‹ Les civilisations primitives en OrientChapitre 21 sur 35 · L. XVI · texte numérisé non relu

L. XVI

(t) Diod. II, S n.

(3) Ilérod., ni, î; 1 59. Dauval, XIV, 3f .

510 lES CIVILISATIONS PMMITIVES.

4k Uur férocité, fui remplacé par sas accusatears, leurs femmes et leurs enfants (1).

Cette tradition constate deux choses : lo quelecalomniatrar était puni du supplice réservé aux crimes qu'il imputait à une personne, 2^ que les Babyloniens avaient adopté Tinjuste solidarité criminelle entre le chef de famille et celle-ci.

Quelquefois on raffinait la cruauté jusqu'à faire périr les enfants en présence de leurs pères. Sédécias fut condamné à être témoin de la mort de ses fils (Si). Des familles enlières« les plus distinguées, subissaient la mort, pour le crime d'un seul de leurs membres.

On mettait à prix la capture ou la tète des révoltés. Sardanapale promit deux cents talents d'or à celui qui apporforaîl les tètes d'Arbace et de Bélésis, quatre cents talens et le gouvernement d'une province à celui qui les amènerait vivants (3).

Les propriétés des coupables étaient confisquées au profit du roi, ou détruites. On imagine facilement ce que la cupidité dût inventer de prétextes pour dépouiller ainsi de riches fa» milles.

Isaîe fait allusion à une espèce particulière de condamnation usitée àBabylone, lorsqu'il dit : c Tourne la meule, mouds la farine, découvre tes épaules et ta tête (4). » C'était une sorte de condamnation aux travaux forcés ou à la servitude.

Avant de conduire le condamné au supplice on Je séquestrait, on l'isolait des autres prisonniers (6).

Tous les peuples primitifs, sans exception, ont été impitoyables et cruels à l'égard de leurs ennemis vaincus.

Les Assyriens ne ménageaient pas leurs captifs, ou ils les diargeaient de-fer, ou les faisaient mourir dans les tourments.

(t) Daniel, XK, 4i.

(«) Jérémie, XXXIX. 6.

(3) Diod., II, î5.

(4) XLVIÏ, t.

(6) Baruch, ch. TI, 17.

Un roi des Mèdes ayant été vaincus fut mis en croix avec sa femme et sept enfants. Cependant l'intérêt encore plus que l'humanité fit souvent recourir à des échanges de prison-^ niers (1).

Quand les habitants d'une ville prise n'étaient point massacrés, on les emmenait chargés du butin qu'on leuravait enlevé, on les réduisait aux travaux les plus rudes, ou on les envoyait coloniser et cultiver une terre lointaine.

On laissait dans les campagnes envahies les cultivateurs et les ouvriers : tel fut le sort des juifs pauvres, lorsque Nabuchodonosor eut pris Jérusalem et emmené ses habitants (2).

Ces derniers étant pris parmi les personnes qui avaient de la fortune^ de l'influence, de l'autorité» le pays restait entièrement livré aux caprices du vainqueur, celui-ci n'ayant rien à craindre des cultivateurs les laissait en possession de leurs propres patrimoines augmentés de ceux des émigrés qu'on leur donnait à cultiver moyennant une forte redevance.

Ainsi, la conquête ne se bornait pas à imposer des tributs, elle s'emparait des hommes et disposait des terres. Le roi disait à son général Uolopherne :c Je couvrirai le dessus de la terre des pieds de mon armée, quand ils se seront rendus à toi, tu me les garderas, afin que j'en dispose; s'ils s'obstinent dansleur révolte,tu leur donneras lamort (3).» C'est bien i'exj>ression caractéristique des mœurs farouches de ces temps.

On ne connaît point les lois concernant le mariage à Babylone, mais Hérodote rapporte une coutume assez étrange el qui cependant s'accorde avec les mœurs générales du pays*

Chaque année, à un jour fixe, on se réunissait dans une place publique; là, toutes les filles nubiles étaient exposées. Un crieur mettait à l'enchère d'abord les plus belles, puis les

(t) Diod., II, 8 19.

(î) L Rois. XXIV, 14.

(3) Judith, II, 1 et suiv.

OiZ LES CIVII.ISATIONS PltlMITlVES.

plus laides. Lorsque les unes avai«ut élé vendaes, on adjageait les autres en payant ceux qui consentaient à les épouser avec l'argent pris sur les premières (1).

Gr&ceàce moyen, toutes les femmes trouvaient à se marier; et Ton ne croyait pas insulter à leur pudeur par cette exposition et cette vente publiques.

11 y avait, d'ailleurs, des magistrats institués pour Tinspection de ces mariages et pour la répression de l'adultère. A Toccasion de ces ventes ils exigeaient de l'adjudicataire une caution garantissant l'accomplissement du mariage (à).

Dans le cas où les deux époux ne se convenaient pas, on devait rendre l'argent.

Hérodote igoute que cette institution n'existait plus de son temps, mais^ju'on en avait établi une autre tendant âi ce que les filles m fussent pas maltraitées, ni emmenées dans un autre pays.

Par ce qui précède on comprend que les rapports des sexes furent très*relAcbés i Babylone. Le livre de Judith ^3) faîi dire à Holopheme qu'un Assyrien ne pouvait sans honte voir une fonme résister à ses désirs. Hérodote rapporte qu'à la suite de la prise de Babylone les pères mirent à prix la beauté de leurs filles (4) , et que plus tard on vit des pères et des époux livrer pour une certaine somme leurs filles et leurs femmes (5).

Selon Quinte-Gurce, on admettait les femmes dans les festins, et à la fin du repas elles se dépouillaient de tout vêlement (6). Il fait allusion, sans doute, à ce qui se passa lots de la conquête d'Alexandre; mais de là à une coutume générale

(1) L. I, S 196. Strabon, XYL (t) Hérod. I, S 196.

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