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514 lES civinsATioifs pkimuivks.
Sous ce mp^rl, les mœurs des Egyplîms sf^ rapprocfaaieol beaucoup de celles des Babyloniens; toutefois, ils ne poussé rent jamais la licence aussi loin.
Les femmes qui , dans certaines fôtes publiques , tenaient l'image du phallus et se prostituaient aux dieux , c'est-A-dire aux prêtres, dans les temples de Bubasta et d'HéliopoUi, étaient des espèces de courtisanes, comme on en retroinre cha let Indiens » élevées pour être ainsi consacrées aux temples et figurer dans les cérémonies. II ne faut point tirer de ces faits titt argument contre les Egyptiennes en général ; et biân qu'on rapporte que Cfaéops prostitua sa fille pour subvenir à la eontftruction d'un temple, cet acte isolé et uniqtie dans l'histoire, prouve seulement que les rois égyptiens pouvaient satisfaire tontes leoi9 fantaisies.
§ 5. HOItltS, CtAdtS DIVERS.
Les Égyptiens avaient le sentiment de nationalité très-prononcé; et s'ils accueillaient volontiers les voyageurs, ils n'ai* maient pas à s*expatrîer eux-mêmes : ceux qui étaient forcés de le faire ne coupaient point leurs cheveux avant leur retour (1). Cet esprit de stabilité avait sa racine dans le système des professions héréditaires. C'était une chose extraordinaire, suivant Platon (2), qu'un usage nouveau introduit en Egypte.
C'est peut-être à cause de cet attachement obstfné à leurs usigf^, qu'Ezéchiel (3) lesaccused'orgueilet prophétise leurdispe^
(1) Diod., II, S iS.— Porphyrop de YAtiUn., tf, S 8. (t) Des Lois, 1. n et vu.
(3) XXIX, it, XXX, €.
ÉGYt»TlfiNS« 515
sion. Cette prophétie ne s'est point réalisée, carie fond primi* tif de la population égyptienne a persisté. I.e type moderne rappelle» à quelques changements près, l'anden type q«e les monuments nous ont transmis ; de même leur caracière particulier s'est maintenu, tout en s*altérant par suite des influencée étrangères.
Les Egyptiens n'ayant pas d'autre monument littéraire que des inscriptions, c'est là seulement que nous pouvons trouver des traces de leurs idées morales.
Horapollon (1) a interprété certains hiéroglyphes égyptiens de cette manière : La figure d'une roue exprimait l'instabilité Êie la fortune, image symbolique que les Grecs adoptèrent; on représentait un roi égoïste et oublieux de ses devoirs, par un aigle dont le nid est construit dans un lieu désert; des reptiles, une vipère, un hippopotame, exprimaient symboliquement ceux qui manquaient à la piété filiale; Kâne et le porc exprimaient l'impureté. Les sentences mêmes furent exprimées par la réunion symbolique de certaines figures; ainsi, dans le ve^ tibule d^un temple de Sais étaient peints un enfant, un vieillard, un épervier, un poisson^ un hippopotame, potir signifier: cVous qui arrivez à la vie, vous qui êtes près d'en soiiir, n'oubliez pas que la Divinité abhorre l'injusiice. »
Hérodote, qui avait visité l'Egypte, a pu juger par lui-même des caractères et des mœurs des Égyptiens, et, sous ce rapport, son témoignage est précieux; ainsi, il atteste le respect dont la vieillesse était Tobjet : un jeune homme renoontraiil un vieillard lui cédait le pas et se détournail, ou se levait s'il était assis, quand le vieillard venait vers lui (2).
Leur vénération pour les morts leur avait inspiré des moyens connus d'eux seuls pour conserver les corps dateurs parents. Après les avoir embaumés, et couverts de sel, ils laissaient
(I) I, eh. 37 à S6-60.
(t) Hérod., U, 80.
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écouler soixante-dix jours, les lavaient ensuite, et les plaçaient dans une salle destinée à cet usage (I).
Les femmes, les enfants, les esclaves du défunt se couvraient la tête de boue, se ceignaient le corps, et paroouniail la Tille, le sein découvert, en frappant leur poitrine (â).
Pendant le deuil , on s'abstenait des plaisirs de la table, on négligeait sa parure, on laissait croître sa barbe et ses cheveux. La Genèse (3) rapporte qu'à la mort de Jacob, on prit le deuil pendant soixante*dix jours dans toute l'Egypte» parce que Joseph, son fils, était grand ministre.
