I) L. XX
(I) xxxn, 35.
SYHIRNS. 435
Chez les Phénicidos les prêtres furent nombreux ; chaque divinité eut les tiens; la Bible en désigne huit cent cinquante (I)» à Tépoque de Jésabel qui avait rétabli le culte des Dieux de Tjr et de Sidon dans Israël.
Primitivement , les fonctions sacerdotales se réunirent à celle du souverain (S).
Mais dès que les prêtres firenf un corps à part» ils se distîn* guèrent en diverses fonctions se rapportant aux divers services du culte (3). Ils enseignaient la jeunesse» tenaient le dépôt des annales publiques» rendaient des oracles» interprétaient les songes; car les songes» comme on le sait» Jouèrent un grand rôle chez les peuples primitifs.
C'est principalement dans le célèbre temple d'Hiérapolis qu*avaient lieu les grandes cérémonies du culte Syrien» et qu'on envoyait de tous côtés des offrandes et des hommages.
1^5 Syriens avaient aussi des temples mobiles traînés sur un char par des hommes ou des taureaux. Le dieu Moloch eut un tabernacle de ce genre» et Amos (4) accusait les Israélites de l'avoir porté dans le désert avec d'autres idoles ; car souvent ils se disaient : c faisons-nous des dieux qui marchent de- . vaut nous (5).» Le dieu invisible de Moïse ne leur suffisait pas. Il y avait aussi des bois sacrés où l'on allait adorer l'image mystique de la déesse de la fécondation qu'on retrouve sur des médailles. Des danses» des festins et des jeux divers accompagnaient ces grandes cérémonies religieuses. Alexandre» devenu maître de Tyr» institua des jeux en Thonneurdes divinités locales (6).
Divers hymnes étaient chantés pendant la célébration des
(i) Rois, 1. 3» ch. xvin, 19.
{%) Josèphe, contr. Appion, i, 18.
(3) Laden» Déesse de Syrie,
(6)Bxodc, xxxiij.
(6) Arrien, n, S T-
454 LES CITIUSATIOIIS PROUTIVES»
tékm; l'on d'eoK oommençait arinsi : Diea est bon. Dieu est paissant; ne désespérons de rien (1). i
Les dieaz étaient inroqnés dans fes occasions beoreuses on malheureuses; on se baisait les mains devant eux en 'signe d'adoration» comme* il résulte de ce passage de la Bible où Jébovah ditt » Je me réserverai tous ceux qui n'auront pas adofé Baai en baisant leurs mains devant lui. i
On priait encore en cachant son visage derrière une brandie de palmier. Ezéchiel (S), reproche aux Israélites d'avoir emprunté cet usage aux peuples voisins.
Les victimes des sacrifices variaiâit, comme toute autre offrande» suivant les circonstances. II y avait des sacrifices an« naels, et d'autres consacrés à des événements nouveaux, ou à des souveniis. II y en avait pour les morts. Une alliance» un serment» un départ» nn retour était marqué par lesangd^un animal.
C'est ainsi que laoob offrit un sacrifice sur une montagne et invita ses frères à un repas ; ils mangèrent et passèrent la nuit sur cette montagne (8).
Une inscription phénicienne découverte à Marseille contient rénomération des animaux destinés aux sacrifices avec le tarif des prix, arrêté par un décret du sénat deCarthage; c'était des bestiaux et des oiseaux.
On n'immolait pas de vaches; leur utilité les a rendu sacrées chesB tous les peuples : c les Egyptiens et les Phéniciens» dit Porphyre, auraient mangé de la chair humaine plutôt que de la chair de vadié (4). » Il aurait pu nommer les Indiens.
On sacrifiait aussi des l)oucs ; on en donnait aux femmes consacrées au temple pour prix de leur prostitution.
Dans les occasions extraordinaires de guerre» de peste» de
(1) Jambllque, Pythagore, $ 7, (t) VIII, n.
(3) Genèse, xxxi, 64, XLvi, i.
