INDUSTRIE, ARTS
Le commerce ne fit pas négliger l'agriculture en Phénide; le vin j fut connu de bonne heure: les vins de Tyr, de Byblos, de Beryte jouissaient d'une grande réputation.
Les Phéniciens passent pour avoir les premiers fait usage du pavé pour les rues à Tyr et à Garthage (1).
Les cèdres et les carrières de marbre du Liban fournissaient des matériaux de construction. L'or et l'ivoire entraient pour vtne grande part, avec le marbre, dans l'édification des temples et des palais. On sait que le temple de Jérusalem fut l'œuvre des Sidoniens (1).
La construction des vaisseaux-fut également poussée trèsloin, on le comprend, par ce peuple navigateur; ses navires étaient larges, voûtés, et propres à contenir une cargaison considérable.
Ils ne se borna pas à exploiter les mines de plusieurs métaux, il sut les travailler avec art. L'auteur du Livre des Rois (3) fait iin éloge pompeux d'un ouvrier phénicien que Salomon chargea d'orner le temple de Jérusalem, dl était, dit-il, rempli de sagesse, d'intelligence et de science pour faire touies
(1) Virgile AUd. 1, ^W.
(t) t Rois. Y, IL— Samuel, VII.
(3) Ch. VH, 13-50. — t Rois, XXV, «3 et sulv. .
448 LM cnraisATiom primitites.
sorM rl'ouvr:ig<« de bionzi».» fit y dôiine la di«criptîon àC* taillée de sas Ira^aux. On cite comme les plus anciens menaments de l'art phénicien les colonnes des terafries de Helkarth i Tyr et à Gadés.
Les coapes sidoniennei, ou vases^d'or et d'argent, étaient renommées dans toute l'antiquité (1). Tels furent les ciboires en argent ciselé et garnis d'or dont parle Athénée, et dont quelquesuns étaient bordés de pierres préctoises.
On fabriquait à Tyr et à Sidon des bracelets et des oolliect d*or ou d'argent garnis de pierres précieuses. Les murs des temples et dos palais» les Idoles, les bouclîets étaient 'couverts d'or laoliné (i). L'ivoire servait à des travaux de nurqoeterie pour orner des palais, des trônes, et des bancs de trirèmes. On l'employait aussi à la fabrication d'instruments de musique, surtout des flûtes. Les vêtements royaux étaient ornés de pierreriei. Éiéchiel en a énuméré un grand nombre (3). Enfin les Tyriens excellaient dans la fabrique et la ciselare des verres.
lies Phéniciens ont, les premiers peut-être, fait usage de monnaie, grftce à leur richesse en métaux, et cet usage se répandit dans toute la Syrie dès les plus anciens tempe. La Genèse rapporte qu'Abraham acheta , pour le tombeau de Sarah, un terrain, moyennant 400 sicles d'argent. Ce sicle fut d'abord une monnaie au poids. On pense que huit gicles d'ar* gent valaient 13 livres de notre monnaie.
G est par des inscriptions gravées sur des pierres et sur du métal, que les Phéniciens perpétuaient la mémoire des faits les plus importants.
On a trouvé beaucoup de 'médailles phéniciennes en or, en argent ou en airain, mais appartenant à des époques peu an« ciennes. Celles de Tyr, qui remontent au deuxième siècle avant
(1) HoQL iWod., XXni, 741. — Athén., XI, S7.
{%) Oiffiiéê, XV, 459.— Pauianlas, DL— Pline, XXV, 36.
(3)XXVra,13.
notre ère» portent une léle d'Hercule imberbe entourée d'un rameau de laurier; ou une Mie de femme Toilée, surmontée d*une tour, représentation siymbolique de la ville.
On troure encore dans des tombeaux étrusques des bottes en albâtre que les Phéniciens portaient en Italie.
Lesétoffesde laine et de coton, tisséesà Tyr» étaient très>fines«. teintes de pourpre et rayées de couleurs diverses. Quelquesunes imitaient le chatoiement des plumes du paon (1).
Le pays de Canaan , à l'époque des patriarches ou pasteurs hébreux y avait un commerce» une industrie, des arts» empruntés sans doute aux Phéniciens. On mentionne des épées» des couteaux» des arcs» des flèches» des ustensiles de plusieurs sortes. Les femmes portaient des voiles et des vêtements en étoffe brillante. Ces pays étaient d'ailleurs perpétuellement sillonnés do caravanes qui allaient en Egypte et trafiquaient» chemin faisant» de leurs marchandises.
Au premier rang des manufactures phéniciennes il faut placer celles de la teinturerie : les teintures de Sidon étaient déjà renommées au temps d'Homère; la pourpre deTyr fut toujours recherchée comme un des. pliis beaux objets de luxe.
Les métaux» les pierres fines» les étoffes teintes de belles couleurs» tous ces objets apportés en Syrie par les trafiquants phéniciens» servaient principalement à l'ornementation et au oostumie. Isaîe nous donne une idée du luxe que les femmes déployaient dans leur toilette : « En ce jour» ditril » le Seigneur Tiendra vous enlever vos magnifiques boucles des pieds» vos filets de perles» vos croissants d'or» vos boucles d'oreilles» vos chaînons et vos voiles» vos rubans de tète et vos petites chaînes des pieds» vos ceintures» vos flacons de senteur et vos amulettes» vos bagues et vos peaduts de nés» vos habiu de fête et
(I) Hom.» IHade, XXiy»SS9.
450 LKS aVIUSATlONS PRIIIITIVES.
VOS robMy vos manteaux .el vos pocbçs» vos miroirs el vos chemises;' Vos turbans et vos 'cr6pes (4)1 »
iltf Musique fût pêii cultivée clici («Syrièiis de la Palestine avant le retour des Hébreux, 'mais c^e I^éùirt depuis longtemps dm lès PhéhTdèïis, On rapporte qu'à Tyr, les oburiisanes parcouraient la viflè un luth à' la main, el mêlaient des dianu ; auL son des instrumentk.
% iK us LAHGUBS SÉlUTIQDIft. tGUTUUU IMSGEIPnOHi.
1^ développement des langues sémitiques ne s^est pas effectué dé lâ ifiëfne niitnière que celui des langues abonnes, et il a suivi des r6tt grtfmniaticales très-diiRrente^. Les analogies qù*6n à remarqdéèki dans ces deux systèmes doivent être imputées aux refattons commerciales ^ûi s'établirent dès lâ plus haute antiquité entre les Phéniciens et les Indiens par Tinter* médialfe des marchands d*Opbir» mlâls nullement à une origiiiè codaihùtië.
On s remarqué également des rapports entre le eopte égyptien et les langûéè sémitiques ; on peut les attribuer au long séjour des Arabes^ mêlésaux Hyksosen Egyptie, et aux rehtions de ce'u t-ci avec (es Phéniciens et ' hss Cananéens.
Lès langues sémitiques formèrent plusieurs dialectes dérivant
les uns dés autres. '*'
Ce fût le dialecte cananéen que parlèrent les patriaiches hé-
(l)in,T,i».M.
SYRIRNS, 451
breuz, araméens (For^na. Ce dialecte se transforma peu à peu, à tel point qu*il est dlAcne aujourd'hui de déchiffrer les inscriptions phénidenntoV l*aide de la langue hébraïque, (i)
D'après les monuments épigraphi^mes, les mailles et Ifs inscriptions trouvées sur le sol des anciennes colonies. ph6*, niciennes, on reconnaît le caractère sémitique de Ifi laq^uB, phénico-punique, et l'affinité de cette langue avec Thi^! breu. L'inscription phénicienne trouvée à Marseille en 18*5, et qui concerne les sacriftoes» est en caractères hébreux pri<* mitifs.
M. Renan a comparé la position de l'hébreu dans la famille sémitique il celle du sanscrit dans la famiNe indo-européenne 11 a démontré que la littérature hébraïque fut commune à touj^ , les Sémites/que l'écriture alphabétique leurappartenait en pror pre et serait venue de Babylone; car on en retrouve les carao^ tèressur des monuments de Minive ^t.de B^bylonep à c6té dea caractères cunéiformes. Cetti,*ci étaient réservés aux mona*' mentset aux prêtres; ceux-là» pluscursifs, étaient entrés dans ruaage général et populaire. Il y eut un mélange de races et de langues sur les bords du Tigre par suite de relations commer» dalea. Le fond de la population de TAssyrie et de la Uabjlonie émit sémitique, et parlait la langue sémitique, tandis que les les prêtres chaldéens parlaient la langue kurde d'origine arienne. (S)
Nous possédona peu de monuments graphiques phéniciens, mais la découverte récente de deux inscriptions, l'une à Mar* seille, Tautre sur remplacement de Tancienne Sidon suffit pour nous instruire des véritables formes des caractères propreinent phéniciens*
(I) Journal asiatique, décembre iS47.
(Xi Histoire des langues sésiltiques.
452 USt aVlLlSATIOHS prihitivks.
L'inscription de Stdon est le premier monameot phéniwi trouvé jusqu'à présent sur le sol même de la Pliénîcîe, et il est très-précieux en ce qu'il se rapporte à la plus ancienne ville de oette contrée. Elle est creusée dans la pierre d'un siicopbage du roi de Sidon» Esdinooun*Ezer.
Outre la presque identité des caractères avec ceux de la lingoe hébraïque, on y remarque certaine concision qui rappelle le style biblique» et qui confirme Topinion de Tétroite paienti entre les divers peuples de la Syrie primitive.
«Au mois de bool, l'an xit de mon règne» Bsehmonn Ènr, roi des Sidoniens, ftls du roi Tabnith, roi des Sidoniens» parU en disant: Jal été enlevé avant le temps» peu avancé en âge, lonqse, sans avoir de fils. Je fus retranché par la mort» et Je sait eoodié dans ce eereueil et dans ce tombeau» dans le lien que fai coutmlt.
• J'adjure tonte race royale et tont homme qa*il8 n^ouTreot pu cette conche, qa'ils ne cherchent point aoprès de noos de iréiors, car personne n'a placé auprès de nous de trésors ; qu'ils n'ealè?ent pu le eereueil qui me sert de couche» et qu'ils ne me chargent pas dani une seconde couche. .
• Quoique je sols réduit au sUeDce, mes Imprécations te parM; écoute leur avertissement» car toute race royale et tont homme qui ouvriront la chambre de cette couche» ou qui enlèveront le cercueil qo! me sert de couche» ou qui me chargeront dans cette coocbe» poii* sent-ils ne pas avoir de couche avec les rephtdm (mânes)» ni être ensevelis dans un tombeau» ni laisser fils et postérité à leur place > Puissent les dieux sainte les livrer à la domination d'un (roi) poitsant» d'un homme qui les tyrannise de manière à les exterminer, cette race royale on Cea hommes qui ouvriront la chambre de eette couche, ou qui enlèveront ce cercueil» ainsi que la postérité de cette nce royale ou de ces hommes du peuple! Qu'ils n'aient ai itcine en bas, ni fruit en haut, ni figure parmi les vivante, sous le loleil, ainsi que moi,digne de miséricorde, qui ai été enlevé avant le tempe, peu avancé en âge» lorsque, sans avoir de fils» j'ai été retranché pour la mort... » (1)
(1) Journal uiaUque, avril iSSe. Art. de M. S.
Cette inscription est importante à plus d*iin titre : d'abord elle constate la piété que. les Phéniciens attachaient aux sépultures. La grande préoccupation de ce roi est de prévenir toute violation exercée sursa tombe, et il va jusqu'aux imprécations contre ceux qui oseraient y porter une main sacrilège. Cette inscription prtîsente nuisi un intérêt historique par la mention d'un roi ignoré jusqu'à ce jour, et qui dut régner à l'époque de la prospérité de Sidon.
COHCLQUOH.
Nous avons vu que la Syrie primitive se composait d'une multitude de peuplades dont l'histoire est naïvement ébauchée dans la Genèse ; que le patriarchat, ou le gouvernement de la famille par son chef, divisait ce pays en tribus qui, peu à peu, s>ugmentèrent au moyen d>IIianoes entre elles et formèrent de petits états monarchiques.
Les Phéniciens ont dû former aussi primitivement une tribu nomade; mais lu situation avantageuse de leur territoire sur les bords de la mer leur inspira bientôt le désir d'entrer en rapport avec d'autres populations maritimes; leur génie oommercial et industriel se développa rapidement, et les plus anciennes traditions qui les concernent les représentent déjà comme marchands, comme colonisateurs et comme en possession d'un gouvernement régulier.
Sidon et Tyr ont fondé sur le littoral de l'Asie et de l'Afrique des colonies qui se constituèrent sur le modèle de leur métropole, avec les modifications commandées par un autre climat et de nouvelles relations.
Il n'en fut pas de même des Syriens de l'intérieur, de ceux
4S4 U» aTlLISATI01l8 PRIMITITES.
de la Mêftiiia dont la tia nomade rérista longtemps à reien^ pie de peuples voisins ; ils Tiraient enoore comme pssteius sons la direction des chefs de famille on patriardieSi quand les Phéniciens éuient déjà une nation civilisée.
