ST
4t8 LES GITIUSÀTfÔHB PRWITITES.
le seetu dé VÊM^ le manfflau dd pourpre, ta Muroime rofale et Mtieè iflCignes (1).
Kotie lot cheb prépofés tu senrioe du loi» le plus honoré An odai des cuisines, qui présidait aussi à l'immolation des irioUmes.
La garde des éléphants était confiée à des hommes illustres par leur naissance» comme celle du trésor royal.
Le. roi trouvait dans ces hauts fonctionnaires plutôt des serviteurs complaisants que des gardiens jaloqjL des intérêts publics. On n'appliquait les lois qu'en vue de raulorité suprême, et on les violait si elles paraissaient y être contraires.
Flutarque (i) rapporte qu'Aniiochus«le«Grand avait défendu d*obéir aui ordres qu'il enverrait lui-même, s'ils n'étaient pas conformes aux lois. Cette recommandation ne prouve qu'une chose, c'est que le chef de l'État pouvait impunément, au besob» se placer au-dessus d'elles.
% 4. JUSTICEt LOIS, GÀRÀCTlaE, GOUTUIIES.
losèphé rfgnate les Phéniciens comme un des peuples qui les premiers consignêtent les actes civils dans les registres publics (9).
Les habitudes de commerce et d*ihâustrie auxquelles œ peufle s'adonna dès les plus andens temps lui inspirèrent bientôt des règlements destinés à garantir l'exécution des contrats
(4) Josèphe, Xn, eh. 9.
(t) Apophthègmes.
(3J Contr. Àpp., 1. h S t.
•YIUBNS. 419
•oit avae des coneitoyiiii, Boit tuac des étningen; phitieun inscriptions trouvées dans remplacement d'andetnev coloiMes lihéiiioieaBss oonsttlenft Tusage d'înseriye sur la {riam les Iranstctioos eommeidales qui avaient on eaniccèie pQblie ou officiel.
Ghes les autres tribus syiisnnes, ime ou plusieurs pierres levées ou entassées servaient de gaiant pour l'exécution d'un pacte fait entre deux chefs. Le puits auprès duqnd fut jurée l'aUianoe d'Abiméiecb et d'Abraham fut appelé le Puits du Voyant vivant (1).
Pendant longtemps la jusUœ fut exercée par le ohef de fa« mille; ce rôle découlait natufellement d^une autorité aans borne. Juda condamna ainsi Tamar, la femme d'un de ses enfants, accusée d'adulte <2)«
Ruben. laissant ses deux enfants à son père« lui dit : • Ailesles mourir, si je manque à ma parole de ramener Beiyamin (3). » C'était Uen le patiiaidiel absolu dans sa rude simplicité.
Jacob dit à Laban : c Que celui piès de qui tu trouveras les dieux ne vive point! ce qui eit chez moi est à toi, prends-le.» Jacob ignorait que Bacbel les eût dérobés en les menant dans le bât d*un chameau et en s'asseyant dessus (4).
Les js^gemenls étaient de notoriété publique, sans consécration écrite. La vente d'un champ, ou de toute autre propriété un peu considérable, n'avait d'autre gavanlie que cette aolo« riété. Tout cela se faisait dans le lieu mime où Ton rendaii les jugements, à la porte des villes.
Une piwre arrosée d'huile ou de vin eonsacrail parfois un engagement ou une promesse. Jacob, après sa vision, promet sur la pierre où il s'éuit reposé de recoiuiaUre Jéhovahpour
(i) Genèse, XYI, 14. Trad« deCaheo.
(i) id. xxxym, s4,
(3}Id.XLn, 37. \
(4) Genèse, XXXI, 3t-35. Trad. de Gabsn.
4S0 LES cnriLISATIONS PRIMITtTES.
son Diatt, s'il bitail un voyage heareox «a reloanuinl ckez 80D ptee (I).
Les conventions pouvaient être appuyées par des serments. Ainsi Jacob exigea un serment d'Ésaû, pour confirmer la vente de son droit d'atnesse (9).
