‹ Les classes rurales en Bretagne du 16e siècle à la RévolutionChapitre 128 sur 219 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA main-d'œuvre AGRICOLE : JOURNALIERS ET DOMESTIQUES

Les journaliers forment une portion importante de la population agricole. — Leurs salaires. — Leur condition s"aggrave dans la seconde moitié du XVIIle siècle. — Les domestiques; leurs gages. — Les artisans de la campagne; leurs salaires, plus élevés que ceux des ouvriers agricoles.

L'on sait déjà que, parmi les habi[ants de la campagne, il en est beaucoup qui sont dépourvus de toute propriété, ou dont la propriété est si restreinte qu'elle ne saurait suffire à les faire vivre. Ils sont donc obligés de travailler à la journée. D'autre part, les propriétaires nobles et leurs fermiers se trouvent de plus en plus dans la nécessité d'employer des journaliers agricoles, car, on le sait aussi, ce n'est plus au moyen des corvées ([u'il est possible de faire cultiver les terres de la réscice.

Il semble bien qu'en Bretagne les journaliers constituent une portion importante de la population rurale. Il est môme des paroisses où ils forment la majorité des habitants. C'est ainsi qu'à Saint-Léry, où, sur 78 ménages. 30 ne possèdent qu'un journal ou un demi-journal. (( la plus grande partie des ménages, déclare le caliier de la paroisse, est composée de gens de journées d'. » A Pleine-Fougèi'es, vers la fin du XMIP siècle, les artisans et les journaliers comptent pour les trois quarts (2); à \"ern, il n'est que 200 propriétaires ou fermiers contre 300 journaliers (3) ; dans la subdélégation de Corlay, on estime que les deux tiei's de la population se composent de travailleurs agricoles (^). D'autres fois, les journa-

(1) Cahier de Saint-Léry (sénéch. de Ploërmel). ■ (2) Lettre du Recteur de Pleine-Fougères, en 1772 (Arch. d'Ille-et-Vilaine,

(3) Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 3912.

(4) Voy. une lettre du subdélégué de Corlay, du 1" mars 1772 libid., G 1720) : « Cette cherté des, denrées, qui frappe l'avidilé insatiable des propriélaires en petit nombre en notre usement de Rohan, où le seul juveigneur hérite de tous les biens indivisibles de sa famille, leur inspire l'avare

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