‹ Les civilisations primitives en OrientChapitre 24 sur 35 · XL11I, U · texte numérisé non relu

XL11I, U

(î) Pers., V, 54.

(3) Hérod., 1, 183.

382 ^ES CIVIIJSATIONS pmmitites.

L'Oe de Tylos fournissail à Btbyloae ces cannes qui defenaient un objet de luxe en sortant de la main du dséleiir* et aussi de bons bois pour la construction des navires.

Entre autres denrées d'importation, il faut indiquer la eanelle du Geylan^ les épioes, l'ivoire, l'ébène, les pierres fines et les perles du goUepersique et de l'Inde.

Les Perses mirent fin à celte navigation par des barrage en pierres de tailles qui obstruèrent le cours de l'Euphiate; pour éviter des invasions ils paralysèrent le commerce qui avait fait la richesse de cette contrée. Alexandre n'eut pas le temps de réparer la faute de ses prédécesseurs, etBabylone ne s'en releva plus.

§ 6* SCIENCES 7 ARTS, ÉCRITimE.

Le fait avancé par l'auteur du livre de lonas, qu*à Ninrve, plus de cent vingt mille personnes ne savaient pas distinguer la main droite de la main ganehe (i), est sans doute l'expression hyperbolique de Tignorance où était réduite la popalation de cette ville; et Ton comprend que cette ignonm», unie à la soif dès plaisirs et du luxe, ait pu hâter la corruption des mœura.

Les Assyriens étaient si peu avancés dans les sdœces, qu*ib exposaient les malades dans um place publique» afin que ceux des passants qui reconnaîtraient les maladies indiquassent les moyens de les guérir (2).

11 parait que, dans la suite, la science médicale fit de grands

(l)Ionas, IV, il.

(2) L. I, 8 197. — Strabon, xvi.

progrès, puisqu'un médecin découvrit, à ce que Lucien rap« porte, la passion de Stratonice (i).

Pline attribue à un roi de Ninive la découverte d'un remède contre l'ivresse (2). Ce moyen préservatif aurait dû nous être transmis.

Leurs progrès dans l'astronomie sont plus réels. Hérodote (3) dit que les Ghaldéens donnèrent aux Grecs la connaissance de la division du jour en douze parties. Ils avaient très-anciennement divisé l'année en 365 jours; leurs tables astronomiques remontent au vingt-troisième siècle avant Jésus-Cbrist. On leur aUribue. aussi l'invention du zodiaque (4). Les enfants élevés dans le palais étaient initiés aux sciences connues, sous la direction d'un officier (5). Cependant rastronomie était exclusivement abandonnée aux prêtres chal« déens. Ce sont eux qui communiquèrent à Alexandre des observations qui remontaient à plus de dix-neuf cents ans (6). Des mages étaient déjà établis à fiabylone à l'époque de l'invasion chaldéenne, qui ne changea rien aux croyances; car le culte des astres formant la base des religions primitives des divers peuples de l'Asie, les prêtres babyloniens, chaidéens et perses ont pu s'entendre. Et, en effet, on les a souvent confondus sous le nom de mages, à cause de la conformité de leurs doctrines.

L'agriculture prit un grand développement, grâce aux ca« naux d'irrigation qui furent établis entre le Tigre et l'Euphrate.

Les arts, comme l'industrie, ont fleuri à Babylone et à Ninive, et les débris de monuments qui ont survécu i la disparition

(1) Traité sur la déesse de Syrie.

(t) Liv. XXX, 8 4».

(3JL.n, S>09.

(4) Diod. 1. n, S 30.

(5) Daniel, v, B-lS.—Josèphe, x, ch. 10, S î-

(6) Pline, natnr., vin, 56.

384 LES CIVILISATIONS PRIMITIVKS.

de ces deux fOto ne démentenl pas le grand renom dont eUos jouissaient parmi les étrangers.

Un luxe effréné de meublas» de tapis» de parfums régnait à fat cour des rois» et, par imitation, cbei les gens riches et cbes les hauts fonctionnaires.

Sous le rapport de Tarchitecture» on peut encore admirer le safoir^faire des Assyriens.

La Babylonie fut de bonne heure semée de Tilles floris* eanles. La Genèse en cite plusieurs (1) dont la fondaliotn remonte à une époque inconnue. Les pierres de taille serrant aux constructions furent amenées par FEuphrate des contrées •iptentrionalas, car la Babylonie n'en fouruissait point; mats elle renfermait dans son terroir une argile à brique qui, aécbée au four» devenait très<iure et trôs4enace. On en trouve encore, dans les ruines de Babylone» sur lesquelles se sont conservées intactes des inscriptions en caractères cunéiformes.

Une sorte de bitume minéral qu*ou y trouve encore en abondance servait de chaux. D*Berbelot pense qu'on l'employa pour la construction de Babylone (2). On alternait les couches de ce ciment avec du jonc et des roseaux.

