‹ Les classes rurales en Bretagne du 16e siècle à la RévolutionChapitre 145 sur 219 · LES DEVOIRS · texte numérisé non relu

LES DEVOIRS

Depuis un grand nombre d'années, dit-il, les devoirs sont affer- ,niés à des traitants, qui, à ren\'i les uns des autres, portent cette ferme à des sommes immenses. La crainte de perdi^e sur leurs fonds ou de n'en pas l'etirer les profits qu'ils en espéroient les tient dans une inquiétude peipétuelle : ils s'occupent moins à prévenir les fraudes qu'à rechercher les moyens de les découvrir pour les punir avec toute la sévérité de la loy (D.

Une autre cause, ajoute-t-il, de la fréquence des abus, c'est la condition lamentable des employés, qui, surchargés de besogne, ne touchent cependant que des appointements dérisoires ; on ne trouve plus, pour occuper ces fonctions, que des gens taiés : « faut-il après cela s'étonner de voir tant de commis ignorants, brutaux, assujettis à des vices honteux et capables de recourir aux voyes les plus illégitimes pour se procurer des ressources qu'ils ne peuvent trouver dans leur état ? » Et Bébiu affirme que le seul remède consisterait à transformer la ferme en régie.

En un autre sens encore, le régime de la ferme est nuisible aux habitants des campagnes : dans les bourgs et les paroisses, les fermiers multiplient les débits, où les paysans perdent leur temps, leur argent et gâtent leur santé ; h Clohar-Carnoët, déctaire le cahier, il existe 10 auberges ou cabarets, alors que 4 sufflraient largement aux besoins des habitants (2).

(i) Il dit encore : " Il seroit surtout aisé en prévenant les fraudes d'en diminuer le volume au moins de la moitié et de couper pied à ces procédures énormes que le fermier met en usage contre les fraudeurs vrays ou prétendus, procédures qui, en doublant et triplant la peine de la fraude, sont le fléau le plus redoutable des malheureux qui composent la plus grande partie du peuple. »

(2) Cahier de Clohar-Carnoët ^sénéch. de Quimperlé), art. 4 : « Que les fermiers de la province établissent et multiplient tellement les débits, tant dans les bourgs que dans les paroisses, qu'ils font des occasions de nous détourner de nos traveaux et nous empêchent par ce moyen de cultiver nos terres, parce que nous n'irions pas au loin chercher les moyens de nous amuser, perdre notre tems, et souvent de nous ruiner, ayant sur cette paroisse jusqu'au nombre de 10 auberges ou cabarets, où quatre au plus pourroient suffire. »

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