RELIGION • PHILOSOPHIE
Les anciennes divinités de l'Egypte, comme celles des peuples de l'Asie, furent des personnifications du soleil ou du feu, de la terre et de Tair. Ou disait du soleil qu'il avait été le plus ancien roi de l'Egypte et son premier législateur.
(I) Strabon, xvii.
(S)Hérod,ii, S 178.
(3) Id., S 180.
(4) José, he, ÀfUiq. Jud,, xu, ch. i.
ÉGYPTIENS • ' ' Sfil
Son double attribut de lamière et de chaleur, son action directe et visible sur la végétation, ont inspiré à tous les peuples primitifs Tidée qu'il éuit le dieu créateur, fécondant et eraserralenr. Les Egyptiens ont donc pv concevoir eette idée éâns remprunter à d'autres peuples»
Selon Hérodote, jamais un dieu ne se manifesta en l^pte sous une forme ou incarnation ; on n'y adorait jaitfais les hommes (1). L'anthropomorphisme date de l'époque od Ton reconnut dans l'intelligence humaine une nature bien supérieure à celle des éléments eux-mêmes. Toutefois, il y avait un acheminement vers l'anthropomorphisme dans les représen* tations symboliques des divinités figurées par le corps humain avec une tète d'animal.
Quant aux honneurs divins accordés aux rois après leiu mort, ils ne s'adressaient pas à leurs personnes, mais à l'autorité suprême dont ils avaient été revêtus, et qui les rapprochaient des dieux.
Les Égyptiens n'adoraient pas les productions de la terre, comme Ta prétendu Juvénal, assertion reproduite souvent par des écrivains superficiels. Quant aux animaux, ils les honoraient comme symboles divins, mais nullement comme dieux.
Les animaux domestiques étaient vénérés à cause deleurutilité; et la conservation de leurs momies n'avait pas pour catise première la religion, mais la salubrité publique, qui aurait été compromise, comme elle l'est aujourd'hui en Egypte, par les émanations s'échappant des corps abandonnés sur les terres limoneuses. On en fit on usage sacré en le rattachant à la croyance en la transmigration des âmes. Selon les Egyptiens, à la nK>rt d'un homme, son âme entrait dans le corps d'un animal , et, après avoir successivement habité des quadrupèdes, des olsoiiux, des poissons, elle rentrait dans un corps d'homme.
(4)Hérod., II, S 142-144.
(t) Hérod., II, S 1S3.
Sm LES CnriLISATlOIIS PRIMITIVES
Pythagore pane pour B*èire inspiré de ces idées, qu'il suçait racueillies da la bouche m&me des prëlces d'Hélîopolîs.
La même diivinité élait représenlée sous trois formes dil^ rentes : 1* la Corme humaiiie pure, avec des aUribuls spéciaux; %• le oorps humain, avee la télé de Tanimal consacré k ce die^^ 9* cet animal même, avec les auribuls du dieu qu*il représmtait.
ies lignes caractéristiques de chaque divinité se voient sur leur téle et forment sa coiffure.
Osiris, personnification du feu, avait pour attribut la fécondation, l'abondance, la puissance suprême; on le représentait alors sous la forme du Nil ou d'un taureau • et ces images, surmontées d'un disque figurant le soleil, étaient portées dsns une de ses fê^.
On le représentait encore sous les trail3 d'un anfant au solstice d'hiver, d'un jeune homme à l'équinoxe du printemps, d'un homme fait au solstice d'été, et, enfin, d'un homme au déclin de Tjige (i); puis il mourait pour ressusciter au printemps.
Ses attributs sont si nombreux que les Grecs ont pu le confondre tour à tour avec chacun de leurs principaux dieux.
De même pour Isis ou Neîlh : elle a été assimilée à la Lune, à la Terre, à piane, à Gérés, à Minerve, à Proserpine, à Latone, à JunoD, cic. Elle était la sœur, la femme, la mère d'Osiris, surtout sa femme, à cause de sa fécondité. Quelquefois on la représentait couv<\cte de mamelles, pour figurer la grande nourricière du monde.
Les femmes et les mères invoquaient cette déesse h l'occasion de la perle d'un époux ou d'un fils.
•La conception d'Isis est supérieure à colle d'Osirîs par le caractère spiritualiste de sas attributs; aussi doit-elleêtre plus moderne.
(0 Macrobc, ch. xxi-xxii|,
ÉGYPTIENS b2i
Dans le temple de Sais, au socle de la statue d'isis, on lisait cette inscription : Je suis tout ce qui a été, est et sei», et per* sonne n'a encore levé mon voile (1) Définition mystérieuse de la puissance cachée qui fait naître, croître et mourir.
Les prèfres lui adressnÎQot cette prière : c Par loi les gecpaes naissent, croissent et se développent; tu règles l'ordre du temp^f le mouvement des cieiix; tu donnes au soleil s^ lumière, tous les astres te sont soumis, etc. (2). 3
Isis est encore le démiurge, la force morale et la force physique; elle est comme Minerve, la sagesse et la guerre.
