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(7) iVoAfim, m, \ et sniv.
574 LES CIVIUSATIONS PMHITIVES.
En effet, Nînive eorrompail jusqu'à ses taiuqueurs elles i dait incapables de conserver leur conqaèle.
Il faut cependant rendre justice aui qualilés'des Babylomeu. Us pratiquaient, dît-on, rhospitalité comme un devoir sacré: il y avait dans chaque dtéf pour les voyageun^ des hdtds pobljcs où ils recevaient toutes sortes de secours (1). Babylone «tant devenue un c^tre important de commerce, allirab un grand nombre d'étrangers, et l'on s'efforçait de leur en vendre le séjour trôs-agréable pour les encourager à revenir.
§ 4. PRÉTBES, BELIGIOlf, FÊTES.
Les prêtres n'étaient pas seulement les ministres des dieux; ils étaient devins, magiciens, juges en certaines circonstances, dépositaires des secrets de la médecine, de la science, 6lc ; de là plusieurs classes de prêtres (2).
La dignité sacerdotale était héréditaire* Cependant, l'exemple de Daniel prouve que le roi pouvait en revêtir des étrangers.
On élevak les fils des prêtres de manière à être dignes un jour de cette haule fonclion; et bien qu'elle n'eût point de caractère politique, elle leur ouvrit parfois le chemin au trône» C'est ainsi qu'un des enfants de Bélésis arriva an pouvoir.
Après la mort du père de Nabuchodonosor, le grand-prèlre gouverna le roy'aume jusqu'à l'arrivée du jeune héritier (3).
liais, généralement, les prêtres de Babylone, et surtout ceux de la Ghaldée, restèrent enfermés dans le sanctuaire.
Leur autorité se révèle dans l'influence qu^ils 6iOPote<n> ^^ le gouvernement.
(1) Lucien, TTraité de la déetse Syr.
(2) Diodore, il, S «9.
(3) Jusèphc, p. 349.
Arbace et Bélésis s'étanl unis pour renverser le roi , et la bataille s'étant engagée entre les soldats des deux partis, Bélésîs» pour ranimer le courage des conjurés, leur dit : c J'ai consulté les astres et invoqué les dieux. Combattez, vous triompherez; les ennemis seront mis en fuite ou massacrés. »
L'armée de Sardanapale ne tint pas longtemps contre aette puissance, bien qu'il eût, de son côté, entendu des oracles plus favorables (1).
L'art de prédire, la pins importante des attributions du sacerdoce babylonien, attirait de grands honneurs sur les prêtres et même sur tout autre; et c'est grâce à son habileté dans cet art que Daniel fut élevé à la plus haute dignité (2).
C'est parmi les Chaidéens qu'on tirait les prêtres de Bélus i Babylone, renommés comme astrologues et devins (3). Ils formaient une classe semblable à celle des prêtres égyptiens , méditaient les questions philosophiques et astronomiques , faisaient des prédictions d'après le vol des oiseaux, les pro* diges naturels, les songes, et Texamen des entrailles des victimes.
Les Chaidéens enseignaient, dit-on, que le monde est éternel, qu'il n'a pas eu de commencement et qu'il n'aura pas de fin. L'ordre, la matière, sont dus à une Providence par la volonté de laquelle tout s'accomplit, avec l'intermédiaire des dieux. Les astres nous instruisent de la volonté divine, par leur lever, leur coucher, leur couleur. Les comètes, les éclipses, les tremblements de terre sont de» signes de bonheur ou de malheur (4).
Pausanias dit qu'ils professaient l'immortalité de l'âme (S). U est d'accord en cela avec une autre tradition suivant laquelle
(1) Diodore, li, 24-Î7.
(J) Daniel, i, 17-20, ii, 2 i it, 1.
(3) Hérodote, i, 181-183.
(4) Diod., t. 1, 144, de latrad. Uœfer. (5; L. IV, S 36.
576 us CIVlUSàTlONS PUMiriVES.
ilf admelUient eo môme temps rétemit6 de la macière et une puissance ordonoatrioe (1).
Comme les Indiens et les Égyptiens, le feu, ou le soleil » lut leur première divinité. Les autres astres venaient ensuite dans un ordre hiérardiique, et servaient d'intermédiairas entra lui et les hommes.
Dans les grandes solennités, le feu sacré ou éternel éuil piomené sur des autels portatifs, et dans des pyrétbés, espèce de paniers à anses.
Bel ou Bélus, considéré comme invisnteur de rastronomiè, avait été élevé au rang des dieux, et il occupa bientét le premier rang. Un temple élevé en son honneur fut lenonuné par sa quagnificence (S).
Il y avait aussi un autre temple dédié à une déesse Hylîtta, qui répondait à la Vénus grecque.
La déesse Adargatès, sorte de Junon, avait des temples desservis par des prêtres vêtus et ornés comme des femmes, excitant l'impudicité des hommes, jouant des instruments et s'érigéant en prophétesses.