L'époque syrienne des Hébreux devait seule attirer notre attention, car de retour en PalestinOi après 400 ans d'émign* tion en Egypte» ils n'avaient conservé de leurs aïeux qae dei traditions et une langue un peu altérées ; ils revinrent presque complètement transformés, et le système politique, civil et religieux de Mcriwe acheva de leur faire perdre le caradèn antonomique d'un peuple primitif.
En observant le rOle de la race aémitiqae dans l'histoire primitive de l'Asie occidentale, on reconnaît qu'elle fut plaW religieuse que politique. Son existence nomade exdoait iei spéculations philosophiques; de là une supériorité intellectuelle bien marquée des Ariens sur les Sémites et la dilKreoce apparaît surtout dans les langues. le fond des langues eémitiques est sensuel poétique, mais peu ratîonet; celui des langues d'origine arîenne, quoique aussi poétiquct est de ploi réfléchi et favorable aux idées abstraites. Enfin, les Sémitei sont les pères du monothéisme, les Ariens sont les pères de la philosophie.
ut
ÉéYPTiik:tt^t
s 1. «ISTOIM.
L'Egypte fut occapéo d*abord par des pea plaides »xnn$^ habitant des èabanes dfe Jonc» et vivant dm produits de ):i ferre et dés poissons que le Nil fournissait abondamn^ent. Mais ^histoire politique de œ peuple ne date que de rétablissement de tribus étrangères dans la vallée du Nil. Qn suppose que ces tribus sortaient de rÊihiopte. Trouvant la position de ce pays avantageuse pour la culture» pour les bestiaux» et pour une demeure fixe» elles y fondèrent une cofonie qui s*aocrut» 'prospéra et s'étendit peu à peu vers la basse Egypte (1).
Cette colonie eut probablement des institutions politiques et religieuses analogues à celles de rÉihiopie primitive; toute|fois» les traditions et les monuments les plus anciens attestent que la civilisation égyptienne s*est développée en dehors de toute influence extérieure.
Les historiens grecs qui ont recueilli sur diflfêrents peuples
(1 ) Ghampollion-Figeac. VBgypU andmme.
ÉGYPTUUfS. 467
Le premier qui 8*empara du pouvoir et fonda la monarchie égyplienne fut Mente ou Mnéi, lequel» suivant Hérodote^ aurait succédé aux dieux, c'est-à-dire aux prêtres et aurait séparé ainsi le pouvoir spirituel du pouvoir temporel (i). D'après les calculs tirés de la chronologie de Manéthon, corroborés par les monuments» cet événement remonterait à 5,000 ans avant notre ère.
Il n'en résulta point un amoindrissement d'influence pour les prêtres; s'ils ne gouvernèrent plus, ils pesèrent toujours sur le gouvernement.
Mente* lui-même , pour s'assurer leur appui, leur fil de riches présents, orna le temple deThèbes et institua de nouveaux sacrifices. (3)
On lui attribue la fondation de Memphis, dont il fil le siège du gouvernement, tandis que Thèbes resta celui de la reli* gion. Des lacs furent creusés; des canaux furent ouverts ; des digues furent opposées aux inondations du Nil (3).
Que ce roi ait accompli toutes ces choses , ou qu'on lui en fasse honneur, toujours est-il qu'elles se rapportent à une époque où les Égyptiens étaient définitivement oonstitute en nation, et jouissaient déjà de moyens industriels, agricoles el artistiques, assex complets pour répondre à tous les besoins et pour demeurer ensuite presque statiounairos pendant un grand nombre de siècles.
Quoiqu'il en soit, Mente fut le véritable fondateur de la première dynastie.
Entre ses successeurs on cite Atbolis , son fils, qui fit bâtir le palais des rois à Meinphis, et cultiva les sciences; Biophis, de la deuxième dynastie, qui porta une loi en faveur de la succession au trône des femmes ; Nichérophis, de la troisième dynastie, qui repoussa les attaques des Libyens; Sésortbos,
(i)II, S4et99. — Diod., S4(.
(t) Hèrod., n, 99.
(3) Diod. I, S »0.
4BIS vu OYIUftATIONS PKtMlTlTES.
delà même dynastie, i|iii rat hâbUe en méttecind, et douai ans signes hîérogtypbiqaes des formes èIéigante8;'S6op1iis,^ la quatrième djmasiiey 'qui' écrivit sur les khoses sacrées.
CTest sous la quatrième dynastie que furent construites les pyramides de'Gbiaé.
NitocriSy de la sixième dynastie, sœur d'un roî as8is8iné< OMMsta sur le trône, et, après douae ans d'un rè^e brSfamt, raenaeée d'iltre tuëe à son tour, elle se donna la mort (1).
Ifilocris fut la première femmequi rl&gna en Egypte, en terin de la loi de Biophis.
Aucun dé ses successeurs n'a laissé de souvenir marquant. Lelbndaléur de la neuvième dynastie» kditoès, s'était distingué par son courage» mais une fois au pouvoir, il devinides* pote et eruel,puts tomba en démence. Un cfOOodUe, dit-on. en délivra l'Egypte.
Sèùs les rois suivants, l'Egypte semble ainoir goûtf une longue paix favorable à son développement InleHectuel. U silence même de rbisioire sur leurs noms prduverait qo*ils ne furent pus oppresseurs.
La onsième dynastie, originaire de Thèbés, rivale de Hempbis, et chef-Keu de la hiérarchie religieuse, fit reprendre à la easie sacerdotale une influence que lès rois de Mem pbis avaient un peu amoindrie. Cependant les rois de cette djtoaistie n'ont guère laissé de souvenir. Le dernier seul, Amménéoïès, « distingua par des services s ignalés. Puis vient la doosièffle dynastie, également originaire de Thèbes, dans laqo^'^ ^° distingue Labarès, i qm l'on attribuela construction docélèkre labyrinthe, puis une leine Scenniophrès, qui régna quatre
Sousces deux dynasties, Thèbes s'enricbit denoiiVeifUi»>' mimeMis ornés de sculptures et de peintures : il en reste de précieux débris, qui portent encore les noms de ses rois, et attestent l'authenticité de leurs M^es. ' -
(4) Bérod., n, S 100.
KGYPTtENS. H9
La tniÉB^tae dynastie» également tbébaitte/gttuVerna pén« daiil prèsde ciiiq cents «tos, à la ravèîir d'une paix profonde.
La qoatonième dynastie fut, originaire de Skôon {Xoïê), grande "ville de la Basse-Egypte, mais he laiissa aucun souve* nir après cinq cents ans de gouvemenîènt.
La quinzième dynastie, fers 9,500 avant Jésus-Christ, fut thébaine et régna dém cent bittquànito ans sans événement remarquable» si ce n'est la guerre d'Osymandfas contre lés Bactriéns dont )és détails ont été peints sur ie'tbtnbeau de ea roi. A la suite des saltes dont les murs sont déebrés de ces ^présentations, était un sanctuaire, un promenoir et une 'bibliothèque appelée : IMiide et Cémê. On a reconnu une analogie frappante aTéc le plan, qui existe encore 1 Thèbes, du Ebamesséum, et le monument d'Osymandias.
Sous la' seizième dyuMie, originaire aussi de Tbèbés, réj(ha Osortasen, dont les victoires en Nubie ont été repifSsentées sur des monuments encore debout. L'^rasion dite des Pasteurs, qui rsTagea l'Egypte 9,000 ans avant notre ère, s'accomplit sous le dernier roi de Cette dynîstie, Timaos.
Manèthon rapporte que des hommes Tenus de TOrient en^ vahireni l'Egypte, emmenèrent les chefs, brûlèrent lèè villes et les temples, massacrèrent les hommes valides, i&fàièi^ent les femmes et les enfants en servitude choisirent Tun d'entre eux, nommé Salathis, et le firent roi. Salàlhis Wmpai^'d^e'Mempbis ; Timaos tenu de le repousser et fut tiié vers 908S avant rère dirétienne.
Une partie de l'andemie population, polir échapper au joiig étranger, émigra et porta son industrie dans l'Asie-lf mfetire et la Grèce, où elle fonda des colonies (I).
Ces étrangers fondèrent une dynastie coiitemipdralné de Celle ém Pharaons, qui résidaient dans la Haute*Egypte.
Manèthon les désigne sous le nom de Byluoi. losèphè suppose qu'ils élàieÉt luifs; mais les ibôntttatéfitflf coneiKàMut itju'ils
(i) Diod.,1, il*t9.
4Q0 LES cnriLiSÀTiORS .ramiTiTU.
apparlenîitenU une race bkDcbe,peot-êlr6 à celle des Scytho, dont les incursions deteoi de lrès*haut, et auxqoelsse mèlèieat des Arabes.
Après la mort de Timaos» ses saœesseurs s'établirent dans la haute Egypte ; il j eut alors deux dynasties contemporaines: les Pharaons» souTorains légitimes en Théba!de,el les cbefsoonquérants àMemphîStdans la moyenne et dans la basse Egypte; la dix-septième dynastie eut donc deux listes bien difféientai.
Ni rhistoire» ni les inscriptions ne mentionnent les actes des rois Pssteurs; ils ne laissèrent après eux que des rdues et le souvenir de la haine qu'ils avaient inspirée aux Cgyptiens. Loin d^élever des monuments» ils avaient détruit les temples, et proscrit la religion du pays. Aussi» par une juste vengeance, ces étrangers sont-ils toujours représentés sur les monuments comme des captifs enchaînés» allusion à l'époque où TEgyple en fut délivrée.
G*estsous le roi pasteur Apophis que se passèrent les aventures de loussouph (Joseph). Aucun monument ne vient àTappui du fait rapporté par la Bible ; toutefois» ils contiennent des détails qui s'accordent a^ses bien avec l'état de VÈgjf^^à cette époque.
loussouph étant devenu premier ministre de ce roi» fit venir en Egypte la famille de son père. Celle famille y prospéra, s'accrut considérablement pendant quatre siècles de s^oor et devint la souche de la nation juive.
Les descendants des anciens rois» qui ne régnaient g^ que de nom à Tbèbes» attendaient toujours l'occasion d*eipulser ces étrangère* Ahmosis» après des eObcts multipliés, rassembla de nombreuses troupes et commença une lutta aci»r<i^-
Plusieure monuments existant encore se rapportent i ce
prince et à ses actes; de^ inscriptions annoncent qu'ils '*''
réparer les temples de Phtha, d'Apis et d'Ammon à Mempkit,
ce qui prouve la délivrance de cette ville ;vei3 1825 aiant notw
ère. Sa femme y est aussi représentée sous les titres de : r§s^
^/^«•* pf^meipaU^ royale mare, ianu du mondt.
A sa mort* son AIh Aménophts-Thelhinosts réduisit les Pasteurs i capituler et à sortir d'Egypte avec leurs troupeaux, leurs familles et tout ce qu'ils purent em|iorter, après deux cent soixante ans d'occupation.
Aménophis fonda la célèbre dix-huitième dynastie. L'Egypte fut de nouveau réunie sous l'autorité d*un seul prince ; les templeSy les palais, les édiBces publics se relevèrent ; les antiennes coutumes et croyances refleurirent. Aussi les inscriptions et les peintures ont-elles consacré sa mémoire par les litres les plus pompe^. Au musée égyptien de Paris on voit plusieurs images de ce prince combattant contre des peuples étrangers, ou porté sur un palanquin à côté de la déesse Thméi^ la justice et la vérité, qui le couvre de ses ailes; il reçoit comme Osirîs, les offrandes de fruits et de fleurs, présenté par une Famille du pays. Sa femme Ahmos-Nofré-Ari est associée à ces honneurs et appelée l'engendrée de la Itine, la bienfaisante Ari.
Son fils Thôthmès ou Thoutmosis !•' continua son œuvra de restauration. Thoutmosis II lui succéda, et, étant mort sans enfants, laissa le trône à sa sœur Amensé. Cette reine ayant épousé en premières noces un Thoutmosis, de ce mariage naquit Thoutmosis III, le Hœris des Grecs (1). Après la mort de ce premier mari, ,Amensé en épousa un second. Or, les monuments présentent une différence sensible dans les oonditions comparées des deux maris d' Amensé : le premier porte le titre privilégié Je Père des rois; le second n'a pas d'autre prénom que celui de la reine même, êoleit dévoué à U vérité^ et son nom propre Aménenthé n'est inscrit qu'au second rang, après le cartel de la reine.
Sur d'autres monuments on voit le jeune Thoutmosis-Mœ* ris rendant de pieux hommages à son père, qui ne fut pas roi, et à son oncle Thoutmosis II. On voit aussi Amon-Ra, adore
(t) ChampollioQ ieone, lettre zr, de FJtgypU,^
U oontfiiDisit pluaieurs édifloef MOiét «n Egypte el «n Nubie* Il orna Esneh d'un temple au dieu Ekaouphis» h aignêur d» p^fi, eréai^r 4$ Cmimn^ prm^pê uiu^ du eum^u dwinm, milim d€ touM le$ momdêM^
L'édiOee de M^inel-Habou fut aartout décoré par Vài; <m> y troiuve, son nom avec dea. dédicaces élogîeuaes. U y rend hommage aux dieux, dont il reçoit des dons.