Celait le dieu du pays où l'engagement réciproque était con- Iracié qu'on invoquait. Une loi des Tyrîens défendait d'invoquer une divinité étrangère (3).
Des imprécations menaçaient le parjure : c Nous sommes sous l'œil de Jéhovab , dit Laban à Jacob, qu'il soit notre ji^. Si tu oublies tes promesses, qu'il me venge; qu'il me punisse moi-même, si je trahis l^s miennes (4). •
Abraham dit à son serviteur Ëiiéaer, en l'envoyant chercher une femme pour son fils Isaac : « Je te ferai jurer par Jéhovab, le Dieu du ciel, le Dieu de la terre, que tu ne prendras pas pour mon fils une femme des filles du KenAanéen au milieu duquel j'habite.. .. Si la femme ne veut pas te suivre, alors tu seras dégagé de ce serment. ..«» L'esclave mit sa main sous la cuisse d'Abraham, son mettre» et prêta serment pour cet objet (S).
Jéhovab jure par lui-même quand il fait alliance avec œ patriarche (S),
Des présents d'animaux confirmaient souvent les promesses, et servaient aussi à racheter d'une servitude.
Dea repas suivaient aussi quelquefois une convention jurée; ainsi, Laban et Jacob mangèrent ensemble sur la pierre qui devait consacrer leurs serments.
Les acquisitions étaient également confirmées par l'érection
(i) Id., xxvui, tOi XXXI, 13.
(S) Genèse, xxv, 33; xxxi, 4M6.
(3) Josèphe, contr. Àpp., i, S tt.
(4) Genèse, xxxi, 49-54.
(5) Id.. XXIV, S-9. Trad. deCahen.
(6) Id. XXII, 16.
d'une pierre. Jacob en érigea une dans le champ qu'il venail d'acquérir des enfants d*Hémor (1).
Toutes ces coutumes suppléaient aux lois civiles et aux tribunauxy en attendant ceUes de Moïse.
Mais les Phéniciens, à la même époque, avaient déjà plusieurs sortes de magistrats : les zakconim, juges généraux, les^ sophetim, juges ordinaires, les sarenim, gouverneurs de la cité (S).
Quant aux lois pénales concernant les crimes et délits» on en connaît peu d'antérieures à celles de Moïse. On sait, par exemple, que le vol était ^pié par de l'argent. Ce délit parait avoir été fort rare en Syrie, si Ton en croit Élien. Il rapporte que les habitants de Byblos n'auraient pas ramassé un objet trouvé dans un chemin public, et se seraient cru coupables de vol s'ils avaient pris dans un lieu ce qu'ils n'j auraient pas mis* Ils se montraient moins scrupuleux dans les pays qu*ih envahissaient; ils enlevaient les troupeaux, etemmeoaient tous les hommes qu'ils rencontraient pour en faire des esclaves.
L'adultère de la femme était puni par le feu ou par la lapidation ; celui de l'homme, tantôt par la mutilation, tantôt par la mort, selon la gravité du fait.
Un certaindésordre régnait alors dans les rapports des sexes, à cause de l'absence des lois civiles. On voit déjà les courtisanes jouer un certain rôle en Syrie. C'est ainsi que Tamar trompa la bonne foi de Jehouda, son beau-père, en se faisant passer pour une prostituée, et conçut de lai deux jumeaux.
L'histoire des filles de Lot démontre aussi que Tincesle n'était point rare, et qu'en tout cas il restait impuni (%)•
Ruben ayant séduit une femme de son père, en fut quitte pour la perte de son droit d'aînesse.
(1) xxxi, 40,xxxin,10.
(i) MéiD. de T Académie des Inscriptions, t. H, p. S3.
(3) Hist. div. ,1. IV, eh. 4.
(4) Genèse, xxxvui, 16 i Jages, xvi, 1.
4ti L£S CmUSÀTfOW MIMITITE8.
VwOimn^ kt 4kfa% sjikM piéteiitaieiii d^ ocempl» d'b. oota qui pooTaîwl eicuser Im» adomlens.