Osiris et bis réunis sont donc la fécondité, l'action, le mouvement de la nature, tout ce qui est bon et bien ; nnaisen faeo et à c6ié du bien apparaît le mal, son perpétuel antagoniste qui domine souvent dans la nature et dans la société; les £gyp« tiens Tout personnifié dans Typhon, auteur de la stérilité, du repos, de l'inertie : c'est le principe de la dissolnition et de la mort.
Ces conceptions appartiennent i une époque où le système religieux des Égyptiens était complètement développé et mêlé d'idées spiritunlistes; elles se sont lentement élaborées dans l'esprit du sacerdoce et n'ont jamais leçu de formule coiaplète.
Cependant on peut dire que la religion sacerdotale, dans sa plus simple expression, était un monothéisme Manifesté extérieurement par un polythéisme symbolique; elle concevait un seul Dieu dont toutes les qualités et li^ attributions étaient personnifiées en autant d'agents actifs ou divinités secondaires.
Jamhlique rapporte la définition que des prêtres lui avaient faite de Dieu t créateur, supérieur à tous les déments, immatériel, incorporel, incréé, indivisible, invisible, comprenant tout et communiquante tout. C'était Ainon-Ra, point de départ et de réunion de toutes les essences divines, être suprême
(I) Platarqoe, Uiê et Oêiris.
(S) Apulée, Métam.^ xh
521 LES tlTnJSATIU>S FllIMiriTES.
et primordial» étant son propre père et qualifié de mari de sa mère (la déesse Moulh), sa portion féminine renfermée en sa propre essence I la fois m&le et femelle.
On reircaye donc réanis sur Amon-Ka les attributs d*Iss et d'Osiris; et son culte était répandu dans toute la Yalléedu Nil.
Tous les autres dieux égyptiens ne sont que des formes de ces deux principes constituants^ obsenrés sous différents rapports pris isolément.
Ces filiations divines un peu compliquées ou abstraites pott- Taientétre des objets d'enseignement dans les écoles sacerdotales; mais le peuple s*en tenait aux notions simples et primitites qui lui étaient enseignées et à des croyances tradîtionndles se rattachant é la vie pratique.
Les honneurs rendus à certaines divinités et à certains animaux variaient suivant les noms. Il existait donc une certaine différence entre la religion sacerdotale et le culte populaire; et cependant Tun et l'autre se trouvaient confondus dans les fttes religieuses.
Au culte des divinités on joignait celui des ancêtres. Le roi venait invoquer son père et sa mère dans le temple où étaient leurs sarcophages, et les désignait dans Perdre rétrogade des générations. Plusieurs peintures rendent témoignage de ce culte. Mais encore une fois ce culte n'impliquait point l'idée qu'ils étaient devenus dieux.
L'esprit religieux de l'Egypte ne s'altéra jamais, malgré to influences étrangères, les persécutions des rois Perses, l'intro" duction du culte grec,rien n'empêcha l'ancien cul te égyptien de persister, et les soulèvements qn'r^xcita pi usîeurs fois la présence des étrangers eurent surtout pour cause les atteintes que ceux-ci portaient au culte national.
Toutefois, l'assimilation des dieux grecs et indigènes tenait à l'analogie des attributs ; et de même qu'aujourd'hui l'on croit retrouver l'idée d'un être suprême dans toutes les religions, les Grecs, et plus lard les Romains, crurent retrouver leurs
ÉGYI*TI£NS j>25
dieux dans ceui de leurs alliés; de là celte tolérance et celle fusion entre les différents cultes du paganisme, qui épargna aux anciens le fléau des guerres de religion.
Les Égyptiens avaient un grand nombre de fêtes. La fertilité du sol et les temps de chômage donnaient aux agricul* teurs des loisirs qui leur permettaient de se livrer souvent à des réjouissances publiques dont la religion était le prétexle, et qui avaient aussi pour effet politique d'attacher le peuple à ses croyances et à ses coutumes.
On célébrait aux équinoxes et aux solstices la naissance, la grossesse et laccouchement d'isis, et chacun s'y préparait par des jeûnes, des offrandes et des prières (1).
Toutes les fêtes n'avaient pas lieu dans les temples; les images des dieux, celles des prêtres et des rois étaient souvent promenées au dehors dans un char, sous une tente ou sur un brancard. Des femmes attachées au service des temples portaient le phalluê^ symbole de la génération (3).
Les cérémonies étaient accompagnées d'excursions sur le fleuve, d'illuminations, de danses, de chants, de festins et de luttes athlétiques.
La fête de Sais, ou fête des lampa ardenUif était célébrée pendant la nuit en l'honneur d'un Diea dont Hérodote déclare ne pas oser prononcer le nom, peut-être celui d'Osiris que les prêtres lui avaient sans doute confié sous le sceau du secret. Mais les plus grandes fêles étaient en l'honneur d'Isis, divinité créatrice et conservatrice, mère de l'univers (3), qui guérit, qui console, qui apaise les tempêtes (4).
Plusieurs historiens ont supposé que les Égyptiens sacrifiaient des hommes dans des pccasions extraordinaires (5).
