‹ Les classes rurales en Bretagne du 16e siècle à la RévolutionChapitre 98 sur 219 · PROGRÈS DES PRATIQUES ABUSIVES · texte numérisé non relu

PROGRÈS DES PRATIQUES ABUSIVES

que soit, à cet égard, leur témoignage, il n'en est pas moins vrai qu'ils se sont rendu compte d'une façon très nette et très précise des exactions et des abus dont ils étaient les victimes; ils en ont vu les progrès; ils ont pensé très justement que le régime seigneurial s'était aggravé dans les années qui ont précédé la Pvévolution. Rien d'étonnant si, dans leurs cahiers, ils ont dépeint ce régime comme insupportable, s'ils ont énergiquement réclamé l'abolition ou le rachat de droits, qui pesaient encore si lourdement sur leur propriété et même sur leur personne.

de Guipel, du 22 février 1789, Cartons des Araires de Bretagne, liasse F, Arch. Mun. de Rennes). Cf. la Uélibéralion de la paroisse d'Eréac, du 2 février 1789, ibid., liasse M) : « Par une espèce d'ixtoxion sur un grand nombre de nos, on nous fait payer le double et triple, due par nos aveux anciens et nouveaux sans ozer nous plaindre de peur de frais. » Cf. Cahier de Botmel, trêve de Callac (sén. de Carhaix) : « Depuis trente ans, les seigneurs ont augmenté leurs rentes féagères et domaniales de près de la moitié. » Voy. plusieurs des Déclarations des Vingtièmes de la paroisse de Guipel, et notamment celte de Joseph Dugué : il ne possède que 3 journau.x 2G cordes, et cependant il paie parfois 25 livz^es de rentes seigneuriales « attendu que le seigneur de Queralye fait payer d'un tiers plus que les sujets ne luy doivent, et que ledit seigneur de Queralye emporte touts les revenus des biens de ses sujets et davantage par ses usurpations » (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 4532).

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