Le» vtllet ^teiciennes furant an TériUble t&jer de eocniptkm ot de prostilutîoD. I/hiitorian Soetate dit qu'à Héliopolk» OD M MtaH de qei étaient les enfanls» tant on s'y limif i h promiieiiité la plus effrontée. Il n'est pas jnsqu'anxwM oontra naton qui n'y fneeent ptatiquée. L*liisloirB de Sodome et de Gomorrhe en témoigne, et l'on en retroare de tristes exemples à répoqim de Moise» qui s'eflforça de les piévenir par des lois trta^sévèras,
Lessappliees en nsage chei les Syriens étaient l'étiangiement» la décapitation» le feu, la mort à coups de flèches ou de pierres, la pendaiaott» le crndflementy et enfin loua les suppUdes qne la eruanté peut inspirer à Tbomme. Tbamat fnt «Midamnée à Mre brûlée vive pour cause d'adnltàie (t)« Safll et ses trois fils furent dépouillés de leurs armes» décs-^^ pités et pendus^aux murs de Betbsan (^).
Josué commanda de suspendre à un gibet, jusqu'au ooocher du soleil, on prince ennemi dont le corps, jeté ensuite à la porte de la Gté, fut couvert de pierres entassées. Une autre fois, après avoir fait presser la gotlge de cinq rois vainc» sous les pieds de ses capitaines, il ordonna d*atiaeher leurs corps à cinq poteaux (8).
Oédéon fit étendre snf des Ironees les principaux babiVsnts de Socolh et passer sur eux de lourdes nnehines (4). Les ba* bitants de Damas firent passw sur oeux de Galaad des dia« riots armés de fer.
Un roi de Môab commanda de brûler son ennemi vaincu jusqu'à ce que ses os fussent réduits en osndies*
Le gouverneur de Gaza, Bétfs, fut livré, par ordre d*Alsxan-
(1) Genèse, xxvia, U.
(1) i Rois, XXXI, set ioiv.
(3)Josoé,vni, 19iX,t4-ie.
(4)Jsges,vm,7-i6.
8YAU»S« àiR
dre, à des bourreauXi qui lai passèrent une corde dans les talons, le lièrent à un char et le traînèrent ainsi autour de lu Tille. Nous avons vu déjà oe même Aleiandre faire pendre et mettre en croix deux mille babitans de Tyr (1) ; la longue résistance de cette ville ne saurait justifier d'aussi cruelles représailles. Ochus fut plus juste lorsqu'il fit périr un prince asses lâche pour lui avoir livré son peuple et son territoire (S).
Ces faits et bien d'autres attestent une rudesse et une cruauté dans les moeurs et dans le caractère, qui distingue en général les peuples sémitiques des peuples arioisJ
Les temples, les palais du roi furent dans la suite des asyies sacrés, où les condamnés et les esclaves échappaient, en s'y réfugiant, aux supplices qu'on voulait leur infliger.
Plusieurs délits étaient réparés par des expiations et des sacrifices. Le premier livre des Rois parle d'offrandes pour les délits. Les contraventions aux lois d'abstinence entraînaient certaines punitions; celle qui concernait l'usage des poissons défendus était expiée par des pénitences souvent mortelles. Le coupable, entre autres épreuves, se couvrait d'un sac, et se plaçait sur du fumier dans un grand chemin. On attribuait aux dieux les ulcères et la pourriture qui survenaient au corps.
Les impôts jouèrent un grand rôle en Syrie. Samud, dans les menaces qu'il adresse aux Hébreux , qui réclamaient un roi, parle des impôts établis par les monarchies voisines. Ces impôts pesaient sur les moissons, sur les vignes, sur les troupeaux, sur l'industrie, sur les personnes elles-mêmes, et variaient selon l^s besoins du moment ou le caprice des chefs.
Les moindres luttes que ces peuplades se livraient entre elles étaient suivies d'une imposition en nature à la charge des vaincus (3).
(1) Quinte^aree, iv, v.