(l)Hérod., II, S 40; iT,Si86.
{%) Macrobe, batum., i, eh. t3.
(8) Plutarque,/m et Oiiri$.
(4)Diod., i,SS5. . .., ^
52(> l'ES GIVllJSATIONS P1UMIT1V£;S.
Hais Hérodote» loin de confirmer ce fait, dit au contmire : c Gomment des peuples à qui il n'est presque pas permis de sacrifier un animal eua)ent4)s saorifté des hommes (1)? »
deux qui impotent ces saerifleeeaut plosandens Cgyptiens a}outent qu'Amasis les abolit eti y substituant des images factices (9)< Mais Amasis ne vivait que cent ans avant Hérodeit; cet historien n'eut pas manqué de signaler un usage atissi léeemment abolii
Dans les Pamyliei, fêtes commémoratives de la naiMtnee d'Osiris» chacun offrait devant sa maison un anima! en sacrifice» et les femmes portaient dans les villes des*JMalf«f, à h suite d'un joueur de flûte.
Les tfttes en l'honneur d'Apis ou tMireau sacré» domiaîent lien à dé grandes manifestations publiques. On eélti)rait mie de ces fêtes lorsque Gambyse» irrité du mauvais vouloir des prêtres à son égard» se jeta stur le taurean el lui fil i la cuisse une blessure dont il mourut (S).
Le bélier était honoré i Thêbes comme le tamcsni i Hemphis. Après la fête on l'immolait, on coupait sa têle et ren revêtait de sa peau la staïue du dieu : tous les assistants marquaient une grande douleur; puis le corps 'de l'animai était enfermé dans tme cais^ sacrée (4).
Les prêtres ne s'en tenaient pas aux pratiques religieuses» ik professaient des idées moitié religieuses» moitié philosophiques sur la vie future.
Dès papyms funéraires représentent les diverses pérégrinations de l'âme du défunt dans plusieurs régions» jusqu'à œ qu'elle arrive dans Vameruki^ l'enfer» où elle va subir son jugement; c'est un tableau symbolique de ^immortalité de l'âme» du dogme des récompenses et des peines dans une
(1) Hérod.» U» S 45.
(i) Porphyre, de VAhiUn., n, S ftS.
(3) Pline, vm, 8 46.— Hfcod.» m» 17.
(4)Id.,n,4iMV, iSl.
autre vie. Oii ar trouvé récemmerit la représedtatiOn deft châtiments divers infligés aux âmes coupables, et deà fëticitft éternelles réservée^ Mx âmes pitres.
L'idée de punition du de récompensé après la mort s'accorde arec le jugetnent qu'on portait sur le défunt. Plùsieufs peintatea rèpréseiitent Osiriâ a^is en qualité de juge aveic ses àt« tributs, tenant une fleur de bius^ sytnbole de la vie éternelle, et ayant près de lui une lionne. Une petite figure humâilie est pesée dans trae grande balance pàt deux espèces de génies ayant Tun une tête de diieii» symbole de sensualité, et l'autre une tète d'épervier, symbole de la nature diyine. tôiis deux tieiment la balance et semblent faire des remoûtranlces â Ostrîs. Detatlt lui est Hermès, â tête d'ibis, une tablette â la main sur laquelle il inscrit les yioes et les vertus du mort
D'après tes peintures exécutées sur Tes monuments, relevées ptar Cbainpollion (I) on vMt que les âmes des coupables étaient pimies d'une manière différente dans la plupart des zones infernales que Tîsite le dieu du soleil : on a figfuré ces âmes impures, et persévérant dans le crime, presque toujours sous la forme symbolique de h grue ou celle de Vép&vier à tête bumaîne, peintee en noir, pour indiquer à là fois leur fiature perverse et leur séjour dans l'abîme des ténèbres; les imes sont fortement liées à des poteaux ; et les gardiens de la zone, brandissant leurs glaives, leur reprochent les crimes qu'elles ont commis sur la terre ; d'autres sont suspendues la tète en bas; celles-ci les mains liées sur la poitrine et la tète coupée, marchent en longues files; celles-là, les mains liées derrière le dos> traînent stir la terre leur cœur sorti de la poitrine ; da'ns de grandes cbinidières on fait bouillir dès âmes rivantes, soit^us foi^rile humaine, #6{t sotis Céné d'oiseaux, ou seulement feàrs tètés et leurs cœUrs. Uy a âtissi des âmes jetées dans la chaudière avec l^emblème du bonheur et celui du repos céleste (l'éventail); la représentation de cesemblémr^
(1) Lettres d'Bgypte, p. 132-134.
528 LES CIVILISATIONS PHIMITITES.
aftt purement oégalive, car elle signifle que ces flsies avaieul perdu loua leurs droits.
