I.Ç8 deux mains seront coupées pour les crimes suivants
ÉGYPTIINS. 5()9
Falsifier ou altérer la monnaie.
Se servir de faax poids et fousses mesures.
Contrefaire une signature ou an sceau.
Supposer dé faux actes.
Falsifier des actes réels.
Tout Egyptien qui révélera aux ennemis les secrets de TBtat, aura la langue arrachée.
Une peine infamante sera subie par celui qui dans un comliat aura abandonné son poste.
L'infamie sera pareillement encourue par le soldat qui aura refusé d'obéir aux ordres de ses chefs.
La tache imprimée par la condamnation sur le coupable d'un de ces deux délits, sera effacée sMl se distingue dans la suite par une action courageuse ou par un service rendu à l'état.
Crimei religieux.
Quiconque tuera même involontairement un animai sacré, sera puni par une amende.
Quiconque aura commis un parjure en attestant les dieux sera puni de mort.
Quiconque révélera le lieu où l'on aura enseveli Apis, sera puni de mort.
Quiconque immolera un bœuf qui ne serait pas marqué du sceau des victimes, sera puni de mort.
M. de Pastoret ajoute que ce court essai doit suffire, et qu'il serait facile de rédiger ainsi toutes les autres parties de la législation égyptienne. En le faisant lui-même, il eût rendu un grand service à l'étude comparative des législations anciennes. Mais il eût été bientôt contraint de s'arrêter devant la difficulté d'exécution, par suite de l'insuffisance des documents sur ce sujet.
510 us CIVILISATIONS PRIMITIVES.
§ 4. LES FEMMES. — LE MARUGB.— LA MOSTITimON.
Les biitorieiis sont ftn dlicwnt sar It oondlilon des fimmtes en Esypie. Les uns parlent de lear suprématie dans le oé* nage (I) ; d'autres parlent de leur infériorité. On peut dire txiotefois que leur sort j fut plus heureux, moins subordonné que chez les autres peuples. Mais il a dû varier suivant les fonctions et les privilèges réservés à chacune des classes. Abis!. des peintures égyptiennes représentent des hommes qui font la cuisine et traient les vaches (S); mais d'autres montrent des femmes remplissant les mêmes fonctions (3).
Hutarque dte uu k» piélendiie en verts dela^iieUe il était défendu aux Egyptiennes de porter des sandales, aln qu'eUei iTaGCOUf amassent à une vie sééentaére. Cette loi atrait élô contredite par les mœurs, puisqu'il est avéré qu'elles allaient sur les places publiques pour acheter ei vendre.
Dans VOEdipe à Colonne de Sophocle, on lit . c En Egypte, les hommeSy renfermés dans leurs maisons, s'occupent à faire de la toile, tandis que les femmes vont chercher au dehors ce qui est nécessaire à la nourriture. »
De ces divers rapports il faut conclure que, dans les classes inférieures, les personnes des deux sexes se livraient à peu près aux mêmes occupations.
Des peintures nous représentent les femmes s'exerçant de bonne heure à des tours de force et d'adresse, lançant des balles, jouant de divers instruments (4). Elles étaient donc éle-
(1) Dlod.. 1. 1,S 37.
(S)R08elllni, pl.S3, S6,S7.
(3)Id.,pl.66.
(4) Id., pi. 79, 97, 99.
ÉGYPTIHNS 611
vtos de manière à pouvoir prendre une pari active à la vie extérieure.
Dans la caste des prêtres et dans celle des guerriers, les femmes» sans partager les occupations de leurs époux , en partagèrent les honneurs» surtout dans la première, où la polygamie étak défendue.
Les Égyptiennes pouvaient sans doute acquérir et posséder; on en trouverait la preuve (si on devait Tadmettre) dans une loi assez étrangf*» rapportée par Hérodote» suivant laquelle les filles étaient obligées de nourrir leurs parents nécessiteux, tandis que les enfants mâles en étaient dispensés. 11 faudrait supposer qu'elles remplissaient des fonctions assez lucratives pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs parents; les mœurs et les coutumes égyptiennes démentent cette loi.
Le règne de quelques femnr^es en Egypte témoigne de la considération dont jouissait leur sexe. Manéthon et les monuments signalent Scémiophoris, de la douzième dynastie; NithocriSy qui succéda à son frère Amensé» de la dix-huitième dynastie; Asincherès, fille d'Horus» de la même dynastie.
Lorsqu'un roi laissait un fils en bas âge» et une fille en état de régner, celle-ci succédait, et à sa mort la couronne revenait à son frère.