(«) Diod., XVI, S 4S.
(3) 1 Rois, 45-47.
d'Aflcalon ayant refusé de les ^yer» furent massacrés, et leurs biens confisqués (1).
Les Phéniciens STaient la réputation de peuple entreprenant, rasé, adroit, ami des voluptés, du luxe, de Tindépendance el du travail. Mais avant qu'ils ne se livrassent au commerce et à la navigation* ils durent, comme les autres Gananéens,mener une vie pastorale, grossière, semblable à celle qu'a dépeinte la Genèse. Seulement, aucune tradition ne se rapporte directement à cette époque de leur existence. On a beaucoup parlé, au contraire, de Sidon et de Tyr, dont le commerce et l'industrie se répandirent, dès la plus haute antiquité» sur le littoral de l'Asie et de l'Afrique. Les richesses qu'elles en tirèrent entretinrent chez elles des mœurs dissolues, des habitudes fastueuses. Les arts y fleurirent de bonne heure, surtout ceux qui pouvaient ajouter aux plaisirs sensuels. On rapporte qu'un prince de Sidon établit un concours où des récompenses étaient accordées aux jeunes filles venues des pays voisins qui , par la danse et le chant^ l'emportaient sur les autres (2).
Le prophète Amos reprochait leur mollesse aux habitants de I>ama8, dont la coyuption gagnait jusqu'à leurs vainqueurs.
Moïse s'est vu forcé de porter des lois sévères pour prévenir des vices et des crimes dont les Cananéens donnaient l'exemple aux Hébreux : cYous ne ferez pas ces abominations, dit-il ; les gens du pays qui étaient avant* vous les ont faites. Prenei garde que la terre ne vous vomisse, si vous la souillez, comme elle a vomi la nation qui était avant vous • »
Mais il faut aussi tenir compte des qualités générales de ces peuples.
L'hospitalité était dans les mœurs syriennes. Elle caractérise
(i)ld., S5.
(%) Athénée, banquet, xii, S s«
4SB LES CITai8ATI0N& ^PRIMITITES.
surtout leipeaples noiBadet,qaioiii souTenibesoiade renocMH Uer» pendant leurs excursions, des seooursqtt'Us soraieut fonsés d*arnicher par la force. Lot se tenait à la porte de la cité pour l'ofirir aux étrangeis qui se présentaient.
0*abord, on saluait ses hôtes, on lavait leurs pieds; on dressait une table; les nuillres de la maison les servaient.
Souvent le père léguait à son fils robligatioo d'euooer Thaspiudité envers les enfants de celui dont il l'avait reçue. Ce fut à ce titre qu'Abimélsch accueillit d'abord si bien Isaac
David, poursuivi par Saul, reçut une généreuse bospitalîlé cbes \m PhiKstins, dont il avait cependant tué le chef Goliath (t).
L'échange d*hospitaUté entre les diverses tribus syriennes amena des alliances par le commerce et par les mariagess ouds la différence de religion ne tarda pas i y mettre obstades et les lois interdirent dans la suite ces unions.
Les Syriens avaient aussi, à un haut degré, la vénération pour les morts ; ici, la différence de religion n'était pas un obstacle à Tacoomplissement des devoirs funèbres.
Ainsi, les Hélhéens offrirent à Abraham d 'enterrer le corps de Sarah dans leur cimetière (9). Cependant Abraham refusa, parce qu'il voulait un tombeau sépafK, et il acheta une ca. veme située à l'extrémité d'un champ. On y plaça même la nourrice de la femme d'Isaac La nourrice, chex le$ peuples primitifs, faisait partie de la famille.
Malgré les habitudes nomades de ces peuples, ils regardaient comme un très-grand malheur d'être enterrés loin des lieux de leur naissance. Jacob, en mourant, fait promettre à Joseph de le faire enterrer auprès de ses pères, dans la terre de Canaan (S).
(1) I Rois, XXI, 40 ; xxvn, i.
(S) Genèse, xxui, 6 et saiv.
(3) Id., xux.
