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BLÉ NOIR, AVOINE, LIN ET CHANVRE

semble-t-il, à disparaître vers le milieu du XYIIP siècle W.

La culture du chanvre et du lin est beaucoup plus répandue que de nos jours, car, au XVIP et au XVIIP siècle, on fabrique en Bretagne beaucoup de toiles de lin et de chanvre. C'est surtout dans les régions voisines de la côte septentrionale que Ton trouve en abondance le lin et le chanvre, et principalement dans les subdélégations de Morlaix, Lannion et Saint-Brieuc. Le chanvre et le lin sont, autant l'un que l'autre, cultivés dans les subdélégations de Morlaix et de Lannion. Le lin est surtout abondant dans les subdélégations de Brest, Pontivy et Quintin; le chanvre, dans celles de Tréguier, Saint-Brieuc, Hennebont, Vitré et Rennes (2). Dans la partie méridionale de la péninsule, la culture du lin est très négligée, « suffit à peine à la consommation (3). »

La culture du chanvre commence à décliner vers le milieu du XVIIP siècle : « Les plantations de chanvre, déclare Pinczon du Sel des Vlonts. diminuent tous les jours depuis 1748 qu'elles commencèrent par diminuer d'un quart ; elles deviendront bientôt à rien, si le colon n'est soutenu et encouragé w. » La Société d'Agi'iculture de Rennes constate le même fait et essaie de dégager les causes de cette décadence : c'est d'abord, dit-elle, la défense d'exporter les chanvres « qui n'a été levée que depuis peu d'années ; » puis, c'est le privilège des personnes « chargées d'acheter des chanvres pour le service de la marine du roi ; elles abusèrent avec tant d'inhumanité du privilège attaché à leur mission qu'un grand nombre de laboureurs abandonnèrent cette cul-

(1) Cf. Letaconnnux. op. cit. Vny. aussi les Déclarations des Vingtième^;, passim : on y voit que. dans les évêchôs de Rennes et de Saint-Malo, bien des propriétaires ensemencent en métcil une partie de leurs terres.

^2) Arch. d'Ille-et-\"ilaine, C 1656 fol. 1728. — Le canton de Bécherel était célèbre par son lin.

(3) La Société d'Agriculture se propose de développer « la culture du lin si florissante dans la partie septentrionale de la province, et 'fort négligée dans la partie du midi; elle y suffit à peine à la consommation » {Corps d'observations. 1757-1758, p. 26).

(4) Pinczon du Sel des Monts. Considérations sur le commerce de Bretagne. 1756, pp. .39-41. Il déclare qu'il faut encourager la culture du chanvre, créer « des magasins de filasse dans les lieux où elle s'emploie davantage », afin que le tisserand puisse s'en procurer même sans avoir de terre où il puisse en semer.

tiire, » de plus en plus infructueuse W. — Le lin (2) et le chanvre (3), récoltés en Bretagne, semblent d'ailleurs avoir été de qualité médiocre.

De nos jours, les légumes constituent Tune des productions les plus importantes et les plus lucratives de la côte septentrionale. \^ers la Un du XVIIP siècle, tout au moins, la culture maraîchère tend à se développer dans cette région : les légumes sont cultivés avec succès dans les environs de Saint- Pol-de-Léon (^), de Plougastel (-^J, de Pont-l'Abbé (6). Plougastel est déjà célèbre par ses fraises et ses framboises.

Quant à la culture de la vigne, qui, au Moyen-Age, s'étendait sur une grande partie de la Bretagne c?), elle se restreint, dans les temps modernes, au pays nantais, à la presqu'île de Rhuis, à la vallée inférieure et moyenne de la Vilaine W. Les vins de Rluiis (9) et même les vins nantais paraissent avoir été longtemps de qualité médiocre. Ces derniers, déclare Nointel, <( sont d'une très petite qualité, en sorte que l'on est souvent obligé de les convertir en eau-de-vie ; » dans les bonnes années, ajoute-l-il, il faut 8 barriques de vin ])0ur produire

(1) Corps d'observations. 1757-1758, pp. 137 el sqq.

(2) On fail venir des pays du nord la graine de lin; elle produit abondamment pendant deux ou trois ans, puis dégénère (Pinczon du Sel des Monts, op. cit., p. 41).

(3) Ibid., p. 39. Pinczon remarque aussi qu'on ne tire pas en Bretagne tout le parti possible du lin el du chanvre : il n'y a dans toule la province qu'un seul moulin à faire de l'huile de graine de lin ou de chanvre; les Hollandais chargent la graine dans les poris bretons et revendent l'huile en France {ibid.. pp. 41-42).

(4) Cambry, op. cit.. pp. 53 et sqq. 11 y a, dil-il, à Roscoff « une quantité incroyable de légumes. »

(5) Ibid., pp. 268-269. « Tous les lé^;uiiies y ci'oissent avec abondance et devancent de si.x semaines l'époque qui les voit naître ailleurs. »

(6) Ibid., pp. 341 et sqq. « Les fruils et les légumes de ce canton devancent d'un mois la maturité de ceux du canton de Quimpcr. »

(7) Cf. A. de la Borderie, Notes sur la culture de la vigne en Bretagne avant le XVI^ siècle [Bulletin arcliéolngique de VAssociation bretonne, an. 1891, pp. (i5 et sqq.)

(8) Les sujets de l'abbaye de Redon possèdent beaucoup de vignes; voy. plus haut, 3« Partie, chap. xii. — On trouve encore un assez grand nombre de vignes dans la paroisse de Bourg-des-C(jmptes el même dans celle de Bruz [Déclamations des Vingtièmes de Bourg-des-Comptes et de Bruz. Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 4515 et 4516). Cf. Le Claire, L'ancienne paroisse de Carentoir. pp. 9-10.

(9) Nointel déclare {Mémoire, fol. 113) que le vin de la presqu'île de Rhuis ne se vend que 29 à 30 livres la pipe.

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