MOULINS AFFERMÉS
Au XVP siècle, les rentes de moulins sont acquittées le plus souvent en grains d' ; au XVIIP siècle, ce sont les rentes en argent qui sont les plus fréquentes. Elles constituent une portion importante dès revenus seigneuriaux. Elles ne cessent d'ailleurs de s'élever, surtout au XVIIP siècle, et notamment dans la seconde moitié du siècle.
Voici quelques exemples caractéristiques :
Les moulins de la Vallée et d'Atillé sont affermés :
En 1567 200 livres t.
En 1674 500 livres
En 1725 470 livres (2)
Les moulins des Glanettes et du Hautbois sont affermés W :
En 1694 330 livres
En 1708, pour les deux premières
années 400 livres
pour les trois autres 500 livres
En 1720 370 livres
En 1730 550 livres
Le moulin de la Faucherais est affermé (^) :
En 1696 400 livres et 200 anguilles
En 1716 500 livres
En 1736 599 1. 19 s. 11 den.
En 1745 660 livres
Le moulin de la Haye-Dix est affermé (5) :
En 1771 100 livres
En 1777 200 livres
En 1783 300 livres
En 1787 350 livres
(1) Voy., par exemple, les Comptes de la baronnie de Sens, de i498 à 1500 (Arch. d'IlIe-et-Vilaine, E 389), les Comptes et rentiers du comté de Largouet (Arch. du Morbihan).
(2) Fonds de Pire (Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 142).
(3) Ibid., E 242.
(4) Ibid., E 140.
(51 Sommier de Fouesnel (E 62),
Les inoiilins du Gué au Loup et de Jaigu, dans la seigneurie du Canibout, sont affermés d' :
En 1776 225 livres
En 1785 500 livres
Le moulin du Pont-Dauphin, dans la seigneurie de Fouesnel, est affermé (2) :
En 1771 450 livres
En 1777 600 livres
En 1783 800 livres
Ainsi, dans le dernier tiers du XVIIP siècle, les rentes de moulins se sont élevées d'une façon vraiment excessive, ont été souvent portées au double dans l'espace de quelques années O). Sans doute, cette hausse extraordinaire correspond, dans une certaine mesure, à la hausse générale des prix, et peut-être aussi à une plus grande productivité. Mais, d'autre part, il paraît certain que les seigneurs, dans leur désir d'accroître leurs revenus, ont imposé aux meuniers des conditions vraiment trop onéreuses. Ceux-ci ont plus de peine encore que par le passé à acquitter leur rente; ils sont donc incités à multiplier et à exagérer leurs exactions.
La banalité du four est beaucoup moins importante en Bretagne que la banalité du moulin: on la trouve beaucoup plus rarement, et son revenu est, en général, liien plus faible W. Au contraire, il n'est pour ainsi dire pas de seigneurie, dont les sujets ne soient soumis à la banalité du moulin. Et c'est pour les paysans une source de vexations; non seulement, ils sont gênés de ne pouvoir faire moudre leur blé oiî ils voudraient, mais encore il leur faut se soumettre aux exigences et aux exactions des meuniers.
;i) Fonds du Camhoul (.\rch. des Côfes-du-Nord).
(2) Sommier de Fouesnel. — Le moulin du (IroUay, en 1702, est affermé 180 1.; en 1725, 250 livres (fonds de Saint-Ktienne, E .382).
("S) Les cahiers de paroisses notent la hausse excessive des rentes de moulins et en marquent les conséquences; voy. E. Dupont, La condition des paysans dans la sénéchaussée de Rennes, p. 92.
(4) Cependant, au XVIIP .siècle, le four banal de Fardet est affermé 475 1. par le chapitre de Saint-Brieuc [Rentier du chapitre de Saint-Brieuc, 1720-1 73O1. En 1719. le four banal de Bourroger est affermé 120 1.; en 1725, le four banal des Noyers est loué 300 livres llonds de Saint-Brice, Saint- Etienne, Arclî. d'Iile-et-Vllaine, E 382),