(^) De abiHn., eh. «.
malbeur pul^Hc, ies sacrifices humains avaient lieu devant les idoles do Holochy de BaaI*Samin et de Montb. Les victimes étaient le plus souvent des enfants mftles et des vierges appartenant à des familles nobles. Un roi des Moabites alla jusqu'à offrir son propre fils aîné en bolocauste.
Lorsqu'un danger pressant menaçait une ville on tirait au sort le nom du citoyen qui devait être sacrifié. On se proposait selon Eusôbe, par la mort d'un seul, offerte en expiation aux divinités vengeresses, de prévenir la perte de tous (1).
Les PerseSi devenus maîtres de la Syrie» abolirent ces sacrifices. Cependant , lors du siège de Tyr, par Alexandrei on recourut encore à ce moyen extrême pour obtenir la faveur des dieux (2).
Hiérapolis conserva longtemps cette barbare coutume ; on enfermait un enfant dans un sac, et on le conduisait, pour le sacrifier, au temple» en lui disant : cTu n'es pas un homme, mais un taureau (3). »
Les mères assistaient elles-mêmes au sacrifice de leurs enfants, sans verser une larme; le fanatisme dominait leur douleur, et, une musique bruyante couvrait les cris de la victime.'
Hiérapolis fut encore le théâtre de prostitutions sacrées à Toccasion de pèlerinages. Alors des vierges s'offraient aux étrangers, et l'argent qu'elles en recevaient servait pour des offrandes à la déesse. Dans la suite, cette prostitution des vierges fut remplacée par le don de leur chevelure lors de la fête d'Adonis.
Les ablutions étaient fréquentes chez les Syriens; les actes les . plus ordinaires de la vie en nécessitaient l'usage : ceux
(1) EQ8èbe,prép. évang ^ IV, ch.iS » 4 Rois, lU, )7. Voir aussi 1, Rois, XXII, iO et Jérémie, XXXI, 3t ; xnL,6. (t) Qointe-Carce, lY, S 3.
(3) Lucien. Dée$$e de Syrie.
ASHf LFS CIYTtlSATIOlIft MtlVITITES
dii mariag», dé l'aocouchemenl de fai ntiastiioe ; la pfésenœ ou le contact d*un mort ou d*un tombeau étaient aatant de aonillures.
Bien que la castration constituât un état impur pour ie prêtre* on regardait comme un acte de piété Tattaehement d'une femme pour on piètre eunuque (1).
On fit également de la drooncision une pratique religieuse chez certains peuples de la Syrie : les Juifs, les Moahites, les Ammonites et les Iduméèns. L*hygiène l'avait inspirée, la r^ liginn la perpétua dans ces pays. Elle était considérée comme une offrande des prémices de rinnooenoe, un sacrifice d'initiation i la Tie humaine.
Plusieurs fêtes se rattachaient au culte. II j ayaft celle da printempst célébrée en l'honneur de la résurrection de Baal ou de la nature.
Baal , l'Hercule deTyr, avait été tué dans sa lutte avec Typhon. Son compagnon lolaûs le ressuscita par l'odeur d'une caille. C'est pourquoi les Tyriens lui offraient des caîlin en sacrifice (â).
L'époque des vendanges était aussi l'occasion d'une fête, en souvenir de Dionysos, qui passait pour avoir inventé le vin àXyr.
On célébrait la f%te d'Adonis par un deuil public» en souvenir de sa mort. Des femmes lui sacrifiaient leurs belles cfievelureSi ou se livraient au premier étranger venu. Deux jours y étaient consacrés : dans le premier, on célébrait les funérailles d'Adonis; le second était consacré à de grandes réjouissances.
Une autre encore fut celle des fiançailles de l'eau douce avec l'eau de mer. Près de l'embouchure de l'ancienne Tyr, on voit ime tour ruinée, et un puits où l'on vient encore puiser de Teau. Cette eau se trouble en septembre , et se charge d'une
(p Mém derAead.dttBellM-UUrea, t. 3S et tt. («) Alhéoé., IX. 45.
argile rougeâiré. Les babitants y accourent alors en foule et y versent de l'eau de mer, dans Vespoir de lui rendre sa limpidité, (tj La mer passait pour le principe mâle» qui s'alliait à Toau de source, principe femelle. A Hiérapolis, ou portait deux fois par an de Teau de mer dans le temple» au printemps et à l'automne. C'était encore une occasion, pour les aris et l'industrie , d'y déployer toute leur puissance. Les étrangers y accouraient de toutes parts, ce qui donnait une grande impulsion au commerce pbénicien.