Gç prinof boiiora aussi ses ancêtres selon les coutumes du pays ; et le temple de Karnac présente encore la lable.généaloL gîqûe des rois ses prédécesseurs» qu'il fit. exécuter. On le yotUt adressant des hommages et des prières à soixante rois.
Après ce roi , dopt les historiens et les monuments ont consacré la gloire et si^alé les belles actions» viennent Amén»bon II » en 17S3, dont le règne fut signalé par la constructtas de ppuveaux monnaient^ » et Tboutmcsîs IV » qui fut en guerre avec les peuplades de la Lybie; puis Aménophis III» hllemnon des Grecs : il fonda le palais de Looqsor» dont les bas reliefs représentent le^bomouiges de ce prince auxgrandee divinités de Thi^bes» entre autres à Amon-roi*régénérateur ou au Pkallui. Son règne fut. glorieux par des victoires au debois et de grands établissements au-dedans* Son successeur Horus figure sur plusieurs monuments. Son fils Tmahumot cègna ensuite pendant douze ans. Bbaïasès l^r» Menepbta» Rhamîiôs I| lui succèdent , et enfin Rbainsès 111 , le grand Sésostris auquel les historiens» entre autres Hérodote et Piodore de Skiie» ont consacré plusieurs pages. Les monuments se joignent à la tradition pour éterniser ses hauts faits.
Diodore raconte qu'à la naissance de ce prince» son pèiv rassembls^ tous les enfants m&les nés en Egypte le même jour que son fils, et ordonna qu'ils fussent tous éli^vés avec les mémel soinSt afin qi^'habttués.^à vivre familièrement ensemble» ils devinssent de braves guerriers dévoués à son fils.
Et en effet» dès la première campagne du ief^pn^^ qn Syrie» il fut accompagné de n^ guerriers qui j^sl^lliMt* mnsf porter plusieurs victoires.
464 LU CIVILISATION» PUlMlTIVlub
Sésoftris monU sur le trône eD loTl, alors que T^gypte le trouTsil engagée dans des guerres exlérieares.
U oommença par des actes de démenée. Geox qui a?aient conspiré le renversement de son prédécesseur étant restés en prison à son avènement, il leur fit rendre la liberté (t).
Au retour de ses conquêtes» il employa les nombreux captib qu'il avait faits à la construction de monuments publics.
Mais il ne fut pas généreux à Tégard des rois qu'il avait vaincus. Chaque année» dit Pline (S)» on tirait au sort ceux qui traîneraient son char pour aller au temple ou faire son entrée solennelle dans sa capitale.
n ne pardonna pas non plus à son frère, qui avait conspiré pendant son absence; il le fit impitoyablement mettre à mort (3).
Sésostris eut deux femmes* vingt-trois enfants mâles et sept filles au moins. Le nom de sa première épouse se lit à côté da sien dans les monuments des premiers temps de son règne; elle se nommait Tmeoumen-Nofré*Art. Sur les monument! postérieurs» elle se nomme Isénofré (Isîs bienfaisante).
Il fit de nouvelles lois. La plus importante fut cdie qui rendit à tous les Égyptiens le droit de propriété» que les rois pasteuii avaient aboli à leur profit.
Enfin, il immortalisa son règne par la soumission de vingt peuples, par d'importantes institutions, par do% monumenti dont il nous reste de précieux débris, par de nouvelles chaussées établies au-dessus des inondations du Nil , afin d'y asseoir des villes, par des canaux destinés au transport des denréei, enfin, par des obélisques dont plusieurs existent encore, entfe autres celui qui a été transporté sur la place de la Concorde, ft Paris.
C'est sous son règne que les Hébreux, qui étaient restés long»
(i)Dlod, I,S64.
(t)L. JUUUU,S3.
(8) Hérod., n, S 107.— Diod., I, S «7.
ÉGYPTIBNS. 46K
temps encore après les pasteurs sortirent d'Egypte pour se soustraire à Toppression. Sésostris, dès le commencement de son règne, les traitant comme des esclaves, les avait soumis à de rudes travaux et à la construction des monuments. Il les laissa partir sans opposition , redoutant la présence d*une population étrangère qui s'était considérablement accrue. La Bible ajoute que les Hébreux ayant emporté des vases précieux volés aux Égyptiens , le roi les poursuivit et fut englouti dans la mer avec ses troupes.
Ce dernier fait est dénué de toute vraisemblance. Sésostris avait mieux à faire qu'à poursuivre des pillards dont Texpulsion était devenue nécessaire.
Ce roi, après une vie pleine d'éclat, la termina tristement^ suivant Diodore. Ayant perdu la vue, il se suicida (1) ; ce qui n'empêcha pas que sa mémoire fut honorée comme celle d'an dieu.
LessuccesseursdeSésostris appartenant à la dix-huitième dynastie ne se distinguèrent par rien de remarquable.
Le départ des Hébreux serait peut-être mieux imputable au fondateur de la dix-neuvième dynastie, Khamsés Méiamaun ; car, à la Bndu règne deson père, TÉgypteayant de nouveau et envahie par les pasteurs, le Jeune prince leva une grande armée et les chassa vers la Syrie. Monté sur le trône, il voulut poursuivre les conquêtes de son père. Il laissa à son frère Armais l'administration de l'Egypte, en lui recommandant de respecter la reine, mère de ses enfunts, et les autres femmes du palais. Après de nombreux succès contre les Phéniciens, les Assyriens et les Mèdes, il se préparait à pousser jusqu'au fond de l'Orient, quand il apprit, par un message du grandprêtre, que son frère avait fomenté une révolte. Il revint aussitôt, reprit le pouvoir et força Armais à s'enfuir.
On doit i ce prince l'achèvement du fameux palais de Mé-
(i) Diod., 1, SS.
4(t> LES ClflLlBÂTIONS FRIMmYES.
dinel-Haboa, iTlièbes« aatour do(|tiel s'élefèrenl 8iieMnie< ment d'autres édifiées qui. par la nriécé de oooslractiopi i6rèieni la diversité des époques depuis ce roi jusqu'à l'empire romain.
Son flISy le second roi de la dix-neuvième dynastie, panit atoîr eu un ràgne long et prospère. II signala sa piéié filiale en faisant élever pour sa mère, nommée (sis, un tombeau qui ettste encore, et sur lequel on lit son nom et celui de sod fils.
fthamsès YI, frère de Rhamsès V, monta sur le trône en 1358 avant notre ère. Il avait déjà rempli diverses charges miliuilis, eomoM celle de commandant de la cavalerie. Son tombeau» qu'on voit encore dans la Tallée-des-Rois, à Bibanel-Molouk , est couvert de peinturas traitant des sujets aslr» wmîqvai at religieux, tels que les courses du soleil, les heures do, jour et de la nuit, les taUes de lever et d*iaflueooe des eoBSidlatioos^ des Ulanias en l'Ironneur du roi; la Mîcîlédei bons, la punition des méchants, y sont repiésentéea symbolî-
qyAOWtU
Plusieurs nnVm Wismaès se succèdent aaiis événement remarquable.; )^iM9 tombeaux seuls l^ur ayant wrvécuoot mué iQurs. noms, dft l'oubli.
l^ historiens grecs rappoirl^t à la daroeuvième dynastie \fi n^ppiKvellawcint 4ii qyçle sotbiaqiae et I4 chute de ICroie. Cs renouvelleiffmt de carda oa dsi période de mil quatre «ai SQixf^o)e an^ s'opéra Le i(^ jtvllet de Tan ISSâ av^nt noUe ère.
Pliqp dit qpfi l^ roi égyptien coatempoain de h guerre de Tspie fut ue Wiamsès, le dernier de la dynastie.
Leoi rois de I4 vimtiàme dynastie ont aussi laissé des lomb<^ui; qui dQOnei^t.aujQuid'huî des indieatbaa précienses pair rbistolre. La form]ul(|.qui accusvipsgne le plua fféqueomeoi les uo^^ de oes r^îs est ceUoKsi : wkU gardien de iu vérifi, tiue souvent profani^.eo l'appliquant è de mauvass iois.
Djodore et Hérodote nanieot \^ ric^ess^s.de.lUiW«ifW<^ (Rhamsès X), fondateur de la vingtième dynastie, et raconteoi 'es tours de deux voleurs qui puisaient à pleii^Qp mai^xl^
ÉCYrriEN^. 467
ses trésors^ ârentufa qui figurè^ît plus dignement dans les contes arabes.
Diodore de Sicile ajoute : t Les rois qui succédèrent à Rhamses pendant sept générations ? écurent tons dans une profonde oisivelé, et ne s'occupèrent que de leurs plaisirs* Aussi, les cbronîquessacrées ne nous transmettent-elles sur leur compte le souvenir d'aucun monument magnifique, ni d'aucun acte digne de trouver place dans l'histoire. »
Cest doue une série de rois fainéants qui occupèrent le trOne pendant deux siècles. Mais ce temps d'arrêt pour la Tie polititique de TÉgypte dut èlre faTorabie à la culture des arts et de l'industrie; et ces rois, qui n'ont laissé aucun souTenir de leurs actes, ont laissé cependant des tombeaux que le temps et le ravage des invasions ont respectés. Une des peintures qui les couvrent nous révèle un fait asses rare dans les annales égyptiennes, celui d'un grand*prètre ceignant le diadème et cumulant ainsi deux fonctions suprêmes que lès lois égyptiennes distinguaient rigoureusement. Un certain Pahôr-Amonsé est représenté faisant des offrandes aux dieux, tantôt avec le costume de pontife, tantôt avec odui de roi. Sa femme, Ahmês-Nofré-Atari, figure auprès de lui dans les cérémonies. PliBieurs de leurs enfants sont aussi réprésentés avec le titre de fojfttt enfant de nm germe.
Voici œ qu'on peut conjecturer de ce fait : Un roi de cette dynastie étant devenu incapable de gouverner, on lui imposa la tutelle d'un prêtre. Celui-ci , joignant son titre sacré, que rien ne pouvait lui faire perdre, à celui de régent ou tuteur du roi , a dû être représenté revêtu de cette double attribution.
L'existence politique de cette dynastie n'a laissé aucune trace. Avec elle finit la famille tbébaine, qui, pendant treize siècles, avait fourni six dynasties. Les premières eurent à subir et à repousser les invasions étrangètes, i réformer l'administration publique, à rétablir les UMnpIei, à fonder dès ouvrages d'utilité publique, à donner une nouvelle impulsion aux arts. La prospérité générale s'accrut, et la civilisation égyptienne fut
MÎ8 ^ES CIVILlSATlOm PMMITnrKS.
k son apoféa. Mtis TiiMiction meoédt à Uni d'dforts ; la dvnièfa dynuiie n'eut que des princes indolents» plus soucieu de jouir des biens légués par leurs prédécesseurs, que d'eo produire de nouveaux. Celte inaction fut d*abord exploitée par la caste sacerdotale, qui 8*enipara da trône, josqu'à œ qu*un roi originaire d*une famille de Tanis y montât, par suite d'événements dont le souvenir ne pous a point été transmit. ile roi est Mandouftep, fils d'Aasen. Il consacra à la mémoire de son père une stèle funéraire que possède le Musée de Pans. Mandouftep et son fils Aasen sont les seuls rois de la vingt et unième dynastie dont il nous reste des monuments.
C'est à cette dynastie que répondent les règnes de David et de Satomon. Celui-ci épousa la fille d'tm de ses rois, et le lomple de Jérusalem fut, dit-on, construit sur le modèle des t'^mples de TÊgypte (t).
L'incapacité des rois de cette dynastie la fit supplanter par une nouvelle, originaire de Bubastis, dont le chef fut Schei-
' rbouk, le Sésoucbès des Grecs, le Scbiscbak des Hébreia.
I Co fut auprès de lui que Jéroboam trouva un refuge contre les
\ persécutions de Salomoo.
I Scbiscbak assiégea Jérusalem sous le règne de Boboam, s'en
{ ^'lupara, enleva les trésors du temple et ceux du palais. Ce
fait est reproduit sur les monuments encore sobsistaiits de 1 hèbes. Des bas-reliefs représentent un roi menaçant de ses nrmes un groupe de prisonniers étrangers qu'il tient par les « iieveux. Il traîne devant les dieux d'autres chefs liés par le t'ou ; chacun d'eux a près de lui un bouclier crénelé sur lequel son nom est inscrit. Un de ces princes, à physionomie asia- (que, est nommé louda-Uamaiek.; nul doute, par conséquent, sur l'identité de ce personnage; et c'est ainsi que l'histoire ae trouve corroborée par les monuments.
La vingudeuxième dynastie n'offre rien de remarquable, si ce n*est que des fils de rois non appelés à la succession au
(t) Egypte andeane, par GhampoUioa-Figeae* p. 850 et sul?.
trône nous a pparaissent revêtus de fonctions saoerdotaleStd'a i • r« s les monuments de cette époque; ce qui démontrerait la \mv dominance des rois sur les prêtres, puisque leurs 61s pouvaient entrer dans le sacerdoce, tandis que les prêtres ne pouvaient devenir rois sans usurpation.