À chaque zone et auprès des suppliciés on lit toujours leur condamnation et la peine qu*ils subissent : « Ces âmes ennemies, y est> il dit, ne voient point notre Dieu lorsqu'il lance les rayons de son disque ; elles n'habitent plus dans le monde terrestre, et elles n'entendent pas la voix du Dieu grand Ionqu'il traverse leurs zones. »
On lit, au contraire, à cAté de la représentation des âmes heureuses, sur les parois opposées : c Elles ont trouvé grâce aux yeux du Dieu grand ; elles habitent les demeures de gloire, celles où Ton vit de la vie céleste ; les corps qu'elles ont abandonnés reposeront à toujours dans leurs tombeaux, tandis qu'elles-mêmes jouiront de la présence du Dieu suprême (1). »
La galerie qui représente ce système de récompenses et de peines, occupe les parois de deux grands corridors el de deux salles du tombeau de Rhamsès Y.
On dit qu*Hésiode et Pythagore s'inspirèrent des idées philosophiques et religieuses des prêtres égyptiens et leur empruntèrent la doctrine de la transmigration, celle des nombres, quelques principes de morale et plusieurs symboles.
Parmi les fragments qui nous ont été transmis d^ livres hermétiques on remarque des passages qui, certainement, ont dû être retouchés pnr des philosophes grecs. Voîoî un discours qu'Hermès aurait adressé à Tholh, et qu'on doit attribuer i quelque stoïcien.
« U est difficile à la pensée de coDceroir Dieu, et à la langue d'en parler. On ne peut décrire par des moyens matériels une chose immatérielle, et ce qui est étemel ne s'allie que très-difficilement avec ce qui est temporaire. L'un passe, l'antre existe toujours... Ce qui peut être connu par les yeux et par les sens comme les corps visibles,
(1) GhampoUion-Figeac, Bgffptê ancienne (Unirers pittoresque), p. Ut.
peut être exprimé par le langage; ce qui est incorporel, invisible, immatériel, saïis Ibrme, ne peut être connu par nos sens...
■9 ... La mort est pour certains hommes un mal qui les frappe d*ane profonde terreur. C'est de Tignorance. La mort arrire par la débilité et là dissolution des membres du corpt , le corps meurt parce qu*il ne peut plus porter Tètre...
» La vérité, c'est ce qui est éternel et immuable j la vérité est le pnniler des biens; h vérité n*est pas et ne peut pas être sur la terre; il se peut que Dieu ait donné à quelques hommes, avec la faculté de penser aux choses divines, celle de penser aussi à la vérité ; mais rien n'est la vérité, sur la terre, parce que toute chose y est une matière revêtue d'une formé corporelle sujette au changement, à l'altération, à la corruption, à de nouvelles combinaisons. L'homme n'est pas la vérité parce qu'il n'y a de vrai que ce qui a tiré son essence de soi-même, et reste ce qu'il est. Ce qui change au point de ne pas être reconnu, comment serait-ce la vérité? La Térité est donc ce qui est immatériel, ce qui n'est point enfermé dans une enveloppe corporelle, ce qui est sans couleur et sans fi- ' gure, exempt de changement el d'altération, ce qui est étemel. Toute chose qui périt est mensonge , la terre n'est que corruption et génération ; toute génération procède d'une corruption ; les choses de la terre ne sont que des apparences et des imitations de la vérité, ce que la peinture est à la réaljité. Les choses de la terre ne sont pas la Térité. »
Dans le Pimander, qui passe pour avoir été imité de Tégyp* tien , on lit :
• Thoth demande à savoir ce qui arrivera après l'ascension de l'âme vers le Père : « Le corps matériel perd sa forme qui se détruit avec le temps, les sens qui ont été animés retournent à leur source, et reprendront un jour leurs fonctions; mais ils perdent leurs passions et leurs désirs, et l'esprit remonte vers les deux pour trouver l'harmonie ; il laisse dans la première zone la faculté de s'accroître et de décroître i dans la deuxième la puissance du mal et les fraudes de Foisiveté; dans la troisième les déceptions de la concupiscence j dans la quatrième, l'insatiable ambition; dans la cinquième, l'arrogance, Taudace et la témérité ; dans la sixième, le goût des richesses mal acquises, et dans la septième, le measMige. I S*
SSO LES CITiLISÂTIOllS FEDUTIVES.
Bt resprit, alnii pnrifti par r«ffet da eeB barmooies, rtlonme à l'eut Bi déilré, ayant un mérite et one force qmi lui «ont propres, et il habite en&n ayec ceux qui câèbrent les louangeB 4a Fère. Us sont dès Ion placés parmi les pouYobrs dlYinsetàoetitre jouissent de Dien. Tel est le suprême bien de ceux à qui il a été donné d« savoir ; ils dSTiennent Dieu. »— « Ayant parlé ainsi, Pimander retourna parmi les pouToirs divinsi et moi. Je me mis à conseiller aux honmies la piété et la science. 0 bommes \ vives sobrement, abstenes^vons de l^outonnerie. Pourquoi vous précipites^veus vers la mort, paisqse vous êtes capables d'obtenir l'immortalité T Fuyes les ténèbres de l'ignorance ; retires-voos de la lumière obscure, échappes à la eo^ rii^tion, acquérez l'immortalité ( Conducteur et chef de la race humaine, je lui montrerai les v<des du salui et Je renydlrai ses oreilles des préceptes de la sages se. > i
Jusqu'à pi^tit, aucune peihture murale» aucun jpapjrus ne tobus a révélé dés idées aussi abstraites U aussi métapfaysiques. Les Grecs, en les Attribuant aux ti^pUens, ont Eut preuve de beaucqup de modeetie, puisqu'ils se sont enlevé i eux-mômes le mérite de rinvention. J'ai dû c^Modant les mentionner>.car elles s'accordent avecles doctrines qu'on prtte géoéralemenl aux prêtres e^^tidif •
§ 7« SeUHGlS, WdUiTRIB^ ARTS.
