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MOYENNES ET PETITES SEIGNEURIES

Mais il en est de moins bien pourvues encore. La maison noble de la Brehonnière n'a qu'un domaine proche de 55 journaux <i); la seigneurie du Petit-Bois, un domaine proche de 53 journaux, et sa directe ne comprend que 9 bailliages W. La seigneurie du Breil-Harel ne possède que quelques pièces de terre et une métairie; aussi Ta-t-on vendue en 1582 pour 766 écus seulement <3). La seigneurie de Mesneuf, au XVI* siècle, ne dispose que de deux bailliages <*) ; de la seigneurie de Chanclin, en 1504, ne dépendent que trente tenanciers (*). Et l'on pourrait multiplier les exemples {«).

Il existe en outre un très grand nombre de maisons nobles, de tenures nobles, qui ne possèdent aucune juridiction : tous les terriers, tous les aveux seigneuriaux en font foi. Elles sont mentionnées comme « tenues prochement et noblement » de telle ou telle seigneurie. On constate donc souvent un très grand morcellement de la propriété noble.

Il apparaît clairement aussi que la condition économique des propriétaires nobles varie à l'infini. Parmi eux, il en est de très riches; mais un plus grand nombre ne dispose que de ressources médiocres; d'autres enfin sont vraiment misérables. Considérons le chiffre des revenus de diverses seigneuries. Il est parfois très élevé. Le marquisat de Romilley, qui s'étend en sept paroisses, la baronnie de Tiercent valent, l'un et l'autre, 42.000 livres de rente <''). Certaines familles nobles, qui occupent à la fois plusieurs seigneuries, jouissent

a) Fonds Pire (Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 142). Déclaration de 1708. (2) Dénombrement de la seigneurie du Petit-Bois, de 1686 (ibidX m Arch. d'Hle-et-Vilaine, E 19.

(4) Voy. un aveu de 1559 (tonds Pire, Arch. d*nie-et-Vilaine, E 141).

(5) Aveu au roi, de 1504 (fonds de la seigneurie de Chanclin, Arch. dllleet-Vilaine, E 21).

(6) En 1542, la seigneurie de la Freslonnière a un domaine proche de 75 journaux et deux bailliages: elle reste identique au XVn* siècle; l'aveu de 1673 ne marque qu'un léger accroissement de la seigneurie (fonds de la seigneurie de la Baudière, Arch. d*nie-et-Vilaine, E 85). Voy. encore d'autres exemples, cités par Anne-Duportal, Terres et Maisons nobles ae la paroisse de SaM-Gondran (Mémoires de la Société archéologique d'Illeet'Vilaine, an. 1892, t. XXI, pp. 11 et sqq.), et Terres et Maisons nobles en la paroisse de Saint-Symphorien près Hédé (ibid., an. 1893, t. XXII, pp. 31 et sqq.).

H) Guillotîn de Corson. tes grandes seigneuries de Haute-Bretagne. 2* série, pp. 348-349.

28 LA FEOPRIÉTÉ SEIGNETBIALE.

^ de revenus très considérables : le comte de la Villetehart, au

f XVIII* siècle, reçoit annuellement 36.000 livres (*); le marquis

f de Châteaugiron, 124.000 livres î«). Les grandes seigneuries

: ecclésiastiques ne sont pas moins lucratives : les revenus de

:.: l'abbaye de Redon sont estimés, en 1720, à 37.336 livres <3) ;

ceux de Tévêque de Saint-Malo, à 54.763 livres W. Bien plus nombreuses sont les seigneuries dont les revenus ; sont inférieurs à 10.000 livres. Au XVIII* siècle, la seigneurie

de Launay-Quinart ne rapporte que 7.500 livres <*). La châtellenie de Vay est affermée à 4.160 livres en 1668 W; Sion, à 5.500 livres, en 1749 ^. La seigneurie considérable de Retiers n'a qu'un revenu de 7.000 livres W. Beaucoup de seigneuries arssez importantes ne sont pas estimées à plus de 4.000 livres de rente W. Enfin, bien des petites seigneuries produisent à peine 1.000 livres. C'est ainsi que la seigneurie de l'Espînaye, dont le domaine proche ne contient que 60 journaux, est estimée valoir 700 livres en 1665, et 900 en 1719 et 1760 (w). Charles Colbert, dans son mémoire de 1665, remarque aussi que les gentilshommes riches, dans toutes les parties de la Bretagne, ne sont que l'exception. Dans le diocèse de Léon, il signale l'existence d'un certain nombre de familles riches, possédant 15.000 livres de rente; quelques-unes môme disposent d'un revenu de 40.000 ou 50.000 livres; mais beaucoup de gentilshommes n'ont que 4 à 6.000 livres de rente, ou moins encore, et l'on y voit « quantité de familles ruinées (**). » Dans le

(1) Partage de la succession du comte et de la comtesse de la Villetehart, en 1764 (Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 81).

(2) Estimation des revenus du président de Ch&teaugiron, en 1789 Honds de Châteaugiron, Arch. d*nie-el-Vilaine, E 22).

(3) G\iiUotin de Coreon, PouHlé de Varchevéché de Rennes, t. n, pp. 177 et sqq. Cf. aussi un compte de 1686 Honds de Redon, Arch. d'IlIe-et-Vilaine, H 13).

(4) Guillotin de Corson, op. cit., t. I, pp. 611 et sqq. ij5) Arch. dllle-et-Vilaine, fonds de Launay-Quinart.

(6) Guillotin de Corson, Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne, 3* série, pp. 427 et sqq.

(7) Ihid., p. 400.

(8) Guillotin de Corson, op. cit., 1" série, p. 384.

(9) Ihid., passim.

aO) Fonds Pire (Arch. d'nie-et-Vilaine, E 142).

(11) Mémoire de Charies Colbert (Blbl. Nat., Cinq cents de Colbert, t. CCXCI, fol. 115 vo).

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