La vingt- troisième dynastie ne jeta aucun éclat, et la vîih^i qualfièmey originaire de Saîs , nVut qu'un roi , Boccboris, :nt huitième siècle avant Jésus-Christ, avec lequel finit la gran<1/« période de la civilisation égyptienne.
Ce roi fit pourtant de grands etTorts pour arrêter la décadence de l'Egypte, et fut, dit-on, un habile législateur (I). fl s*occfupa surtout de régler les rapports civils des citoyens et les devoirs des gouvernants; t>eaucoup de ses lois se maintinrent jusqu'à Tépoque romaine.
Nais les désordres intérieurs qui se produisirent à la fin de ce règne favorisèrent les invasions. Les Ethiopiens, qui mena* çaient depuis longtemps TEgypte, s'en emparèrent: BocchoHs fut pris et brûlé vif, après quarante-quatre années de règne. Le chef éthiopien, SabacAn, fonda une dynastie nouvelle, la Tingt-cinquième. Ce roi fit supporfi»r son usurpation par d'utiles établissements et des travaux d'utilité générale.
Diodore de Sicile lui fait honneur de l'abolition de la peine de mort, bien*qu'il eût ordonné lul*même le supplice de Bocchoris. Cette contradiction nous autorisa i douter de ce fait, d'ailleurs unique dans l'histoire ancienne.
Quoique Éthropien, Sabacôn respecta Irs coutumes eC la religion des Égyptiens, et fit même élever des monuments oii son nom se trouve placé à c5té de celui des autres rois.
Cette dynastie fut supplantée par ano autre originaire de Sais. Le roi le plus remarquable de la vingt-sixième dynastie fut Psanméticbus, qui ouvrit l'Egypte aux Grecs, qo les prenant pour auxiliaires de la caste des guerriers; il initia ainsi les étrangers à la civilisation, aux arta et anx idées du fiayi ; vti
(i)Diod., l.f,S3S.9i.
qvi fit murmiirer betaooiip d'Égyptiens, et sortoat la caito guarrite^ dont une portion émigra. Alors oommenoeDt des nUr tioQS de commerce et d'idées entre TÉgypte et la Grèce, idations qui profilèrent beaucoup à celle-cî .et nuisirent be»a« coup à celle-là.
&m fiIsNechaO II loi succéda (1) et faTorisa le coiniiieieiei l'industrie. La Judée était alorssoos la domination de rÉglP^i losdias, son roi, n'ayant pas demandé la confirmation de m avènement au roi NéchaO, fut mandé par lui, chargé de fen et remplacé par un autre. L^ luifs* furent astreints» deleor ofité, à payer une nouvelle contribution (S).
Psanmiétichus II régna ensuite sans beaucoup d'édat. Apriis lui succéda, et se signala par plusieurs expéditions.
Une révolte ayant éclaté dans l'armée, il envoya Amaas pour la réprimer. Athénée (8) mconte qu'Amasis éUit moaié es faveur auprôs d'Apriès par le simple présent d'une eoatoimede fleurs au jour anniversaire de sa naissance. II «^^ ^^ doute mérité sa confiance iH>ur d'antres actes.
Amasis ayant vainement harangué les vévollés» » ^^ proclamer leur chef (4)« Apriès fut vaincu et Amasb le ^' plaça. Ce dernier fit pardonner son origine par une conduite modérée. S'entendant un jour reprocher sa naiisanos otecan» il ordonna qu'on fondit un bassin de pied en une stattte de dieu, puis il dit aux railleun : c Quelle que soit son origîMi cettestatue reçoit chaque jour vos hoomiages;o«MiesmaBV»' sance et souvenes-vous que je suis maître de Visff^' * (^'
S'il aima beaucoup les plaiaîrsi il ne néi^iges pas neff»^ les devoirs de sa pesilion. a On are toi^ours tendu» din>t*i''
(1) Hérod., n, s 15S. — Diod., I, S 33.
(t)4»eg.,«,V. 3-4.
(8) Banquet des savante, 1. X, 7.
(4) Diod., I,S ea. — Hérod., Il, % 161-163.
(S)Hérod.,li, $171.
seriiit b(Àit6t brisé. > (1) tVôverbè qui a ^të souvent rif^piSté depuis, n fut plus aceeissibleli ses sujets q'àe tes rôîè priée* dentSy et ne dédaigna pas dô recevoir toutéd iôirtés dé personnes à sa table.
Amasis, triomphant , avait conduit dans lé palais le roi déchu y Apriès, qui continua de l'habita quelque temps en sûreté. Mais le peuple Fayant réclamé iVec instance» Àmasis . finit par le lui livrer, et ce malheureux rbi fut matoicré. Il n'en reçut pas motkis les honneurs fuhébréS accordés aux rois» et fut inhumé dans les tombeaiik de sa famille.
La haine populaire poursuivit Apriès Jusque sûr les moâu* ments; on a trouvé son nonCi éMiOrté d*ûh itiot qui êkh'poAe ridée de mépris.
Celte haine avait sans doule pour cause l'expédition aventureuse dans laquelle Apriès s'était engagé» et qui déplaisait autant au peuple qu*à l'armée.
Amasis, plus jaloux des avantages de la patx que des chances de la guerre, voulut se rendire dîgiké de la haute faveur dont il avait été l'objet» et donna une grande impulsion aux arts, à l'industrie et au luxe. Les historiens rappértent que l'Expié ne fat jamais dans lin état plus prospère : elle comptait alors Tingt mille villes.
Memphis et Sais furent surtout l'objet de son attention; il j fit élever des monuments en l'honneur d'Isis et deNeîtb. Oii trouve son nom inscrit sur beaucoup de montinients sculptés qui se rapportent k son règne.
Il avait épousé la sœur du roi Apriès» Ouk-Nas. A la ihdfl d» cellé-el, Amasis la fit inhumer» à thèbes» dans un pUfts funéraire très-profond » où l'on a trouvé de noS jours son sa^*^ oophage vide.
Amasis se montra très-hvorable aux Grecs; il contrlbuii à l'érection du nouveau temple de Delphes» et envoya pldsléiirs statues à d'autres temples grecs.
(4) Diod.» I» 8 95.— Hérod., Il, $ 171-177.
Polycrtle, tyran de Samot, eotratinl des rèUtkMiB ntc InL Ce roi lui écrivait de se défier de la fortune, de se tenir piêl aux revers» et de s'imposer des privations.
Cest à celle époque que Solon vint en Egypte, ponr en étudier les institutions et y puiser les éléments de ses lois.
ftammétichus III ou Psamménite, fils d'Amasis, lui succéda; mais son règne fut court et malheureux. Gambyse vînt assiéger Mempbis; et cette ville s'élant rendue, toute r£gypte tomba sous le joug des Perses. Psamménite tenta vainemoit de soulever les populations; Gambyse «déjoua ses efforts, et s'en vengea en portant la désolation et la ruine sur toute l'Egypte.
Psamménite, ditH>n, voyant sa fille réduite à l'état d'esclave, et son fils conduit au supplice, ne s'en émut pas • disant que ces malbeuis étaient trop grands pour être pleures. Lui-même fut condamné à boire du sang de taureau, et en mourut.
Gambyse assouvit sa cruauté jusque sur les restes d'Amasîs, qu'il fit exhumer et maltraiter. Il insulta ensuite à la religion des Égyptiens en frappant lui-même le bœuf Apis, pour montrer que ce n'était pas un dieu, et fit mourir les magistrats qui avaient pris part à la fête consacrée à ce dieu.
Afin de mieux soumettre l'Egypte, il résolut de la dépeupler en lui enlevant ses meilleurs guerriers pour des expéditions lointaines, d'où ils ne revinrent plus, et en faisant transporter six mille Égyptiens à Suze.
Bien que son règn^ n'ait duré que trois ans, il commit des désastres tels, que son nom est encore en exécration dans le
pay»-
Cette conduite n'était point faite pour habituer les Égyptiens au joug étranger; et il fallut de grands efforts de la pari de IHirius pour réparer une partie du mal.
Ge roi commença par rétablir les prêtres dans leurs aitribnlions : habile politique, qui le fit prodamer wge (I) et lui as* surs un puissant concours.
(I) Diod., 1, S M.
L'Egypte fit ptrtie de la sixième safrapie du vaste empire des Perses > el fut soumise» à raison de ses richesses et de sa fertilité, à de lourds impôts en argent el en denrées.
Darius fit frapper à son nom des monnaies en or, les premières dont rÉgypie connut Tusage.
ToQt en mettant de Tordre dans l'administration intérienret Darius n*en contribua pas moins i faire perdre à l'Egypte son autonomie par l'inlroduction d'éléments étrangers : des mages vinrent y prêcher leur religion, et les Perses y apportèrent leur langue et leur écriture. On a trouvé, en effet, des caractères cunéiformes mêlés à des inscriptions hyéroglypbiques.
Toutefois, les dieux de l'Egypte ne furent point négligés, e' de nouveaux temples s'élevèrent en leur honneur. Darius lui« même y est représenté faisant l'offrande du feu à plusieurs dieux de l'Egypte. C'était comme un hommage rendu par le culte des Perses au culte des Égyptiens.
Strabon dit que Darius fit reprendre les travaux du canal du Nil à la mer Rouge , commencé par Sésostris et continué par Néchaô, et qu'il l'abandonna au moment de le mener à fin, cédant à la crainte que la mer Rouge, étant plus élevée que l'Egypte, ne submergeât le pays.
Malgré tous ses efforts, il ne put faire oublier les malheurs et 1.1 honte d'une domination étrangère. Les Egyptiens tentèrent de secouer le joug ; et il mourut sans avoir réprimé cette révolte. Son successeur» Xerxès (en 486), en triompha aisément, |[râoe à l'affaiblissement où ce pays était réduit. Il érigea rEg>'pte en satrapie pour son frère Achémenès*
C'est de l'Egypte que Xerxès tira le plus de ressources en armsiien vaisseaux et en soldats. A sa mort, elle tenta de non* vMB de s'affranchir et nomma roi le descendant d'une ancienne dynastie» Inaros. Elle fut secondée parles Grecs. Grâce à ce puissant secours, l'armée d'Artaxerxès, battue dans une première rencontre, se retira vers Memphis; mais Artaxerzès, étant parvenu à séponr l'armée égyptienne de celle des Grecs, remporta nne victom décisive^ et Introt fql crucifié.
474 LKS CIVILISATIOHS PRIMITIVES.
Vtgfpe, soumiie de noavetiii un ioÉg plu dar qm J^màu aotts le gouverneoifiiit d'Achéméiièe, goûta néakiaioim, peu* dant le long règae d'AHaxenôs, œ monde repos qirf aonmipagne la senitudei et auquel les peuples se façonnent lorsqu'on respecte leurs oouiumes et leurs croyanesÉ particulières; mais rÉ^yple rongeait son fireûii et n'attendait qu'une ooct« sion pour le rejeter*
Sous Darius-NothuSy Amyrtée, originaire de Sais, se mit à la lèle des troupes qu'il put réunir, diassa les étrangers et retsblit l'ancienne domination^ des Pharaons. 11 fonda la vingt-huitième dynastie, en ¥ik avant notre èrs. Ssiipremiers soins furent de rétablir l'ancien culte dans son Intégrité et de restaurer les temples ; nuiis la courte durée de son règne ne lui permît pas de rendre *à l'Egypte sa pi«mière splendeur. Une nouvelle dynastie, native de Mendèis» hil sac* céda* Noufrôuthpb, le Néphéritès des Grecs» en fut M premier roi. Menacé par les Perses» il conclut une altianœ avec Sparte, et tint ses ennemis en échec pendant tout le temps de son lègne. Son successeur Hâkôr eut aussi à mettre l'Egypte en bon état de défense contre les Perses, et s'allia avec plusieurs peuples de la Grèce, qui formèrent une ligue redoutable sous le commandement de l'Athénien Ghabrias. Hâkôr fit aussi restaurer des monuments mutilés par les Perses, et son nom se retrouve encore sur quelques-uns.
Ses suoeesseurs et les premiers rois de la vingt-neuvième dynastie, n'ont rien fait de remarquable pendant leur court passage au trône.
Ine trentième dynastie, fondée par Nectanèbe, lutta avec succès contre les Perses; l'acoioissement des forces égyp* tiennes se rérèle alors par la demande de secourt quêtes iM/h démoniens firent à Nectanèbe. Ce règne fut asssa paisible et se signala par une benne administration. PIwieura monuments dispersés dans les musées de l'Europe s'y rapportsM.