Les prêtres ^[yptiens lassaient aux yeux des étran^ pom tvonr des ooimaissanlees scientifiques trôs-étttidnes (%). Sans dioate qu'ils en firent un grand mystère, car ce qu'on en sait Mt bien au-dessous de cette réputation.
XVf Cbampointm^f ifeac, VSgypte mcieiwe, p. i%!%. X^)L.i,Stl.
Èarptmin. 551
Cependant plusienn tilles eurent des écoles ^ dont la plus célèbre fut celle d'Héliopolis : c'est là qu'Hérodote vint s'in^» struire des idées religieuses des prêtres (1). Diodore parie d'une bibliothèque d'Osymandias. Mais ni Hérodote ni Diodore ne nous ont transmis des documents capables de nous faire apprécier l'importance de ces établissements.
De bonne heure, les Égyptiens ont possédé quelques notions astronomiques, et une certaine habileté dans les arts et dans l'industrie f mais le système restrictif des professions héréditaires en a arrêté le détdoppement et la propagation. Aussi les monuments qui nous en restent, bien qu'appartenant à des époques fort éloignées les unes des autres, offrent-Ils des caractères communs, une touche uniforme: le but utilitaire une fois obtenu mit fin au mouyement progressif. H manquait d'ailleurs à ce mouvement deux conditions essentielles : l'enseignement public pour les sciences et les arts, la libre concuN rence pour l'industrie.
L'instruction était le monopole des prêtres et des princes; les autres classes exerçant des fonctions et des métiers héréditaires n'avaient rien à voir aux sciences, ce qui explique pourquoi celles-ci se propagèrent si peu.
On élevait les enfants pour l'état auquel les destinait leur naissance ; ainsi , on imposait de violents exercices aux jeunes gens de la caste guerrière. Sésostris les obligeait à faire de longues courses avant leurs r^pas (S).
Psammétichus accoutuma à vivre de poissons les jeunes gens qui devaient aller vivre sur le Nil pour en découvrir les sources; il en accoutuma d'autres à résister à la soif, parce qu'ils devaient parcourir les déserts sablonneux de la L^bie (S).
Ces deux faits démontrent que les Égyptiens avaient le goftt des explorations lointaines, et que s'ils avaient pu développer
(1) Hérod., II, s 83.— Strabon, xvn.
{%) Diod., I, S ft3.
(3) Athénée,!, vin. s 7.
552 LES CIYIUSATIORS PROUTITES.
librement leurs facultés intellectuelles, ils auraient accompli de grands progrès dans toutes les branches des connaissances humaines. Ils ont été de bonne heure physiologiquemenl mieux constitués que les autres peuples leurs voisins, grâce sans doute au climat sain , au terroir fertile que TEigypte offrait i ses habitants.
Hérodote (i) dit que sur le champ de bataille où Cambyse demeura vainqueur, on distinguait les deux peuples à leurs létes. On fendait la tête d'un Perse avec un caUlou, tandis qu'il fallait frapper à coups redoublés sur celle d'un Egyptien avant delà briser.
Champollion (3) remarque que le bien-être intérieur de l'Egypte était fondé sur le grand développement de son agriculture et de son industrie^ et qu'on découvre dans les tombeaux de Tbôbes et de Sakkarah des ustensiles d'un travail perfectionné démontrant que ce peuple connaissait toutes les ai* sances de la vie et toutes les jouissances du luxe. Les lits, les sièges, les vases, les armoires, les instruments de musique présentent dans leurs formes une élégante simplicité.
La branche d'industrie qui semble avoir eu le premier rang, et employé le plus de bras, c'est la tisseranderie ; la teinturerie venait ensuite. Les plus belles couleurs étaient fournies par les Tyriens , qui possédaient un établissement à Hemphis. Les ouvrages en métaux et surtout en airain, les armes, les cha* riots, les instruments de musique, les vases de terre, qui figu- .rent en grand nombre sur les monuments avec leurs formes et leurs couleurs, témoignent d'une industrie très-avancée et déjà connue des Grecs au temps d'Homère (3).
Quant aux sciences exactes elles furent réellement étudiées dans les sanctuaires. Il y eut des prêures mathématiciens et astronomes, observant les phénomènes célestes, l'inégale
(i) MI, S i«-
(t) Lettres d'Egypte, p. 445.
(3)Odys8.,lT, 128.
ÉGYPTIEIfS. S33
durée des jours, les phases de la lune, les éclipses, les mou* Yements des planètes.