La participation des femmes aux cérémonies religieuses, quoique secondaire» eut encore une certaine importance : dans la (rélébration, aux équinoxes et aux solstices» de la naissance» de la grossesse et de l'accouchement d'Isis» les femmes figuraient à côté des hommes; la reine assistait, auprès de son époux» à la consécration de celui-ci» et à d'autres cérémonies religieuses.
ChampoUion a remarqué sur un monument qui se rapporte à Séspstris, que la (emmc du prince éthiopien Satnouï se présenuit devant Sésoslris immédiatement après son mari etavant les autres fonctionnaires (!)•
(i) Lettres d'âgypte» p. i4«.
512 Les avnisATioiis PRiMirires
Suivant Diodore» trois monarques érigèrent des pyramîd» pour la sépuIture^ de leurs femmes (t). Sur le tombetu d'Osjmuidias éuit représentée une reine qui avait été fille , épouse el «aère de roi. Enfin, un grand nombre de peintures montrent les Égyptiennes livrées à des occupations assez semblables à celles des hommes» ce qui impliquerait une certaine parité de eondition.
Le mariage avait lieu dans toute la ligne paternelle» pour lei consanguins comme pour les utérins ; on s'autorisait de l'exemple d'Osiris épousant sa sœur Isis.
L'hérédité de profession diminua aussi l'obstacle naturel que la parenté mettait au mariage; chaque famille, au lieu de se mêler aux autres, tendait à se concentrer.
Cest peut-être aussi à cause de l'hérédité de profession que la femme apportait une dot, afin de donner au mari des moyens pour continuer l'état de son père.
Celai qui laissait une veuve sans enfant, s'il avait an père, pouvait la lui léguer dans le but d'en avoir. Les Hébreux adoptèrent cette coutume qui s'appela léviraticn.
La monogamie ne fut imposée qu'aux prêtres (8). Cependant les rois n'eurent qu'une seule épouse légitime à la fois; Sesostris en eut deux successivement. Tous les enfants mâles, même ceux d'une escinve, étaient légitimes; seulement on réservait des droits aux enfants de la première fe'vmi^, et par ordre de primogéniture.
Hérodote dit que les habitants de la partie marécageuse de rÉgypte ne pratiquaient pas la polygamie; cette exception tenait sans doute, non pas à une coutume locale, mais aux faibles moyens d'existence qui étaient à la disposition des habitants de cette contrée.
La répudiation a dû exister; mais l'histoire n'en signale
(l)Diod.,I,S37,S0.
ÉGYPTIENS. 51 o
point d'exemple avant celle d'Arsmoé, par Ptolémée Pbiiadelphe.
Si les Égyptiens avaient la réputation de tempérance, iU n'avaient pas celle de la continence. Sextus-Empiricos rapporte que la prostitution était honorée chez eux; que les femmes s'y livraient sans réserve, et que les jeunes filles y gagnaient leur doi (f). Hérodote, qui avait .visité ce pays à une époque bien antérieure, parle seulement d'un concours nombreux de femmes qui venaient à Naucratis trafiquer de leur beauté (9). Il raconte l'histoire de la courtisane fthodope, née en Thrace, qni s'établit à Naucratis et fit fortune au moyen de ce trafic ; on lui attribue même la construction d'une pyramide. Une autre courtisane, Archidioe, fut aussi fort recherchée pour ses charmes (8). Athénée (4) dte encore Dorica, à qui Sapho reprochait d'avoir séduit et miné son frère.
Ces faits témoignent de la corruption des mœurs égyptiennes, suite des excursions lointaines des pharaons et des invasions étrangères. L'exemple des Assyriens, et su. tout l'Influence des Grecs, y aidèrent beaucoup.
Du temps de Cambyse, cette corruption avait déjà fait de grands progrès dans les villes principales. Gtésias (5) prétend que si Cambyse voulut une fille d'Amasis, c'est parce que les Égyptiennes avaient un grand renom de volupté.
Suivant Macrobe(6), c'était une des maximes de ce pays,^ que l'amour présidait à la vie des hommes avec le génie, la fortune et la nécessité. On y exprimait l'amour par un baiser, et la nécessité par un nœud (7).
(1) Hérod., II, 136.
(5) Hjpotyposes, 1. ni, SU.
(4) L. xm, S 7. — BlicD, Hist. div., xn, cb. 63.
(6) Athénée, Banq. d$$ Sav., xm, S i*
(6) Satttm., eh. 19.
(7) Pierius, xv, ch. 4t