‹ Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle a La RévolutionChapitre 42 sur 169 · COBVÉES, DROITS DE GÎTE ET DE GUET · texte numérisé non relu

COBVÉES, DROITS DE GÎTE ET DE GUET

corvée prenne aux paysans une part notable de leur temps w.

Au Moyen-Age, on distinguait les corvées personnelles, et les corvées réelles, qui n'étaient dues qu'en raison de la lenure occupée par le paysan. A l'époque moderne, on trouve encore des corvées personnelles : ce sont les corvées dites chéantes et levantes, que doit chacun des sujets de la seigneurie. C'est ainsi que, dans la seigneurie de Saint-Etienne, vers la fin du XVIIP siècle, le nombre des corvées dues par chaque famille semble proportionnel au nombre des enfants w. a la même époque, sur le flef de la Charpenterie en Pleurigné, chaque sujet doit une corvée appréciée à 2 sous monnaie (3). Mais ce sont des cas exceptionnels. La plupart des corvées pèsent uniquement sur la tenure et peuvent être entièrement assimilées aux renies seigneuriales W, à tel point que les gentilshommes, qui possèdent une terre roturière, doivent fournir un homme qui s'acquitte de ce service à leur place t*).

Dans certaines tenures, la corvée constitue le principal devoir seigneurial : tel est le cas des {ie{s bienniers de Saint-Marsla-Jaille, qui doivent chacun 20 corvées de bœuf ou 40 corvées de bras et de charrois ; depuis longtemps d'ailleurs, ces corvées, en vertu d'une simple convention verbale, ont été transformées en taxes pécuniaires à raison de 3 sous par corvée;

(1) Cependant, dans la vicomte de Carheil, un grand nombre de flefs doivent une corvée chaque samedi, du 1" janvier au dimanche de P&ques. Le chiffre de ces corvées reste identique depuis le début du XVI* siècle jusqu'à la fin du XViïr : cf. des comptes de 1529, 1541 (Arch. de la Loire- Inférieure, E 313), des comptes de 1655 et de 1786-1789 (tbid., E 315), ainsi qu'une réformation de 1785 (E 313).

(2) Voy. le Compte et minu du fief de la Chaigne (Arch. d*nie-et-Vilaine, E 409) : « Jeanne Bossard, veuve de François Martin, et ses sept enfants, 8 poules, 8 corvées; les sept enfants de feu Michel Lemonnier, 7 poules, 7 corvées; les six enfants de feu Jean Gautier, 6 poules, 6 corvées; les cinq enfants de Jean Benolst, 5 corvées; les six enfants de feu Michel Sourdin, 6 corvées... »

(3) Fonds de Saint-Brice (Arch. d'Ille-et-VUaine, E 406).

(4) Cf. l'aveu de Pierre Caradeu au seigneur de Châteaugiron, en 1566 : sa tenure doit une rente de 2 boisseaux 2/3 d'avoine et 2 s. 8 den. t. pour les corvées (Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 231.

(5) Voy. la Coutume de Bretagne, titre II, art. xci : « Noble homme n'est tenu de faire à son seigneur viles corvées en personne... Et s*il possède des terres roturières, dont soient dues viles corvées, il sera tenu bailler hommes pour les faire, »

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