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LES RENTES SEIGNEURIALES

Rentes en argent, ordinairement très légères, et redevances en nature, beaucoup plus onéreuses. — Le champart. — Tenures franches de rentes. — Les rentes en argent, perçues par les sergents bailliagers; les redevances en nature, portables, — Les rentes amendables. — Les renies solidaires. — Souvent les redevances restent identiques du XVI« au XVIII» aiècle.

La plupart des tenures doivent au seigneur des redevances en nature et en argent; ces redevances portent, non point sur la personne du tenancier, mais sur la terre qu'il occupe ; elles ne sont autre chose que les anciens cens, dont on constate Texistence dès les premiers siècles du Moyen-Age. Les rentes seigneuriales sont, dans une certaine mesure, proportionnelles à rétendue et à l'importance de la tenure. — C'est parfois en bloc, par flef, par bailliage que les rentes sont déterminées; on les répartit alors entre les tenanciers, d'après la quantité de terre que possède chacun d'eux; on en fait tégaili^). Vers la fin du XVP siècle, le village de la Ville- Guerno, qui dépend de la vicomte de Porhoet, doit en bloc 75 sous monnaie, 23 boisseaux d'avoine, 11 poules ; en 1595, la juridiction de Porhoet désigne deux experts, qui estiment l'étendue de chaque tenure et en fixent les rentes W. Gonsul-

(1) Déjà, en 1452, nous trouvons un exemple d'égail : il s'agit du « cordage et prisage » du flef du Demaine « affin d'en esgailler les renctes en deuz, fait du consentement des hommes et teneurs en ioeli par Jehan Guy Robin de Grisaigne, Perrot Lemarchant, Jehan de Guillac et Jamet Levesque devant Pierres Troesson, clerc et commissaire par la court de Sens, le 12* jour de mars de lan 1452. » On énumère les diverses pièces de chaque tenure, on en donne les dimensions: on calcule la rente d'après le nombre de journaux, mais la valeur du journal varie non seulement d'une tenure à rautre, mais dans la même tenure, suivant la nature des diverses pièces de terre ijonds de la baronnie de Sens, Arch. d'Ille-el-Vilaine, E 389). Un autre prisage, de 1485, donne des évaluations identiques [ibid., E 391). Cf. encore « le cordaige et prisaige du flé de Boaisbre », de 1472 : le journal est le plus souvent estimé devoir 4 ou 5 sous de rente {ibid,. E 391).

(2) Fonds de la vicomte de Porhoet (Arch. d'I Ile-et-Vilaine).

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tons TAveu de la seigneurie de Bois-de-Miniac, de 1744 : les tenanciers du bailliage de la Fauvelaye doivent des rentes <i suivant le régail », qui sont flxées en bloc à 14 1. 16 s., 8 den. t., 51 chapons, estimés à 20 1. 8 s., 52 poulets, valant 7 1. 16 s., 13 oisons, évalués à 5 1. 4 s. Ces rentes « sont partables et égaillables entre tous les teneurs des terres qui composent ledit bailliage, et dont ils sont tenus de faire un régail et répartition à leurs frais suivant leurs aveux et la procuration par eux consentie le 8 février 1739 U). »

^ La plupart des tenures doivent à la fois des redevances en

fr nature et des redevances en argent, payables en deux ou trois

t termes, ordinairement à Noël, à Pâques, en août. Parfois, elles

1^ n'ont à supporter que des rentes en argent. Tel est le cas,

Ç par exemple, de la plupart des fiefs de la baronnie de Sens w,

V du bailliage de la Motte, dépendant de la seigneurie de Mont-

^; barotïs), des tenures situées dans la forêt de Brécilien (*J.

y Mais c'est plutôt exceptionnel. Quoi qu'il en soit, les rentes

iV en argent ne sont pas pour le tenancier, surtout au XVIIP

siècle, une charge bien lourde. Elles ne s'élèvent sou- •^ vent qu'à quelques deniers par journal. En général, c'est

à peine si chaque tenancier a quelques sous à donner <*),

^ (1) Fonds de Bois-de-Minia/: (ibid., E 3). Voy. un égail des fiefs de la

vicomte de Loyat, en 1600 (tonds de la seigneurie de Laillé, Arch. d'Dleet-Vilaine). En ce qui concerne la seigneurie de Carheil, voy. Arch. de la Loire-Inférieure, E 314.