La Bible parle aussi d*une espèce de dragon que Daniel empoisonna (3). Il s'agit sans doute de quelque animal sacré qu'on entretenait dans le temple.
il y avait plusieurs divinités se rapportant à la force génératrice.
Quand le temple d'Hiérapolis fut construit^ on y transporta, des temples d'Assyrie, le signe delà génération, qui y figurait. Les mœurs licencieuses de ces peuples se reflétaient dans leur religion.
On rendait un culte pompeux à toutes ces divinités, et on leur apportait de riches offrandes que Baruch accusait les prê-
(«) ÙoûHéiioê, soleil, HiUopoHê.
(3) Ddn., XIV, %l.
BABVLOmEKS. 377
Ires de détourner pour eux, afin de payer le prix de lem débauches.
Daniel dénonça au roi des prêtres qui avaient pratiqué une secrôte issue par laquelle ils entraient la nuit dans le sanctuaire. Les prêtres furent cbâtiés, l'idole et le temple abattus.
Les hommes chargés, pendant les c^monies religieuses, de porter les statues divines, s'y préparaient par une longue continence (4).
Hérodote raconte que toutes les Assyriennes étaient obligées de se rendre une fois pendant leur vie au temple de la déesse Mylitta, et de s'y livrer à un étranger. Jérémie et Strabon confirment ce fait (3). D'ailleurs, cette coutume n'était pas particulière aux seuls Assyriens; Héliopolis, Byblos et Chypre, colonies phéniciennes, la pratiquèrent également
La femme qui se livrait ainsi recevait de l'argent de l'étranger, et, quelle que fût la somme, elle ne pouvait la refuser. En jetant l'argent sur les genoux de la femme, l'étranger lui disait: «J'invoque la déese Mylitta. » L'acte accompli, elle se relirait chez elle, et, dès ce moment, ne se vendait plus à personne. Ces femmes restaient au temple, ou y retournaient, jusqu'à ce qu'elles eussent trouvé un étranger qui voulût bien d'elles (3).
A part l'immoralhé de cette coutume, elle révèle de la part des Assyriens un grand soin d'attirer chez eux les étrangers par tous les appâts imaginables. Hérodote ajoute qu'une fois cet acte accompli , rien n'aurait pu ébranler la vertu de ces femmes.
On ne dit pas si les enfants nés de pareils accouplements étaient regardés comme légitimes. Existait-il à cet égard dei règles particulières? Cette offrande de la pudeur à la divi«
(i) Macrobe, Saturn, i, ch. 23. — Hérod. i, S 19S.
(t) Strabon, xvi.
(3j Hérod., i, S 199. Strabon, xvi.
(4) Hist. diverses, iv, ch. 1.
378 LES CIVIUSATIORS PRIMITIVES.
nité n'en faisail^elle pas consîdéfer les fruits comme vacrisT Le même auteur parle aussi d'une femme qui était, solidisant , choisie par Bélus et désignée par les prêtres chaldée&s pour passer la nuit dans le grand temple de Babylone, où Von ne voyait aucune représentation de divinité.
Les Assyriens aimaient les cérémonies et les fêtes et «i pro* longeaient la durée pendant plusieurs jours. C'est à la faveur d'une fête que Gyrus s'empara de Babylone : tandis que les Babyloniens se livraient la nuit aux divertissements, ii eut Je temps de faire détourner les eaux de rBuphratCi ce qui permit à son armée de se jeter sur la ville (I )•
Deux fois par an, à chaque équinoxe» avait lien une sorte de cérémonie funèbre dans laquelle le peuple poussait des gémissements, et pleurait.
Bérose rapporte que tous les ans on célâirait une fête appe» lée taeêef qui durait cinq jours« et qu'alors les esclaves commao* daient à leurs maîtres, gouvernaient la maison, et étaient vêtus d'une robe royale (2). Il ne s'agit là, sans doute, que d'une mascarade ou d'une satumale comme les Grecs en célébrèrent dans la suite ; car si les esclaves avaient pu être sérieusement maîtres de toutes choses pendant cinq jours, nul doute qu'ils n'en eussent profité pour briser leurs chaînes.
Les funérailles chez les Babyloniens consistaient en cérémonies i peu près semblables à celles des autres peuples de rOrient.
A la mort d'un haut personnage, ses parents, ses amis, ses serviteurs donnaient des marques extérieures d'un grand désespoir ; ils découvraient leurs têtes et leurs pieds et déchiraient leurs vêtements ; ainsi agirent les généraux babyloniens à la mort d'Bolopheme (3).
0) Hérod., I, 8 191. Xénoph., Cyrop. vu, ch. B, 87. (a) Athénée, xiv, 10. Strabon» cxi.
(3) Jadilh,xiv,19.— EzéchicI, xxiv, 17.
babylonjëns. 579
On versait des essences, on brûlait des parfums autour du corpSy qu'on enduisait de miel (1).
Après les funérailles un repas était servi aux paraita, ce qui rappelle le repas funèbre des Indiens.