Asamort, Téos* oulscbo^ montasur lentee^^ aveefaM^ des Grees^ella attaqitertetetaei enPUtaidiec bmEgfpéim
mécontents sans dente de cette expédition » fe sonlevërent contre lui et proclamèrent un autre roit son neveu, Neetanèbe II ; et Tachos chercha un refuge aupr^ du roî de Perse*
Un autre compétiteur se leva et réunit une forte armée; nais» grâce au secours d'Agésilas» il fui défait, et Nectanèbe H n'eut plus rien à redouter du dedans. Mais, au dehors, les Perses devenaient de plus en plus menaçants, el, malgié de nombreux moyais de défense, et aprôs plusieurs combats opiniâtres sans résultat, la trahison des Grecs et le décourage* ment des Egyptiens ouvrirent de nouveau ce pays à l'occupa^ tion étrangère. Nectanèbe 11, dernier roi de la race égyptienne, s'enfuit avec ses trésors en Ethiopie; et depuis ce ll|MpSf en S38, l'Egypte aété livrée jusqu'à nos joursà une dominatisdi étrangère.
Darius-Ochus rétablit l'autorité des Perses en Egypte^ après soizante«cinq ans d'interruption, la dépouilla de ses rildMMI pour s'en faire un trophée, et lui imposa Ferendate po«r satrape. - * ^-a
L'Egypte eut beaucoup i souffrir sous Qcbus et ses sneoea^ seurs, jusqu'à la conquête d'Alexandre. Le renom de magnat nimité que ce jeune héros laissait sur ses pas, après chaqob victoire, le fit accueillir par l'Egypte comme un libérateur* Il y fonda un nouveau gouvememmt, en 890 avaât iiotve èM Ce fut la trente et unième dynastie.
Cette nouvelle. dominati<» fut plus douce, ear c'était Télément grec qui l'emportai^ et avec lui la aalutairi influence des arts et de la philosophie.
La poliUque4' Alexandre, vis4hvis de l'Egypte, se trouve résumée dans le récit que Quinte-Guroe a fait de son entrée triûinpbale jusque vers l'intérietir du pays. Ayant réglé Taé» miniatration de telle sorte qu'il ne fût rien changé aux aneienë usages des Egyptiens , il se rendit au temple de fopiter* Ammon, et voulut le eonsultar. Les préises, totqours obeS* quieux pour les vainqueurs» le recnaouNÉl et le pr aiad'Amii^Ra, deM 1^ temple priMiptl élail è Tbèbes.
476 LES anusATioRft PBmimrBs.
Phipiié de !• belle dispoeittoo d*an isibme formé par le lac IbveBOtîf et la Méditerranée, à Touest do Nil, il le consacra ï remphcement d*ane ville i laquelle il donna son nom, et dont il traça le plan ; ce fut Aleiandrie. Il désigna aussi remplacement des places publiques» de temples pour \n difintiés grecques, et d'autres pour les diftnités égyptiennes, témoi* gnage d'une noble tolérance. Il y laissa une garnison maeédo-* nienne^ y appela tous les peuples, et surtout les Grecs. Alexandrie a depuis servi de lien de commerce entre TEurope, l'Afrique et l'Asie.
Aptte sa mort, le gouvernement de TBgypte fut donné i Ptolémée, fils de Lagus, Tun de ses généraux. La libéralité, h justice, la douceur de ce gouvernement lui auirèrentrallBOtion de tous.
FerdiccaSy un de ses concurrents, lui disputant un titre qu'il devait à la foi dés traités, Ptolémée rassembla une armée, s*allia avec un autre général d'Alexandre, Antipater, et se prépara à la lutte. En même temps, il ne négligea rien pour se faire bien venir des Egyptiens, au moyen d'une habile et douce administration .
Après la déRiite et la mort de Perdiccas, Ptolémée reçut en Bgypie les deux jeunes fils d'Alexandre, dont il confia la tutelle à Python et à Arrbidée.
Au gouvernement de l'Kgypte Ptolémée réunit, par la oon* quête, ceint de Gyrène, de la Syrie, de la Gélé-Syrie et de la Phéoicie.
Fidèle % aa mission, il se montra Ja!oux de rdever l'Egypte de ses ruines* Il sut flatter l'opinion , répondre aux vœox àe tous, respecter les croyances, et mériter ralTection des peuples* Il resta longtemps simple spectateur des luttes que les iutres généraux d'Alexandre se livrèrent entre eui, ne songea qu'à afermir son pouvoir et à se faire des alliés. Lorsqu'il fut enfin obligé de prendre part à la lutte ; il s'en tira avec honneur; el Jamais il ne ceisa de régler au nom du jeune Aiexa»-
dre : les monuments en font foi. l/un d*eux porte cette apostrophe de la déesse Tbamoun au jeune Aleiandret cNous aTons mis en U puissance toutes lescontrées (les nomes) ; noi» t'avons donné Kéme (l'Egypte) , terre nourricière. » AmmM, générateur, dit en môme temps au prince: cNous accordons que les édifices que tu élèves soieni aussi durables que le ciel. »
Ces monuments déposent du respect de Ptolémée pour le fils d'Alexandre, car c'est au nom de ce dernier qu'il les faisait élever.
Cependant Antigone, son adversaire, ayant pris le titre de roi , après la mort des fils d'Alexandre , Ptolémée crut devoir le prendre aussi, tout en s'abstenant de revêtir les insignes du pouvoir royal.
Ayant obtenu de grands succès contre Antigone, les peuples, délivrés par lui lui donnèrent le nom de m^ier (sauveur).
Depuis la mort. d'Alexandre, r£gypte n'avait connu qve Ptolémée; il avait été son maître et son protecteur» Il en devint facilement le roi, et consacra sa nouvelle autorité par des cérémonies religieuses et par des monnaies frappées à son nom.
Ainsi, une dynastie d'origine grecque s'assit sur le trône d'Ë« gypte: ce fut la trente-deuxième, celle des Ptolémées, nom patronymique des successeurs immédiats d'Alexandre; elle régna jusqu'à Auguste. ^
Un des plus beaux titres de Ptolémée fut la fondation de l'Ecole d'Alexandrie, où il attira tous les philosophes et les artistes, réunit tous les ouvrages qu'on put trouver en Grèce, en Asie et en Afrique, et créa la célèbre bibliothèque d'Alexandrie. * '
Les principales branches de la science furent cultivées daés cette école; et la philosophie, plus Urd, y joua un grand rôle (f )•
(I) Yeir ks savants travaux de MM. Jules Hmon etTaeheroi sur l'iceled'AkiaBdrie.
478 LES aVILlSATIpNS PHIMITIYES.
noiéniée Soter aimait à fféquenter tas poêles et les pbiloso> piMS, et leur t^U destiné un logenent dans son pÉlids» en le consacrant aux musss sous le nom de Utetowni.
Après un long règne» il désigna pour lui succéder le fib aîné de Béeénicei ss quatrième femme, et le fit monter sur le trône en 985 avant Jésus-Christ « deux années avant sa mort. Deux de ses fils « nés d'autres femmes, revendi<|v6rent leun droits; mais ils ftirent mis à mort par le^ nouveau roi : ce qui ne Tempècha pas d'être appelé Philadêlfhe. Son règne jeu aussi un grand éclat par la protection qu'il aeeoréa aux letties et aux sciences.
Cest sous ce règne que se termina la construction d« plant près d'Alexandrie, œuvre de Sostrate de Guide, joslement c6> lébré par les poètes du temps, et que se fit la prenaièM tiaduction grecque des livres hébreux par les Samaritains.
Ge roi fit preuve d'imprévoyance en a'alliant aux Ronaîas; car, seus prétexte d'amitié avec les peuples, IUmm leur Imposa d'ahord sa proieciien, pute ses lois*
Ptolémée tifetgèu^ surnom qui exprime l'idée de bienfaisance, porta au loin des armes victorieuses, et enrichit l'Egypte des dépouilles de ses ennemis vaincus. Ce qui agréa le plus aux Egyptiens, ce fut le retour des images de leurs dieux que Cambyse aivaii fait transporter en Pecse. U montra sa tolérance, ou peut-être son indifférence, en sacrigant à tous les dieuxdes peuples cbei lesquels il pasaa en triomphant; ainsi, à Jérusalem^ U sacrifia en Thonneur de Jéhovah.
En Egypte, il fit construire de nouvesux temples; les mines, d'Esnèb offrent des bas^teliefs qui portent son nom et cdui de Bérénice.
Bérénice, femme et sosur de Ptolémée 111, fut une des reines les plus célèbres de l'Efljrpte. Un t^f^^x» que» pour obtenir l'heureux retour de son époux , qui faisait Ja guerre en Asie* elle déposa sa belle chevelure dans le temple de Vénus Zéphyritè. OMè offrande fat prise. L'onvépaïkiislebfoir qu'alla avait été enlevée au firmament pour y figurer pniMsilestloiiei
delà 1^ iKHn de Chêwlmre âe BMmee donnée à h gerbequi flgme auprès de fai constellalion du Lion.
Ptolémée Biergôte eut pour sueoesseur» en HT, le Ptolémée aîaal nomnié Hihpatar (qui aime son père); il se montra aussi cruel et despote que Ptolémée Evergète a^ait été doux et hienTeillant. On l-accose d'avoir empoisonné son père, afin de moBlBr plus tôt sur le trône. Il fit mourir son liMre et tous eaux qui lui portaient ombrage; sa mère elle-même fut tIctîne de sa cruauté.
De retour de sa guerre avec Antiochus, Philopator se livra aux plus honteuses dissolutions, sans prendre souci du mallieureux état de TBgypte ei des murmures du peuple; la naissance d*im fils ne Fadoucit pas, et il fit mourir Arsinoé^ sa femme, pour satisfaire la passion que lui inspirait Agatoclée, aosur du courtisan Sosibe qui s*était emparé de son esprit.
A sa mort, en 305, l'administration était tombé dans un désordre incurable, et dès ce moment, l'Egypte inclina vers ime décadence dont elle ne se releva plus.
Ptolémée Epiphane lui succéda enfant; son tuteur, Agatode ne cherchi^qu'à satisfaireses passions^, se livrai i toutes sortes de débaucbes, jusqu'à ce quQ le Mni^eD soulevé par. Tiépoléme, le fit mourir avec ses afQdés.
La minorité d'Epîphaw fut encore troublée par det gueiies eiLtérieures et des luttes^ intestines» Couronné rot à« neuf ans, les choses ne s'améliorèrent point ; sa cruauté et ses exactions finirent par lui aliéner tous, les ccaure, et il mourut empoisonné, après vingt-qualie ans de f^ne, en IM.
Pbilométor lai succéda :son règne n'offre aucun fait intéri«sr bien remarquable. A sa mort, son frère Rvergète H tint à la tôle d'une armée réclamer hi tutelle du jeune roi Eupafor. 11 l'oiMintà lat conditiM d'épouaer la rèbM^mère^, Oéopftf re, qut ét«t aaaoaiir. Lejoarmémade sen^ maviagéilft i .e jeune prince, el resla mdtre As là ceurenné.
480 LM GIYIUSATIOIIS PRIMITIVKS.
CePlolémée avait pris le nùmà'Bverfiu (bieDfaitwr),^ peupie lui donna avec plus de raison celui de Makergiie (maHaitear). Son corps élait aussi hideux que son caractère ; ce qui le fit paraître ridicule aux Romains et encore plus odieux à ses su* jets. Sa cruauté et ses exactions firent diminuer la population d'Alexandrie. Craignant la juste vengeance qu'il pouvait s'attirer» il s'enfuit devant une insurrection immineate* et idia lever des troupes étrangères. Le peuple renversa et déCmtoit ses images. Evergète marcha contre Alexandrie, fit mettre i mort son jeune fils pour affliger Gléopfttre qu'il soupçonnait de complot, et 4|^usa une autre Gléopfttre» fille de ceUe>ci.
Cependant \ï finit par se réconcilier avec elle et rentra dans son royaume. I>ésormais changeant de conduite, il s'adonna aux lettres et aux arts, et écrivit lai-môme tm livre sur la soologie.
Rien n*accuseplus la démoralisation d'un peuple que l'impunité de ces crimes haut placés, dont les auteurs, loin d'être poursuivis, peuvent jouir tranquillement sur le tr6ne dei fruits du meurtre et des exactions. Les Egyptiens en étaient là, et ils montrèrent encore plus d'une fois cette coupable indiflérencei
A la mort d'Evergète 11,^ en 117, son fils aine, Soter II, fut proclamé, malgré l'oppaaition delà reine-mère; celle-ci parvintà soulever la populace contre Soter, qui se retira à Chypre, laissant Sélène^ sa femme, que Gléopfttre donna en mariage à Antiochus Epiphane. Gléopfttre fit couronner son fils Alexandre; mais son ambition n'étant point aidée par Alexandre, elle trama sa mort; Alexandre la prévint en la faisant assassiner . il périt bientôt lui-môme dans une bataille.