SYRUENS 427
A la mort d'un proche parent, on manifestait sa douleur en pleurant, en déchirant ses fêtements, en coupant sa barbe et ses cheveuYi en se courranl de cendre et d'un sac, en sa roulant à terre (1).
Chez les Pbénicims, le deuil durait sept jours, et pendant un mois les proches parents étaient exclus du temple (3).
§ 5. RILIGION, PRÊTRIS, TEMPLES, PRATIQUES DIYERSfif.
La parenté des peuples sémitiques se révèle encore dans les croyances et les cérémonies religieuses.
Le monothéisme primitif ressort de la signification des noms divins : Beelsamin (seigneur du ciel), Oulom (l'éternité), Kadroon (l'antique), Samemroum (maître du ciel), Élioun(le très* haut), El (dieu). Bel (le seigneur), Heikart (le roi de la ville), Hadad (l'unique). Éloh ou liab implique l'idée la plus pure de la Divinité (8).
Mais l'idée primordiale conservée chez les prêtres se traduisit en polithéisme dans les pratiques populaires; et en effet, les Syriens apparaissent généralement comme idolâtres.
I.a Genèse constate elle-même l'idolâtrie des enfants d'Abraham. L'idée d'un Dieu suprême était trop abstraite pour ces peuples nomades. En quittant son pays natal, Rachel ravit à labaa de petites idoles; et celui-ci court à sa poursuite pour les lui faire rendre.
(I) Lévit. XIX, SSi XXI, 5.— Isale, XY, t-3. (t) Mém. derAead. des belles-lettres, t 4«, p. 77. (3) Renan, Jounud oiiolifiie, iS59, 1. 1, p. S74.
42S LES CIYIUSATIOIfS PRIMtTIYKS.
On sait que de peine eut Moïse à combattre les vieilles superstitions des Hébreux. Pendant leur séjour en Egypte, ils les avaient religieusement conservées et pratiquées; ils les rapportèrent en Sjrie. Ce fut un grand obstacle au succès de la réforme mosaïque. Le dieu pbénlden Belphégor revenait toujours à leur pensée.
Une des filles d'Absalon honora cette divinité en lui oonaa*crant un bois, et se déclara sa grande prêtresse.
Les religions de la haute et de la moyenne Asie se frayèrent de bonne heure un passage dans les contrées occidentales. L'Asie antérieure était comme la route par où circulaient les caravanes et les armées des grandes puissances; il dut en ré« sulter une influence incessante sur les mœurs et les idées des peuples qu'elles traversaient : ce qui explique les rapports de coutumes et de culte entre l'Egypte et TAssyrie, la Phénide et la Palestine (1).
Chez les Phéniciens, la divinité, confondue avec la nature, se manifeste sous les rapports de création, de conservation et de destruction. Le principe mftle et le pruicipe femelle, le générateur et le destructeur, la lumière et les ténèbres, l'antagonisme du bien et du mal, forment le fond des croyances religieuses de ce peuple. Il y a des dieux principaux et des dieux secondaires ou hommes divinisés.
Le dieu suprême s'appelait, dans la contrée du nord, El (le fort), et dans la contrée du midi, BdalSamim. A Tun était associée Baaitis ou Berut, épouse d^Adon; et au second, Astarte et Heikart. A Tyr, Astarté était reconnue pour épouse de Baal, et à Sidon comme vierge.
On remarque, en général, dans les cultes de TAsie occidentale, les deux sexes l'un à côté de l'autre : un principe actif, et un principe passif; un dieu-soleil, roi des cieux, pouvoir fécondant; une déesse-lune, qui conçoit de lui, et qui parfois
(1) Creutxer, ReligioM de tAiitiquUé, trad. par Guigniaut.
se confond avec la' terre fécondée. On Toit aussi une seule et môme divinité réunir les deux sexes.
Ces divinités étaient représentées par des images symboliques exprimant les deux sexes et les différents âges.
