DIVERSES CATÉGORIES DE PAYSANS
au défrichement de landes et de terres vagues les avances nécessaires d). Et de fait, dans les cahiers de paroisses, dans les pétitions adressées au Comité Féodal de la Constituante, la masse des paysans proteste contre les afféagements ; ceuxci, déclàrent-ils, n'ont été profitables qu'aux propriétaires et aux cultivateurs aisés, et ont eu, au contraire, pour effet d'accroître la misère des pauvres, qu'ils ont privés de la jouissance des « communs, » de la pâture qui leur permettait de nourrir une vache ou deux (2).
Les terres appartenant aux paysans sont cultivées pour la plupart par leurs propriétaires. Mais il ne faudrait pas croire que toutes le soient, que toutes, suivant l'expression usitée, soient tenues en main. Il en est qui sont louées à d'autres cultivateurs, soit que l€urs propriétaires résident dans une autre localité, soit que, fermiers eux-mêmes, ils ne puissent faire valoir directement leur patrimoine; ou bien encore, ce sont des mineurs ou des femmes qui sont dans l'incapacité d'exploiter leurs terres. Enfm, l'on trouve d'assez nombreuses propriétés dont une partie est tenue en main, tandis que l'autre partie est donnée à ferme. Les déclarations des vingtièmes de 38 paroisses m'ont permis de dresser le tableau suivant, dont les résultats, à cet égard, sont vraiment instructifs :
(1) Dans le Limousin, M. Loutchisky constate le même ptiénomène : de 1779 à 1791, la noblesse a perdu 2.750 arpents de terre, qui ont été acquis par des paysans et des bourgeois; 54 % de ces ferres sont devenus la propriété des paysans et 46 %, la propriété des bourgeois; tous les groupes de la classe agricole ont acheté des terres, mais surtout les laboureurs, c'est-à-dire les paysans aisés.
(2) Voy. les doléances des paysans d'Abbaretz : « Nous supliant humblement Sa Majesté de vouloir bien nous rande justice pour les landes et commun dans cette paroisse d'.^bbaret; il y a une petite partis des abittan et des plus riche qui ont pris les landes et commun et étant protégé des seigneur et des officié et même en étant eux du nombre des officié en ons pris en grand nombre et même dans des endrois il on pris toute la candité des communs et que les petis vasaux ne se trouve qua vecqu leurs ensiennes terres ous il ne peuve plus tenire de bestieaux pour gresser et marnicer leurs terres et même ne peuve affermer leurs biens a sa valeurs; nous demandons que si les affeagement ont lieux que nous en desirons aux prorata de nos rentes même dans les affeagement fait ous il ny a pas de commun de reste en remboursant les frais des afeagement fait, ous que le tous soit anullé. — Fait et araité à Abbaret, le 5 averil 1789, du consentement de tous seux qui on signé et de beaucoup qui ne save pas signé. » {Cahier d'Abbaretz. en supplément sur une feuille détachée, Arch. de la Loire -Inférieure, G 565), Cf. dans le même sens le Cahier d'Avessac libid.).
LA rKOPRIETE PAYSANNE.
PAROISSES
Propriétés en main
Propriétés affermées
Propriétés mixtes
Nombre
Superficie
en journaux
Nombre
Superficie
en journau.x
Nombre
Superficie
loornaui