CHAPITRE II
La capitation est très inégalement répartie entre la noblesse et le Tiers Etat. — Entre les paroisses et entre les contribuables, répartition peu équitable. — Les vingtièmes. Mulgré l'abonnement, leur chiffre s'élève rapidement. Ils atteignent surtout les paysans. — Surta.xes arbitraires et exactions des contrôleurs. — Abus dans la perception. — La capilalion et les vingtièmes, plus lourds que les fouages.
Dans les dernières années du XV'IP siècle et dans le courant du XVIir, sont créés des impôts nouveaux qui \iennent encore aggraver pour les paysans les charges de la fiscalité royale. Il est vrai qu'à Torigine le gouvernement, désireux d'accroître les ressources du Trésor, décida que la capitation et le vingtième porteraient sur la noblesse et le clei'gé comme sur les classes populaires. Mais le régime du privilège ne tarda pas à atteindre aussi ces impositions nouvelles, dont, en fin de compte, le poids retomba presque tout entier sur les classes rurales.
La capitation, qui fut créée en 1695, devait peser sur tous les sujets du roi, qui furent répartis en 22 classes, suivant la condition et la profession d). Mais ce mode de. répartition équitable ne subsista pas longtemps ; très rapidement, l'on abandonna le système des classes. La Bretagne fut, sans aucun doute, favorisée, car, dès l'origine, les Etats obtinrent
(1) Voy. la Déclaration pour l'établissement de la capitation générale, du 18 janvier 1G93 (Arch. d'Ille-et- Vilaine, C 20G1). Dans la 18» classe, taxée à 10 livres, figurent une partie des fermiers el laboureurs, une partie des vignerons; dans la 20® classe, taxée à 3 livres, les fermiers, les laboureurs, les vignerons les moins aisés; la 22^ classe, qui ne doit que 2 livres ou moins de 2 livres, comprend les « simples manœuvres et journaliers ». les « bergers, chartiers et autres valets des laboureurs, fermiers des habitans de la campagne qui sont mariez. »