Melech ou Moloch^ roi, s'appliquait à plus d'un dieu.
haal s'appliquait à la fois au dieu suprême et à des honunes il était identique au mot Adon (ùominm) l'Adonis des Grecs.
Les divinités principaleSi Baal» Helcarth et Astarté formaient une triade.
Baal est le maître par excellence, le seigneur suprême, le Bélus des Babyloniens (1); c'est à lui qu'on sacrifiait des enfants dans de graves circonstances (3). Il avait des statues et * des prêtres ; son principal temple était à Tyr.
Il y avait encore le BaaI-etan, le seigneur éternel; il répond au Jéhovah des Hébreux; le Baal-ram, le maître suprême; le BaaI-zebub, maître de Thabiution, le Beizébuth des Hébreux.
Melcarth» le Mélicerth'e des Grecs, fils de Baal et d'Asiarté, était le distributeur de toutes les richesses; on retrouve son culte dans les colonies phéniciennes. Ce dieu présidait au mouvement du soleil et au retour des saisons; aussi l'appelait-on encore dieu du printemps, de la moisson, etc. On lui sacrifiait des cailles. C'était enfin l'Hercule tyrien, sous le nom d'Ha^ rokêl, le marchand. Melcarth était adoré à Garthage comme dieu du soleil et dieu du commerce. Tous les ans, on élevait en son honneur un bûcher, d'où l'on faisait volerun aigle, symbole du phénix. Cette fête éuit Toccasion, pour les colonies phéniciennes, d'envoyer à Tyr et à Garthage des députés qui venaient prêter le serment fédéral; d*où le nom de Baal'berith, dieu de l'alliance. On lui faisait des sacrifices humains (3). Asurté, la divinité féminine, était représentée portant sur
(1) Sanchoniathon. St-Âugustin, Qyuut m J«d., 1. xii, 16. (1) Cornel. Nepos, HamUbal ch. t.
(3) Pline, Uiêi. naiwr.^ xxzti, S.
430 LBS cnriLiSATioits primitiyes.
là ilte une étoile. Ui BiMe f appelle Ascheroth (1). Elle aYait des prècrenes qui se prosCiUiafent aux étrangers comme celles de Mélitta à Belnflotie. Lueien la dérigne comme la déesse de la lune (S)* L'Asterté sidouiemie, assimilée à la lune, était une déesse ohastei une Tierge.
Cbaqve iriMe, chaque eblonie eut des dîrinités particuliôreB dérivant toutes, t^us ou moins, des divinités de Tyr et de Sidon. Telle fut Baailés ou Aphrodite, dirinité protectrice de Bérythe. La Vénus Architès, à Gésarée, était une conception asssi peétique : clhie étoile, dit Sozomène, qui tomba dans le laed'Aphaka, fut prise pour la déesse (3) > Sur les monumenu de Gésarée, on la représentait la tête Toilée, inclinée tristement sur répaule gandie, symbole de rhifer. Elle rappelle la déesse tyro-babylonienne Salambo , pleurant la perte d*Adonis, symbole de la force génératrice du printemps.
Adonis représentait, sous la forme d'un beau Jeune homme, le principe mAle , fécondateur, associé au principe femeOe Baaltis; il était adoré particulièrement à Byblos.
D'autres divinités locales furent Éléoun (suprême), le dieu qu'invoquaH M elchisédedi <4) ; Esmoun, etMemnon (soleil); les huit cabîies (enfants de la justice), sortes de dieux lares des navigateurs (5). Savoir : Ghusor-Phtba , le dieu qui engendre l'ordre, le prindpe générateur, ayant pour attribut un plafftu. G'est aussi le dieu inventeur du fisr et des métaux en générait sorte de Vulcain forgeron.
A ce dieu était associée Ghusartbis, ordre, loi; I'Ubtmame des Grecs. Elle était aussi l'interprète des livres sacrés de Taaut , et le symbole de la lune.
Astarté était au nombre des cabires et représentait la terre»
(i) lad. 1, iS. i Sam., 74 i 13, iO.— Jirémie, 1, il , 44» 17. {%) DéÊiiê SffHêmiiB.
