumé. Les Israélites ayant appelé à leur secours Tharaca, roi d*Egypte,Sennachérib en profita pour envahir TEgy pte elle-même et la ravag-^r, puis revint en Judée, chargé de dépouilles, et traînant après lui un grand nombre de captifs. Ayant voulu assiéger Jérusalem, il en fut repoussé et revint à Ninive; mais ses deux fils, Adramelech et Sarcesar, le tuèrent, on ne sait pour quel motif, et s'enfuirent en Arménie.
Assarhaddon, son successeur, parvint à réunir de nouveau îa Babylonie à l'Assyrie (en 680) ; puis il entra en Judée, fit captif le roi Manassès et le conduisit à Babylone. Quelque temps après, les Israélites s'étant soulevés de nouveau, Assarhaddon envahit la Palestine, en fit transporter les habitsints au-delà de TEuphrate, et mit des étrangers à leur place.
Saosducbin lui succéda en €67» et se fit détester par sa tyrannie. Il envahît la Hédie et chercha à conquérir tout Toccident de l'Asie. Son général Holopheme répandit partout la terreur, dévasta Tyr et Sidon; mais il vint échouer à Bélbulie, où il fut tué par la juive Judith.
Ghynniadan, ou Sarac, succède à Saosducbin. Les Scythes se répandentdans la haute Asie; Nabopolassar^satrape deChaldée, soulève les peu|>leB de son gouvernement et prend le titre de roi de Babylone. S'étant joint à Astiage^ fils de Cyaxare, roi des Mèdes , ils marchent tous deux contre Ninive, et, après un long siège, pénétrent dans la ville, en 625. Chynaladan, voyant qu'ils s'approchaient de son palais , y met le feu et se laisse brûler avec ses femmes et ses trésors.
Plusieurs historiens ont vu en lui ce personnage de Sardanapale qui est devenu le type personnifié de la vie sensuelle poussée aux derniers excès.
302 us ClVlLlSATIOKft nUMlTlVKS.
AUiéaée rapporta qtt'oD dressa sur son tombeau une colonne portant cette inscription :
€ Ta esaortal, llrro tôt à la Jeta dans las diTertissaments des festins» car, après la mort, il n'y a plusdebien pour toi : Yois, je sois cendre» moi qpl régnais sor la grande Ninite, etlje n'emporte qoe ce fne j'ai mangi» que les jouissances de ma vie licencieuse et de l*a« moor. Tout le reste de mon bonheur s'est éTanoui. Jouis : c'est le sage conseil que Je te donne. •
Gbrysippe disait qu'il serait mieux d'écrire :
€ Persuadé que tu es morisl, perfectionne ta raison par lessdMiees Il ne te reste aneun avantage d'aToIr IMen mangé. Pour mei je sois un llebe qui ai fidt grande chère et pris beaucoup de plaisirt mùtil ne me reste rien que les choses que j*ai apprises, que les léfleiions sensées que j'ai Isites, et que le bien qui m*en est rerenu : quant à tous les autres plaisirS| ils ont dispanL »
CKtarque termine Tépltaphe par ces moU: «Mange, bois, jouis; tout le reale ne iraul pas ceci-. » , faisant allusion au claquement qu'une figure de ce monument semblait tirer de sesdoijgte.
Bélésis, après avoir dét^iché la Babylonîe de l'Assyrie, en fait un jgiat indépendant.
plusieurs rois se suivent dont les règnes ne sont marqués par aucun évéfiement important, jusqu'à Nabopolassar (en 607) , qui voit son empire assailli par Néchos, roi d'I^pte, et plusieurs ptaces imporUntes enlevées, Undis que la Syrie et la Palestine profilent de Toccasion pour secouer le joug assyrien. Son fils Mabucbodonosor reprend toutes les provinces envahies, s'empare de Jérusalem, assiège Tyr, en 5W, et finit par la prendre, mais vide d'Iiabitanto. Il embeHit la ville «le Babylone. Enfin, esalté par ses succès et sa grandeur, il devient fou. ÉvHmérodac, son fils et successeur, se plonge dans les débauches, et meurt assassiné par son beau-fkère, «MO.
