OBLIGATIONS DU FERMIER
que certains servioes, dont les tenanciers se sont presque complètement affranchis, incombent maintenant aux fermiers.
Souvent encore le bail porte que le fermier acquittera, en totalité ou en partie, les redevances seigneuriales dues par le propriétaire d' ; souvent aussi il l'oblige à payer la moitié des impositions royales.
La durée des baux est très variable. On en trouve de 3, 4, 5, 6 ans, de 9 ans au maximum. Une même métairie peut être successivement affermée pour 3, pour 4, pour 6 ans. Il semble qu'au XVP siècle les baux de 3 et de 4 ans soient très fréquents et qu'on en trouve peu dont la durée dépasse 5 ans. Au XVIir siècle, au contraire, la plupart des baux sont conclus pour 6 ans, et les fermes de 9 ans ne sont pas rares. Ainsi la durée des baux paraît s'accroître progressivement, ce qui est tout à l'avantage de l'exploitation agricole (2).
Assez souvent, au moment où le bail est conclu, le fermier donne au propriétaire un denier à Dieu, qu'on appelle encore nouveauté ou commission W. En Basse-Bretagne, sans doute sous l'influence du domaine congéable, la commission est parfois élevée; le rentier de Daoulas, de 1692, note des commissions de 30 livres pour des rentes de 80 et même des cas oîi la commission est aussi élevée que la rente (*).
Mais le droit d'entrée n'est en général qu'une obligation insignifiante, si on la compare à la rente que le fermier doit au propriétaire. Cette rente affecte deux formes principales : ou bien elle est fixe, ou bien elle est à moitié grains. Dans
(1) « ... Payeront aussi lesdits preneurs les rentes seigneurialles deues et imposées sur ladite mestairye annuellement » (bail de la métairie du Perquer, de 1704, Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 64).
(2) Dans les autres régions de la France, la durée des baux paraît s'accroître aussi au XVIIIe siècle : cf. A. -F. Denis, Lectures sur Vhistoire de Vagriculture en Seine-et-Marne, pp. 292 et sqq. En Picardie et en Artois, le bail de 9 ans prévaut partout vers 1750 (A. de Galonné, La vie agricole sous V Ancien Régime en Picardie et en Artois, Paris, 1883, pp. 59 et sqq.).
(3) : « ... De Pascot Le Brigand de Baden, pour nouveautés de ferme à lui faite le 20 janvier 1677 du pré et lande de Loizelles pour 6 années, 20 livres » (Comptes de 1677, (onds de Largouet. Arch. du Morbihan).
(4) Rentier de Paoulas, de 1692 (Arch. du Finistère, H 5),
le premier cas, il y a fennage, dans le second, il y a métayage.
La rente du fermage consiste le plus souvent en une somme d'argent, plus ou moins considérable suivant l'importance de la ferme. Sur beaucoup de domaines nobles, la plupart des fermes doivent au propriétaire plusieurs centaines de livres (i'. Très souvent, d'ailleurs, à la rente en argent sont jointes des redevances en poulets, chapons, beurre, cidre, fromage, moutons. C'est ainsi que, suivant un bail de 1541, la métairie de la Pilletière doit une rente de 110 livres monnaie, 4 « poys » de beurre. 6 chapons, 12 poulets, une pipe de cidre. 4 fromages, 2 moutons (2).
Mais il arrive fréqueîument aussi que la rente du fermage soit acquittée en nature. En 1603, sur le domaine de Saffré, la métairie de la Grossaye (3) doit une rente qui consiste en :
50 boisseaux de seigle, à poiier au château à la Toussaint;
6 poulets, à la Pentecôte; 30 livres de beurre, à la Pentecôte.
Ou bien encore, la rente est acquittée, partie en argent, partie en nature. \'oici, par exemple, la rente que doit la métairie de la Lairie suivant le bail de 1735'^) :
4 mines 1/2 de seigle; 4 mines l'2 de blé noir; 4 mines 1/2 d'avoine;
40 livres de beurre, 6 chapons, 12 poulets; 120 livres en argent.
(1) Voy.. par exemple, un rentier de la seigneurie de Saint-Etienne, de 1738-1774 (fonds de Saint-Brice. Arch. d"Ille-et-Vilaine. E 3821
(2) Fonds de Sainl-Brice, ibid., E 366. Cf. un bail de la métairie de la Bas.se-Fourrarye, de 1546 {ibid., E 366).
(3) Diul de Sa[(ré (Arch. de la Loire-Inférieure). — La plupart des métairies de la terre de la Villelehart et de la seigneurie du Gage doivent des rentes en nature [Etat et grand de la terre de la ViUetehart, Arch. d'Illeet-Vilaine, E 81, et Grand de la seigneurie du Gage, ibid., E 63).
(4) Fonds de Saint-Brice (Arch. d'llie-el-\ilaiue, E 382).