Le zodiaque paraît avoir été institué plus de deux mille cinq cents ans avant Jésus-Christ, le calendrier civil déjà réglé, et l'année composée de trois cent soixante-cinq jours divisés en douze mois de trente jours ; plus, cinq jours complémenlai» res. La semaine avait sept jours.
MM. Fourier et Bîot ont démontré que la spbàre égyp* tienne résultait du fruit d'observations antérieures au vingtcinquième siècle avant Jésus-Christ. L'année vague était représentée depuis la plus haute antiquité sur les monuments par des signes qui la partageaient en trois saisons : la végétation, la récolte, et l'inondation. A chacun des douze mois était affecté un personnage divin qui y présidait.
Cest aux astronomes égyptiens qu'on attribue les noms et les figures des constellations, déterminés par leurs rapports avec le climat de l'Egypte, et ayant pour objet d'annoncer l'ordre^es saisons par les levers de ces constellations au commencement de la nuit.
Les prêtres exerçaient les enfants de leur caste et de la caste des rois dans l'étude de l'arithmétique et de la géométrie, qu'ils appliquèrent à l'astrologie et à la devination. Hérodote dît : c Les Égyptiens sont les auteurs de plusieurs inyentionsi telles que celle de déterminer, d'à près le jour où un homme est né, quels événements il rencontrera dans sa vie, comment il mourra, et quels seront son caractère et son esprit, b
Tous les témoignages consutenl les fonctions des prêtres à qui était attribuée l'étude deseieux et des mouvements des astres, et l'application de celte étude aux besoins réels et aux croyances.
Mais c'est surtout par les arts et par l'industrie qu'il faut juger de la civilisation égyptienn e, car il nous en reste encore un grand nombre de monuments.
Champollion jeune dit que l'art égyptien ne doit qu'à lui-même loutce qu*il a produit de grand, de pur, dobNlUi el
8SI LES GinU&àTI0H8 MOMinVES.
que las Grecs B'en ont éi6 d^abocd que les imiutauis (t). H faut ajouter que les Grecs ont su imiter de manière à atoir encore le talent de Tiimoyation*
Thoth inventa, dit-on, la lutte et la danse pour donner an corps de la force et de la grftce. Osiris attachait une grande importance à ces exercices, et conduisait lui-même œuz qui s'y livraient ; il était accompagné de chanteurs, et de neuf filles instruites dans tous les arts qui se rapportent à la musique (2).
Bien que cette tradition soit rapportée par les Grecs, elle peuiètre égyptienne; car tous les peuples anciens ont attribué aux dieux Torigine ou la révélation de leurs oonnaissaa* ces en tous genres.
Le cantique de Moïse au sortir de l'Egypte prouve que la poésie n'était pas étrangère au peuple chea lequel il avait élé élevé. On chantait des hymnes dans les cérémonies religieuses et dans les festins. ^
Au-dessus d'une représentation de foulage ou de battage da gerbes de blé par les bœufs» on lit en hiéroglyphes phonétiques une chanson que le conduct^r du foulage est censé chanter ; c'est une sorte d'allocution adressée aux bœufs que Champollion (S) a traduite en ces termes : c Rattex pour voes (bis) <«-^ 6 boeufs — battes pour nous (bis) — des boisseaux pour vos maîtres I a
Ce refrain constate l'antiquité du 6ti ou répétition de cer* tains mots d'un couplet.
Les Égyptiennes faisaient résonner le sistre autour du tem« pled'Isis, quand elles avaient été trompées ou qu'elles craignaient de l'être dans leurs affections ou dans leurs espérances. Hanilius rappelant la bataille d'AcliumiOù Romeman-
(1) Lettres d'Egypte, p. 30S.
(t)Dlod.,i, jlS-^S, SI.
(3) Lettres d'Bgyptè, p. 196.
ÉGTrmiis. Si^
qua d6 tomber sous le sceptre (|'a^e Égyptienne» dit que U fondre y combattit avec le sistre d'Isis (i).
Snivant Platon (9) la loi égyptienne déterminait ^i prescris Tait les chants les plus, convenables ; et l'on s'en tenait à de^ chants antiques attribués à Isis.
Cptte immij[tion df^ la loi a pu contribuer i emp4cber I0 progrès de la musique comme celle des autres arta.
L'architecture égyptienne, cependant, subit dans lai pfo* miers temps d'heureuses modificatîQns ; il y a loin des Py<^ ramides aux monuments de Thèbes et de Memphia. iL'arth^ tecture qui s'est formée et développée en Egypte^ présente un cachet unique, original. Exécuté^ sous l'inspiration des rois et des prêtres, les palais et les temples ont affecté un style uniforme, et obéi comme les hiéroglyphes à une plan el i des règles déterminés. L'artiste n'inventait pas, il copiait ; aussi Platon rapporte-t-il que des modèles étaient déposés dans \m temples; qu'il était défendu aux artistes, sous peine de sacrilège, de rien changer aux règles : c II y a plus de dix mijleenf, ajoute-t-il, que ces règles ont été posées, et les œuvres de cas temps reculés n'étaient ni plus ni moins belles que celles de nos jours ; elles sont toutes, sans exception, travaillées sur un modèle. »
Et, en eflbl, les plus anciennes peintures sont identiquement pareilles aux plus modernes ; les différences qp'on peut y remarquer sont en faveur des premières, la domination étrangère ayant amené la décadence de toutes choses en Egypte.