Nériglissor, chef des conjurés, est acclamé par la nation comme un libérateur; mais l'ambition le poussant à entre-
BABYl OMEKS. 30?
prendre la conquête de la Médte» Cyaxaret roi des Mèdes» ap» pelle à son aide Gambyse , roi des Perses. Gyrus, fils de Gambyse, se joini aux troupes des ilèdes» et Nériglissor est tué dans le combat.
Son fils se rend exécrable par ses foriaits : Gobrias et Gadatas, deux généraux dont il avait fait mourir les deux fils, l'un pour avoir été plus adroit que lui à la chasse, l'autre parce qu'il avaîl plu à une de ses concubines, se joignent à Cyrus, et viennent l'attaquer jusque sot» les murs de Babylone. Il est assassiné par son peuple, qu'irritaient ses débauches et ses cruautés.
Maboned, le Labynit d'Hérodote, le Bahhasar de la BlUe, fils d'£vilmér(y]ac lui succède et se montre incapablede fégner; sa mèreNitocris prend les rênes du gouTememenl , et travaille aux embellissements de Babylone. Gyrus se préparant à envahir la Babylonie, Niboned, excité par sa mère, va trouver Grésus à Sardes, et s'allie avec lui pour repousser l'invasion; mais Gyrus et Gyaxare s'emparent de toutes les provinces et vien* nent assiéger Babylone. Kitocris fait bien fortifier et approvisionner la ville ; mais après deux ans de siège, Babylone cède. Niboned est tué les armes h la main , et Gyrus porte un ^it par lequel il promet la vie sauve à tous ceux qui se sounaettront.
Ainsi finit le rojraume de Babylone en 5S8 avant lésus-Ghrist.
L'existence politique de l'Assyrie, de la Babylonie et de la Cbaldée se termine hA (i). Les moeurs, les lois , les arts et les croyances de ce pays subissent l'infiuence des Ferses« tout en conservant quelques^ns de leurs traits primitifs. Une civilisation nouvelle se forme avec des éléments divers, mais sans améliorer le sort des peuples englobés dans le nouvel empire, car les Perses en empruntant Tindustrie, les arts et toutes les connaissances des peuples conquis, n'y ont rien ajouté, parce
(1) Yoir de Saalcy, Rechêreheê sur la chrenQlofk d«i Bmp^tn iê NMve^ de Babylome eê dSekatan€,.
364 tES aviLiSÀTiows pkuiitives.
qu'ils n'avaient (>a8 les aptitudes nécessaires pour leur iroprimer un plus grand dévdoppement.
§2. GOUTERKIHENT.
A l'époque d'Hérodote le pouvoir royal en Babylonie afa80^ bait tout, la politique et la justice; mais comme il ne ?îvaîc qu'à la condition d'être appuyé sur la force, l'armée devoiaîi comme la seconde puissance de l'empire»
Aussi» les généraux passaient^ils avant les minisires et les prêtres. Us étaient entourés d'une cerUine pompe, recevaient de magnifiques hommages et exerçaient une grande influence. On se prosternait devant eux comme devant le roi (i)«
Lofsqu'ils succombaient glorieusement dans une guerre, on érigeait en leur honneur des monuments honorifiques *, c'est ce que fit Sémiramis pour plusieurs de ses généraux (S).
Mais cette puissance avait son danger. Un prince ambitieux convoitant le tidne, n'avait, pour réussir, qu'à séduire les généraux. Arbace, dans ce but, leur prodigua des dons et des festins (3) ; il les gagna ainsi à sa cause.
I>es généraux eux-mêmes purent s^emparer du pouvoir. Nabopolassar usurpa le tr6ne à la suite d'une insitfrecfion et fonda une nouvelle dynastie.
Le gouvernement babylonien se compo6ait,comme cdm des Perses, d'un souverain absolu, avec une cour où les Eunuques remplissaient les plus hautes fonctions. Puis, venaient les gouverneurs de province, les percepteurs de tributs, les juges supérieurs et inférieurs, et, enfin, les prêtres qui exercèrent qud* quefois une influence politique par la devination.