Les Egyptiens rappelèrent Soter 11 au trône. '
Soter 11 ne laissant qu'un enfant l^itime, Bérénice, elle lui succéda. Le fils du dernier Alexandre soutint, les armes ft la naain, ses prétentions au trône ; il s'allia au roi de Vont, Mithridate^ puis au dictateur lomain Sylla; oelui*cile prit sous sa tutelle et voulut l'élever au trône d'Kgypie : ft cal eflél il le fit
tGTPTIElfS 481
diriger en Egypte avec un cortège royal. Alexandre» pour pré* venir les dissensions, épousa Bérénice, et fut ainsi associé i la puissance souveraine. Dix-neuf jours après, voulant, régner sans partage, il fit assassiner sa femme, et désormais régna seul. Hais les Alexandrins, indignés de ces désordres et de ces crimes, se soulevèrent bientôt contre lui, et, malgré ses efforts pour se rendre agréable par la célébration de fêtes religieuses, et par d'autres moyens, il fut chassé. Réfugié à Tyr, il crut ne pouvoir mieux faire que de léguer son royaume au peuple romain. •
Rome refusa ce legs, et laissa monter sur le trône Ptolémée Denys, summimé Àuleiès, à cause de ses succès dans l'art de jouer de la flûte, et Nothus à cause de sa naissance illégitime.
S*étant livré à de nombreuses exactions, Denys irrita et souleva le peuple. Il pria Pompée de venir à son secours, mais Pompée refusa. Il s'adressa à Jules-César, consul à cette époque, et obtint le titre d'allié du peuple romain. Chassé enfin par ses sujets, il quitta l'Egy pto et alla so réfugier à Rome pour y solliciter des secours.
Les Alexandrins appelèrent au trône ses deux filles, Cléopfttre ou Tryphène, et Bérénice. Elles régnèrent ensemble une année; Trypbène étant morte, Bérénice r^na seule deux années. Les Alexandrins appelèrent de la Syrie un certain Cybiosactès, qui prétendait descendre de leurs rois. II fut associé comme roi i Bérénice, qui, irritée de son avarice extrême, le fit assassiner et épousa Archélaûs.
Cet Archélaûs périt bientôt dans une guerre contre Marc- Antoine, qui ramenait Denys. Grâce i la protection armée de Rome, Denys remonta sur le trône en 55 avant Jésus-Christ.
Il est fâcheux pour la mémoire de Cicéron que l'histoire doive lui reprocher d'avoir soutenu les prétentions d'un pareil monstre. L'extension du protectorat romain n'était pas un prét^te suffisant. II est vrai de dire, pour sa justification, que le livre des Sibylles, constilté, déclarait : c Si un roi d*Egypte, dans le malheur, vient un jour vous demander des secours, ne I SI
m ItS aYlLISATlOMS PUXITITES.
. lui refiiiat pas mAm allianoe , mais ne lui aeoorda point ds soldats. % Cette parole équivoque jperœeitait une in'terprétaUoa fiforable à' rambitiôn de Rome'; et Cioéron fit un disooun dans oe sens en faveur de Denys. Le sénat décréta le réublissementda oeroi, qui s'en montra indigne et, pour premier acte <t*autonlé, fit assassiner Bérénice et ses partisans.
Il mourut laissant quatre .enfants dont Cléopftlret l'ai- Bée de tous. Il avait désigné pour lui succéder les premiefs nés de ses deux fils et de ses doux filles» le tout sous le protectorat de Rome.
CléopAtre monta sur le trône avec Ptolémée ion frère. Comme il était très-ji*ùne» elle prit le titre de reine et régna seule; ctr les diOerends qui s'élevèrent entre les fils de Denys forrèreat les Romains d'intervenir, sous prétexte de les régler. Grâce i Jbles-César, qui atait de secrètes préférences pour GléopiUef celle-ci fut définitivement déclarée reine d'Egypte. On lui associa t^olémée le jeune, qu'elle épousa, bien qu'il n'eût que onze ans.
Cléopatre, après ce mariage, mit au monde un fils qu'on nomma Gésahon , nom qui révélait son origine* César associa Géopâtre au éûtte de la Divinité; et lorsqu'elle eut assisté i Ées quatre triomphée à Rome, avec son jeune mari, César éonsacra un temple à Vénus-Génératrice et fit placer une slslue de Oléopfttre i côté de celle de la déete On frappa des monnaies I soti image et k son uom.
Enfin, le jeune prince étant mort victime de son ambition, elle régna sans partage.
Fendant la guerre civile que suscita la mort de Jules-César, Cléopfttre , pour s'assurer des alliés dans les difiérents chefs dé partis, s'en fit autant d'amants ; et gr&ce à ses charmes, elle vit à ses pieds, tour & tour, le fils de Poiupée, iules*César et Antoine. Lors de la défaite de ce dernier, à Actium,'élle chercha à séduire égalenment Octave» le vainqueur, et liii envoya Mcrétement des présents. Haik Octave iiè 6e laissa point prendre à ses artifices^ et conçut tnéine lè projet de Tatucber
ti;YtTisiij|t 4^
ioicide.
ÀTec Gléopfttre finit l'^npire im Lagîd». Sm fiU ^Uiranl figiio0r darrlère le ei^r d^ lriai^l|e^ d'Octave» et furent eneatia llffs à mort. VKgyptedeYîot MM profiiM» romaîDe dont Gov^ n^îMe-Ç^lluff fu^ le pi^emîer pi^et .
Ihigré k$ louablee efforts teotèi p^r les soeoesseans d!V Ifixai^dre pour faîre oublier aw Çgf ptiaos une domiutiM ^ f/lnpB^f en respectait leurs ooutumesi leur religloui en âle^*. nnl môme de non?eaux (kliAces dans le style inAltîonnel* l'A- 0pl6 déchut n^pidenieiu de son ancienne splendeuf, ei oeU» déchéance se révèle encore dans riroperCaction des mom^ mentt qui datent de cette époque.
§ S. LES CXA8SBS.
fiti qne le gonveroement des rois tat sobslilQé i celai det piètres» là division du peuple en classes s'opéra gradurilement* On en compte quatre principales, qui se subdivisaient en^ plusieurs attributions: 1^ les prêtres; 9* les- militaiies» lei rois; Sa les agriculteurs; 4^ les commerçants.
Les iiergers, tout en formant une classe à part, devaient étitsi no siervice des agriculteurs. Les interprètes, qui furent cMf dans là suite, pouvaient appartenir soit à la dasse sacerdotale») pour répondre aux visîteurs étrangers, soit à la classe des. commerçants, pour communiquer avec les néfodints du ^df* bors. Les marins étaient, selon toute profaahîlilé«4dè<ln disse des {[uerriers. / ^ ï
Le surplus de la population fut esclave. Ces esdavet pfoiés*
4o4 LES OVIUSATIOHS PUMITITIS.
Bâienl de caplores faites ft la gnerre; en les tainail se molli* plier indéfiniment , afin d'employer leurs bras aux plus rodei travaux de culture et de eonsiruction.
La elaase des prêtres » en figypte » répond à celle deslnhmânes dans l'Inde ; même rôle et mêmes attributions. De tout temps leur influence et leur concours dans le gouverneaement tempéra le despotisme des rois. Les plus nobles ^6D^ HoM leur étaient dévolues : celles d'administrateur des choses aacréesi de renseignement religieux du peuple, de l'édacaiion des princi*s, de la magistrature, de l'édification et de l'ornemeutdes.templeSt de la levée des impôts, etc.; enfin, ib exercèrent la médecine, la magie et l'astrologie.
Toute la classe sacerdotale étant constituée sur la possession territoriale, formait une sorte de fanJlle possédant un héritage traniroisrible à ses différents membres, de génération en génération, et libre d'inipftts.
Les fils des principaux titulaires de c^ ordre vivaient avec les enfants du monarque, et remplissaient à la cour les plus hauts emplois; on avait recours aux prêtres en toutes ciroon* stances, comme intermédiaires entre les dieux et les hommeii entre les rois et les citoyens.
Cette grande corporation ae subdivisait en classes diflérentes, suivant les attributions (i). Ainsi, parmi les sacrifinteim, les uns étaient chargés d'examiner la pureté des vidimes (2); les autres, d'imprimer sur elles un sceau religieux (S) et d'invoquer la Divinité.
Diodore (4) parle de lecteurs des livres sacrés attachés à Is personne des rois. Il y avait à Sais un interprète chargé d'eipliquer les caractères sacrés aux persoimes qui obtenaient cette eommunication. Hérodote eut ce privilège.
(t) Clém. d'Alexaadrie. Strom., n.
(l)Hèrod. Il, StS-3S.
(I) Platarque, liU «1 OtirU.
tcYmmê. 4SK
Des prêtres inférîaars devaient yeiller à rarranfemem di»s temples, les décorer, les tenir propres; c^étalt la pariée serfîle de la corporation.
La prépondérance était en raison du rang qu'on occupait : ainsi, le suffrage d'un prêtre prophète équivalait à celui de cinq eamatêi (intendants des repas sacrés), et le suflrige d'un eomou râlait ceux de deux %acorei. Cléinent d'Alexandrie (1) fait entendre que les prêtres de second rang ne participaient pas à toutes les connaissances, à tous les mystères, ceux-d^étant exdusivement réservés aux prêtres de premier ordre*
Une des fonctions les plus honorées était la garde des ani« maux sacrés, i l'entretien desquels plusieurs domaines éuieni illectés(l).
La perte d'un animal sacré équivalait à celle d'un parent; on le pleurait en se frappant la poitrine, on l'embaumail des parfums les plus odorants, et on l'enveloppait de bandelettes comme les corps humains.
La splendfiur des temples et la pompe des cérémonies religieuses prouvent que les prêtres possédaient de grandes richesses qu'ils tiraient non-seulement du produit des terres, mais aussi des droits perçus en faveur des temples sur les cho* •es, sur les personnes, sur les tonabeaux. Les rois, de leur côté, faisaient de splendides offrandes en retour des louanges et des vœux que le sacerdoce leur prodiguait.
Cependant « plusieurs inscriptions sur papyrus autorisent à penser que les temples payaient au fisc une contribution an* Quelle en denrée et en argent. Il s'agit sans doute de l'époque où l'Egypte fut sous la domination étrangère.
Il y avait plusieurs collèges de prêtres; ceux de Thèbes, de Memphis, d'Héliopolis et de Sais furent les plus célèbres. Ces collèges avaient sans doute un chef suprême qét hâ laHiait
(I) Strom., ▼. r. ' \ ^ V
(S) Hérod., ii, S 65, S9.-.Dio4., i, JêS.-* «ITaboè. ^ni.
48iî LES GIYIUSàTlOllS FEDUnVBft.
IMoéom pftrifi d'aa gfAnd ;poiitire(t). Héiodola êà : «Ghaiiii deftdîeui n'a (Ms un leul praire» mais pimûeun; Tan de cmiré eit grand-prêtre (3). » Il dit encore que chacun de ces prMrei particulière «accédait à aon pdre. Lee luiCip à rUnilalion des Egyptiens, placèrent aussi le pontiSeat dans «ne seiile iamîiie» celle de la iribu de Lèvi.
Des règles de conduite pmée ooaœmaienii i^rticaiitaraMni les prêtres. Tous les trois jours ils se rasaient le eorps<a^ ils se lavaient plusieurs fois dans la journée» à des beoies mat" quées, et se piéparaîent aux actes religieux par rabatinenoeel la chasteté. Porphyre dit qu'ils s'abstenaient surtoiu de vfei, son usage étant pour eux un obstacle à la conteaMatisiS ei une excitation à la volupté (4).
La dftoncisidn leur était imposée» comme i tous Jet Egyptiens; die précédail même, dit^m^ Tinitiation des ^Inmjsrs ans mystères sacrés. On dil que Pythagore (ut oblisi de la au» bir avant de pouvoir entrer dans les temples et s'eatsalenir avecdes prêtres (5). Cette tradition est peu fondée.
Les femmes n'étaient pas complètement étnMi0inS| an service des temples» mais elles n'y remplirent que dos fonctioDS accessoires.
11 y a des monuments pureiwet égyptiens qui constatent des titres religieux auribués aux femmes. One stèio du Musée du Louvre porte le titre suprême donné à la sœur ou fille de Thoutbmosis III (dix-huitième dynastie), Houihétis; elle y est qualifiée de prêtresse des déesses Mouthis ptBathor» On h représente faisant ses adorations à Monthis.
Il (allait bien, sans doute, que les. fiUes des prêtres eulseat une part aux privilèges de leur caste, afin d'être' dignes d'à-
(l)XLl,S45-70.
(3)H4rod..^,S<7.
W Porfkftt, Fié (k Puth9§?
ÉGTrriEiis. >i87
Toir d^ Pféiw pour père, ppn^ éfo^^ (^ ppur ^s. I«e fit^e de Benrante d'AjntiQn-Ra, qu'oq trouve f^ans plusieuni ipspnp;* lions, atteste que les femmes ne forent pas exclues du service religieux. . , . / .
L*impor^nce et la multiplicité des cérémonies religieuses ne casèrent de donnef aux prêtres une grande influence^ les okh nameqis npus représentent des hommes inclinés devant les prQ^ cpt^,9 devant les divinités.
Sie tefnps immémorial, le roi, ayant de monjler sur le trône, derai^^ê^, proclamé dans une assemblée générale de préjlres^ son aulorilé, ainsi consaoré^, eo^proptait un coçhet divip qui. la fM^dait lespectable au peuple. II était donc de son plos gi;fn<d( intérêt d^e gagner le dévouenient d'une caste qui le fair sait honorer de son vivant, et adorer i Tégal des dieux après sa mort.