(S) Hist. eodes., d, i, (4) Genèse, xiv. 11.
(S)HérDd.,ni, 37.
STniEIfft. ^1
dans le sens mystique.; elle répondait alors à Tlsis des Égyptiens.
Taaat, qoetrième eabfre, était Tintenfenr de la métallurgie, de la médecine et de récriture ; il répondait an Thoth égyptien. On rinvoqnait comme symbole dn ciel.
Adad et Damams rappdaiant les Dioscures des Grecs et représentaient les deu grands principes de la fécondation : la dialeur solaire et l'humidité.
Héraclès parait avoir été le septième cabire.
Enfin, Bsmoun, quoique le dernier, occupait cependant un rang élevé, conformément au principe des alchimistes : le haut est le bas, le premier est le dernier. C'est l'Esculape des Grecs.
Les divinités secondaires avaient pour symbole chacune un astre particulier : le soleil en tant que Dieu avait pour symboles des chevaux et un char ou des colonnes, la lune un char traîné par des bœufs. Les planètes jouaient un grand rôle par leur influence supposée sur les hommes et sur les événements, les unes comme bons génies^ les autres comme mauvais; il est l'origine de Tastrologie. La planète de Vénui fut surtout l'objet d'un culte très-répandu dans les colonies phéniciennes.
Le culte des éléments s'adressait tantôt directement à chacun d'eux, tantôt indirectement à la divinité dont ils relevaient.
Certains animaux servirent de personnifications de divinités, entre autres le serpent, considéré tantôt comme bon, tantôt comme mauvais génie, selon qu'il était inoffensif ou venimeux ; celui de la Genèse était le kakodémon (mauvais démon). Enfin, les cultes de la Phénicie, de la Syrie et de la Babylouie offrent des traits de ressemblance qui accusent une origine commune ; et ce qui distingue en général la religion des Sémites de celle des Ariens, c'est une tendance plus marquée vers le monothéisme dont Bl, Bel, Élohim, \i\uii , Jéhovah sont les différentes expressions.
Les premiers autels des Syriens furent des amas de pierre
452 LES cnraiSATiom pRmimrBS.
on des eolonoes dreisées sur le haui d'une monUgne. Oa y qonU plus Urd des enceintes. Lt colonne flgomt l'Ulole d*an dieu; surmonlte de la forme conique de flaimme, die représentait le culte du feu ou de Baal.
D'autres colonnes» symboles du phallus» furent dans la suite placées commodes obélisques à l'entrée des temples (1).
Beaucoup d'images des dieux formaient des monslies moitié homme moitié animal. On retrouve encore dans les fouilleB pratiquées en Syrie de petits fétiches que les populations nomades emportaient, avec elles d'im lieu à un autre, comme préservatifs de malheurs*
Malgré leur aptitude pour les arts de sculpture et de ciselure, les Phéniciens n'eurent que des repréBontations informes de leurs divinités» ce qui s'explique sans doute par le respect religieux qu'ils leur portaient.
A^lusieurs de ces idoles étaient couvertes d'or et d'argent , parées de beaux vêtements, et attachées avec des chaînes également d'or pour les empêcher de tomber. Mais les des* criptions qu'on nous en a transmises révèlent l'enfance de l'art, ce qui ferait remonter leur exécution à une époque antérieure à la prospérité des Phéniciens.
La plus monstrueuse de ces idoles était celle de Molocli « la même que décrit Diodore en parlant du Saturno dos Carthaginois. Il y avait chez eux une sUtue de bronze repr^tant Kronos (Saturne), ayant les mains tendues et inclinées vers la terre , de sorte que Tenfant qu'on y metuit, tombait en roulant dans un gouffre de feu (il). En parlant du Moloch cananéen, Jérémiedit: c Et ils ont bâti des autels à Baal, qoi sont dans la vallée de Ben-Hinnom, pour faire passer (par le feu) leurs fils et leurs filles à Moloch (3). »
(i) Lucien, DéHH Sffri€fm$, eh. 16.