A plus forte raison le prenail-on à la mort d'un roi; les honneurs qu'on rendait à sa mémoire égalaient ceux qu'on rendait à la Divinité (4). %
Une loi dictée par un excès de convenance, plus que de pudeur, défendait de livrer à l'embaumeur le corps d'une £gyp* tienne de haute classe, avant plusieurs jours.
Si cette mesive avait été dictée par un sentiment de pudeur, elle aurait été applicable au corps des femmes de toutes les classes.
Porphyre (5) rapporte les paroles que prononçait l'embaumeur au nom du mort, lorsqu'il en avait tiré et enfermé l6i intestins :
« Soleil, et vous tous, dieox tout puissants, qui donnâtes la Tie aux hommes/ouvrez-moi le séjour que vous habites-, j'ai suivi pieusement la religion de mes pères ; je ne cessai d'honorer mes pareoti ; je n'ai tué aucun homme; je ne fus jamais un dépositaire infidèle; je n'ai commis aucune Injustice ; si j'ai péché en mangeant oo en buvant, ce n'est.pas moi qu'il faut en aceuseri ceux-ci (l6s inetttios) en furent seuls la -cause, »
(i) Hérod., S6. — Diod., i, S 9.
{%) Hérod., II, S 85, 69.— Diod., i, S9t.
(4) Diod., I, S 71.
Wiv,$i0.
Puîs rembaumeur jetait le coffre contenant les intestins dans le fleuve (1).
Ces paroles reprodoisaient les cinq devoirs du Pentalogua d'Athoth : honorer les dieux, honorer ses parents, ne pas tuer, être fidèle et juste, être tempérant. Ces points fondamentaux de la morale se retrouvent dans les traditions de tous les anciens peuples , comme pour témoigner de leur étemelle vérité.
Si rembaumeur faisait partie du corps sacerdotal , il n'en était pas de même de celui qui devait couper le corps; on ^e méprisait et on le repoussait à l'égal d'un coupable.
Le respect des Egyptiens pour les morts les détourna de les brûler, et leur inspira les moyens de les conserver sans que la salubrité publique eût à en souffrir; de là leur système de momification, système à la fois religieux et hygiénique.
Après la retraite des eaux du Nil, la terre est couverte d'un limon que la présence des matières animales rend très*malsain, et engendre la putréfaction et la peste. Cesi pour prévenir les effets meurtriers de ces émanations, que les Egyptiens imaginèrent, dès la plus haute antiquité, l'em. t)aumemeQt des corps, soit d'hommes, soit d'animaux, en j mêlant des croyances religieuses pour le rendre obligatoire. C'est ainsi qu'ils se préservèrent de la peste, et que l'Egypte passa aux yeux des Grecs pour le pays le plus salubre. Mais depuis la domination étrangère, et surtout depuis celle des Musulmans, l'embaumement ayant été négligé, de grandes contagions sont venues de l'Egypte. Les Pères de l'Egypte, en proscrivant la momification comme un usage païen, contribuèrent les premiers à ce funeste résultat.
L'ardeur du climat obligeai! les Egyptiens à une certaine tempérance, l^es lois religieuses proscrivirent beaucoup d'aliments, surtout la chair de quelques animaux, tels que le pourceau et l'anguille. Ces lois, dictées primitivement par des mo*
(t^Plalarqne, Banquet dês sept Sages.
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tifs hygiéniques, accouiamôreni les ÉgypCîent à modérer leun désirs.
A iCe sujet, Hérodote rapporte Fusage suivant (1) : i Après ^ grands festins, on portait autour de la salie, dafeis un cereueil , l'image d'un cadavre» et l'on disait aux coDvifes: Regardei et diverilssea-vons ; vous aerex un jour senbiablesi lui.»
Dans le Banqiiet des sept sages^ de Plutarque, on Ht : « Cet usage a touterois quelque utilité, sinon pour exciter an plaisir, do moins pour porter à une bienveillance mutuelle, pour avertir de ne pas exposer le temps si court de la vie aux ennuis et aux maux qui semblent en prolonger la durée. »
Dans une fête en l'honneur de Thoth, on servait des figues et du miel , comme offrant par leur douceur une allégorie de la vérité et de la vertu ; et les Égyptiens répétaient i #La langue est fortune, la langue est démon , » pour moBCrer, dit Plutarque, qu'il n'y a rien de plus divin dans l'homme que la parole, et qui le fesse plus approcber^u bonheur céleste (S).