§ 6. IDÉES C0SM0G0NIQUB8.
fiC seul écrivain de la Phénicte dont nous possédions des fragments» retouchés par Philon (de Byblos), Sancboniathon, a essayé une histoire du monde et des êtres. 11 part du chaos» et aboutit aux hommes et aux animaux ; puis il revient au principe cosmique, pour retourner au monde humain.
Suivant lui, le principe de tout est un air rempli de ténè^ hres et d'esprit ayant duré éternellement. Lorsque l'esprit devint amoureux de ses propres éléments et s'y mêla» il s'ensuivit l'union, appelée désir. C'est là le commencement de toutes choses, d'où naquit Mot » puis la semence de la création et de la génération de tous les êtres. Alors naquirent les animaux n'ayant pas de sentiment; d'eux naquirent les animaux pfmsants» contemplateurs du ciel ; aussitôt brillèrent au ciel Mot (le soleil)» la lune» les petits et les grands astres.
L'air étant devenu resplendissant, la chaleur de la mer et celle de la terre firent naître les vents et les nuages, et les
(i)yolDey. Syrie, p.t5t.
458 LB8 GmU8ÂTI01«9 PEmiTIVES.
éooirieiiiaiiU ém eaux oâeslas. Les éléments s'entradioqiiècMi, de là h foudre. Les rniimam pensants se réyeUIècent; le mâle et la femelle s'agitèrent au sein de la mer et des eaux* • Aprèsavoir expliqué les noms des vents, Sancfaoniathon, ou Philon, ajoute qu'ils consacrèrent les les germes du sol» les mîient au nombre des dieux et adorèrent les productions dont ils yîvaient; leurs descendants, comme leurs ancêtres, leur firent des libations et des sacrifices. Du vent Kolpias et de sa femme Bauv (nuit) naquirent Aeon et Protogène. Aeon découvrit la nourriture provenant des astres, d'où naquirent Genos (genre), et Genea (procréation), qui habitèrent la Phénide; ceux-d élevèrent leurs mains vers le soleil, qu'ils croyaient le maître du monde, et rappelèrent Beelsamin, maître du ciel. Hypsouranios s'établit dans Tyr; il inventa le moyen de construire des cabanes avec des roseaux et du papyrus. Il s'in* surgea contre son frère Ousons, qui, le premier, se vêtit de peaux d'animaux ; il prit un arbre, en abattit les branches, M se lança dans la merj il éleva deux autels au feu, et un au vent, et leur ofrit en libation le sang d'animaux tués à la chasse.
D'Hypsouianioe naquirent Agreus (chasseur) et Halieus (pècbeor). Inventeurs de la chasse et de la pèche, du fer et de ses usages. Us engendrèrent deux frères : l'un fut Gbrysor, qui s'exerça dans l'éloquence, dans les enchantements, dans l'art devinaloire; ce fut le premier navigateur. Ses frères ont inventé l'art de construira des murs avec des briques. Ils engendrèrent Agros, l'un des plus grands dieux, lequel perfectionna la construction des maisons. Leurs descendants furent des cultivateurs, des chasseurs et des pasteurs, entre autres Sydyk, qui inventa l'emploi du sel.
De Misor naquit Taaut, l'inventeur des premiers caractères d'écriture, le Thooth des Égyptiens.
De Sydyk naquirent les Dioscures ou Gablres. Ceux-ci engendfèient des inventeurs qui enseignèrent la oonnaissancs
SYAICIiiS. 430
des plantes, la guérison des morsures d'anknatix veninmx, et les enehantements.
Puis vinrenl au monde Élioun, le très-haut, et sa femme Beroutb » qui eurent pour fils Uranos (ciel). Celui-ci eut pour sœur et pour femme la Terre. De ces disrnîers naquirent quatre enfants: Ilus ou Kronos» Betylus, Dagon et Atlas. Uranos eut ayec d'autres femmes une race nombreuse. La Terre, jalousoi se sépara de lui, et le repoussa lorsqu'il voulait s'approcher d'elle.