Lf'organisation.des prêtres dépendit des. différents nômes ûb inÊ^pté» suivant )es |)esoins,de la localité; et partant, ils fur rent de riçbes prppnétaires territoriaux, non comme individu^ mais 4^mine corporations, car les revenus appartenaiei^t aux temples» Hérodote rapporte qu'on payait, sur ces revenus, les vivres nécessaires aux familles sacerdotales de chaque temple i; c On leur prépare tous les jours^ dit-il, le nombre de mets, de viandes qu*ii leur est permis d^ manger^ et op y joint dp vin : en sorte qu'ils n'ont besoin de rien prendre sur leur fortune privée pour subvenir à leur eotr^tîeii.» ...
Halgré son importance, la cast^ saœirdoUile de l'Egypte n!a point laissé, comme celle des brahmanes, des traditions et des documents qui nous instruisent d'pne manièfe complàêe.suf leur existence publique ei privée. A.u co)|uireg celle des guer-. riers, grâce aux événements politiques, a laissé de nombreuses traces dans l'histoire. . ,
Le pouvoir des guerriers en Egypte, basé si(i^ru,Uli^ df ilepr concours, balança toujours celui des l^rÇi^res i^/^i|vei^u)^ quelquefois celui des souverains, leurs chefs naturels. Gomme les prêtres, ils tenaient au sol par la propriété.
SéiottriBy avtnl son déptrt pour deBjoMqoêlei bintoinai f oalant s'assurer de leur déYOuefuent, leur accorda des domaines considérables pour leur retour, et, de plus, le partage du butin pris sur les vaincus (1).
En vertu de Thérédiié des fondions» le guerrier ne pouvait se livrer à d'autres travaux que ceux de la guerre (i). C'était un danger en temps de paix : ces milliers d'homm«s inoccupés, ne cherchant que Toccasion d'exercer leurs forces, d'éprouver leur audace, se mirent souvent au service d'un chef ambitieux, profitant de la faiblesse de la minorité et de la mort d'un roi pour s*emparer du trOne, et fonder une nou« velle dynastie. L'histoire d'Egypte en donne plus d'un exemple-
Josèphe (3) parle des garnisons nombreuses éublies dans des villes fortifiées, des revues annuelles, des exercices qu'on faisait faire aux troupes, de la discipline qui leur était imposée .
L'épuisement des troupes aprdsides guerres prolongées, força |es rois dé recourir à des recrues d^étrangers ; c*est ce que commença à faire Psammétichusl, quand une malheureuse nécessité le poussa à lever des troupes mercenaires en Asie. Cette introduction d'éléments étrangers dans l'armée égyptienne démoralisa la caste guerrièreetla rendit impuissante contre les invasions.
Hais ce fut toujours de cette caste que sortirent les rois.
L'armée était dans une complète dépendance du roi qui la convoquait ou la licenciait 1 sa volonté (4).
La garde des Pharaons se composait de cent hermatylnet et de cent ca/onrtet. Les divers corps de l'armée fournissaient tour à tour cette garde et profitaient des avantages que rapportait ce service d'honneur. Ils recevaient' alors, outre leur part
(i) Diod., 1, S 6a4».
E^(t) Hérod , u, 165.
(S) Gontr. App., 1. 1, $ 14.
iGYTlEII8. 489
dans le produit de la dotation territoriale» cinq livres de pain, deux de viande et de mesures' de vin (1).
T41 caste militaire jouissait donc de certains avantages maté* riels qui favorisaient le mariage, et assuraient un contingent dé troupes assez considérable pour tenir le pays en bon ëtat de défense, sans avoir recours à des mercenaires étrangers.
Si Ton en croit Diodore, la royauté en Egypte fut primitif vement élective ; le peuple désignait pour le gouverner celui qui avait rendu les plus signalés services (3). Aucun autre historien ne confirme ce fait; mais il y a abondance de détails sur les attributions des rois.
Les rois, comme les prêtres, exerçaient la justice, comme le témoignent ces paroles d'Hérodote (3) : • Hycérinus jugea les dilérends de ses sujets' d'une manière plus équitable que tous les autres princes. » Et Diodore ajoute qu'il dépensait beaucoup d*aif rnt en rendant la justice, parce qu'il faisait des présents aux hommes de bien viaimes de mauvais jugements. Il jugeait donc en dernier ressort, en se conformant aux lois de PËtat (4).
Le pouvoir royal nVtait pomt complètement absolu, mais assez cependant pour balancer même celui des prêtres;'* quelques-uns allèrent jusqu'à le supplanter; ainsi Ghéoiiv'* ferma les temples, interdit les sacrifices; ce qui ne l'empêcha pas de régner cinquante ans Sous son successeur Géphren, les temples continuèrent d'être fermés (5).
Gambyse fit massacrer les prêtres et piller les temples. Hais ces abus delà force, quelque temps triomphante, prouvent seulement la pusillanimité de la caste sacerdotale à cette époque,
(i) Id«, I, S 4S. GhamopUion-Figeac, XgypU onHeime^ p. U7.
(I) n, S <î9. — Diod. I, ei. — Strabon, xvn.
(S)Hérod., 11, S«M-m.
490 us aTUiSATIORft peimititbs.
et Os «tliièreol d'ailleurs ttîr là mémoire de cas deux lois one léprobatioa que les monômenls ont éceroîsie.
■yoérinus, qui rouvrit les temples et rétablît les sacrîflœs, fut hoiipré jusque dans la personne de sa fille ; celle-ci éUnt morte, on enferma son corps dans une génisse de bois doré, qui orna une salle du palais de Saîset devint un objet de culte. Les ooocubines mdmes de ce roi furent honorées par des sis* taes(i).
Il j avait donc tout intérêt pour les rpis à reconnaître l'aur torité morale des prêtres ; elle ne mettait point obstide à leur pouvoir politique et leur laissait librement chanfer à leur gré les lois et l'administration générale de l'Eut, et disposer des propriétés autres que celles du sacerdoce et des temples.
Quand la fin d'une dynastie forçait les Egyptiens de raoou* rir à une élection, les guerriers et les prfttres se réunissaient et choisissaient un roi parmi les premiers, tout en Tobligeant à s'initier aux mystères religieux. Platon dit : c Un roi ne peut régner en Egypte, s'il n'a pas la connaissance des choses sacrées. Si un bommed'une autre classe vient par hasard à s'emparer de la couronne, il faut qu'il fasse confirmer son pouvoir par l'ordre sacerdotal. »
Les soldats exprimaient leur vote en élevant la main; les prêtres moins nombreux donnaient un suffrage qui équivalait à une certaine quantité de, mains levées proportionnellement au rang que le votant occupait dans la hiérarchie sacerdotale; il pouvait, suivant Synésius (S) , équivaloir à celui de. cent guerriers.
Mais le plus souvent la fin des dynasties éunt i'eUët d'une usurpation, le vainqueur s'imposait de lui-môme et les prêtres ne lui refusaiëiiVjàhia)b1à^c6iii6ciràtiô'n
(i) Id., n, S lSO-131.
(f ) De la Provid.
ÉGTrrmift. . 491
L'inalallaflioii des rois se fil longtemps dans le temple de Mempbis, en présence das Dieux.
Les rois pouvaient déléguer Tekercice de leur autorité en cas d'incapacité notoire* Any^is et Phéron étant derenus aveu* gles, ce fut un ministre qui gouverna à leur place et en leur nom.
B^aolkw avant de partir pour des ||iierres lointaines, désignèrent des suppléants temporaires. Sésostris nomma ain# sett frère régent pendant son absence, en lui rscomiMBdam de rast^ècter lai reine et les femmes de son gynécée;; noès rrom vtt-que ce frère manqua à sa promesse (i).
Les rois macédoniens ne respectèrent pis toujours la loi égyptienne sur la succession au trôoe; ils choisirent arbitrairement pour leur succéder celui de leurs enfants qui leur paraissait le plus capable de gouverner. G*est ainsi que Plolémée Soter désigna son plus jeune fils Ptolémèç Pbiladelpb^ Un autre Plolémée laissa Tempire i sa femme, pour gouverner avec an de leurs fils qu'elle cbonirait (1). Ils ateocfèretit aussi quelquefois leui'seitfaàts à la couronné. Pttilémée Bvergète partagea pendant quelques annétii lé pouvoir avëé mili^ delpbeson père(3).
Quant à la succession des femmes, elle s'accordait pëù dv^ la loi qui exigeait l'initiation préalable dés nbuVeatit rOU aux mystères sacrés dont las femmeè' étaient eiclùéS: Ce n*éM ddnc qu'à' la suite de circonstances extraordinaires et à défaut d'hè» ritlevs directs que les femmes pnt pu monter stfr le trOné;
Les femmes représentées sur le tombeau d'Osymaiidîiidl étaient des mères, des filles, des époù^'dé rdis et non des reines. Diodore suppose cependant qu'apMs'Ierèghedeé dieux, il y eut quatre cent dix rois el ciUq teiùét: B6)k>âote' n'eôf
(1) iesèphe, eontr. Âppion, i, 16.
(S) JosUn, XXXIX, S 3.
(3) Id., xn. S S i xxxiil S 4er5l
40i LES aVILISÀTIOMS PEmiriYES.
compte qu'une sur trois cent trente rois ; ce fut Nitocris (1), qui succéda à son frère mort sans enfant. Encore, ce nom qu*on rencontre déjà dans Thistoire de Babjlone, est-il quelque peu légendaire. Néanmoins, les listes de Manéthon mentiennent huit noms de reinei.
La principale occupation des rois était la guerre, et beatt« coup d'inscriptions conârment cette importante attributîoD. Dans un Ubleau représenunt rintftfitfttm royale, Amon-Ra, assisté de Moutb» la grande mère divine, remet au roi Rhamsès la faux 4ê kauMU, et lui rend en même temps les emblèmes de la direction et de la modération, le fouet et le paium (éventail), en lui disant :
« Voici ce que dit Amon-Rat qui réside dans le Rbamesséioe : reçoit la fkax de bataille poar conteoir les nations étrangère! et trancher la tète des impurs ; prends le fooet et le perfum pour diriger la terre de Kémé(l*Bgypte). » (S)
En qualité de chef suprême deTarmée, le roi déléguait à son fils, à des princes de sa race et aux fils des familles les plus marquantes le commandement des diflërents corps de troupei. Les rois guerriers commandaient eux-mêmes les grandes expéditions et prônaient une part active à toutes les fatiguesde la guerre. Hontes sur un cbar, escortés par leurs (gardes et par les principaux officiers, armés de pied en cap, ils lançaient dei flèches contre Tennemi ou le frappaient à coups de hache. Quelquefois un lion apprivoisé les suivait ou précédait leur char (3).
Sous le règne d*Horus, de la dix-huitième dynastie, ont été exécutées des sculptures et des inscriptions relatives aux auributions guerrières du roi, qui existent encore. Le Pharaon Horus y est représenté debout, la hache d*arraes sur Tépaule
(l)Hérod,n, iOO.
(t) ChampolliOD, Uitru d'Egypte, p. <7S.
(3) ChampollioQ Figeac, EgffpU ancienne, p. ta.
tGVl^TIBllS. 495
reœTant d'AmoD-Ra, remblême de la vie di?ine et le don de subjuguer le nord et de vaincre le midi. Au-dessous, lesÉthio* piens, les uns renversés, les autres levant leurs mains suppliantes devant un chef égyptien qui leur reproche, dans la légende, de n'avoir pas écouté ces paroles: «Voict que le lion s'approche de la terre d'Ethiopie. » Ce lion était Horus, qui fit la conquête de l'Ethiopie. On le voit porté triomphalement, par des chefs militaires, sur un riche palanquin ; des serviteurs préparent le chemin qu'il doit parcourir. A sa suite viennent des guerriers conduisant des chefs captifs ; d'autres soldais, le bouclier sur l'épaule, marchent précédés d'une trompette. Un groupe d'Egyptiens , prêtres et autres fonctionnaires , reçoit le roi et lui rend des hommages.