Les maisons de cette ville étaient- généralement peu élevées, cependant les plus belles avaient quatre étages ; elles étaient environnées de grands jardins et de cours spacieuses. Quinte- Curoe dit qu'il y avait entre elles et les murs un arpent (Jugemm), et qu'elles occupaient uneitendue d'environ quatre-vîngtdix stades. Les intervalles qui séparaient ces maisons entre dles étaient ensemencés et cultivés pour fournir à la subsistance publique en cas de siège.

Babylone formait un carré dont chaque côté avait cent-vingt stades de longueur. L'Euphrate hi divisait en deux parties» réunies par un pont de pierre couvert d'un plancher de bois qu'on pouvait enlever à volonté. D'un côté de la ville s'élevait

(i)x,s.io.

(t) Bibl. orient. Hit.

le palais du roî; dans Vaatre élaîl le temple de Bel» dont Tenceinte avait deux stades de circonference : au milieu de celie enceinte était une tour à huit étages ou terrasses ayant une ou plusieurs stades de longueur et autant de largeur; tout autour se dessinaient des escaliers et des paliers.

Sur la plus haute terrasse régnait un sanctuaire avec une table et un siège d'or.

Babylone était entourée d'un fossé profond rempli d'eau el revêtu de briques, derrière lequel s'élevait une digue ou muraille élevée, munie de portes vers le haut. Une autre muraille traçait une seconde enceinte en dedans de la ville. Le palais du roi était fortifié, les rues tirées au cordeau. Des portes d'airain s'ouvraient du côté du fleuve (1).

Hérodote ne parle pas des fameox jardins suspendus atiri* bues àSémiramis; peut-être n'existaient-ils déjà plus de son temps; et en général il ne parle que de ce qu'il a vu. Mais Diodore les a décrits. C'était de hautes et immenses terrasses reposant sur de solides fondements , et où l'on faisait monter de Teau au moyen de machines hydrauliques (2). Des arbres de toute espèce y avaient été plantés. Les rois en firent leur résidence d'hiver, la plus belle saison dans ce pays. Ce sont ces jardins que Quinte-Gurce appdie Paradisii ; Alexandre y mourut après avoir fait un sacrifice.

On attribue encore.à Sémiramis les murailles qui entouraiem la ville. Elle fit bâtir, dit-on, sur les deux rives de l'Ëuphrato deux palais, et creuser sous son lit un chemin souterrain pour les réunir.

Quant au temple de Bd , il remonte réellement au-delà de la conquête des Ghaldéens, et vers lâOO ans avant notre ère» en admettant, avec Hérodote (9), que la durée de l'empire assyrien ait été de cinq cent vingt ans.

(i) Hérodote, i,i7S*tSf. {%) Diod. 1, p. iS5.

58(( LES ClTIUSATtOHS PIIMITITCS.

MftisrépoqM la plut loritsante «il comprise dans rmleripillo de M» àSM a?aiii Jésos^CbrisU Cesl cdie do lèsoc de Nabuchodoiieeor. Alors fui oowtmile dans l'intârieiir de h taie» une triple manille on reIrandMmekil ei une. antre an dehors ; le tout en briqnes.

L'arablleelnre des Babyloniens différa essentiellement de cdIe des Perses, à cause de la natnre panicolière des maté* . rianx de oonslmetion et des propriétés du climat.

L*nsage des briqnes exdaait Tart des colonnes; aossi les monuments babyloniens ne présentent4ls que des pOieis et des pilastres auxquels on ne poniait donner des formes ar« londies*

Diodore a décrit des chasses et d'antres snjeU qui Qgoraient sur les murs du palais de Bsbylone : c'étaient des bas-nlids coloriés comme dans les temples égyptiens. Le côté des briqnes portant les figures et les inscriptions, était tourné en des* sous pour les mieux consenrer. On imprimait sans doute ces figures sur les briques au moyen de formes qu'on y appliquait avant de les passer an feu* Celles qu'on rencontre le plus souvent sont des empreintes de sceaux représentant des figures d'snimauxi tels que le lion et la licorne, au-dessus desquelles se tfouvent deux lignes d'inscriptions, dont les caractères sont les mêmes dsns la ligne supérieure, et diflérents dans cdle de dessous.

On a découvert sur l'emplacement suppoié de l'andenne Ninive de gisantesqMS bas-reliefs, représentant des figures ailées, à la tête d'homme aux cheveux frisés, à corps de lion ou de tamrean* On y remarque un fini d'exécution qui révae nne certaine connaissance de la nature.

M. Layard a trouvé dane les ruines d'qn petit village appdé Nemroud, beaucoup d'oh^ets d'art tels que des tabletteset des statuettes en Ivoire bien travaillées, représentant des figures avec des cartouches d'hiéroglyphes, le tout dans unsiyleégyp* tien. Ils provenaient sans doute d'une importation accomplie à répoque de la conquête de TBgypte, qui fut alors dépouillée

par le fainqurar d*un grand nombre de set monumento et d*objet8 de luxe qu'on transporta au siège de rempire.