Kronos ayant atteint l'âge viril, prit pour aide Hermès le trois fois grand. Il eut deux enfants : Proserpine et Minerve; puis, ayant battu Uranos, il le chassa de son empire, et fonda la première ville, Byblos en Phénicie.
Ayant conçu des soupçons contre son frère Atlas, il l'ensevelit au sein de la terre.
A celte époque, les descendants des Dioscures naviguèrent sur des radeaux et des navires, et ayant échoué contre le mont Gasius, ils y élevèrent un temple.
Les auxiliaires dllus ou Kronos furent appelés £loïm, ou ' dieux.
Kronos eut pour fils Sadid, qu'il tua ; il tua aussi sa fille.
Uranos envoya ses filles Astarté et Rhéa pour faire tomber Kronos dans un piège. Hais celui-ci s'empara d'elles, et en fil ses épouses. Il eut d' Astarté sept filles, les Titanides, de Rhéa sept fils, de Dione plusieurs filles, et enfin d' Astarté deux nou* veaux fils. Pathos (désir), et Éros (amour).
Suit une généalogie fastidieuse des descendants de ces premières divinités. Sanchonialhon parle ensuite des merveilles relatives aux reptiles et animaux venimeux qui causent la mort. Taaui attribua aux dragons et aux serpents une nature divine, croyance qui fut adoptée par les Phéniciens et les Égyptiens. II disait que ces animaux étaient remplis d'esprit et de feu. L'être primordial le plus divin est le serpent à figure
4M) LB8 eiTIUSATIOVS PRIMITIVES.
d*ép6ro6r : le oaicledésigiie le monde» ei le aerpeat da œilîea qui y esl oonleau désigne le bon génie.
Zoioestfe dil auisi que le die« i tète d*épenrier est le premier, impérissable» étemel, incréé, indi? is, lé modérateur de tout œ qui est beau, Inaccessible à la corruption. C'est le père de la législation et de la justice, inyenteur de la nature diyine. • Taautos fut» suifant Sandioniatbon , l'auteur de la cosmogonie phénicienne, de même qu'Oannès fut, sui^nt Béroae, rauteur de la cosmogonie babylonienne ; car il^eaiste d'auirss cosmogduies sémitiques aussi importantes que celles de Sanchoniathon» Celle de la Genèse est la plus simple el la plus claire. Puis viennent celle de Béroee, dont on possède quelques fragments, et celle de Moschus, conser?ée par Damascius.
L'esprit philosophique qui distingue les cosmogonies pb^i* cienne et babylonienne de celle de la Genèse, tient à Tétst intellectuel plus avancé des Hiéniciens et des Chaldéens, et aussi à l'influence des idées grecques qui s'y mêlèrent dans la suite.
fiérose et les auteurs cités par Damascius ont exposé la théologie babylonienne et phénicienne, non pas sous une forme historique, comme fit Tauteur de la Genèse, mais telle qu'elle était interprétée et enseignée de leur temps dans un sens philosophique.
L'histoire primitire, qui, ches les ariens, s'eiprime psr le mythe, devient ches les sémites un tableau généalogique de personnages rappehint les dieux, les hommes, les pays et aussi diverses inventions utiles. Cependant, il faut se défier de louttf les traditions étrangères qui nous ont été transmises par ies Grecs ; ils y ont mis du leur au point de les dénaturer complètement ; la preuve en est dans les noms, purement greci que présente la Cosmogonie attribués à Sanchoniathon» et transmise par PhQon (de liyblos).
SYRIRINS 441
§ 7, COMMERCE, IfAVICATION.
Cest le commerce maritime qui a fait la réputation des Phéniciens. Dès la plus haute antiquité connue, ils allèrent fonder au loin des colonies. Les Grecs ont personnifié ces migrations par lo mythe d'Hercule Tyrien. L'histoire de cet Hercule allant en Ibérie pour faire la guerre au fils du riche Ghrysaor est una.^ narration épique et allégorique de la propagation du corn-' merce des Phéniciens par la navigation.