En temps de paix, les rois assyriens, enfermés dans leur
(i)JudUh,X, tO.
l«)Diodore,II,8l4, c. V.
(3; id., n, îu.
palais, ne répondaient point direclemeni aux demaïides qui leur étaient adressées; ils avaient pour entremises des officiers chargés de répondre. Us n'étaient accessibles qu'aux plus hauts personnages, à moins d'une faveur toute spéciale accordée à un particulier. Son entourage se composait de princes ou' de personnes issues de grandes familles, soit indigènes» soit étrangères ; ainsi des Hébreux furent choisis pour le service de la cour.
Des rois de la Syrie* de la Lybie, de la Gilicie, disaient à Holopherne en faisant leur soumission : c Toutes nos villes et toutes nos terres, toutes nos montagnes, lios collines, nos champs, nos troupeaux de boeufs^ de moutons et de chèvres, nos chevaux, nos chameaux, toutes nos richesses et nos familles sont en votre pouvoir. Hous serons vos esclaves nous et nosenfants;soyezpour nous un maître pacifique, et tirez de nous tous les services que vous voudrez. » (1)
Voilà un servilisme clairement formulé, Josèphe rapporte que parmi les jeunes hébreux envoyés à Nabuchodonosor quelques-uns furent faits eunuques.
Origèno et St-JérOme supposent que* tel fut le sort de Daniel et de ses compagnons, et ils s'appuient sur la prophétie d'Isaîe (2). Aucune tradition ne constate l'accomplissement de cette triste prédiction.
11 semble que les rois et ministres, devenus tributaires, per^ daient leurs noms paternels ; Mathanias est appelé Sédécias par le roi de Babylone, qui lui rend le trône de Judée (3).
Daniel, Ananias, Misraêl, Azarîas, sont appelés Balthazar, Sidrach, Abdénago, (I), noms qui désignent les emplois auxquels ils furent soumis .
Outre les tributs que les rois babyloniens exigeaient des
0) Judith,!, 2, 3.
(2) Isaie, XXVIX, 7.
(3) Reg, XXIV, 17. % Parai. XXXVl, 10.
5G0 LES aVItlSATIOllS PHIMITITES.
iraineiis, en radevtnee, oontributioBt «l dlimt mr In diaiMlis88(l),<m prétevail aouveal «a tfibot d'hoMnes ei de famines sur les TiHes vaincues pour eomUer les vides osusés par la guerre.
Lofsqae Cjrrus conquit Babylone il força ses habitants de fournir toutes les choses nécessaires à ses besoins et à ceux de son armée pendant quatre mois; Hérodote dit que Babylone entretenait les dépenses du prince et de ses soldats.
€ La Babylonie* aJoute*t*iI, entrst^ait pour le lol un haru de huit cents étalons et de seize mille jumens, et une grande quantité de chiens indiens. Quatre grands bourgs étaient chargés de les nourrir et eiemptf de tout autre tribut » (If
Le roi disposait de la vie et de la fortune de ses sujets. On voit, d*aprôs Daniel (3), qu'il menaçait de la confiscation et de la mort les devins qui ne trouveraient pas Texplication d*nn songe. Xénophon rapporte qu'un de ces rois fit donner la mort à une des personnes de son entourage pour avoir tué Tantmal qu'il avait manqué et qu'il fit mutiler un jeune homme dont une de ses concubines avait loué la beauté.
D'après Daniel, le roi de Babylone fit jeter dans une four« naise ceux qui refusaient de lui rendre hommage.
Quand le roi se montrait ravôtn de ses ornements d'or et de pierres précieuses, on le saluait à genoux et on fàdorait. le fier Gonon ne fut pas admis à l'audience de Xerxâs, parce qu'il avait refusé de l'adorer. Les Grecs connaissaient et pratiquaient le sentiment de la dignité humaine.
Dn fait qui démontre la prédominence du roi sur les prêtres^ c'est qu'il pouvait disposer de leur vie sans qu'un précédât leur exécution.
(i) Arist., OEtonom. II, eh. t.