Diodore dit, d'après Gtésias :c les objets ricbementltraTaillés en ivoire et en pierreries que renfermaient les édifices de Thébes furent pillés par les Perses à Tépoque où Cambyse fit alors transporter ces dépouilles en Asie et emmena a?ec lui des artisans égyptiens pour construire des palais royaux (I). »

Dans un tombeau on a trouvé autour du squelette descoU tiers» des perles en verre opaque coloré, en agate* en oomaline et en améthyste, puis des bracelets en argent et des épingles pour les cheveux.

On confectionnait artistement des objets de parure et de luxe; outre les camées sur lesquels on représentait des animaux et d'autres sujets» on portait assez généralement des pierres taillées connues sous le nom de cylindres babyloniens; elles étaient sans doute enchâssées dans des anneaux de ca« chet. D'autres servaient d'amulettes.

On trouve encore des cylindres de jaspe ornés d'inscriptions cunéiformes.

Le travail de la tapisserie y avait également atteint un haut degré de perfection et de renommée.

Entre les bas-reliefs qui ont été trouvés» il en est un qui représente un roi assis sur son trône : le soleil» la lune et d'autres emblèmes rdigîeux sont placés au-dessus de sa tète, et il refoit des prisonnière les bras liés derrière le dos. Des eunu-^ ques enregistrent le nombre des tètes de l'enumni qui gisent par terre» puis vient une procession défigures divines portées sur l'épaule des hommes.

Un objet qu'on rencontre souvent sur les monuments babyloniens» c'est le parasol tenu au*dessus de la tète du roi ; il ne servait pas uniquement à procurer de l'ombre i la tète royale» il servait encore de signe de commandement» d'attri* but de la royauté.

(1)D;od. 1, 46.

Beaaooup de peraonnages sculptés sur les monuments ont des pendants d'oreilles avec de grosses perles, ce sont des personnages relativement modernes ; car Hérodote et Xénoption, qui ont décrit le costume de ce peuple» ne parlent point de oe détail.

On a observé que les animaux étaient représentés avec plos de vérité que les hommes et avec plus de perfociioa qu*en

Egypte- Ce fait résulte de ce que la sculpture babylonienne n'étant pas soumise à des formes déterminées, les artistes ont pu obéir à leurs propres inspirations; aussi Tart babylonien tientil le milieu entre l'art égyptien et l'art grec.

I^es figures symboliques que les Assyriens et les Perses employèrent dans leurs monuments religieux étaient les mêmes ches les deux peuples; cette ressemblance tenait à l'adoption que firent les Perses des divinités et des dogmes assyriens et chaldéens. Ils leur empruntèrent ainsi le culte de Milhra , qui joua chez eux un grand rôle.

Quant à récriiore cunéiforme qu'on voit sur les monumeols, elle n'était pas d'un usage populaire. Les prêtres seuls la pratiquaient» en observant quelques différences dans les traits.

On reconnaît sur les monuments qui existent encore trois sortes d'écritures: récriture monumentalOt la moyenne et la cursive; dans cette dernière, les lignes sont tellement serrées qu'elles samiblent les unes sur les autres.

Le chaldéen était la langue-mère ties Babylooiens, des Assyriens et des Araméens. Les rois de Perse et leurs satrapes s'en servirent lorsqu'ils occupèrent le pays qui la partaient; leurs édita furent écritadans cette langue (t).

Mais l'idiême pirimitif s'altéra peu à peu; tous les peuples qui formaient ce vaste empire se firent des emprunts réciproques et les anciennes langues» comme les anciennes écritures,

(t) Daaiel, i, 4.

BABYLOM£NS. o89

demeurèrent le monopole des prêtres et des savants, tandis qu'elles se modifiaient, se dénaturaient dans les masses, et devenaient le syro-chaldéen.

En résumé, les Babyloniens sont le peuple de la famille chaidéenne le plus anciennement civilisé. Ce peuple a laissé peu de documents sur son existence politique des premiers temps; mais nous en avons sur son industrie , sur ses croyances, sur son nom et sa langue primitive, conservés par la caste sacerdotale, et perpétués par des monuments encore existants; et de tous ces documents réunis il résulte que la civilisation assyrienne eut un caractère mixte, et que le fond de sa population fut Sémitique.

Nous avons vu aussi qu'une fois arrivé à l'apogée de sa grandeur, les désordres intérieurs et la dissolution des moeurs, favorisés par la présence des étrangers qu'attiraient le commerce et les plaisirs, rendirentce peuple incapablede résister aux inva' sions, et que les Perses, habiles seulement à la guerre, n'eurent point de peine à conquérir à la fois son territoireet sa civilisalion.

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