Ces colonies durent leur naissance à deux causes : au trop plein de population, et à l'esprit aventureux de ce peuple entretenu par sa position topographique. Les plus anciens établissements des Phéniciens furent ceux de l'Asie continentale» situés sur le trajet de la grande route de Tyr et de Sidon à l'Euphrate.
Des tribus cananéennes fondèrent ensuite Gitium et Amathonte, sur les bords de la Méditerranée. Paphos, Karposia, Rhodes et quelques autres sont également réputées d'origine phénicienne. Ghypre fut conquise, dil-on, par les Sydoniens, sous la conduite de Bélus, ce qui ferait remonter cette colonie à une haute antiquité.
Au quiniième siècle avant Jésus-Cbrist, Gadmus conduisit des colons dans l'Ile de Théra, où, depuis, Ton tissa les plu» belles toiles.
Une autre colonie célèbre fut Gythère, qui fournit les coquiN lages à pourpre, et devint le principal intermédiaire du commerce des Phéniciens avec la Grèce. G'est de là que se répandit le culte de la Vénus phénicienne.
Les Phéniciens occupèrent aussi une partie de la Sicile et y
442 LB6 CITIUSATIONS FEIMITIVES.
fondèrent des Tilles qui tombèrent plus tard sous le patronage de Garthage (1), entre autres Héradée et Mélita (Malte).
mélita était florissante à Tépoque de Diodore; on y trouvait des ouvriers de tous les métiers . surtout des ouvriers en toiles.
Les colonies phéniciennes, dans Ttle de Sardaigne, exploitèrent le fer et le plomb; celles d'Espagne, l'argent et l'étain; celles d'Afrique» nées d'une tribu liby-phénicîenne, se distinguèrent par le oommetOB de l'intérieur et par l'agriculUire. Byzaeène» B^nm et Utique en furent les prindpdes villes.
la plupart des nombreuses colonies phéniciennes en Afriqo^ abandonnées par la métropole lors de la domination assyriame, tombèrent au pouvoir des indigènes ou d'autres colonies voisines.
La navigation des Phéniciens dans les golfes Arabique et Persique et dans l'Océan indien fut très-active; die alimentait les marchés de r£gypte, de la Syrie et dé la Grèce. C'est à Ophir, prindpalementy qu'ils allèrent chercher de l'or en quantité^ des bois rares et des pierres précieuses (^.
A l'époque d'Homère, les Phéniciens passaient, aux yeux des Grecs, à la fois pour des pirates et des trafiquants. Ils leur apportaient des jouets, et en même temps leur enlevaient leurs garçons et leurs filles pour aller les vendre en Asie. Hérodote rapporte que^ dans une de leurs expéditions, ils vinrent à Ar* gos, y étalèrent leur chargement, et, après avoir presque tout ▼endii, plusieurs filles, parmi lesquelles se trouvait lo, fille du rei Inacbus , étant venues sur le rivage pour eboMr èl adieter qudques marebandises, les Phéniciens se jetèrent sur elles^ les enlevèrent sur leurs navires et les conduisirent en tgypte (3).
f^es Phéniciens, rivaux desGrees pourlecommerce, priientsoo-
(i) Tbttcjd., VI, % (t)lRals, 9, II, 26, «7.
SYRIiCNS. 443
vent parti contre eux pendant leur guerre avec les Perses* Cepen- ' dant ils ne cessèrent de porter en Grèce certaines denrées qu'eux seuls pouvaient lui fournir, telles que les parfums d'Arabie» les produits des manufactures de Tyr, des vètementsde pourpre et des jouets. Il y avait des maisons de commerce tyriennes à Byzance et à Cios. Ils remplissaient les harems d'esclaves ioniennes, et allaient pêcher dons le Pont et les Palus-Héotides, d'où ils apportaient des poissons salés.
C'est surtout avec la Sardaigne, l'Espagne et la côte de l'Afrique que les Phéniciens firent le commerce. Souvent ils coulèrent à bas les navires étrangers qui y venaient leur faire concurrepce.