Les artistes n'étaient donc plus que des ouvriers chargés de faire de l'histoire plut^yt que de l'art, d'exécuter des monuments et des inscriptions commémoratifs de grands événe-
(I) ManU., I, V. S93.
(1) Lois, 1. II.
'{(36 LES iCnnUSlTIOlfS PROlITIflB.
menti et de haats faits, de traiter Iles siyets religieux et poUtîques, d'après une formule consacrée.
On trouve encore à Thôbes des débris de constructions trôs anciennes qui ont senrl de matériaux pour des édifices qui datent de plus de quatre mille ans.
Les plus simples ornements de ces édifices consistent en emblèmes qui renferment des dates et des faits historiques. Des bas-reliefs» entremêlés d'inscriptions, représentent avec fidélité la physionomie» le costume et les habitudes des peuples étrangers vaincus par les Pharaons (1).
Quant aux pyramides, les avis sont très^partagés sur le mode de construction qu'on employa pour les élever. L'époque trèsancienne où elles furent élevées ne saurait être déterminée positivement; elles annoncent l'art dans son enfance, celui des constructions massives succédant aux blocs informes superposés.
Pline dit que près de quatre cent mille hommes travaillèrent à la construction de la plus grande dans l'espace de vingt ans (S). S'il en avait été ainsi, la population esclave, quoique très-nombreuse, n'aurait pu y suffire; elle aurait été secondée alors par celle des agriculteurs ou des industriels dans le temps de leur chômage : ce qui indique toujours, sinon une société complètement organisée, au moins de grandes ressources alimentaires mises à la disposition du gouvernement. On a appliqué icettaconstruction cette observation d'Aristote, qu'un des moyens usités par les tyrans pour conserver leur puissance! est d'occuper tellement leurs sujets qu'ils n'aient pas le temps de conspirer (3).
Une inscription rapportée par Diodore deSicile(4)constateque Sésostris n'employa aucun Egyptien aux monuments qu'il fit
(1) Ghampollion, Lettres de fEgyptê, p. t-7.
(2) XXXVI, S it.— Hérod., ii, 1S4.— Diod., i, 63.
(3) Polillq., T, ch. u.
ÉOYPTIENS. SSt
construire. II n'est pas probable qu'on en ait agi ainsi pour les pyramides^ car leur édification ayant exigé un trop grand nombre de bras, et remohtant à une époque où les Elgyptiens songeaient plutôt à s'organiser au dedans qu'à faire des expéditions au dehors, elles durent être à la fois les premiers temples élerés par les Egyptiens aux dieux» et les premiers tombeaux con^ sacrés à leurs rois.
Le labyrinthe si admiré des Grecs était une réunion de douza palaiSy correspondant aux douze nômes de l'ancienne Egypte. On l'attribue à Labarys, quatrième roi de la douzième dynastie, en 3,600 avant Jésus-Christ. Ce monument était con* struit dans une province en dehors de la vallée de TEgypte, centre de tous les nômes.
On pense généralement qu'il fut destiné aux assemblées nationales de l'Egypte , composées de membres de la classe sacerdotale et de la classe militaire ou royale, et convoquées dans des circonstances solennelles comme l'élection d'un grandprétre, l'intronisation d'un nouveau roi. Tous les grands intérêts de l'Egypte durent s'y débattre.
L'antiquité du labyrinthe se prouve par la division même de ses palais en nombre de douze, correspondant à la division contemporaine de douze nômes, qui furent portés plus tard à trente-six par Sésostris.
Le fondateur du palais de Louqsor a été le pharaon Àménophis-Hemnon, de la dix-huitième dynastie. Les architraves de colonnes d'un de ces palais présentent une dédicace foile au nom de ce roi. Champollion jeune l'a traduite ainsi :
La vie 1 Phôms puissant et modéré régnant par la justice, Torgi^ Disateur de sod pays, celui qui tient le moade en . repos, parce que grand par sa force, il a frappé les barbares, le roi seigneur de justice, bien aimé du soleil, le fUs du soleil, Aminophis^ modérateur de la région pure (l'Egypte) a lait exécuter ces constructions consacrées à son père Ammon, le dieu seigneur des trois zones du monde, dans Toph du midi (partie méridionale de Thèbes) ; il les a fidt exécuter
S38 LES CIYIUSÂTI09S PADUTIVES.
en pierres dore« et i)opiiei» afin d'ériger nn édifice doral^le, c'eet ce qa'a faille file du loleil, Âménophis, chéri d*Animen-Ra(l).