Quelquefois les représentations des triomphes royaui sont eaprtmées emblémaliquemeni. Ainsi , dans le vaste édifice de Hédinet^Habou, à la fois temple et palais, on trouve^d^ bas« reliefs qui se rapportent aux conquêtes de Rhamsès*lleiamoun. Le dieu Amon-Ra présente au vainqueur la karpé divine en disant : c Prends celle arme, mon fils chéri , et frappe les chefs des contrées étrangères. » On y voit des chefs étrangers agenouillés, les bras attachés derrière le dos par des liens terminés en une houppe de papyrus ou en fleur de lotus, indiquant si la personnage est de l'Asie ou de l'Afrique. Dans un autre endroit, le dieu Amon-Ra adresse à Meîamoun ce discours:
€ AmoD-Ra a dit : Mon fils, mon germe chéri, maître du monde, soleil, gardien de justice, toute force t'apparUent sur la terre entière; les nations du septentrion et du midi sont abattues soos tss pieds. Je te livre let chelii des contrées méridionales ; condais-les en captivité, et leurs enfants à leor suite ; dispose de tous les biens existant, dans leur pays : laisse respirer ceax d'entre eux qui voudront se ionmettre et punis ceux dont le cœur est contre toi... •
Celte inscription ne manque pas d'une certaine portée morale; die montre ce que les Egyptiens entendaient par les droiU de conquête. La victoire, à lèves yeoxi joaiifiaijt risjos*
4i4 LKft QVlUtUflQtl» I^RIMiTlVSS.
lice et la cniaulé; le vaioeii, comme Tetclete» M mériteil an* cmiiiitéfêu
Dins un attM tableau, les priaeei el les eheb de l'améf égyptienne oondiûsent au roi tifCtoriaux quatre ookinnee de pri8onmei|i; des seriben oomptent et enregistrent le nombre des mains droites et des pftoJ/fa enlevée aux vaincoa. L'io» scripiion porte: ■ Caodnîiedes prisoniUem en présenœ dn roi* Geox«d sont au nombre de mille: mains coupées, imîa miilei phallus, trois mille.» La pharaon est assis sur son char, el adresse une allocution à ses guerriers en le prodiguant i lulméroe de grands éloges : •
« Livrec-voas à la jole« dit-il, les étrangers sont renversés psr ms force; la terreur de mon nom est renoe ; leurs cœurs en ont éli rsmplis; }e me suis présenté devant eu comme un Kon, Je les ai pearsilvis, semblsble à un épêrvier, J*al aaésnti leurs ftiMseriaé* nellek, JM^ frsnebi leurs fleqves, J*ai «neendié leurs festeiessis, Je sels pour l*ftgjfptece qu'a été le ^km Maaâsn : J'ai vaincu ke hirt bares. AB<mriai m<m père, a bMPitié.la laoadp eMlw 9fm »« pieds, et Je m^pA à l^vdoum, ji <é)
Un autre tableau le représente rentrant en triomphe 1 Thè> bes, traînant trois colonnes de prisobniers devant le temple d*Amon*Ra et de la déesse Moutb. Il harangue ceedirinilés et en reçoit des fiSrIlcitations.
Dans le sixième tableau , le pharaon harangue ses fils et les chefs de l'armée,^ et d^t en terminant:
€ Araon-Ba était à ma difoite comme à ma gaeche; sen espiita iiuipir4 mes résolutions. ÂsMo-Ea loi même, préparant la perle éi m^ ennemiei a placé le monde entier dans mes maihSi »
Ain^i, lo roi attribue à la diviiMté le suec^ de SfS af|tt€f . C'est elle qui inspire sa pensée eji CQndjuiii sop bm*
Dans toutes les représentations de combats, le roi est a^ compagne du vautour qui plane sur sa tèCe, et dont la vol eH
(t)âiaiiipol!ten, lettres fltgjpte, p. 94f .
«GYMlIClft. ;^
dirifô ym ]fjs mnf^isf il tieni ,<|aQS sep ifir^ai l'pip^Ji^fn© ^ la yictoire.
Pour exciter ses soldais ^ (Qo^l^ttre, te roj l^ur dijt : t Pxjipare^-fous, F^j^fes vos cçeu^i, 6 met fantmifivis, f^ mes csTaiiers ! »
Après la victoire, Séj^tris apppnce à 6<y troupfBS qu'il vient de serrer la main dn chef ennemi, et que le m^issacr^ doit
Les rois étaient entouré^ d'un grand nombre d'ofificfora dpmesU^nies. I^ Genèse parle du paneljeTf de Téob^in^pp, (kf intendants de troupeaui^i d'un grapd magjcien. C'était l'époque des rois pasteurs; les troMp^ux fprmaient leurs piqs grandes richesses, ^ussi leur entourage dçvait-il différ^'l)eaifiooup de celui ()es rois égyptiens.
Diodpre rapporte que ceux-ci, en signe de fqfo^ pt df^ pvi^sanoe, portaient sur la tète la dépouille d'un liop, d'ifn i}jEt« |on, d'un taureau (1); Us avaiepf aussit pour emblème de leur puissance, le crocodile et le serpent, ûfite tn^dition ^i confirmée par les monuments.
Enfin, le caractère sacré ejL ipyipl9)>le des nfi^ fe réirèle 4ans les titres et appellations dont on les honorait.
Sur les obél^ues dressés en leur mémoire on lisait: ^t d^ roiê, maUredu mimiez ênftuU du wleil, Mmi ie$ dit^x, e|ç. Leun noms éuient pris à témoin comme celui des dieux, çA l^jf^rs images placées à côté des images divines (S). On dit même ()uç leurs statues servaient de refuge aux coupable pour se dérober aux ipôursuitês de la justice.
biodore rapporte certaines règles de conduite imposées ao roi. Le matin » il dïevait prendre connaissance de ses correspondances, ensuite se baigner, puis aller en grande pompe offrir un sacrifice au temple et recevoir les vœux des prêtres. On lui rappelait ses devoirs, on lif^ lisajl If^f s^nfs liyrjj|^
i«| Diod., 1, S 47. , . . ..
490 us aviLiSÀtiMt ^EiMirim.
L*heure ei les déulb de set repas étaient même détenninés; 0 ne pouvait se nourrir que de la chair de veau et de canard, tt ne boire qu*une certaine mesure de vin.
Diodore fait sans doute allusion aux babitudêe de quéiqoQi» uns des plus anciens rois (1). Hais de là à des règles obligiloires, il y a loin. L'histoire prouverait plutôt qu'aucune |tee légale ne leur était imposée.
Ce qu'on peut affirmer» c'est que le roi vivait familièremeat avec sa femme et ses enfants dans Tintérieur de son palais, dfnait avec eux, ou seul» et était sem par ms concubines.
Entre autres jeux auxquels il se livrait, il faut mentionner le jeu d'échecs, qui se trouve représenté sur de trës-andens mo* Huments. Les reines y jouaient aussi. Des animaux domestiques, et même des nains, servaient aussi de distraction, comme le constatent des peintures qui remontent à plus de quiov cents ans avant notre ère.
L'amour et la vénération des Egyptiens pour le roi se manifestaient dans les honneurs posthumes qui lui étaient accordés.
A sa mort, tout le monde prenait le deuil ; les temples étaienl fermés, et les cérémonies reli^peuses interrompues pendant soixante*douzé jours. Des personnes des deux sexes, la \èbt couverte de cendres, une corde pour ceinture, et préparées pir l'abstention de viandes , de raisin, de froment oi de vin , faisaient des prières. T41 momie royale, soigneusement enveloppée et embaumée, était placée dans son cercueil, puis exposée publiquement à l'entrée du tombeau. Là chacun pouvait venir contempler le défunt et parler de lui en toute liberté.
Avant de le déposer dans le tombeau, le prêtre faisait son éloge, rappelait ses services; et si les assistanU se prononçaient favorablement, le tribunal de quarante-deux jurés or* donnait les funérailles. Dans le cas contraire, îl en éuit prifé. On a cru en trouver la preuve sur des monumenU que plu-
sieurs rois avaient fait élever de leur vivant, et où leurs noms sent martelés.
Cette privation de sépulture ne consistait point dans Taban don du corps, mais dans Teffacemenl du nom sur le sarcophage qui le renfermait.
Cet usage subsista sous la domination des Grecs et des Romains. Ainsi, le nom de Caracalla fut efhcé dans toute la Tbébaide. Celui de Géta a été trouvé martelé sur les monuments qui lui avaient été élevés de son vivant C'est une preuve de plus que les anciennes coutumes de TEgypte se maintinrent à toutes les époques et sous toutes les dominations.
Les classes inférieures avaient pour attributions ragriculture, l'industrie, le commerce. La coutume et les lois leur faisaient un devoir de ne point sortir de ces attributions, et leur défendait d'empiéter jamais sur celles du prêtre ou du guerrier. Cependant cette défense ne fut jamais aussi rigoureuse ni aussi absolue que chez Ips Indiens. Il y avait même deux circonstances politiques où le peuple intervenait : Sélection el la mort du roi. Le droit d'élection ne s'exerçait qu'à l'occasion des changements de dynastie; le peuple venait alors acclamer un nouveau roi déjà reconnu par les guerriers et les prêtres. Mais, en général , les usurpateurs se passèrent de son concours. Quant à l'intervention des classes inférieures à la mort d'un roi y c'est un fait très-authentique et attesté par plusieurs historiens. Il en a été question plus haut au sujet des funérailles de rois.
Tant que TEgypte vécut en paix, à la f.iveur de la succession régulière de ses dynasties, la classe populaire put jouir d'un sort tranquille et d*une certaine aisance. Il y eut cependant deux catégories d'individus très-méprisés en Egypte: colle des pasteurs nomades, et celle des porchers. Les uns représentaient les Syriens ou Arabes, qui faisaient souvent des excursions sur leur territoire pour y exercer le pillage; on regardait les autres comme impurs* à cause de l'animal qu'ils élevaient ou 1 Si
498 LES CIVIUSÀTIONS PRIMlllVES.
employaient à divers usages. On évitaîi toute alliance avec eux, et Tacoès des temples leur était interdit.
Les monuments représentent des familles nombreuses d'arlisans. On voit des femmes portant d*amples vêlements ea lia ou en colon * à larges manches, la chevelure bien soignée, h tète, les oreilles et les mains ornées de bandeaux, de boades et d*ornement8.
Les enfants restaient nus jusque vers Tâge de huit ans. Une ▼ie active et des exercices fréquents entretenaient la viguear dti corps et Tagilité des membres.
Hérodote dit qu'après les Lybiens, les Egyptiens étaient ie peuple le plus robuste. Les momies d^hommes et de femmes qui ont été ouvertes de nos jours corroborent ce témoignage.
Sur un des tombeauf deGoumah se trouve le tableau d*an intérieur de maison. Une mère de famille rentre chez elle avec trois flilet d'&ge différent, suivie d'un vieux serviteur et d'une Bermnte. Trois jeunes femmes viennent au-devant d'elles dans la seconde pièce, et lui présentent des fruits et des vases, tandis que des fleurs et des jouets sont donnés par la servante à deux petits enfants (1).
Dans toutes les peintures, on reconnaît le chef de famille i une longue canne qu'il tient à la main : le bâton figurait, en Egypte, eomme emblème de l'autorité. On en a trouvé, dans tes tombeaux, portant des inscriptions où sont des nom^ propres et des dates.
Plusieurs scènes civiles permettent de croire que ce chef de famille jouissait d'une grande autorité et pouvait exercer sur ses serviteurs le droit de justice. Quelques serviteurs soûl en eiïet représentés à genoux, recevant les uns des remontrances, les autres la bastonnade.
Les plaisirs de cette classe étaient la chasse, la pèche, la musique et la danse. Plusieurs scènes qui s'y rapportent sont figurées sur les monuments les plus anciens. On y voit des
(i) Egypte ancienne, p. i73-174.
ÉGYPTIENS. 4i)0
chasses aux oiseaux ( t aux quadrupèdes, et des chiens dressés à les poursuivre; puis des scènes joyeuses : des musiciennes jouant de la harpe* de la lyre, du théorbe et de la double flûte, et des danseuses couronnées de fleurs et de guirlandes qui exécutent des danses au son d*un tambour de basque ; d'autres s'exercent au jeu de balle et à des tours de force et d*agilité. On Yoit aussi des hommes accroupis devant des tables, jouant à «ne sorte de jeu d'échecs.
Hérodote fait des travaux agricoles une description confirmée par les monuments. Lorsque le Nil était rentré dans sou lit, chacun venait jeter les semences dans ses terres, et y lâchait des animaux, surtout des porcs. La semence était ainsi retournée et enterrée parce piétinement; puis, on attendait lamoissou, L.es riverains du Nil n'étaient assujétis à aucun des travaux des autres cultivateurs; la fleuve se répandant de luimême dans les champs, se retirait après les avoir arrosés.
La ressemblance des costumes entre les difl'érents personnages qui travaillaient aux champs fait penser qu'il n'existait entre eux aucune distinction sociale.
L'agriculture parait avoir été très-honorée en Egypte. Les auteurs grecs rapportent que, dans certaines cérémonies, les rois dirigeaient la charrue deleursmains, ouvraient eux-mêmes le premier sillon de la nouvelle année. Nous avons ^ ^^ualé une pareille coutume chez les Chinois primitifs.
Dans le paradis égyptien, les âmes pures sont représentées faisant des libations, ou bien des offrandes de grains. Elles tiennent une faucille et moissonnent les champs qui sont leur |>artage. Le dieu Soleil leur dit : t Pienez vos faucilles, moissonnez la récolte; emportez-la dans vos demeures, jouissez en, et la présentez aux dieux en ofl'ranJe pure. > La religion consacrait ainsi la sainteté du travail agricole. Les grands digni« taires se joignaient au peuple pour offrir aux dieux les fruits et les autres productions Je l'industrie et du commerce.
50U 1.F.S CITILISATIOKS PRIMITIVES.