(S)Bérod.I,Sm,ni, SI59.
(3)n, 6.là,V, 49.
Cependant, il y ent une sorte de magistrature suprême, pareille à celle qu'on retrouve en Perse.
C'était au premier ministre que s'adressaient les plaintes de toutes sortes; et ce ministre résidait ordinairement près du roi (1), au nom duquel il prononçait les jugements; il avait sous sa dépendance les grands officiers, les satrapes, les juges et autres fonctionnaires.
Des étrangers, se signalant par un mérite particulier, étaient quelquefois revêtus des plus hautes fonctions. Daniel, pour avoir su interpréter un songe fut nommé surintendant des magistrats, maître des Satrapes (S).
Les autres grands officiers de l'empire furent :
1* Le chef du conseil : Hénon, premier époux de Sémiramis l'avait été sous Ninus ;
S* Le capitaine des gardes, qui faisait exécuter les sentences prononcées par le roi ;
V Le chef des eunuques, qui avait sous son commandemeiH les jeunes gens consacrés au service du roi et de ses femmes ;
4* Le Rabsace ou chef des échansons ;
5* Les intendants du trésor public, chargés de surypiller la perception des tributs ;
6* Les historiographes, chargés d'écrire les événements: Bérose a écrit d'après eux son histoire de la Chaldée dont now possédons quelques fragments ;
7<> Les devin^et magiciens ; Daniel en fut nommé chef, tandis que ses amis furent nommés intendants deragrieullure(3);
8» Les Satrapes étalent dès surintendants de province ; il y en avait du temps de Daniel 190(4).
(l) Daniel, lU, 6-Sl. — XIY, 21-41.
(S)Id. n,49.
(4) DIod. n,5.
308 1^ CiVIUSiTIOH» PRIMITIVES. .
Pour mieux réduire à robéiMance le» peuples vaincu*, on choisissait quelquefote les gouverneurs parmi ïeurs chefs; ainsi. Godolias fut désigné pour administrer le pays de Juda et y rendre la justice.
Lea édiu royaux envoyés aux gouverneurs devaient être mis immédiatement à exécution, sous peine de mort, en cas de résistance. C'est ainsi qu'on leur envoyait l'ordre de célébrer par une fête la dédicace de la statue du roi.
On parle d'une sorte de conseil chargé de rédiger les lois, mais il ne ai sans doute qu'enregtetrer les ordres du souverain, puisque tout émanait de sa volonté. Souvent il arriva qu'un général ne pouvait ouvrir une bataille avant d'en avoir reçu l'ordre du roi. Holoplierne, malgré le pouvoir discrétionnaire dont il était revêtu, ayant reçu un message du roi, convoqua les autres chefs et le leur noti6a (1).
Nous avons vu, par l'exemple de Sémiramis, que les femmes pouvaient succéder au trône ; de même Bocchos, n'ayant pas d'enfont mâle, associa au trône sa Bile Atossa.
Le principe d'hérédité se souUntà Ninive après sa séparaUon de Babylone, mais dans ce dernier royaume il fut moins respecté, ce qui causa des troubles et amena une nouvdie réunion des deux royaumes dans le septième siècle avant notre ère.
La royauté babylonienne était devenue à l'époque de Nabuchodonosor une sorte de féticfaisme ; on forçait le peuple, à un signal donné, de s'agenouiller devant la sUtue royale et de l'adorer, 80U8 peine de mort (î). •
Là toi jurait par lui-môme, par sa vie, par son sceptre» de se venger; caril n'exUtait rien au-dessus de lui. Lesmagisuats et les généraux le saluaient par ces mots : «Vivei à jamais! » (S)
Cependant, lorsque le joug se faisait trop sentir le peuple
(1) Josèphe, cootr. appion, I, S 6.
(«Daniel, n, 48. — V, t •,¥!,«.
(3) Judith, II, 8, 7.
ravorisait le complot de cliefi ambitieux, renversait le souvo-* rain, et proclamait un nouveau roi ; mais rien ne changeait dans le système administratif et politique; c'était un joug pour un autre.