§ 5. INDUSTRIE, COMMERCE, NàVIGATION»
Les besoins de luxe et de plaisir contribuèrent au dé?elop« pement de l'industrie, et du commerce en Babylonie. Le coton et la laine importés par des caravanes et des navires marcband/i furent artistement travaillés dansles nombreuses fabriques établies sur les bords de TEupbrate.
L'art du vêlement y atteignit un degré de perfection qui en fit rechercher les produits à l'étranger.
On confecironnait des robes de coton appelées Sidona i cause de leurs brillantes couleurs et de la finesse du tissu; elles figurèrent auprès du tombeau de Gyrus parmi d*autres objets qui avaient servi à ce conquérant. Entre les villes de fabrique on cite Borsippa^ à vingt lieues de Babylone, où l'on travaillait le coton (2).
Les nombreux objets d'art et d'industrie qui affluaient à Babylone font supposer un commerce étendu, et des relations suivies entre cette ville et les pays circonvoisins. Une grande route allait de cette ville à Suse. Les pierres fines venaient de rinde (3). Les émeraudes, les jaspes provenaient, suivant Théophraste, du désert de la Bactriane ; elles étaient ramassées
(1) Strabon, xvi. — Hérod , i, 8 198.
(2) Strabon, xvi.
(3)Clé8ia8, Ind.j ch. &.
S80 LES dYiLiSAnoms peimitives.
par dm cavaliers qui s'y rendaieot lorsque les vents du noixf s'élevaient et emportaient le sable.
On tirait également de Tlnde des diiens de chasse dont la force et le courage les vendaient redoutables môme au lion ; des gens riches en entretenaient un certain nombre à grands frais (1).
L'Inde fournissait encore de belles couleurs» tdles que la cochenille avec laquelle on teignait en beau rouge les éloflte de coton.
Ul ville qui servait d'échelle de commerce entre Tbide et Babylone était Bactra» renommée dans l'antiquité par son importance commerciale. D'autres routes de commeice conduisaient à Sardes, en Phrygie, en Cappadoce et en Cii/de.
Les navires de commerce qui descendaient l'Euphrate étaient construils comme les barques dont on se sert encore aujourd'hui sur le Tigre; on ne les gouvernait qu'avec deux rames.
Arrivés à Babylone» les marchands vendaient leurs cargai« sons et la carcasse de leurs navires, et en chargeaient lesbordages sur des ânes ; car ils n'auraient pu remonter le ffeure i cause de sa rapidité.
I^ premiers habitants de la Babylonie ayant i lutter contre les débordements de l'Euphrate» déployèrent de bonne heure leur génie inventif pour en arrêter les ravages; Ua contruîsfrent des digues» creusèrent des canaux et des lacs ; l'Euphrate et leTigre furent reliés par plusieurs courants d'saux» dont les uns servirent au transport des marchandises et les autres à Fairrosement des terres (S).
Les plus grands canaux étaient destinés A porter des vais* seaux marchanda» et à empêcher les invasions des peuplas domades qui entouraient ia Babylonie, surtout celles des Mèdes. Cest à deux ^eines qu'on attribue les plus importants tra-
(1) Hérod., I, 192.
{î) Hérsd., 1, 193.*-XéQOph., Anab., i.
vaux de œ genre, à Sémiramîs et à Nitoerîs. On rapporte à celle-d ou à Nabuchodonosor les grands quais bâtis en pierre dans Tintérieur de la ville et un lac qui avait vingt lieues de circuit, et touchait à TEuphrate. Hérodote s'exprime ainsi : « On creusa un réservoir pour le lac où il y avait de l'eau stagnante. »
Ce lac pouvait servir à détourner le cours de l'Euphrate ; c'est ce que fit Gyrus, pour passer par le lit du fleuve et pénétrer dans Babylone.
Les terres comprises entre l'Euphrate et le Tigre étaient renommées par leur fertilité grâce à Tirrigation perpétuelle de petits canaux bordées de machines hydrauliques : t De tous les pays que je connais, dit encore Hérodote, la Babylonie est la plus propre à la culture du blé; ses feuilles ont quatre doigts de largeur, de même que celles de Torge. »
Cependant, les arbres y étaient rares; il n'y avait ni oliviers, ni vignes, ni figuiers, mais seulement des dattiers et des palmiers.
On peut conjecturer, d'après certains passages d'Isaîe, que les Babyloniens ouGhaidéens pratiquèrent la navigation maritime (1). Le poète Eschyle dit : « La riche Babylone* envoie une armée composée de capitaines à la tète de ses vaisseaux et de troupes d'arbalétriers (8). Cette navigation s'effectuait entre la Babylonie, l'Arabie et l'Inde par le golfe persique. »
Plusieurs établissements commerciaux furent fondés par les Babyloniens, tels que Gerra; c'est là qu'arrivait l'encens d'Arabie dont ils faisaient une grande consommation (3).
Une autre colonie, Opis, fut un vaste entrepAt de sel que des caravanes allaient porter dans l'intérieur de l'Asie.