Les oompftfftisons on aesinUIatf ons des rois atec la soleil se troaTont auasl aur leurs tombeaux, comme dans cette l^eode : Voici ce que dit Osiris, seigneur de rAmenti (région occidentde, habitée par les morts) : € Je t'ai accordé ime demeure dans la montagne sacrée de Tocddent, comme aux autres dieux grands (les rois ses prédécesseurs)» à toi Osirien, roi seigneur du monde, Rhamsès, etc. » Cette dernière expression démontre (S) que ces tombeaux des pharaons, qui exigeaient un long travail , étaient commencés de leur Titant et préoccupaient chacun de ces souverains ; pour le rassmrer sur le fâcheux augure qui semblait résulter de ces Amérailles anticipées^ le tableau le représentait se montrant au dieu Phré à tête d'épervier, c'est-à-dire au soleil dans Tapogée de sa course; et le soleil lui disait : «Dieu, grand sôgneur du ciel, nous t'accordons une longue série de jours pour régner sur le monde et exercer les attributions royafes d'Hôrus sur la terre. »
Si la mort venait à surprendre un roi avant Tacbëvemait de son tombeau, ce monument demeurait incomplet, comme le prouvent plusieurs tombeaux à peine ébauchés qu'on rencontre à Thèbes, à moins que ses éminents services n'eussent porté les Égyptiens reconnaissants à le terminer.
Les obélisques sont des monuments histpriques ; leura inscriptions contiennent le motif de leur fondatioi^, un^ dédicace à une ou plusieurs divinités du pays, le nom et la filiation des princes qui les élevèrent et l'époque de leur édification. L'érection d'un obélisque était un acte de piété de la part des Pharaons.
Les quatre foces de l'obélisque de Louqsor qui a été transporté à Paris, place de la Concorde, sont couvertes d'inscrip-
(1) LeUres d'Egypte, p. aos.
(»)Id.,p. t«.
lions hiéroglyphiques révélant une destination à la fois ciTila et religieuse. Les cartouches ou groupes de signes hiéro» glyphiques renferment : 1<* les noms propres das divinités; ^ les noms propres et prénoms des rois et ds^ «râies qui régnèrent en Egypte.
Les cartouches de cet obélisque rappellent les noms et las actions de deux rois. C'est Rhamsés II qui fit extraire l'ob^ lisque des carrières de Syène« pour orner le devant d'un édifice. Rhamsès III, ou Sésostris^ ad(^ta les obélisques commen» ces par son prédécesseur, et employa, pour rappeler sa propfie gloire» la place que Rhamsès avait laissé inoccupée. On sait que le règne de Rhamsès II remonte à 1580 avant Jésus-Ghrisl; et qu'il fit ériger deux obélisques après les victoires remportées en Afrique et en Asie.
Dans le bas-relief delà face qui regardait l'ouest, Rhamsès 10 fait à Amon-Ra, dien de Thèbes, l'offrande du vin. Aux louaiw ges d'usage, la colonne médiale ajoute que Sésostris est le fils préféré du roi des dieux qui domine le monde, le titre da bienfaisant lui est donné dans l'inscription de droite qui ajoute : c Ton nom est aussi stable que le ciel ; la durée de ta vie est égale à la durée du disque solaire. »
Sésostris porte dans l'inscription de gauche le titre de chéri de la dééuedeia vérité^ et oetui-ci : c L'engendré du roi des dieux pour prendre possession du monde entier. »
A la face sud on lit : « L'Aroéris, puissant ami de la vérité, roi modérateur, très aimable comme Thmou, étant un chef né d'Ammon et son nom étant le plus illustre de tous. » Sur la colonne de gauche on lit : • L'Aroéris, roi vivant des régions d'en haut et d'en bas, enfant d'Anmion. »
Sésostris est nommé : c Roi, directeur, grand par ses vie* toires, fils préféré du Soleil dans sa royale demeure, celui qui réjouit Thèbes comme le firmament du cîel, par des ouvrages considérables pour toujours. ».
A la face est, l'inscription nomme Sésostris : c Seigneur des fictoms, quia dirigé la contrée entière» qui est liés aimable;
$40 LES cmUSlTIORS PRIMiTIVBS.
TAroéris fort, puissanl dans les grandes ptnégyries (assemblées)» Tami du monde, et le roi modérateur. » L'inscription ajoute : « QqMI est le prince des grands, jouissant du pouvoir royal comme Thmou, et que les chefs des habitants de la terre entière sont tous sous ses sandales. »
Dans les inscriptions de la face nord, il est appelé : « Aroéris puissant, gardien des vigilants, fils du dieu Mandou, dont les exploits ont fait trembler le monde entier. »
' C'est par une multitude de bras combinés qu'on dressait les obélisques. Rhamsès employa cent vingt mille hommes pour dresser un obélisque de Thèbes, ce qui prouve l'absence de mécanique ; et en effet, dans aucune peinture on n'aperçoit de machine. Mais on y voit la' représentation d'un transport de colosse. Ce transport se faisait au moyen de cordages tirés par plusieurs rangées d'hommes attachés à des câbles. La force traclive de leurs bras était concentrée dans un efifort unique aidé d'un chant ou d'un battement rythmé exécuté par un
homme monté sur les genoux du colosse.