(2) Livre de recettes des fiefs de la baronnie de Sens (1685-1688) (Arch. d*nie-et-Vilaine, E 389); cf. un autre rentier de la baronnie de la seconde

i moiUô du XVni« siècle {ibid,, E 413).

(3) Déclaration des rentes dues au seigneur de Montbarot pour le bailliage de la Motte, en 1552 ijonds de la seigneurie de la Mariinière, Arch. d'Illeet-Vilaine, E 109). Cf. le rentier du bailliage de la Motte, de la deuxième moitié du XVH' siècle (ifeW.).

(4) En 1630, le duc de la Trémoille vend, au prix de 1349 livres, à M. Fr. d'Andigné, sieur de la Chasse, les fiefs, rentes ordinaires et obéissances dues à la ch&tellenie de Brécilien, à raison de 3 deniers par sillon de terre à Tusement de la forêt d^ BrécUien, aux villages de Coyboy, du Haut-Champ, du Buisson, etc., lesdites rentes montant à 32 1. 7 s. 5 den.

(5) Cf. un rentier de la baronnie de Sens, de la seconde moitié du XVIIP siècle (Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 413); des rôles rentiers du bailliage de Pont-Larroy, au XVP siècle {ibid., E 96); l'Aveu de la châtellenie de Chàteaubriant, rendu au roi par Louise de Speaux, dame de Crapado {fonds de Pire, E 136).

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et bien des bailliages ne doivent au total que quelques livres W,

Les redevances en nature consistent essentiellement en une certaine quantité de grains, c'est-à-dire de froment et surtout de seigle et d'avoine. Au XV* siècle et au début du XVP, il arrive souvent que les redevances en nature ne soient pas plus lourdes que les redevances en argent. Ainsi en 1490, le flef de Liquelinaye doit 45 sous en argent <>), et 12 boisseaux d'avoine, qui ne représentent qu'une somme de 36 sous, puisque le boisseau ne vaut pas plus de 3 sous (s). Mais, au XVn* et surtout au XVIII* siècle, les redevances en nature sont beaucoup plus onéreuses. Consultons, par exemple, le Grand de la seigneurie de Buat et de la Chalopinaye, qui date de la deuxième moitié du XVIIP siècle W ; nous pouvons dresser le tableau suivant, qui est très signiflcatif :

Fief de la Rifatte, en Bonnemaio

Argent.

Fronteot.

Avoine.

Pooleto.

Total.

3l.,Ti.,6ë.BH.

5iiiiéM = 61.

12 = ll.,16s.

FiefdelaBoaliiére

13 8., 2deo.

3 B«. 7 godets = 191.,Hd.

lB~«,3ëMito =71.,li.,6ë.

Fief de Lesnaudière. . .

4 livres.

3 B', 9 dmées

6 poulets

= 18 sous

lOden.

Fief de Lannay-Saoloo.

4 livres.

Dans la plupart des flefs de la seigneurie du Gage, les redevances en froment rapportent infiniment plus que les rentes en argent. Voici la valeur comparée des unes et des autres ^^^ :

(1) En 1597, le bailliage de la Fontaine-en-Vignoc doit, au total, une rente de 30 sous 2 den. monnaie Honds de la seigneurie de la Bretesche, Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 94); en 1612, le fief de l'Escoublère doit une rente de 6 1. 5 s. mon. (ibid., E 93).

(2) En août, 30 sous; à Noël, 5 sous; à Pftques, 10 s. 4 den. maille.

(3) Fonds de Saint-Brice, Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 389.

(4) Arch. d'nie-et-Vilaine, E 96.

(5) Grand de la seigneurie du Gage, au XVni- siècle (Arch. d'Ule-et-Vilainç. B63), .....

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