Outre la teinture de la pourpre » soit au moyen des coquillages, soit au moyen de plantes tinctoriales, on attribue aux Phéniciens l'invention des lettres et celle du verre.
Les Phéniciens se trouvant à l'extrémité du continent asiatique, communiquaient sans intermédiaire avec l'Afrique et l'Europe. Leurs riches cités servaient d'entrepôts aux denrées qu'on tirait de l'Inde, de la Chine, de la Sibérie, de l'Asie centrale, de l'Arabie, etc. Des caravanes traversaient la Syrie dans tous les sens et y trafiquaient pour le compte des Phéniciens.
Ce commerce était fondé primitivement sur des échanges; les métaux précieux ne furent longtemps que des marchandises. Les rapports des Phéniciens avec les autres peuples de la Syrie étaient facilités par la resseniblance de langage, ce qui leur assurait le commerce exclusif des produits de cette contrée, surtout dâs laines des troupeaux, qu'on transportait à Tyr et à Sidon pour être teintes en pourpre et devenir la principale branche de commerce des Phéniciens:
Le commerce des esclaves s'y fit en grand : Les Syriens, nés pour la servitude, dit Cjcéron (1), approvisionnaient les trafi-
(i) De prov., tO.
444 LES CfVIUSATIONS PRIMITITES.
qoants; les caraTanes les recaeillaient ea route, en échange de mélaux et d'étoffes.
Les prophètes hébreux leur reprochent de trafiquer de garçons et de filles. On présume qu'ils allaient chercher les plus beaux t jpes d'hommes et de femmes sur les bords de la mer Caspienne et dé la mer Noire*
L'Arabie fut encore le centre de leurs communications avec l'Ethiopie et l'Inde* Des caravanes, composées de diverses peuplades, parcouraient l'Arabie et y trafiquaient directement oa indirectement pour le compte des Phéniciens dont les villes maritimes recevaient des denrées qu'elles envoyaient ensuite avec de grands bénéfices dans toutes les contrées de l'OrîenL
La laine des déserts, formait piair les tribus nomades de r4krabie et de la Syrie une des branches de commerce les plus importantes des Phéniciens.
Dès le temps des patriarches hébreux, les Phéniciens Élisaient du commerce avec les Égyptiens, par la voie de terre, et y portaient surtout du vin.
La Palestine leur fournissait du froment, du' baume et de l'huile d'olive, et l'importance de ces denrées contribua à maintenir toujours de bons rappoils entre ces deux peuples.
Hérodole rapporte que les Phéniciens curent des colonies jusqu'au sein même de l'Egypte et que dans Memphis, par exemple, tout un quartier était habité par eux (1).
Ce fut surtout vt^rs l'exploitation des mines que les Phéniciens tournèrent leurs vues; car ils y puisèrent leurs plus grandes richesses; aussi bravèrentHis les plus grands dangers pour en d(^couvrir.
Les premiers qui débarquèrent en Espagne y trouvèrent une telle quantité d'argent qu'ils en composèrent des cargaisons et fabriquèrent avec ce métal leurs ustensiles et jusqu'à leurs ancres. Ils les firent exploiter soit par les habitants, moyennant salaire, soit p.ir des «esclaves.
(I) U, Mi
SYKIENS« 445
L'Espagne leur fournissait en outre de Tor, du plomb, du fer, et aussi du blé, du vin, de l'huile, de la cire, de la laine, et surtout les plus beaux fruits.