Pour éviter U lèpre, les prêtres rasaient leur lète et leur corps, ne portaient point de laine, faisaient de fréquentes ablutions, se baignaient souvent et ne buvaient pas de l'eau du Nil (3). Ces usages étant déclarés actes de dévotion, en devenaient plus obligatoires.
Des règles particulières conôemaient la cure des maladies; et si un médecin, en s'en écartant, laissait mourir son malade, il était, dh-oii, condamné à mort (4).
Suivant Hérodote, chaque maladie avait un tnédecîn particulier (5). Il s'agit sans dout«^ des maladies les plus fréquentes; autrement, le nombre des médecins eût été infini, à cause du
(2) Plularque, Isis ei Oiiris.
(3) Hérod.. ii, 5 37.— Porphyre, de tahst., iv, S 7.
(4) Diod., I, S «2.
(5) Hérod , II, S S4.
ÉGYPiiras. oh)
nombre matbeureusement si varié des maladies qui afOigeoi rhorome.
Les femmes faisaient les accouchements, ou y assistaieiH» comme 3 semble résulter d'un passage de TExode^ où il ^ dit que ces femmes avaient reçu Tordre de faire mourir les en* faots mâles des Hébreux à leur naissance.
Plutarque (1) croit que l'usage du vin était presque ino^uiB avant le règne de Psamméthicus; cependant on voit spr ^ monuments plus anciens que ce roi» des échansops qui jsans doute présentaient des liqueurs fermentées. Les Hébreux , con* duils» au sortir de l'Egypte» dans des lieux arides» se mirent à regretter un pays où croissaient le figuier» la grenade et la vigne (2). ChampoHion le jeune a décrit des peintures repirésentant la vendange et la pressure des raisins (3). EnfiUi Osiris passait pour avoir enseigné l'art de faire le vin.
Les Égyptiens» dans les premiers temps» eurent peu de rela* tions avec les étrangers; mais bientôt les besoins du luxe les obligèrent à demander aux Syriens des denrées que TËgypte ne produisait pas» telles que les aromates et les parfums. Tou* tefois» ces relations n'allèrent jamais jusqu'à l'intimité. Ainsi» les Égyptiens ne mangeaient pas avec les Hébreux, parce qu'ils les considéraient comme impurs» et dans la suite» ils rejetèrent les vases qui avaient servi aux Grecs.
La religion inspirait sans doute ces préventions» comme elle a fait depuis entre chrétiens et juifs. Elles durent se relâcher cependant peu à peu à mesure que s'établirent et se multiplièrent les relations des Égyptiens avec les Éthiopiens» les Arabes» les Hébreux, les Assyriens et les Grecs. Psamméthicus» dans le septième siècle avant Jésus-Christ» favorisa les trafics avec les étrangers, et ceux-ci» en retour, le soutinrent contre ses rivaux ; aussi ouvrit-il une porte large aux Grecs. D'autres peu-
(\) IsU et OHrU.
(i) Nombr., xx, 6.
(3, ChampoHion, Mfreê d'Egypie. r
5âU tM CIVILISATIONS PRIMITITES.
piades s'introduisirent en Egypte» et y vécurent d'après leurs coutumes particulières. Ainsi , une de ces peuplades» formée tflonienslH de^CarienSi remplit tout un quartier de Mempbis, où elle s'établit sorts Amasis» et cet endroit prk le nom de Caromemphis.
Avant Psamméthicus» Naucratis était la seule TîUe où les na« vfgftlèiirs pussent échanger les productions de leuft pays contre cdlesderÉ3ypte(l).
Amasis contracta des alliances avec les Grecs ; il leur assura des éiablibsements de commerce, leur accorda des juges particuliers et le libre exercice de leur culte ('i). Il épousa une Grecque, et il aida les Delphiens à reconstruire leur temple brûlé (3).
L'alliance fut plus étroite, on le comprend , quand des rois macédoniens gouvernèrent l'Egypte. Il y eut dès-lors une sorte d'intendant général de l'hospitalité pour assurer aux étrangers tout ce qui leur était nécessaire (4). Leur affluence toujours plus considérable finit par produire une population mêlée et disparate dont les Egyptiens formèrent la moindre partie.