Enfin, l'importance du commerce de Tyr, à l'époque d'ÉzécbieU ressort des paroles mêmes d'imprécations que lui lance ce prophète :
« Fils de rhomme, fais une plainte lagubre sur la chute de Tyr. Ta diras à cette ville, située près de la mer, qui est le siège du commerce et du trafic des peuples de tant dlles différentes : OTjr, ta fes dit : « Je suis d'une beauté parfaite. Je suis placée au milieu de la mer. » Geax qui t'ont bâtie n'ont rien oablié pour t'embeilir ; ils ont fait ton raisseau arec des sapins de Sanir. Us ont pris un cèdre du Liban pour te Daire un mât. Ils ont Ikit tes rames arec des chênes de Basan. Us ont employé l'ivoire des Indes pour (aire tes bancs, et ce qui vient djBS lies vers l'Italie pour faire tes chambres et tes magasins. Le un lin d*Ëgypte, tissu en broderie, a composé la voile qui a été suspendue à tes mâts ; l'yacinthe et la pourpre des lies d'Biisa ont fait ton pavUlon. Les habitants de Sidon et d'Arad ont ité tes rameurs, et tes sages, é Tyr, 8<mt devenus tes pilotes..... Tons les navires de la mer et tous les mariniers ont été engagés dans Ion commerce. Les Perses, ceux de Lydie et ceux de Libye, étaient tes gens de guerre dans ton armée, et ils ont suspendu sur toi leurs boucliers et leurs casques pour te parer. Les Âradieos et leurs troupes environnaient tes murailles, et les Pyguées qui étaient sur tes tours ont suspendu leurs carquois le long de tes murs. Les Carthaginois t'apportent toutes sortes de richesses et remplissent tes marchés dargent, de fer, d'étain et de plomb. La Grèoe, Tnbal et Mosoch entretenaient aussi ton commerce et t'apportaient des esclaves et des vases d'airain.On a amené de Thogorma dans tes marchés des chevaux, des cavaliers et des mulets. Les enfants de Dédan oui trafiqué avec toi ; ton commerce s'est étendu en plusieurs fies, et ils t'ont donné en* échange de tes marchandises des dents d'ivoire et del'ébène. Les Syriens ont été engagés dans ton trafic et yh ont mi«« en vente dan» tes marchés des perles, delà pourpre, d.. fui lia, de la soie. Les peuples ëe Juda et d'Israël ont apporté dans tesmarchéfl le plus pur froment, le baume, It miel, l'huile et la résine...
446 LES CIYILISATIOIIS PRlMiriYES.
Danu rapportait du vin excelleDt, et des laines d*Qne eouleor Tin «C éclatante. Dàn, la Grèce et Hoiel ont mit en rente dans tes marchés des ouTrages de fer poli« et ta u échangé dès cannes dé bonne odeor. Ceux de Dédan trafiquaient arec toi pour des housses de chetaux... L'Arable et les princes de Cédas t'amenaient leurs agneaux, leurs béliers -et leurs boues. Saba et Rema exposaient dans tes marchés d'excellents parfums, des pierres précieuses et de l'or... Saba, Assur etChelmad t'apportaient des balles d'yacinthe, d'ouTragesen broderie et des meubles précieux euTeloppés et liés de cordes... (t)
Ces paroles résument parfaitement la situation commerciale de Tyr et se trouvent confirmées par cette exclamation dlsaie :
« Qal résenra un tel destin à 3a ville de Tyr, distributrice de eouronnes, et dont les marchands forent les plus Illustres de la
terre?»
Il ressort aussi des paroles d*Ézéchie1 que les Phénidens recrutaient pour former leurs troupes des étrangers mercenaires qui combattaient à leur place.
Ils étaient obligés à ce fâcheux expédient soit à cause de la rareté de leur population, soit plutôt, à cause de leurs préoo* cupations commerciales et industridles. Toujours est-Il qu'à l'aide de ces armées composées d'éléments hétérogènes» Ils surent conquérir des ports de commerce et fonder des colonies, mais ne purent jamais les conserver longtemps, parce qu'ils en confiaient la garde à des gens plus disposés à trahir qu'à défendre leurs intérêts.
Les Phéniciens entreprirent plusieurs voyages de découverte qui agrandirent leur commerce maritime. Ils découvrirait ainsi 111e deThasos» riche en mines d'or^ et dont les Crées ne tardèrent pas à s'emparer.
Hérodote leur attribue un voyage de circumnavigation de
(OChàp. XXVII.
STRICNS. éti
TAfrique aoqual le roi égyptien Neeo aurait donné son appui. Ctuoi qu'H en aoil de citle tradition, elle prouve au moin« que les Hiéoicienspouoôrent Fart nautique lrdB«loin,et Ton sait qu'ils furent pendant longtemps les matlres souverains de la mer, depuis l'Océan Indien juscjpfà la Mer Atlantique.